JAMES GARFIELD

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JAMES GARFIELD président des États-Unis (1831-1881)
Sauvé par grâce.

Par une claire nuit d’automne, un navire descendait le grand fleuve du Mississipi. Sur le pont, appuyé contre la rambarde, se tenait un matelot. Il était le fils d’une mère chrétienne et d’ardentes prières montaient constamment à son sujet devant le trône de Dieu. Le jeune homme, plongé dans ses réflexions, suivait d’un regard rêveur le sillon d’argent que le navire laissait derrière lui ; ses pensées étaient bien loin de là. Mille projets s’agitaient dans sa tête : rêves d’avenir, desseins ambitieux, visions dorées…Tout à coup, par suite d’une fausse manœuvre, un énorme câble enlaça les pieds du jeune homme, lui fit perdre équilibre et l’entraîna par-dessus bord dans le fleuve. Désespéré, il se cramponna à la corde, mais se sentant enfoncer de plus en plus, il se rendit compte avec une lucidité effrayante que le câble ne lui offrirait un point d’appui stable qu’après s’être déroulé de tout son long. Pour lui, c’était une mort certaine.
Soudain il éprouva une violente secousse et en même temps sentit la corde se tendre brusquement. Aussitôt il essaya de grimper le long de cet appui improvisé. Il osait à peine croire à tant de bonheur, mais ce n’était pas une illusion ; le câble, retenu solidement par une force inconnue, ne cédait pas. Après beaucoup d’efforts, notre ami parvint à regagner le pont ; il était trempé jusqu’aux os et presque épuisé par la fatigue et l’émotion, mais pourtant sain et sauf. Dès qu’il eut repris son souffle, il voulut se rendre compte de ce qui avait empêché le câble de se dérouler entièrement. A la clarté indécise de la lune, il découvrit dans la rambarde du navire une fente étroite dans laquelle le câble s’était engagé et où il s’était trouvé fixé avec une telle solidité qu’il fallut de grands efforts pour l’en dégager. Profondément surpris, le jeune homme retourna à sa couchette sans rien dire à personne.
Le lendemain matin il chercha par tous les moyens possibles à fixer de nouveau le câble dans la fente étroite qui l’avait retenu pendant la nuit. Ce fut inutile. Le jeune matelot s’y prit de mille façons différentes sans jamais réussir. Enfin, après une heure d’efforts inutiles, il tomba à genoux et s’écria : « O Dieu ! Tu as fait un miracle pour me sauver la vie ; tu es un Dieu miséricordieux et plein de bonté. Et maintenant, cette vie que tu as épargnée d’une façon si merveilleuse t’appartient entièrement. Me voici, Seigneur, fais de moi ce qui te semblera bon ». Et dès ce jour-là, le jeune homme se mit à suivre les traces du Sauveur qu’il avait jusqu’alors méprisé et méconnu. Il quitta le navire et retourna auprès de sa mère pieuse qui le reçut avec des larmes de joie.
Ce matelot n’était autre que James Garfield, qui devint plus tard président des États-Unis. Homme de loi habile, il fut avant tout et jusqu’à la fin un chrétien fidèle et dévoué au service de son Maître.

D’après la Bonne Nouvelle 1904