POURQUOI SUIS-JE LÀ ?

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POURQUOI SUIS-JE LÀ ?

Bonjour ! Cette brochure paraîtra pendant 14 mercredis et tu pourras la lire régulièrement. Bonne lecture !

Avant-propos

Avec beaucoup de sollicitude et d’affection, l’apôtre Jean, considérant les dangers qui menaçaient déjà les enfants de Dieu, s’adressait à eux en disant : « Petits enfants, c’est la dernière heure ; et comme vous avez entendu que l’Antichrist vient, maintenant aussi il y a plusieurs antichrists ; à cela nous connaissons que c’est la dernière heure » (1 Jean 2. 18). L’apôtre Paul, de son côté, écrivait à Timothée pour l’encourager devant le mal qui caractérise les derniers jours (2 Tim. 3).
Nous constatons que l’époque présente a tous les caractères des derniers jours et de la dernière heure ; nous voyons les efforts puissants de l’Ennemi contre la vérité, contre les enfants de Dieu qui marchent dans la vérité, et nous comprenons que beaucoup de croyants, au début de la course chrétienne, soient troublés et en perplexité devant la multitude de voix qui les sollicitent aujourd’hui.
Les directions, les réponses à toutes les questions que peuvent se poser ceux qui désirent « vivre pieusement dans le Christ Jésus », se trouvent dans les Écritures. « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 3. 16 à 17).
Nous vivons dans un monde dont l’aspect change chaque jour – mais dont la figure passe (1 Cor. 7. 31) et qui va dans l’inquiétude et le désordre grandissants vers les terribles jugements que la patience de Dieu retient encore pour un peu de temps. Seuls ceux qui croient au Seigneur Jésus trouvent toute assurance, toute stabilité, toute certitude en lui, car Il ne change pas (Ps. 102. 25 à 28) ; en son amour qui ne cesse pas (Jean 13. 1) ; en ses promesses qu’Il accomplira fidèlement envers ceux qui gardent sa parole (Apoc. 3. 10).

Les pages qui suivent s’adressent essentiellement à des croyants qui, depuis plus ou moins longtemps, se rassemblent au nom du Seigneur Jésus, en dehors de toute dénomination chrétienne.
Notre souhait est de faire partager à ceux qui sont indécis quant à la position chrétienne selon les Écritures, la certitude que nous avons d’être réunis selon la pensée de Christ, bien que nous ayons conscience de le faire avec beaucoup de tiédeur et d’imperfection. Cela entraîne la responsabilité de « combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints » (Jude 3).
Les principes selon lesquels nous nous réunissons ont été exposés et expliqués en détail dans les nombreux écrits de nos « conducteurs qui nous ont annoncé la parole de Dieu » (Héb. 13. 7). Notre recherche se limitera donc à rappeler quelques points fondamentaux des enseignements des Écritures, quant au rassemblement des rachetés de Christ autour de lui et à leur marche ici-bas.

Nous prions nos lecteurs de relire dans leur Bible les passages cités au cours de notre texte, afin « d’examiner les écritures pour voir si les choses (sont) ainsi » (Act. 17. 10 à 12).
On trouvera aussi des extraits des écrits de nos conducteurs, avec, dans la mesure du possible, les références des textes cités. Nous rappelons dès maintenant que la valeur et l’autorité de ces textes découle du fait que leurs auteurs se sont attachés à la seule vérité scripturaire, pour nous transmettre avec fidélité « ce qui est dès le commencement » (1 Jean 1. 4) en dirigeant nos cœurs vers la source des eaux vives, « la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pier. 1. 23).

1. LA CHRÉTIENTÉ AUJOURD’HUI

Depuis le réveil suscité par le Seigneur au cours de la première moitié du dix-neuvième siècle, de nombreux événements ont eu lieu, des changements dans les conditions de la vie quotidienne se sont produits, avec des implications morales qui nous permettent de dire que nous sommes, sans aucun doute, parvenus à l’époque que la Parole de Dieu appelle « les derniers jours » (2 Tim. 3. 1).
Ce sont les derniers jours d’une « période » qui a commencé après la mort et la résurrection du Seigneur Jésus, au jour de la Pentecôte, lorsque le Saint Esprit est descendu sur la compagnie des disciples du Seigneur, tous ensemble dans un même lieu ; l’Église a commencé à se former quand les disciples ont été baptisés ensemble d’un seul Esprit pour être un seul corps, qui est « le corps de Christ » (1 Cor. 12. 13 et 27). Cette période, appelée parfois le temps de la grâce, prendra fin à la venue du Seigneur Jésus pour enlever les siens (1 Thes. 4. 15 à 18).
Les derniers jours sont caractérisés par l’arrivée de temps fâcheux, où « les hommes » – c’est-à-dire ceux qui, dans la chrétienté ont encore la forme de la piété mais en ont renié la puissance – manifestent tous les traits d’une complète déchéance morale (2 Tim. 3. 5).
Mais le Seigneur est puissant pour conserver, au milieu de la corruption d’une profession qui se dirige vers l’apostasie finale, un témoignage pour Lui, jusqu’à ce qu’Il vienne. Ce témoignage est constitué par tous ceux qui, par grâce, veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, pleinement convaincus des choses qu’ils ont apprises par la connaissance des Saintes Lettres qui rendent sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus (2 Tim. 3. 12 à 17).
Il n’est pas inutile de faire le point très brièvement sur les nombreux aspects que présente extérieurement la profession chrétienne, dont l’extrême confusion peut troubler plus d’une âme scrupuleuse.
Nous verrons plus loin comment, se séparant des principes et des enseignements non scripturaires retenus dans les diverses « églises », quelques enfants de Dieu se sont réunis selon l’enseignement de la Parole de Dieu seule et continuent à le faire en divers lieux.

La chrétienté actuelle présente une multitude de groupements et dénominations qui, comme l’a écrit un de nos conducteurs, pourraient se définir en trois catégories : Les deux premières comprennent tout ce qui se dénomme officiellement « église ». Ce sont des sociétés chrétiennes organisées, avec des lois et des règlements, chacune avec son clergé distinct des simples fidèles. Il en est effectivement de deux sortes :
1. Églises d’affirmation catholique (c’est-à-dire : universelle) ;
2. Églises partielles ;
3. Enfin, hors du camp, la troisième catégorie est formée par les rassemblements beaucoup moins nombreux de chrétiens sortis des deux premières, pour se réunir selon les enseignements de la Parole, sans clergé ni règlements particuliers, mais « au nom du Seigneur Jésus » (L’Assemblée du Dieu vivant. A.G.).

Nous verrons un peu plus loin comment, dans les années 1830, ceux qui nous ont précédés ont été instruits par la Parole de Dieu, et conduits à se réunir en dehors de toute organisation ecclésiastique, sur la base de l’humble obéissance aux enseignements de l’Écriture.
Certains leur ont reproché d’avoir ajouté une secte à celles déjà si nombreuses que l’on trouve dans le monde chrétien. Mais, si nous nous réunissons autour de Christ, selon sa Parole, en son nom, nous témoignons, par la participation au seul et même pain de la cène, que nous sommes un seul Corps et qu’en font partie, non seulement les quelques-uns groupés à la table du Seigneur, mais tous les enfants de Dieu, dispersés dans l’ensemble de la chrétienté.
C’est là tout le contraire de l’esprit sectaire. Nous reconnaissons que tout enfant de Dieu, devenu tel par la foi au Seigneur Jésus, a sa place à la table du Seigneur, où nous célébrons la cène du Seigneur, parce que cette table n’est pas la nôtre. Elle n’est aucunement, comme certains seraient peut-être portés à le penser, la « table des frères », mais elle est la table du Seigneur qui a tous les droits sur elle et sur ceux qui y participent. Pourquoi alors ne pas recevoir pour la cène tout croyant, venant occasionnellement, puis allant aussi rompre le pain dans le milieu auquel il se rattache ? C’est précisément parce que la table est celle du Seigneur et que, si nous avons le privilège d’y participer selon la Parole, nous avons la responsabilité de maintenir les droits du Seigneur et la sainteté de Sa table, en veillant à ce que ceux qui y prennent la cène ne se trouvent pas, du fait de leurs associations religieuses ou de leur état moral, dans une situation de désobéissance à l’enseignement de l’Écriture. Ce point sera développé au chapitre 9.
Celui qui raisonne avec les arguments de la sagesse naturelle, dira que c’est là manifester un immense orgueil et traitera de pharisiens ceux qui refusent la cène à n’importe quel chrétien. Mais, « jugez vous-mêmes de ce que nous disons » : Est-ce de l’orgueil que d’obéir à la Parole de Dieu ? Abram était-il orgueilleux, quand il sortit de son pays et de sa parenté (Gen. 12) ? Non : il agissait sur un principe de foi ; il obéissait et ne se contentait pas de quitter des choses mauvaises, ni un ordre de choses répréhensibles.
C’est sur ce même principe de foi que nous agissons à l’égard de la Table et de la cène du Seigneur. Si nous ne sommes pas pleinement convaincus des choses que nous avons apprises par la foi, nous sommes comme de « petits enfants », ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine (Eph. 4. 14), proie facile pour l’Ennemi qui nous troublera par les raisonnements des « sages et des intelligents ». Mais, si nous agissons par la foi, nous opposerons à tous les arguments des hommes religieux, et sans même essayer de les réfuter, la seule et simple obéissance de la foi. Ce qui risque de nous manquer, en ces temps de contestation générale et de remise en question c’est la ferme conviction quant aux choses apprises par la connaissance des Écritures (2 Tim. 3. 14 à 17).
En développant brièvement ce que nous venons d’exposer, nous espérons aider nos lecteurs à répondre pour eux-mêmes à la question qu’ils se sont certainement posée, ou qu’ils se poseront un jour : « Pourquoi suis-je là ? » C’est-à-dire, qu’est-ce que le Seigneur attend de moi ?

2. POURQUOI SUIS-JE LÀ ?

Cette question a été posée par Rebecca lorsqu’elle a pris conscience des pensées de Dieu à son égard (Gen. 25. 22). Elle avait quitté la maison de son père et avait suivi le serviteur d’Abraham jusqu’à la demeure d’Isaac, pour devenir sa femme. Mais ce n’est que lorsque la puissance vivifiante de Dieu s’est exercée à son égard, qu’elle a ressenti la nécessité de définir clairement sa position vis-à-vis de Lui. Son état avait fait l’objet d’exercices spirituels profonds et d’instantes prières de la part de son mari, Isaac (v. 21) ; le moment était venu d’être personnellement exercée devant Dieu, en sa qualité de femme du patriarche, objet des promesses faites à Abraham (Gen. 21. 12). Ainsi a-t-elle été conduite à exprimer ce que le travail de Dieu avait accompli dans son cœur par cette question : « Pourquoi suis-je là ? »
Il est donc de toute importance de considérer ce que cette femme de foi a fait : A qui allait-elle se confier et demander la réponse à ce qui l’occupait au plus profond d’elle-même ? La foi la dirige vers Celui qui seul pouvait lui répondre et qui seul aujourd’hui encore peut nous expliquer les énigmes les plus secrètes de nos cœurs : « elle alla consulter l’Éternel ».
Nous pouvons bien appliquer à ce récit le passage de 1 Corinthiens 10. 11 : « Or, toutes ces choses leur arrivèrent comme types », et aussi rappeler ce que nous lisons en Romains 15. 4 : « Car tout ce qui a été écrit auparavant l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des Écritures, nous ayons espérance ».
Ceux qui nous ont précédés dans le chemin de la foi ont dû un jour faire le point de leur situation vis-à-vis du Seigneur. Ils ont compris que la foi est une affaire personnelle et qu’il faut, non pas avoir une religion, c’est-à-dire suivre passivement les « services religieux », si conformes à la Parole qu’ils puissent être, mais que les cœurs doivent être engagés pour servir par amour Celui qui nous a aimés le premier, notre Seigneur Jésus Christ (voir 1 Jean 4. 19).
Ces lignes s’adressent à vous qui avez déjà fait le pas essentiel qui vous a fait passer de la mort à la vie : vous avez cru au Seigneur Jésus, et vous avez la vie éternelle par la foi en son nom (Jean 3. 16 à 36). Ayant reçu le Seigneur Jésus dans votre cœur, vous avez de ce fait le droit d’être « enfant de Dieu » (Jean 1. 12). Nous pouvons considérer que ce premier pas correspond au « J’irai » de Rebecca (Gen. 24. 59). Mais la question « Pourquoi suis-je là ? » va refléter vos exercices personnels quant au rassemblement des saints. Pourquoi suis-je là et non ailleurs avec d’autres enfants de Dieu qui se réunissent selon d’autres principes et se comportent autrement. Dois-je rester là et pourquoi ?
En nous aidant de la Parole de Dieu, en nous appuyant sur elle, nous allons essayer de « consulter l’Éternel » avec vous, en vous faisant part de ce que nous avons reçu comme étant la pensée de Dieu. Nous n’irons pas auprès de vous « avec supériorité de parole ou de sagesse », car la foi « ne repose pas sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu » (1 Cor. 2. 1 et 5). Ce n’est que par la foi que vous pourrez recevoir et croire l’enseignement de la Parole et en être « pleinement convaincu » (2 Tim. 3. 14).
En effet, comment avez-vous l’assurance de la vie éternelle, sinon par la foi au Fils de Dieu, par l’acceptation pour vous-même du salut qu’Il vous a acquis à la croix ? De même, nous acceptons l’ensemble des vérités de la Parole de Dieu : notre mort et notre résurrection avec Christ, (Col. 2. 20), notre position en Lui (Eph. 2. 6), notre affranchissement de la loi du péché et de la mort (Rom. 8. 1 à 4)… Tout cela est impossible par le raisonnement de la sagesse de l’homme, mais c’est une chose à accepter par la foi, comme le salut que donne le Seigneur Jésus à ceux qui croient en lui (Act. 16. 30 et 31). La hardiesse de la foi prend Dieu au mot et fait siennes toutes ses promesses. Certes, les hommes religieux du monde – et aussi les incrédules – vous diront peut-être que tout cela est trop facile et qu’il faut certainement faire quelque chose pour être sauvé ! C’est le principe de toute « religion » selon l’homme, que de vouloir ajouter des œuvres à l’œuvre parfaite de Christ, d’imposer des règles, des ordonnances, des rites, des obligations faisant appel à la sagesse et à l’intelligence de l’homme ; toutes ces choses « ont bien une apparence de sagesse en dévotion volontaire et en humilité, du fait qu’elles n’épargnent pas le corps en ne lui rendant pas un certain honneur », mais en réalité elles sont « pour la satisfaction de la chair ! » (Col. 2. 20 à 23).
C’est donc sur le seul principe de la foi et de l’obéissance à la Parole de Dieu, qu’il convient de rechercher où et comment peut se réaliser le rassemblement autour du seul Seigneur Jésus.
Essayons d’examiner dans « toutes les Écritures », si le lieu de rassemblement où nous sommes correspond à la pensée du Seigneur. Remarquons-le bien : il ne s’agit pas de trouver « la meilleure église », une telle notion étant entièrement opposée à l’enseignement de l’Écriture, car il n’y a aux yeux de Dieu qu’une seule Église ou Assemblée : celle que le Seigneur Jésus a aimée et pour laquelle il s’est livré et qu’il bâtit (Eph. 5. 25 ; Matt. 16. 18).

Cette seule et unique Assemblée est constituée de tous les croyants, nés de nouveau, constitués en un seul corps. « En effet, de même que le corps est un, et qu’il a un grand nombre de membres, mais que tous les membres du corps, malgré leur nombre, sont un seul corps, ainsi est aussi le Christ » (1 Cor. 12. 12). Cette citation de l’Écriture est fondamentale, car elle établit clairement et incontestablement, que le corps est UN. On voit donc que, dire qu’il y a « plusieurs » églises ou assemblées équivaudrait à dire qu’il y a plusieurs corps de Christ, ce qui est évidemment impossible.
Mais, dira-t-on, n’y a-t-il pas « en pratique » une multitude d’églises ? Nous venons de citer trois passages des Écritures qui établissent clairement que l’Église est une. Nous répondrons donc qu’il y a « d’une part la véritable Assemblée de Dieu, l’œuvre de ses mains, qui n’est plus humainement discernable et de l’autre, l’Église professante, œuvre des hommes, qui n’est pas toujours dépouillée de son titre » (L’Assemblée du Dieu vivant. A.G.).
Si l’Assemblée de Dieu n’est plus humainement discernable, cela n’enlève rien à sa réalité actuelle. Les promesses du Seigneur Jésus s’accomplissent en elle et pour elle, pendant le temps de son absence – jusqu’à ce qu’Il vienne et qu’Il l’introduise pour toujours auprès de lui, dans la maison de son Père. Et, parce que le Seigneur est fidèle, nous avons la certitude qu’Il a veillé à ce que ceux qui le recherchent et désirent lui obéir puissent se réunir autour de lui, selon les directions de sa Parole, en proclamant l’unité de l’Église au milieu de la confusion générale.

3. UN PEU D’HISTOIRE.

Ce n’est pas aujourd’hui, ni même seulement au dix-neuvième siècle, que des croyants, troublés par l’aspect extérieur de l’Eglise – aspect qui reflétait son triste état moral – ont cherché, dans les Ecritures, « si les choses étaient bien ainsi », et ont été conduits, après un temps de ferventes prières pour discerner la pensée du Seigneur, à se purifier des mauvaises doctrines, en sortant des systèmes religieux établis dans le monde. L’histoire de l’Eglise est faite de ces réveils et de ces combats « pour la foi une fois enseignée aux saints » (Jude 3), au cours desquels de nombreux croyants, préférant obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, ont dû tout quitter pour l’amour du Seigneur et pour l’amour de l’évangile (Marc 10. 29), étant fidèles souvent jusqu’à la mort.
Nous ne saurions entrer en détail dans cette histoire ignorée de l’Église, mais il importe que nous discernions le travail de l’Esprit de Dieu dans les réveils qui ont eu lieu, et particulièrement dans celui du dix-neuvième siècle. « Un vent béni de réveil souffla sur l’église endormie. C’était le cri de minuit qui retentissait en divers pays, rappelant aux vierges, sorties au commencement pour aller à la rencontre de l’époux, qu’elles devaient se réveiller et se préparer pour sa venue prochaine » (Matt. 25. 6) (L’Église, son histoire).
Au rappel de la promesse oubliée alors, de la prochaine venue du Seigneur pour chercher les siens, se sont ajoutés les enseignements concernant le rassemblement des saints autour de lui, en son Nom, pour adorer le Père en esprit et en vérité, et témoigner par la participation au seul et même pain, que nous (tous les enfants de Dieu) sommes un seul corps. Mais, si l’unité du corps de Christ est vue dans le seul pain, la vérité concernant la présence et l’action du Saint-Esprit dans l’assemblée et dans chaque croyant ne pouvait qu’être, elle aussi, mise en lumière. « En effet, de même que le corps est un, et qu’il a un grand nombre de membres, mais que tous les membres du corps, malgré leur nombre, sont un seul corps, ainsi est aussi le Christ. Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps… et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit » (1 Cor. 12. 12 et 13). De même aussi, tout ce que Dieu a fait et placé dans l’Assemblée, les dons qu’Il a donnés, l’ordre qu’Il y établit, révélés dans sa Parole depuis le temps des apôtres, a été rappelé à tous ceux qui désirent le servir dans l’obéissance à ses commandements.
Et, parce qu’il nous est dit : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu, et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » ; (Héb. 13. 7), nous donnerons ici un extrait de l’ouvrage déjà cité (L’Église, son histoire) qui résume les expériences de ceux qui nous ont précédés dans le chemin du témoignage.
« Pendant l’hiver 1827-1828, quatre amis chrétiens, exercés depuis un temps plus ou moins long au sujet de la condition de l’église professante, convinrent, après de multiples entretiens et des moments de prière en commun, de se réunir le dimanche matin pour rompre le pain ensemble comme les premiers chrétiens, en comptant sur le Seigneur pour les faire jouir de sa présence. C’étaient J.N. Darby, Cronin, J.G. Bellett et Hutchinson. Leur première rencontre eut lieu chez ce dernier à Dublin et les frères continuèrent à se rendre chez lui pendant une année environ. Comme leur nombre croissait rapidement, ils louèrent une salle… Depuis longtemps, avec d’autres enfants de Dieu qui assistaient à leurs entretiens fraternels, ils avaient étudié les Écritures et, en comparant ce qu’ils y découvraient avec l’état de choses qui les entourait, ils se sentaient profondément exercés. Ils ne trouvaient ni dans les églises nationales, ni dans les diverses églises séparées de l’État, l’expression de la nature et du caractère de l’Assemblée de Dieu ! Ce fait les amena à prendre une place d’entière séparation de tous ces systèmes ecclésiastiques et à se réunir au Nom du Seigneur Jésus, en reconnaissant la présence et l’action souveraine du Saint Esprit au milieu d’eux, en cherchant à manifester ensemble l’unité du corps de Christ et en gardant l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ».

4. ET AUJOURD’HUI…

C’est sur les mêmes bases, le même principe d’obéissance à la Parole de Dieu, de foi en la présence du Seigneur Jésus au milieu des siens réunis en son nom, de confiance en la puissance du Saint Esprit et de séparation de tout système religieux fondé sur les pensées des hommes, que nous nous réunissons encore aujourd’hui. L’Ennemi, certes, n’est pas resté inactif ; il s’est efforcé de nous faire perdre de vue l’importance d’une obéissance sans réserve à Christ et à sa Parole, ainsi que la nécessité d’être séparé du mal, qu’il soit moral ou doctrinal. L’Ennemi fait appel à nos « bons sentiments », à notre « amour » pour les enfants de Dieu : comment pouvez-vous rester à l’écart de ces chrétiens si zélés, qui font tant de bien ? nous dira-t-il. Joignez-vous plutôt à eux ; plus nombreux, vous serez plus forts ! Mais ce serait oublier ce qui fait la force dans le service de Dieu ; ce n’est pas le nombre, mais l’obéissance à sa Parole.
Peut-être direz-vous aussi : Je ne reçois pas, à la réunion, ce que je souhaiterais y trouver : les réunions sont monotones, on y enseigne toujours les mêmes choses ; les frères et les sœurs manquent d’affection et d’intérêt pour nous ; on est coupé de l’extérieur, des réalités de la vie quotidienne…
Mais, cher lecteur, que venez-vous chercher ici, ou plutôt, qui venez-vous y rencontrer ? Voulez-vous donc d’abord trouver des amis, entendre des conseils pour résoudre les difficultés matérielles de la vie quotidienne, voire chercher des directions pour la difficile conduite morale dans ce monde ? Nous devons vous répondre en toute affection que ce n’est pas là le rôle ni la raison d’être de l’assemblée. Un passage de l’évangile selon Matthieu 6. 31 à 33 nous aidera peut-être à placer dans la perspective de l’Écriture, ces préoccupations bien compréhensibles que nous pouvons résumer par les trois questions que nous trouvons dans ces versets : « Que mangerons-nous ? Ou que boirons-nous ? Ou de quoi serons-nous habillés ? ».
Questions dont le sens n’est pas seulement littéral, mais aussi moral. Il s’agit ici, en effet, de ce qui convient au royaume de Dieu. Le Seigneur s’adresse donc à ceux qui croient en lui, même s’Il a dû les appeler « gens de petite foi » (v. 30) et Il se plaît à leur rappeler qu’ils sont les objets des soins et de l’amour de leur Père céleste, qui sait qu’ils ont besoin de toutes les choses que les nations recherchent. Et le Seigneur invite les siens à rechercher d’abord ce qui est en haut, ce dont le « nouvel homme » en nous a besoin, car il doit être aussi impérativement nourri, rafraîchi et soigné, que l’homme naturel. Nous ne devrions pas nous arrêter au seul fait que nous avons acquis la vie éternelle, l’assurance du salut par la foi au Seigneur Jésus livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification (Rom. 4. 25). C’est là certes, le seul point de départ de la vie de la foi ; mais nous comprenons bien que si nous sommes nés de nouveau, devenus de « petits enfants » dans la foi, il est normal que nous ne demeurions pas dans cet état mais que nous avancions vers l’état d’hommes faits (Héb. 6. 1). C’est donc ce que nous devrions chercher premièrement, laissant au Père qui nous aime le soin de nous donner, par-dessus, les choses qu’il nous sait nécessaires.

Cela nous aide à comprendre que nous venons nous réunir au nom du Seigneur tout d’abord pour être là où Il a promis sa présence, pour rendre grâces et adorer, pour demander dans nos prières qu’Il soit d’abord honoré et glorifié dans toutes nos circonstances et pour être édifiés et consolés, repris peut-être par sa Parole. Si les disciples, au soir du jour de la résurrection ont été remplis de joie, c’est parce qu’ils avaient « vu le Seigneur » (Jean 20. 25). Ils étaient pourtant « des hommes ayant les mêmes penchants que nous » (Jac. 5. 17), ils étaient dans la crainte (Jean 20. 19), sans intelligence et lents de cœur à croire… troublés, (Luc 24. 25, 37). Serions-nous donc surpris, déçus, découragés parce que nous trouvons aujourd’hui dans les frères et les sœurs qui sont là, ces mêmes faiblesses et d’autres encore ? Si nous venons vers le Seigneur à cause des frères et des sœurs, nous serons immanquablement déçus tôt ou tard. Mais, le Centre de notre rassemblement, la seule raison que nous ayons d’être là à l’écart, la seule Personne vers laquelle les regards – non de l’homme naturel mais de l’homme nouveau – doivent converger, c’est le Seigneur Jésus. « Les disciples furent remplis de joie quand ils virent le Seigneur » (Jean 20. 20).
Le grand point à considérer est donc la présence du Seigneur dans l’assemblée. Sa présence est un fait, elle repose sur sa promesse : « Là où deux ou trois sont assemblés à mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matt. 18. 20). Nous la réalisons plus ou moins selon d’état de nos cœurs et de nos consciences. Il est clair que si quelqu’un, pendant la réunion, est occupé principalement des faiblesses des uns ou des autres, ou de ses propres soucis ou projets personnels, si les soins de la vie matérielle ont accaparé son esprit pendant toute la semaine, il ne pourra « voir » le Seigneur. Il est certain aussi que, si tous ceux qui se rassemblent ainsi réalisaient en vérité que le Seigneur est là, qu’ils vont se trouver en la présence du Fils de Dieu, il en résulterait une influence des plus heureuses sur le déroulement du culte. Quel sérieux dans l’attitude et la tenue de chacun en découlerait !
Dans quelle tenue nous présenterions-nous devant un « grand » de ce monde ? Ne prendrions-nous pas soin d’être correctement vêtus ? Notre attitude ne serait-elle pas différente ? Or il y a au milieu de nous « plus que Salomon » (Matt. 12. 42). Peut-être alors peut-on se demander comment nous osons nous tenir devant le Fils de Dieu. Nous répondons : « en pleine assurance de foi » (Héb. 10. 22), dans la certitude d’être des objets de la miséricorde et de l’amour divin. Le droit qu’avait Mephibosheth de s’asseoir tous les jours à la table de David, venait de l’invitation du roi lui-même à prendre cette place. Et quand il était assis là, ni lui ni personne ne voyait qu’il était boiteux des deux pieds (2 Sam. 9). Notre part est bien plus heureuse que celle de Mephibosheth car, si nous sommes comme lui des « vases de miséricorde » (Rom. 9. 23), nous sommes maintenant enfants de Dieu (1 Jean 3. 1 et 2), par l’amour du Père.

En résumé, la réponse de Dieu à toutes nos questions, à tous nos exercices, c’est la Personne de Christ. Son unique Fils bien-aimé (Marc 12. 6) est la dernière et seule réponse à tous les besoins de nos cœurs. Elle est la parfaite et incomparable expression de son amour !

5. LE CAMP D’ISRAËL.

Nous venons de voir que la présence du Seigneur Jésus est ce qui caractérise et justifie notre rassemblement autour de Lui. Peut-être s’est-on demandé s’Il se trouve partout où se réunissent des chrétiens, sous quelque dénomination que ce soit, puisqu’Il a promis d’être là où deux ou trois sont assemblés en son nom ? Il faut d’abord préciser qu’être réunis au nom du Seigneur, c’est par là même reconnaître sa souveraine autorité et sa parfaite sainteté, ce qui signifie qu’on ne peut prétendre se réunir en son nom autrement que dans l’obéissance à sa Parole et dans une consciente séparation du mal moral et doctrinal.
Que faut-il donc entendre par obéissance et séparation ? Pour répondre à cette question, il nous semble utile de rappeler, aussi brièvement que possible, un événement remarquable dans l’histoire du peuple d’Israël en nous souvenant que « toutes ces choses leur arrivèrent comme types » (1 Cor. 10. 11). Au pied du Sinaï tandis que Moïse recevait le modèle du tabernacle et du sanctuaire terrestre et attendait que l’Éternel lui donne les tables de la Loi, le peuple transgressait déjà les commandements divins avant même de les avoir reçus et se prosternait devant le veau d’or (Ex. 32. 8). Une importante remarque doit être faite ici : tout en se groupant autour du veau d’or, Aaron et le peuple associaient le nom de l’Éternel à leur idolâtrie (voir. Ex. 32. 4 et 5) ! Nous avons donc là une figure extrêmement précise et frappante de ce qu’est aujourd’hui ce qu’on appelle la « profession » chrétienne. Et notons aussi que ces choses ont affecté le camp d’Israël tout entier (Ex. 32. 19). Deux grands événements ont alors lieu, à l’arrivée de Moïse dans le camp :
– L’appel de Moïse : « A moi quiconque est pour l’Éternel ! ». Une réponse positive est donnée par les seuls fils de Lévi, qui abandonnèrent pour l’Éternel tout ce à quoi ils pouvaient être légitimement attachés, selon la nature. Il en résultera pour la tribu de Lévi qu’elle « n’a point de part ni d’héritage avec ses frères ; l’Éternel est son héritage » (Deut. 10. 8 et 9). Recevant le service du sanctuaire, dans la tribu de Lévi, les fils d’Aaron préfigurent l’assemblée dont le service, déjà sur la terre, est spirituel, les rachetés de Christ étant comme eux constitués une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ (1 Pier. 2. 5 ; voir aussi Apoc. 1. 5, 6 ; Héb. 13. 15, 16).
– La sortie de Moïse « hors du camp, loin du camp » (Ex. 33. 7), vers un lieu où, dans la séparation du mal qui souille le camp, il dresse la Tente d’assignation, où se rendaient ceux qui cherchaient l’Éternel – c’est-à-dire ceux qui désiraient obéir à sa parole – se purifiant ainsi de la souillure résultant de la désobéissance du peuple à l’Éternel.
L’épître aux Hébreux (13. 8 à 16) explique, en développant le sens spirituel d’une telle scène, ce que représente le fait que la tente était “hors du camp”. Nos lecteurs trouveront dans les études sur la Parole rédigées par nos conducteurs d’autrefois, (notamment J.N.D. et C.H.M.), une explication détaillée des chapitres 32 et 33 de l’Exode. Le court résumé que nous en avons fait n’ayant pour objet que de permettre de donner une définition du « camp » selon la Parole.

6. SORTIR VERS LUI, HORS DU CAMP.

Le camp représentait donc l’ensemble du peuple d’Israël, au milieu duquel l’Eternel voulait habiter. Mais la présence divine aurait entraîné la destruction de ce « peuple de cou roide » (Ex. 33. 3). Comment alors Israël allait-il pouvoir retrouver des relations avec Dieu ? Moïse se présente alors comme le médiateur, après avoir été l’intercesseur en faveur du peuple, mais il ne peut rencontrer l’Eternel qu’en dehors du camp, dans la tente dressée sur un terrain non souillé et où alors la colonne de nuée pouvait descendre (33. 7 et 11).
L’analogie avec la chrétienté est aussi frappante que facile à discerner. Une grande majorité, formée de tous les chrétiens de nom – entrés là par le baptême – constitue le camp. Ce camp forme le christianisme professant, tout comme dans le camp d’Israël se trouvait la plus grande partie du peuple terrestre de Dieu.
Et de même que l’Éternel ne pouvait plus demeurer dans le camp d’Israël, le Seigneur aujourd’hui n’a pas la place qui lui est due dans la profession chrétienne ; elle l’a, de fait, mis de côté en remplaçant son autorité et celle de sa Parole, par les institutions des hommes. Voulons-nous demeurer parmi ceux qui n’obéissent pas à l’autorité du Seigneur ? Non, la seule chose à faire est de chercher à obéir à la Parole de Dieu, à l’invitation que nous lisons en Héb. 13. 12 et 13 : « C’est pourquoi aussi Jésus, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte ». Dans ce passage, Jérusalem représente la nation juive lors de la crucifixion du Seigneur, comme le camp représentait le peuple d’Israël du temps de Moïse. « Ainsi donc, sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ». Remarquons bien encore que, sortir du camp au temps de Moïse, ne signifiait pas qu’on cessait d’être Israélite ; de la même manière, ne pas être libres de rendre culte là où l’on sait qu’il y aussi des chrétiens « de nom », ne nous fait pas sortir de la chrétienté et ne change rien au fait que nous sommes des chrétiens. Soulignons aussi que, comme tout Israélite qui sortait vers la tente d’assignation le faisait « pour chercher l’Éternel », le seul motif que doit avoir un chrétien pour sortir « hors du camp » selon Héb. 13. 13, est de sortir « vers Christ ».

7. LE SCEAU. LA GRANDE MAISON.

Nous allons maintenant examiner un passage du Nouveau Testament qui s’applique non plus comme un type, mais directement à l’Assemblée. L’apôtre Paul, dans sa seconde épître à Timothée, qui est celle des « derniers jours » (2 Tim. 3. 1), écrit : « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur. Or, dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre ; et certains à honneur, d’autres à déshonneur. Si donc quelqu’un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre. Mais, fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Tim. 2. 19 à 22). Dans ce passage, Paul présente à Timothée et à tous les enfants de Dieu, deux pensées principales, illustrées par des images parlantes.
D’abord, au verset 19, le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau. Ce qu’est ce fondement n’est pas précisé ici, car la pensée de l’apôtre est d’insister plutôt sur la puissance de Dieu qui l’a posé et sur l’importance pratique du sceau qu’Il y a mis. Les regards du fidèle, s’il est désemparé par la confusion qui règne dans la chrétienté, sont ainsi dirigés vers le Dieu tout-puissant et qui connaît toutes choses.
Le sceau qui authentifie et témoigne que le « solide fondement » est « de Dieu » doit être considéré sur ses deux faces, où sont gravées deux expressions complémentaires de la pensée de Dieu.
Premièrement, « le Seigneur connaît ceux qui sont à lui ». Dans un monde où nous sommes incapables de discerner tous les rachetés de Christ nous avons l’assurance que Lui les voit et les revendique pour lui. Il s’est réservé des témoins que Lui seul connaît, malgré la confusion qui règne dans les systèmes de la chrétienté, comme en un autre temps « sept mille hommes » dont les genoux n’avaient pas fléchi devant Baal (1 Rois 19. 18). Disons en passant que tous ceux que le Seigneur connaît sont représentés par le seul pain placé sur la table : « Car nous, qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps : en effet, nous participons tous à un seul et même pain » (1 Cor. 10. 17).
Deuxièmement : « qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ». Il est fait appel ici à la responsabilité individuelle de chaque croyant appartenant au Seigneur, de se retirer de l’iniquité, c’est-à-dire de tout ce qui est incompatible avec la sainteté et la justice du Seigneur, révélées dans sa Parole.
Soulignons à cet égard, l’emploi du terme « Seigneur » qui exprime l’autorité de Celui à qui nous avons affaire.
Ainsi, au privilège de nous savoir connus de Lui et de Lui appartenir, est liée notre responsabilité, si nous l’appelons « Seigneur » dans la louange et dans la prière, de reconnaître aussi son autorité et de nous retirer de tout ce qui n’est pas conforme à sa Parole. L’obéissance est, d’une manière constante, liée à la foi (voir, par exemple : Héb. 11. 7, 8, 17 ; 2 Cor. 10. 5).

La seconde pensée que nous trouvons en 2 Timothée 2 est celle de la « grande maison ». C’est la chrétienté dans son développement extérieur regroupant l’ensemble des personnes qui y sont entrées par le baptême chrétien et constituent ce que nous appelons la profession chrétienne. Ces personnes, baptisées d’eau, ne sont pas toutes des enfants de Dieu, car ce n’est que par la nouvelle naissance, en étant né d’eau et de l’Esprit, que l’on devient enfant de Dieu et qu’on peut entrer dans le Royaume de Dieu (Jean 3. 5 à 7).
Par l’effet de la Parole dans l’homme on est « né d’eau ». Par la communication d’une nature nouvelle qui vient de Dieu on est « né de l’Esprit ».
C’est par le baptême qu’on est introduit dans la chrétienté. Une personne baptisée peut être incrédule et le demeurer ; dans ce cas elle n’a pas le Fils de Dieu et par conséquent n’a pas la vie (1 Jean 5. 12). Mais, « celui qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 36).
Ainsi la grande maison englobe croyants et simples professants, représentés par des « vases », c’est-à-dire des ustensiles dont se sert le maître de maison. Le maître utilise des vases qui correspondent à son propre caractère et nous comprenons facilement que le Seigneur Jésus emploie plutôt des serviteurs dont les affections ne sont pas « mélangées », ceux qui sont purifiés par l’obéissance à sa Parole. Ici encore, c’est le côté de la responsabilité individuelle du croyant qui est envisagée car il est écrit « si quelqu’un » se purifie, non pas « si vous vous purifiez, ou encore, si on vous purifie ». Ce « quelqu’un » est donc appelé à se purifier – non pas de la maison, dont il sortirait – mais des vases à déshonneur qui s’y trouvent, c’est-à-dire, en ne s’associant ni à leurs doctrines ni à leurs œuvres. Si cette condition est remplie, elle fait de ce « quelqu’un » un « vase à honneur sanctifié, utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre ». Ces trois derniers caractères deviennent la part de ceux qui, désirant être utiles au maître, ont compris et cru qu’ils ne peuvent l’être qu’en se séparant de ceux dont l’état n’est pas compatible avec ce qu’est le Maître. Disons ici que le principe de la purification est dans l’obéissance à la vérité (voir 1 Pier. 1. 22).
L’enseignement de cette image est en fait de même nature que celui du verset 19, mais il établit que celui qui se purifie ne sort pas de la maison mais qu’il devient « un vase à honneur sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » ; ce qui est la condition nécessaire pour accomplir tout service. Toutefois, la pensée du Seigneur ne se limite pas à ce que nous nous purifiions des vases à déshonneur ; nous sommes invités aussi à « fuir les convoitises de la jeunesse » ; c’est-à-dire non seulement les convoitises mondaines ou charnelles, mais aussi celles qui se rattachent particulièrement à la « jeunesse », telles que l’impétuosité, la confiance en soi, la légèreté, l’impatience… (W.K.). Et notons bien qu’il ne s’agit pas de combattre ces choses, mais de les fuir.

Jusqu’ici donc, nous avons vu ce qui touche à notre responsabilité individuelle ; nous avons ensuite ce qui est collectif, c’est-à-dire ce qui est la part de tous ceux qui se sont purifiés.
Que va donc faire maintenant ce « quelqu’un » qui se purifie des vases à déshonneur et qui fuit les convoitises de la jeunesse ? Sans doute a-t-il réalisé que la grâce de Dieu qui a agi en lui, a opéré aussi en d’autres enfants de Dieu. Il lui est enjoint de poursuivre :
– la justice (qui est le contraire de l’iniquité au v. 19) ;
– la foi qui est ce qu’on entend par la Parole de Dieu (Rom. 10. 17), c’est-à-dire en s’y soumettant ;
– l’amour lié à l’obéissance aux commandements du Seigneur (Jean 15. 10 à 14 ; 21 à 23 ; 1 Jean 5. 2) ;
– la paix (et particulièrement en gardant l’unité de l’Esprit par le lien de la paix – Eph. 4. 3) avec ceux qui invoquent (ou prient) le Seigneur d’un cœur pur (2 Tim. 2. 22), c’est-à-dire avec des affections non mélangées (voir aussi Ps. 119. 9).

Nous nous sommes étendus assez longuement sur ce passage, car il est la base scripturaire de la position de séparation, en dehors des systèmes religieux de la profession chrétienne. Ceux qui reconnaissent toute l’autorité de la Parole de Dieu, auront certainement le désir de s’y soumettre.

Les passages que nous avons considérés font donc appel à l’obéissance du croyant à la Parole, qui est un caractère essentiel de la foi. Elle admet l’entière et infaillible autorité de cette Parole. La soumission aux enseignements de l’Écriture est d’ailleurs notre seule ressource contre tous les raisonnements de la sagesse humaine. Ne cherchons pas ailleurs les directions dont nous avons besoin, mais que « les témoignages du Seigneur soient les hommes de notre conseil » (Ps. 119. 24).
C’est pourquoi les croyants qui se rassemblent avec simplicité autour du Seigneur Jésus et à son Nom, pour annoncer sa mort en prenant la cène à sa table, ont la conviction profonde que c’est le chemin tracé par le Seigneur (1 Cor. 11. 23 à 26). Ils y marchent par la foi, dans l’humilité et dans le sentiment de leur faiblesse, mais avec le constant secours de sa grâce.

8. LE TÉMOIGNAGE.

Exposer ce qu’il faut entendre par le « témoignage » dépasserait largement le cadre de notre écrit. Nous essaierons pourtant d’en dire quelques mots, car c’est par ce nom que ceux qui sont sortis des systèmes organisés de la chrétienté, désignent souvent ce qui constitue leur rassemblement autour du Seigneur. Il ne s’agit pas là, soulignons-le, d’une dénomination chrétienne. Les croyants qui ont à cœur d’être “ « assemblés au nom du Seigneur » se sont toujours refusé à porter un nom quelconque. En cela, ils sont conséquents avec les enseignements de la Parole de Dieu (voir 1 Cor. 1. 12), car, comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, l’Eglise est une aux yeux du Seigneur, et la multitude de noms qu’ont pris les divers systèmes chrétiens, le plus souvent en fonction des principes qui y sont mis en avant, ne sont qu’autant de négations, de refus d’accepter la seule parole divine : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel » (Eph. 4. 4). Rappelons donc que « Dieu a voulu de tout temps avoir des témoins pour Lui sur la terre, des hommes qui, en face de l’indifférence, de l’incrédulité et de l’idolâtrie, proclament non seulement que Dieu existe, mais qu’Il a parlé… Il est de toute importance de se rappeler que le témoignage est de Dieu, bien qu’Il le confie à des hommes responsables » (Quelques réflexions sur le témoignage A.G.). On voit par là que, parler du témoignage, c’est désigner ce qui regroupe les témoins pour Dieu, en dehors de toute appartenance à ce qui est réglé par les pensées des hommes.

«En quoi consiste le témoignage ? Trois points en tout cas le caractérisent :
– Le rassemblement des enfants de Dieu autour du Seigneur et de sa table. Cette table étant celle du Seigneur, tous les enfants de Dieu y ont leur place, si du moins ils se soumettent à l’autorité du Seigneur et de sa Parole en se purifiant du mal (fausse doctrine et mal moral). La vérité de l’unité de l’Église, vue comme le corps de Christ, est exprimée là, dans la cène prise en commun : « Car nous, qui sommes un plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps : en effet, nous participons tous à un seul et même pain » (1 Cor. 10. 17).
– La présence du Saint Esprit dans l’Église, à la suite de la glorification du Sauveur. Y croire nous conduit à abandonner toute organisation et ministère humain, le clergé, toutes les formes que les hommes ont substituées à l’action divine du Saint Esprit. Cela aussi nous sépare nécessairement de tous les systèmes religieux.
– L’attente du retour du Seigneur. La vraie et seule espérance chrétienne conduit nécessairement les chrétiens à se réunir dans la séparation du monde (voir Phil. 3. 17 à 21) (Le témoignage. H.R. – M.E. 1932).

Souvenons-nous que le témoignage est d’abord individuel, ne pouvant être le fait que d’un enfant de Dieu qui a reçu le témoignage de « Celui qui vient du ciel » et a « scellé que Dieu est vrai » (Jean 3 : 31 à 36). Chaque croyant est appelé à manifester ici-bas les traits de l’Homme Christ Jésus et à marcher comme lui a marché (1 Jean 2. 6 ; voir aussi Phil. 4. 5 ; Col. 3. 12 à 15 ; Eph. 5. 1 et 2 ; Col. 1. 10).
Mais la pensée de Dieu est de rassembler ses témoins : Il les réunit donc autour du Seigneur Jésus, le « Témoin fidèle et véritable » (Apoc. 3. 14), qui est présent là où deux ou trois sont assemblés en son nom (Matt. 18. 20). Ainsi, « l’objet du témoignage que les fidèles sont appelés à rendre est le plus élevé qui soit : c’est Christ lui-même, caché au monde mais glorifié dans le ciel » (Réflexions sur le témoignage. A.G. – M.E. 1929).

« Ce témoignage est plus qu’un autre en opposition avec les principes du monde. Christ a été mis à mort par le monde et demeure le rejeté. Les siens ne peuvent être qu’en dehors du monde, comme lui. Mais, en dehors du monde, ils le trouvent lui-même, centre de rassemblement pour tous ceux qui partagent son rejet… Chacun est appelé à glorifier Christ dans sa marche individuelle, mais il y a un témoignage particulier, celui de l’unité de tous les siens (Jean 17. 21)… » (A.G. ouvrage déjà cité).

Dans ce qui précède, nous avons fait allusion à plusieurs reprises à la table et à la cène du Seigneur. Nous désirons maintenant donner quelques précisions sur ce sujet si important !

9. LA TABLE ET LA CÈNE DU SEIGNEUR.

Étroitement liées l’une à l’autre, la Table et la Cène du Seigneur donnent néanmoins des enseignements différents, que nous allons essayer d’exposer succinctement.
La Table du Seigneur est mentionnée en 1 Corinthiens 10 à la fin du paragraphe qui contient les versets 14 à 22. Dans les versets 1 à 13 du chapitre, l’exemple du peuple d’Israël nous est donné à titre d’avertissement (v. 11) et sert d’introduction à ce qui concerne les rachetés de Christ.
Le sang de Christ répandu à la croix est mentionné en premier lieu, car nos péchés sont ôtés par ce sang, de même que c’est par le sang de Jésus que nous avons accès jusqu’à Dieu (Héb. 10. 19). Le corps de Christ livré pour nous, est cité ensuite : c’est dans ce corps que notre Sauveur a porté nos péchés sur le bois (1 Pi. 2. 24) ; c’est par l’offrande du corps de Jésus Christ, faite une fois pour toutes, que Dieu a accompli sa volonté de sanctifier ceux qui croient (Héb. 10. 9 et 10).
Précisons encore que, dans le passage déjà cité de 1 Corinthiens 10. 16 et 17 : « la communion est la participation des croyants, en commun, à toutes les bénédictions qui nous ont été apportées par le sang de Christ. La coupe est une coupe de bénédiction. Nous avons communion à ce sang, c’est-à-dire que nous avons la jouissance, et cela en commun, de tout ce que ce sang nous apporte… Le pain que nous rompons est la communion du corps du Christ. Nous avons une participation en commun à ce corps et nous nous identifions avec lui » (1ère épître aux Corinthiens. H.R.). Quand nous partageons ce seul pain, nous montrons et reconnaissons que nous faisons tous ensemble partie du seul corps de Christ et rendons témoignage à son unité.
L’exemple d’Israël est à nouveau placé devant nous (v. 18) ; les expressions « la table » et « l’autel » sont assimilées l’une à l’autre dans les passages que nous lisons en Ézéchiel 41. 22 et Malachie 1. 12 et 14. Ainsi est introduite la pensée de la table du Seigneur . Celle-ci ne doit cependant pas être considérée comme l’autel mentionné en Hébreux 13. 10.

Notons encore que si la coupe et le pain nous parlent du sang et du corps du Christ (1 Cor. 10. 16 et 17) – nom qui se rattache à son amour (voir Eph. 5. 2 et 25) – la table est liée à son autorité : c’est la table du Seigneur (v. 21).
Nous n’avons en aucune manière le droit d’agir selon nos propres pensées quant à cette table.

La Table du Seigneur est donc celle où est rappelé le sacrifice de Christ et le fait que tous les croyants sont unis en un seul corps. Quand Paul écrivait ces choses, il n’y avait pas, dans la chrétienté, d’autre table que celle du Seigneur. C’est pourquoi, poursuivant sa mise en garde contre l’idolâtrie, il oppose cette table à celle des démons. Aujourd’hui, si de nombreux groupements chrétiens ont une table, il ne s’agit certes pas de la table des démons ! Mais, dans la mesure où ces chrétiens se réunissent sur d’autres « bases » que celles qu’enseigne la parole de Dieu – églises dites nationales, par exemple, ou encore églises admettant le ministère des femmes, ou s’ils admettent à leur table des personnes vivant en permanence dans le désordre moral -, la table ainsi dressée ne peut être « la table du Seigneur », qui est caractérisée par la sainteté et la séparation du mal moral et doctrinal.
Comme nous l’avons déjà noté, nos prédécesseurs ont eu à cœur de se réunir « en dehors de tout système, autour du Seigneur, tête du corps, centre d’unité, et ils se sont attendus à Lui, exprimant à la Table du Seigneur cette unité du corps de Christ dont ils n’étaient que quelques membres. Ces conducteurs ont senti la responsabilité de maintenir la sainteté qui s’attache à cette table et par conséquent, d’abord de n’y recevoir que des croyants, ensuite, tout en la considérant comme ouverte à tous les enfants de Dieu sans distinction, d’en écarter tout mal non jugé dans la conduite ou dans la doctrine, usant pour cela de l’autorité du Seigneur dans le rassemblement de deux ou trois réunis à son nom » (Quelques réflexions sur le témoignage. A.G. – M.E. 1929) – (voir Matt. 18. 18).
Au temps des apôtres, la chrétienté était distincte du judaïsme et de l’idolâtrie. Il en est de même aujourd’hui quant à ces deux points.
Mais, ce qui complique la question, «c’est qu’elle a laissé pénétrer chez elle beaucoup d’« éléments du monde » (Col. 2. 20), et qu’elle s’est divisée en groupes différents dont chacun affirme prendre le repas institué par le Seigneur. Mais quelle que soit la confusion, le principe posé à propos de l’idolâtrie à Corinthe demeure, savoir que la table exprime la communion : Quiconque prend part au repas a « communion avec l’autel », c’est à dire avec le culte rendu et l’ensemble de ceux qui le rendent. De sorte que d’une part « quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable à l’égard du corps et du sang du Seigneur » (1 Cor. 11. 27), et d’autre part, s’asseoir à une « table » associe le participant à ce qui la caractérise, tout comme manger des sacrifices offerts aux idoles, mettait en « communion » avec les démons (1 Cor. 10. 20) » (La cène du Seigneur à sa table. A.G. – M.E. 1959).
« C’est pourquoi nous ne pouvons recevoir un croyant à la Table du Seigneur, sans avoir à nous préoccuper d’abord de « l’impureté » qu’il peut y apporter, soit en raison de sa conduite personnelle, soit en raison de ses associations. Désirer, par amour pour ses frères, avoir communion avec tous les enfants de Dieu, sans s’occuper d’autre chose que de savoir s’ils sont nés de nouveau, serait manifester un amour qui n’est pas selon Dieu (1 Jean 5. 2) et, ce qui est plus grave encore, oublier que nous ne pouvons associer le nom du Seigneur au mal moral ou doctrinal» (Rassembler en un. P.F. – M.E. 1947).
S’il convient donc d’être très prudent pour recevoir quelqu’un à la Table du Seigneur, il convient aussi de réaliser que si nous sommes en communion à sa Table, nous n’avons pas à participer même occasionnellement, à une table étrangère. Ce serait mépriser le Seigneur, que de confondre sa Table avec toute autre table ! Ce serait encore, inconsciemment peut-être, associer son nom au mal moral ou doctrinal.
Nous venons de parler de « table étrangère » et de « toute table ». Il faut préciser ici que « nous ne pouvons appeler Table du Seigneur quelque « table » de la chrétienté que ce soit, dressée sur une autre base que l’unité du corps du Christ. Cela implique que nous ne saurions y reconnaître la célébration de la cène, quoique d’autres puissent y trouver. Sinon nous serions coupables de ne pas nous sentir libres d’y participer » (La cène du Seigneur à sa table. A.G.).

En résumé, la table du Seigneur est le lieu où, ici-bas, est manifestée l’unité du corps de Christ. Elle nous présente le côté de notre communion avec Christ, puis les uns avec les autres (pour ceux qui participent à cette table) et met en évidence la responsabilité de ceux qui participent à la table de se garder de tout mal doctrinal et moral, parce qu’ils sont en communion à la table du Seigneur.

La « cène du Seigneur » fait l’objet de l’enseignement que l’apôtre Paul a « reçu du Seigneur » (lire 1 Cor. 11. 23 à 32). L’importance que le Seigneur attache à la cène est telle, que les circonstances de son institution et les paroles du Seigneur à cette occasion sont rapportées dans les trois évangiles dits « synoptiques », tandis qu’en 1 Cor. 11, l’apôtre Paul déclare avoir reçu du Seigneur – et non par l’intermédiaire d’un autre apôtre – ce qu’il nous enseigne.

Ces quatre passages (Matt. 26. 26 à 30 ; Marc 14. 22 à 26 ; Luc 22. 19 et 20 ; 1 Cor. 11. 23 à 32) nous montrent que le pain et la coupe sont le souvenir de la mort du Seigneur et fixent l’ordre dans lequel la cène du Seigneur doit être célébrée.
Il s’agit donc ici du mémorial des souffrances et de la mort du Seigneur. Chaque fois que nous mangeons le pain et que nous buvons à la coupe, nous annonçons la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne (1 Cor. 11. 26). Les paroles même du Seigneur : « ceci est mon corps qui est donné pour vous… cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est versé pour vous » – sont infiniment précieuses pour tous ceux qui répondent à son désir, car elles expriment l’amour de notre Sauveur, amour qui lui a fait traverser les souffrances et la mort de la croix. Cela suffit à nous montrer que nous sommes en présence de choses très saintes et nous pousse à demander : « Unis nos cœurs à la crainte de ton nom » (Ps. 86. 11). Le privilège que le Seigneur Jésus nous accorde ainsi de nous souvenir de lui et de son amour jusqu’à la mort, ne devrait-il pas marquer de son sceau notre vie quotidienne, dans tous ses détails ? « Il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui pour eux est mort et a été ressuscité » (2 Cor. 5. 15).
L’apôtre Paul ajoute que nous annonçons la mort du Seigneur « jusqu’à ce qu’il vienne ». Il y a donc ici un témoignage rendu devant les hommes – devant nos enfants en particulier – et aussi à la face des puissances qui sont dans les lieux célestes, à l’amour du Seigneur pour son Dieu et Père et pour ses rachetés, ainsi qu’à la perfection de sa Personne et de son œuvre, et cela jusqu’à ce qu’Il vienne. Nous nous souvenons alors qu’Il est allé préparer nos places dans la maison de son Père et qu’Il va revenir pour nous prendre auprès de lui, afin que là où Il est, nous, nous soyons aussi (Jean 14. 1 à 3).
Enfin, nous avons là un témoignage de sa fidélité car, jusqu’à sa venue, Il nous permet de nous souvenir de lui comme Il l’a désiré.

Nous comprenons alors que notre marche, notre vie quotidienne pratique, l’état de nos cœurs, doivent correspondre à ce que nous annonçons. C’est pourquoi il nous est dit : « Que chacun s’éprouve soi-même ». Cette épreuve de soi-même est normalement de tous les instants ; mais elle ne doit pas pour autant, nous occuper de nous-mêmes constamment ! Que faire donc ? Nous ne saurions mieux répondre à cette question qu’en citant encore une fois la parole de vérité : « Comment un jeune homme – et, en fait, tout chrétien – rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole » (Ps. 119. 9).

10. LA PAROLE DE DIEU. LE MINISTÈRE DE LA PAROLE.

« Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées, et tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér. 15. 16).

Nous avons insisté tout au long des pages qui précèdent, sur l’autorité de la Parole de Dieu et sur le fait que c’est en obéissance à cette Parole que nous sommes séparés (hors du camp) dans la chrétienté. Il est de toute importance de souligner la place que doit occuper la Parole dans notre vie individuelle, chaque jour.

Comment doit-on lire la Bible ? Il est tout d’abord nécessaire de croire (et cela fait partie de la foi qui nous a été « une fois enseignée » – Jude 3) qu’elle est, dans son entier, la Parole de Dieu, que sa grâce et sa puissance nous a conservée à travers les siècles. C’est donc dans un esprit de prière, et pour écouter Dieu que nous la lisons. Il devrait être inutile d’ajouter que, puisqu’il s’agit de la Parole de Dieu, elle doit avoir une souveraine autorité sur nous. Mais, comment comprendre, si quelqu’un ne nous conduit ? A cette question posée à Philippe par l’eunuque de la reine Candace (Act. 8. 26 à 39), nous répondons que le Saint Esprit seul peut nous ouvrir les Écritures.
En Jean 16. 13, le Seigneur dit aux siens que l’Esprit de vérité les conduira dans toute la vérité, c’est-à-dire dans toute la Parole de Dieu, car elle est la vérité (Jean 17. 17). Peut-être dira-t-on : s’il en est ainsi, pourquoi certains passages de la Parole me sont-ils incompréhensibles ? La question est plutôt : qu’est-ce que je cherche dans la Parole ? Est-ce que je la lis pour accroître mes connaissances intellectuelles, ou pour écouter ce que le Seigneur veut me dire et pour apprendre à le connaître, Lui, et à l’aimer ? Ma lecture a-t-elle touché mon cœur ou ma conscience ? Ai-je lu dans le sentiment d’avoir affaire à la Parole de Dieu, en me souvenant que les « secrets de l’Éternel sont pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14) ? Ainsi, si nous apprenons d’abord à connaître le Seigneur, si nous lui demandons de tout cœur : « Enseigne-moi ton chemin ; je marcherai dans ta vérité ; unis mon cœur à la crainte de ton nom » (Ps. 86. 11), nous recevrons au fur et à mesure de nos besoins, l’intelligence des pensées de Dieu.
Avant de pouvoir demander que le songe de Nebucadnetsar leur fut révélé, Daniel et ses compagnons avaient choisi d’obéir à Dieu en marchant dans la séparation du mal, refusant les « mets délicats du roi et le vin qu’il buvait », et cela à un moment et dans des circonstances où le raisonnement et la sagesse humaine leur disaient que c’était inutile (Dan. 1 et 2) !
La lecture personnelle et l’étude individuelle de la Parole de Dieu sont indispensables si on désire croître dans la connaissance du Seigneur Jésus. Disons aussi que la lecture en famille est des plus nécessaires, à sa place et qu’on ne saurait se priver sans dommage des réunions où s’exerce le ministère oral de la Parole, dans la dépendance et avec le secours du Saint Esprit. Mais chaque enfant de Dieu est responsable de recueillir pour lui-même la nourriture spirituelle dont il a besoin, de travailler « pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle » (Jean 6. 27). Ce passage nous montre d’ailleurs que la lecture de la Parole demande un effort soutenu. « Il faut que le laboureur travaille premièrement, pour qu’il jouisse des fruits » (2 Tim. 2. 6).
Une question parfois posée est celle-ci : Combien de versets doit-on lire chaque jour, et quand ? La Parole nous enseigne à cet égard que les besoins et les capacités de l’un diffèrent de ceux de l’autre. La manne était donnée en abondance et la parole de l’Éternel, son commandement, était : « Recueillez-en, chacun en proportion de ce qu’il peut manger… et celui qui avait beaucoup n’avait pas trop et celui qui avait peu n’en manquait pas ; ils avaient recueilli chacun en proportion de ce qu’il mangeait » (Ex. 16. 15 à 18). La même écriture nous enseigne que la manne descendait « au matin » (Ex. 16. 13 et 14) et qu’elle fondait à la chaleur du soleil (v. 21) ; ce qui signifie qu’il y a profit à se nourrir de la Parole avant que les occupations de la journée n’en effacent les effets. Soyons certains que la lecture, même d’un court passage, « des miettes qui tombent de la table », peut suffire à nous encourager si nous n’avons pas la possibilité d’en lire davantage le matin. Tout cela est une question d’expérience personnelle, de confiance dans notre Seigneur, qui ne nous charge pas d’un joug pesant.
Nous avons fait allusion plus haut, au ministère oral de la Parole. Il s’agit de sa présentation au cours des réunions d’édification ou d’étude, où un ou plusieurs serviteurs de Dieu lisent et exposent des passages de l’Ecriture. Ils accomplissent le saint service qui consiste à « lire distinctement dans le livre de la loi de Dieu, et à en donner le sens, et à le faire comprendre lorsqu’on lisait » (Néh. 8. 8). Les dons que le Seigneur place dans l’assemblée (évangélistes, pasteurs, docteurs) viennent de lui et sont donnés « en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’hommes faits, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (Eph. 4. 11 à 16).
A ce ministère oral, s’ajoute le ministère écrit que nos conducteurs nous ont laissé et dont il faut aujourd’hui rappeler la valeur et l’utilité, car il constitue une aide inestimable dans l’étude de la Parole. Mépriser ce ministère serait mépriser Celui qui nous l’a donné, par des serviteurs qu’il avait richement doués pour l’accomplir ; car nous ne pouvons douter en considérant la somme de travail qu’il leur a été donné de fournir – traductions, commentaires sur la Parole, correspondance, réunions, voyages… – qu’ils n’aient, en tout cela, été fortifiés, aidés et conduits par la puissance de Dieu.
Mais, a-t-on écrit, « ce n’est pas parce que des frères hautement respectables nous ont transmis un enseignement, que nous avons à le considérer comme étant celui qu’il faut maintenir aujourd’hui, tenant ferme ce qu’eux ont eu à conquérir, car ce serait là, proprement recueillir et observer une tradition ; mais c’est parce que ces conducteurs se sont attachés à la seule vérité scripturaire. Leur autorité découle du fait que le Saint Esprit leur a donné de transmettre avec fidélité « ce qui est dès le commencement », non pas leur commencement, mais celui du christianisme. Ils ont été en vérité « des hommes fidèles, capables d’instruire aussi les autres » (2 Tim. 2. 2). C’est pour cela que nous sommes responsables de les écouter et de les suivre : en le faisant, nous écoutons l’enseignement de l’Écriture, nous suivons le Seigneur … « Mais, que les nouvelles générations n’oublient jamais que la « lampe aux pieds des saints » et la « lumière dans leur sentier » (Ps. 119. 105) ne sont pas des choses qui s’apprennent facilement ».
« Les écrits donnés autrefois sont d’une très grande importance, Dieu les a donnés une fois pour toutes, ils sont irremplaçables, mais ils nous ramènent toujours à la source dont il faut boire, la Parole de Dieu » (J’élève mes yeux vers les montagnes… P.F. – M.E 1984).
Un autre de nos conducteurs écrivait à ce sujet : « Estimons très haut les dons qui servent à l’édification du corps de Christ, tout en contrôlant avec soin leur enseignement par les Écritures, et ne nous berçons pas même de l’illusion que Dieu nous révélera de nouveau, sans tenir compte des enseignements qui ont précédé, les vérités qu’Il nous avait fait connaître par d’autres. Une telle prétention ne serait que de l’orgueil spirituel. Mais, j’insiste sur ceci : c’est que chacun de nous vive individuellement de la parole, afin qu’elle soit en nous… une parole vivante » (2ème épître aux Thessaloniciens ; Remarques préliminaires. H.R.).
Nous aurions pu citer plus complètement ces frères ou d’autres encore ; sur ce sujet, leur enseignement concorde pour recommander avant tout l’étude personnelle de la Parole de Dieu, dans la prière, le ministère écrit, utile et béni à sa place n’ayant d’autre rôle que de nous aider à saisir pour nous-mêmes les richesses insondables de Christ.
Mais « ne soyez pas séduits par des doctrines diverses et étrangères » (Héb. 13. 9). Les milieux chrétiens dont nous sommes séparés en obéissance à la Parole, offrent une abondante littérature. Nous ne mettons nullement en cause la sincérité de leurs auteurs, ni même leur don de la part du Seigneur. Nous devons toutefois être très prudents vis-à-vis de ces lectures, car, à l’exposé de certaines vérités essentielles du christianisme, se mêlent les doctrines professées dans les milieux auxquels se rattachent leurs auteurs. Ces livres sont ainsi de nature à troubler et même à renverser la foi de quelques-uns. Du reste, soyons gardés de retourner dans le camp par quelque chemin que ce soit.
Ajoutons encore à ces quelques remarques sur la lecture et l’étude de la parole de Dieu, que TOUTE LA VÉRITÉ est contenue dans L’ENSEMBLE des Écritures et pas ailleurs. Il n’y a pas eu et il n’y aura pas d’autre révélation des pensées de Dieu et ce n’est pas en vain qu’à la fin du dernier livre de la Bible (Apoc. 22. 18 et 19), nous trouvons un avertissement dont nous pouvons étendre la portée à l’ensemble du Livre de Dieu.

Nous avons rappelé déjà que le Seigneur Jésus nous a annoncé que l’Esprit de vérité nous conduirait dans TOUTE LA VÉRITÉ (Jean 16. 13). Ces remarques nous permettent de réfuter catégoriquement la doctrine purement humaine, selon laquelle la vérité serait partagée entre les divers groupements chrétiens. Outre que cette doctrine s’oppose à la vérité divine concernant le fait que l’assemblée est une, elle témoigne d’un esprit de fausse humilité et d’incrédulité : c’est mettre en doute la capacité de l’Esprit de vérité de conduire tout enfant de Dieu obéissant dans l’intelligence de la Parole tout entière.

11. TOI, SUIS-MOI.

Ce sont là les dernières paroles que, dans l’évangile selon Jean, le Seigneur Jésus adresse à son disciple Pierre – mais que tout disciple fidèle peut recevoir pour lui-même, à l’exemple de Jean.
Cela ne répond-il pas aux questions que l’on peut se poser à l’égard des enfants de Dieu qui sont restés dans le camp, dans différentes dénominations chrétiennes ? Il y a dans beaucoup d’entre elles, du zèle pour le Seigneur. On y voit de nombreuses activités évangéliques et sociales, des « œuvres » en un mot que le Seigneur connaît et sur lesquelles Il portera sa juste appréciation. Rappelons que le Seigneur est souverain pour placer là des serviteurs pour lui, le « seul et même Esprit distribuant à chacun en particulier comme Il lui plaît » (1 Cor. 12. 11). Il ne saurait abandonner les siens où qu’ils se trouvent. C’est la première face du sceau de 2 Tim. 2. 19. Il connaît ceux qui sont à lui et Il place ici et là les dons nécessaires à l’édification de l’assemblée (1 Cor. 14. 12). L’ensemble des assemblées que nous reconnaissons pour être scripturairement réunies autour du Seigneur et à son nom, ce que nous avons appelé « le témoignage », n’est pas seul l’Assemblée qui est constituée de tous ceux qui, nés de nouveau sont – souvent même à leur insu – membres du corps de Christ. Mais si dans sa grâce et dans sa fidélité – et aussi dans sa souveraineté – le Seigneur place des témoins et des serviteurs pour Lui dans ces différents milieux, cela n’enlève rien à notre responsabilité de lui obéir en prenant et en gardant la position de séparation à laquelle Il appelle ceux qui prononcent son nom, ce qui est la deuxième face du sceau. Ce n’est que dans une stricte et humble séparation des systèmes régis par la pensée de l’homme, que nous pouvons garder la Parole du Seigneur, la foi qui a été « une fois enseignée aux saints » et, dans la soumission à l’enseignement des Écritures, maintenir la sainteté de la table du Seigneur. Là, face à la dispersion des enfants de Dieu et à la confusion de la chrétienté professante, nous rendons témoignage à la gloire du Seigneur, à l’amour de Christ et à l’unité de son corps.
Bénissons le Seigneur pour ce que sa grâce accomplit « dans le camp » par la souveraine puissance de son Esprit ; notre affaire n’est pas de nous demander : « Et ceux-là, que leur arrivera-t-il ? », mais de suivre humblement Celui qui nous dit : « Toi, suis-moi ».

12. SERVIR.

Tout croyant désire normalement servir le Seigneur. Ne pensons pas que le maintien de la séparation doctrinale constitue une restriction pour le service. Car servir c’est d’abord, essentiellement et même exclusivement, obéir ; c’est obéir à Dieu, au Seigneur Jésus qui nous envoie. Pour servir, il faut avoir de la force (et nous ne la trouvons qu’en Christ), il faut avoir les capacités nécessaires à l’accomplissement de la tâche qui nous est demandée, et c’est Dieu qui nous les donne. « Si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme oracle de Dieu ; si quelqu’un sert, qu’il serve comme par la force que Dieu fournit, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ, à qui sont la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen » (1 Pier. 4. 11). La première des choses est de se laisser « enseigner, convaincre, corriger, instruire dans la justice », afin que nous soyons accomplis et parfaitement préparés pour toute bonne œuvre (2 Tim. 3. 16 et 17).
Il nous faut donc d’abord apprendre, par la Parole de Dieu ; la recevoir dans le cœur, être pleinement convaincu des choses apprises dans et par l’Écriture. Tout le monde admet la nécessité de fréquenter les écoles des hommes pour accéder à un métier ; serait-ce une chose étrange que de devoir passer par l’école de Dieu avant de pouvoir travailler pour Lui ?
Nous ne pouvons entrer en détail dans la question du service, mais nous rappellerons que le premier et le plus grand des services est l’adoration. C’est le seul qui continuera éternellement dans le ciel, car l’adoration est l’expression suprême de l’amour et « l’amour ne périt jamais » (1 Cor. 13. 8). Sur la terre, ce service s’exerce dans l’assemblée réunie autour du Seigneur pour adorer le Père en esprit et en vérité, en sacrifiant la louange, le fruit des lèvres qui confessent le nom du Seigneur Jésus. La célébration de la cène, mémorial de ses souffrances et de sa mort, est le moment le plus élevé du culte (voir Act. 20. 7).
Un autre service important confié à tout racheté, est la prière, qui est présentée aussi comme un combat (Col. 4. 12), et qui demande toute persévérance (Eph. 6. 18). La prière individuelle n’est d’ailleurs pas seulement un combat ; elle fait partie d’une manière habituelle de la vie chrétienne, elle est un des témoignages de la réalité de cette vie. Le Seigneur Jésus, envoyant Ananias vers Saul de Tarse, atteste en quelque sorte de sa conversion en disant : « Voici, il prie » (Act. 9. 11). De sorte qu’Ananias pourra, dans l’amour parfait qui chasse la crainte, le saluer par ces mots : « Saul, frère… » et lui parler aussitôt de leur commun Sauveur et Seigneur. La prière est donc la première manifestation de la vie de Christ en nous, car par elle nous venons à Dieu et témoignons que nous n’avons pas confiance dans les ressources habituelles de l’homme. Le sentiment de notre faiblesse nous conduit à prier et c’est quand nous sommes faibles que nous sommes forts, car nous nous appuyons sur Dieu (2 Cor. 12. 10). Concluons ces quelques remarques sur la prière en rappelant que notre Seigneur Jésus a été, parfaitement, l’homme de prière. (Voir Luc 3. 21 ; 6. 12 ; 9. 18 et 28 ; 11. 1 à 22 ; 22. 42 et 44) et bien d’autres passages des évangiles.
Les autres formes de service, très nombreuses, sont confiées par le Seigneur aux siens, selon leur capacité (Matt. 25. 15). Chacun est responsable de discerner la tâche qu’il a reçue du Seigneur, afin qu’il l’accomplisse (Col. 4. 17).
Mais soulignons que d’une façon générale, le service religieux pur et sans tache ne recherche pas ce qui paraît grand aux yeux des hommes. Il est caractérisé par l’amour et la sollicitude envers les affligés et par le soin à se garder pur du monde (Jac. 1. 27). Combien est grande la portée de cette dernière et importante recommandation qui vise toute sorte de mal, aussi bien doctrinal que moral, et fait de la séparation pour Christ une condition essentielle du service devant Dieu le Père.

Il est encore un aspect pratique du service que nous devons mentionner ici : c’est tout ce qui constitue, dans son ensemble, notre conduite ici-bas.
Dans l’accomplissement de nos tâches domestiques et professionnelles, nous sommes, d’une manière ou d’une autre, soumis à une autorité humaine, de sorte que l’exhortation adressée aux « esclaves », s’applique à chacun de nous : « Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes » (Col. 3. 23 – voir aussi 3. 17).

Si nous réalisons cela, nous serons qualifiés pour être aussi, à l’égard de ceux qui nous entourent dans le monde, des « ambassadeurs pour Christ » (2 Cor. 5. 20). Quelles sont les conséquences pratiques de ce titre sur notre conduite ?
Nous savons que dans leurs relations entre elles, les nations s’envoient des ambassadeurs qui représentent le chef de leur pays et leur pays lui-même. Ne vont-ils pas veiller à donner aux étrangers au milieu desquels ils habitent, une image aussi bonne, aussi attrayante que possible de ce qu’ils représentent ? On n’imagine pas un ambassadeur négligé dans sa tenue, vulgaire dans ses paroles, ignorant tout ou presque tout de son pays et de son chef. Que doit être alors, à plus forte raison, un ambassadeur pour Christ ! Il représente celui que « Dieu a exalté par sa droite prince et sauveur » (Act. 5. 31), « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19. 16). Il représente aussi Celui qui est « débonnaire et humble de cœur » (Matt. 11. 29). Comment, donc, pouvons-nous être des témoins pour Christ ? C’est, nous venons de le voir, en ayant nos regards fixés sur Lui, en l’ayant comme modèle. La conscience de la gloire du Seigneur Jésus nous donnera la dignité dans notre conduite ; le sentiment de sa grâce envers nous et envers les hommes nous donnera la douceur et l’humilité dans nos rapports avec tous (voir Phil. 4. 5). Nous réalisons ainsi une autre écriture : « Qui est sage et intelligent parmi vous ? Que par une bonne conduite il montre ses œuvres avec la douceur de la sagesse » (Jac. 3. 13), et, « devenus imitateurs de celui qui est bon », nous serons peut-être appelés à répondre, « mais avec douceur et crainte, à quiconque nous demande raison de l’espérance qui est en nous » (1 Pier. 3. 13 et 15). Ces quelques passages nous montrent donc quels caractères nous devons manifester pour que notre témoignage et nos paroles puissent être crédibles et reçus. N’ajoutons rien à la Parole de Dieu pour la rendre « attrayante ». Elle ne s’adresse pas à « la chair » mais au cœur, car « c’est du cœur qu’on croit à justice » (Rom. 10. 10). Le prédicateur exemplaire que fut l’apôtre Paul, ne voulait rien présenter aux Corinthiens, que « Christ crucifié » (1 Cor. 1. 23 ; 2. 2), et il l’annonçait « dans la faiblesse et dans la crainte et dans un grand tremblement » (1 Cor. 2. 3).
L’ambassadeur pour Christ pouvait être « lié de chaînes » (Eph. 6. 20), mais une telle joie, une telle paix remplissaient son cœur, qu’il pouvait dire à un roi et à un gouverneur romain, qu’il souhaitait qu’ils deviennent tels que lui-même, à part ses liens (lire Act. 26. 29). C’est encore un grand principe pratique : Christ remplit-il notre cœur de telle sorte que nous puissions donner à ceux qui nous écoutent, le désir d’acquérir pour eux-mêmes ce que tout vrai enfant de Dieu possède : Christ en nous l’espérance de la gloire (Col. 1. 27) ? Portons-nous le vêtement de notre patrie céleste (voir Rom. 13. 14), ou bien, nous efforçant d’être « comme tout le monde », portons-nous l’uniforme du monde ?
Enfin, n’oublions pas de demander à Dieu notre Père, par la prière, ses directions et sa sagesse dans nos rapports avec ceux qui n’ont pas d’espérance. L’apôtre Paul demandait aux fidèles d’Éphèse de prier pour lui afin qu’il lui soit donné de parler à bouche ouverte, (Eph. 6. 19 ; voir aussi Col. 4. 2-4 ; 1 Thes. 5. 25), en nous souvenant que la prière exprime notre dépendance de Dieu et le désir de lui obéir. La prière peut être très courte, dans le cœur (voir Néh. 1. 4), mais si elle est faite avec confiance, nous trouverons grâce pour avoir du secours au moment opportun (Héb. 4. 16).

En exposant ces choses, nous sentons profondément notre faiblesse pour les mettre en pratique. C’est donc sur la seule grâce de Dieu que nous pouvons compter, pour « tenir ferme ce que nous avons » (Apoc. 3. 11), dans l’attente de la venue du Seigneur.

13. LE MONDE CHANGE… ET NOUS ?

Les changements importants qui se sont produits dans notre société et son évolution qui se poursuit rapidement, ne demandent-ils pas des « adaptations » dans l’enseignement de la Parole ? Dans quelle mesure pouvons-nous lui obéir compte tenu des conditions de la vie contemporaine ? Nous répondrons que Dieu nous a avertis, dans sa Parole, de ces changements que nous voyons s’opérer sous nos yeux. Nous voyons se manifester chaque jour davantage, dans la profession chrétienne, les caractères décrits en 2 Timothée 3. 1 à 9, caractères qui sont ceux des nations païennes tels que nous les trouvons en Romains 1. 18 à 32. Nous ne sommes donc pas pris au dépourvu.

Les « progrès » que fait le monde sont de deux ordres différents :
– D’une part, les progrès scientifiques et matériels, qui ont pour but de rendre plus facile et plus attrayant le séjour de l’homme sur la terre, tout en excluant Dieu de ses pensées. C’est l’esprit de Jubal et de Tubal-Caïn (Gen. 4. 21 et 22). Ces progrès affectent matériellement le monde dans lequel nous sommes. Il est bien évident que nous ne pouvons vivre « en dehors » de la société ainsi façonnée ; du reste, le Seigneur Jésus n’a pas demandé pour nous que le Père nous ôte du monde, mais qu’Il nous garde du mal (Jean 17. 15). A nous de réaliser pratiquement que nous ne sommes pas du monde, comme Lui n’est pas du monde (v. 16). Et, puisque nous ne sommes pas du monde, mais que nous devons en user, sachons aussi ne pas en user à notre gré – ou sans retenue (1 Cor. 7. 31). Le critère n’est pas : « quel mal y a-t-il en cela ? », mais plutôt, « puis-je, en conscience, faire ceci pour le Seigneur ? Cela plaît-il au Seigneur ? »
– D’autre part, nous voyons l’évolution morale du monde, démontrant l’exactitude de ce que Dieu nous a annoncé : temps fâcheux où se déploient la corruption, la violence et la méchanceté. Notre chemin nous est catégoriquement dicté par Dieu lui-même : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules… sortez du milieu d’eux et soyez séparés » (2 Cor. 6. 14 à 18 ; 7. 1).
Ainsi, si le christianisme mondain évolue, devient un système social s’efforçant d’attirer les hommes par toutes sortes de séductions, le chemin du fidèle demeure celui de l’obéissance à la Parole de Dieu, dans la séparation morale et doctrinale. Et là, rien ne change : « Jésus Christ est le Même, hier, et aujourd’hui, et éternellement. Ne soyez pas égarés par des doctrines diverses et étrangères » (Héb. 13. 8 et 9).
Christ demeure la nourriture de nos âmes, Il est le pain dont nous avons besoin (Jean 6. 47 à 59) et Il ne change pas. Et d’ailleurs le cœur de l’homme ne change pas non plus. Il naît pécheur et a toujours besoin d’un Sauveur. Les progrès matériels changent ses conditions extérieures et de vie mais ne changent pas son cœur ni ne modifient les besoins fondamentaux, vitaux, de l’homme moral. Pour employer une comparaison simple, l’homme est comme une substance contenue dans une boîte ; la boîte a changé de forme et de couleurs, mais le contenu est toujours le même. Ainsi, vouloir changer et moderniser l’évangile, c’est oublier que Dieu s’adresse toujours au cœur et à la conscience inchangeables de l’homme. Les nouveautés, dans le domaine de l’évangile, sont le fruit de la sagesse humaine : ce sont des « chariots neufs » (1 Sam. 6. 7). Mais, ce que la miséricorde de Dieu avait supporté de la part de Philistins ignorants, sa sainteté ne put l’accepter de la part de David et de son peuple (2 Sam. 6. 1 à 11). Ce principe divin demeure aujourd’hui.
Les « chariots neufs » ne manquent pas dans les différents systèmes de la chrétienté. Ce sont les réunions grandioses, accompagnées d’instruments de musique et de publicité ; ou encore des édifices imposants, des rituels bien organisés… Dieu, certes, a la prérogative de se servir de ces choses. Mais, pour ceux qu’Il a instruits par sa Parole, utiliser un « chariot neuf » c’est pécher.
Enfin, la Parole de Dieu, lampe au pied du fidèle et lumière dans son sentier (Ps. 119. 105) ne change pas, pas plus que Celui qui l’a donnée. Elle demeure « la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pier. 1. 23). « La parole du Seigneur demeure éternellement » (v.25). Jésus a dit : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Matt. 24. 35).

Nous comprenons ainsi que tous nos efforts doivent tendre, par la grâce de Dieu, à garder ce qu’Il nous a confié, à combattre pour la foi qui nous a été une fois enseignée (Jude 3 à 6). Le domaine des choses spirituelles est céleste ; nous-mêmes, enfants de Dieu, sommes célestes car nous appartenons à la nouvelle création (2 Cor. 5. 17 ; Col. 3. 3 ; Phil. 3. 20 ; Eph. 2. 4 à 6). Il est évident que ce qui se passe sur la terre, dans le monde, ne peut atteindre le ciel ; la pensée que la « doctrine du Christ » doive être modifiée à cause de l’évolution du monde est absolument contraire à l’enseignement de la Parole éternelle, et nous sommes d’ailleurs positivement mis en garde contre « quiconque vous mène en avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ » (2 Jean 9). Souvenons-nous de l’exhortation de l’apôtre Paul à Timothée : « Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu : tu sais de qui tu les as apprises et que, dès l’enfance, tu connais les Saintes Lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus » (2 Tim. 3. 14 à 16).

14. LE RETOUR DU SEIGNEUR.

Nous avons posé la question : « Pourquoi suis-je là ? ». Nous pourrions y répondre encore par un verset qui résume ce que nous avons essayé de développer jusqu’ici et en donne la plus heureuse des conclusions : « Nous nous sommes tournés des idoles vers Dieu, POUR SERVIR LE DIEU VIVANT ET VRAI ET POUR ATTENDRE DES CIEUX SON FILS… JÉSUS, QUI NOUS DÉLIVRE DE LA COLÈRE QUI VIENT » (1 Thes. 1. 9 et 10).
Le retour du Seigneur pour chercher les siens est un des enseignements de la Parole, remis en lumière au dix-neuvième siècle, en même temps que ceux qui concernent l’Assemblée, corps de Christ, la table et la cène du Seigneur, ainsi que la marche dans la séparation du mal moral et doctrinal.
Mais, s’Il veut nous avoir près de Lui, pourquoi sommes-nous encore sur la terre ? Nous pouvons demander à nouveau : Pourquoi suis-je là ?
D’une part, parce que c’est sur la terre que le Fils de l’homme est venu ; Il « n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » (Marc 10. 45). C’est donc là que nous sommes appelés à notre tour pour « servir le Dieu vivant et vrai ».
D’autre part c’est sur la terre que nous sommes formés par Dieu en vue de notre place dans le ciel. Nous avons cette pensée en type en 2 Chroniques 4. 12 à 18, où nous voyons comment les objets d’airain pour le temple de Salomon furent fondus « dans la plaine du Jourdain, dans l’épaisseur du sol, entre Succoth et Tserédatha ».
– Le Jourdain, fleuve de la mort, donne son caractère à la plaine qu’il arrose et en fait une image du monde, où nous vivons comme étrangers.
– L’épaisseur du sol nous parle de notre condition initiale, du lieu d’où nous avons été tirés, tandis que Succoth (cabanes) nous rappelle la précarité de notre situation (Ps. 39. 4). Enfin, il a été remarqué que Tserédatha serait le même lieu que Tsarthan (Jos. 3. 16) où les eaux du Jourdain s’élevèrent en un monceau quand le peuple traversa sous la protection de l’arche. Notons encore qu’au verset 18, il nous est dit que c’est Salomon qui fit tous ces objets. Quelle paix peut donner à nos cœurs la certitude que Celui qui nous rend propres à demeurer à jamais dans sa maison, est celui « qui fait toutes choses bien » (Marc 7. 37). Nous trouvons une figure semblable à celle des vases d’airain, dans les pierres employées pour construire le temple, qui étaient préparées avant d’être transportées ; « on n’entendit ni marteaux, ni hache… dans la maison, quand on la bâtit » (1 Rois 6. 7) Combien est important notre séjour sur la terre !

Nous venons de parler de la terre, du monde que nous traversons. Mais que répondrions-nous, si on nous demandait ce qu’est le ciel ? Peut-être dirons-nous : C’est le paradis – ce qui est vrai (Luc 23. 43). On encore répondrons-nous que c’est le lieu où il n’y a plus ni deuil, ni cri, ni peine, ce qui est vrai aussi (Apoc. 21. 4).
Mais, le Seigneur Jésus a rendu témoignage de ce qu’Il a vu et entendu, lui qui vient du ciel, et Il nous révèle ce qu’est le ciel : c’est la maison de son Père (Jean 14. 2). C’est là que, Fils éternel, Il a connu dans sa plénitude l’amour du Père ; lui-même étant « le Fils de son amour » (Col. 1. 13). Là, maintenant, l’Homme ressuscité et glorifié goûte l’amour dont son Père l’aime, parce qu’Il a laissé sa vie afin de la reprendre (Jean 10. 17). Et dans cette maison qu’Il connaît si bien, Il a préparé nos places. Que sont ces places, où sont-elles précisément ? Il nous le révèle : « Là où moi je suis, vous y serez aussi ». Telle est sa volonté bénie, qu’Il exprime à son Père à notre égard (Jean 17. 24).
Tout est en ordre de son côté et du côté de son Père. Nos places sont prêtes. N’est-ce pas alors une très grande joie d’écouter encore la voix du Seigneur Jésus, qui nous dit : « Je viens bientôt ; tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » (Apoc. 3. 11) ?

Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ agisse puissamment en nous, pour que nous lui répondions de tout notre cœur : « Amen ; viens, Seigneur Jésus ! » (Apoc. 22. 20).

D’après J.P. Fuzier.