A L’ÉCOLE DES FOURMIS

 

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A L’ÉCOLE DES FOURMIS

Dans sa Parole, Dieu nous enseigne par des exemples pris dans le règne animal ou végétal, parmi ce qui est très petit comme parmi ce qui est grand. Il nous parle de l’hysope, la petite plante qui croît dans la fente de la muraille, et du majestueux cèdre du Liban ; de la fourmi, et c’est elle qui va nous occuper, comme du lion, le fort parmi les bêtes. Soyons attentifs.
Au chapitre 6 du livre des Proverbes et du verset 6 à 8, Dieu nous adresse une invitation : « Va vers la fourmi, paresseux ; regarde ses voies, et sois sage. Elle qui n’a ni chef, ni surveillant, ni gouverneur, elle prépare en été son pain, elle amasse pendant la moisson sa nourriture ».
Peut-être plus d’un parmi mes jeunes lecteurs va s’indigner et déclarer que cette invitation ne le concerne pas puisqu’elle s’adresse au paresseux ; plus d’un prouverait par le rang honorable qu’il occupe à l’école et ses excellents bulletins, qu’il ne fait pas partie de cette triste catégorie. C’est très bien, mais acceptons cependant cette visite au royaume des fourmis et je crois que, les uns et les autres, ayant acquis une plus juste opinion de nous-mêmes, reconnaîtrons qu’elle n’était pas inutile. Trouver l’été une fourmilière n’est pas difficile, ne la foulons pas d’un pas pressé et distrait, courbons-nous pour apprendre la leçon que Dieu veut nous donner.
Les abords de la fourmilière donnent l’impression d’un chantier en pleine activité. Tout ce petit monde affairé s’agite, va, vient, se croise et s’entraide. Suivons une fourmi prise dans le nombre : s’écartant de l’entrée de la galerie, elle ne tardera pas à découvrir un grain, une miette quelconque, objet de ses recherches ; par des essais successifs, elle cherche le côté le plus favorable pour s’en saisir et aussitôt elle reprend le chemin de la cité. Rien ne l’arrête, elle pousse, tire, roule son butin, tombe et roule avec lui, mais persévérante, sans se lasser, elle avance, elle arrive ; c’est enfin l’orifice de la galerie, elle y entraîne sa charge et disparaît. Si nous pouvions la reconnaître, nous la verrions sortir bientôt et recommencer. Un sûr instinct la conduit, elle profite avec diligence des jours favorables pour faire les provisions nécessaires ; elle sent qu’il y a les jours mauvais, le sombre hiver, et qu’il serait alors trop tard. Elle mourrait de faim dans la fourmilière vide.
Relevons-nous et réfléchissons. Je crois bien que quelques passages nous viendront à l’esprit. Par exemple : « Cherchez l’Éternel tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’il est proche » (Ésaïe 55. 6). «Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs»  (Héb. 4. 7). « Et souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu’arrivent les années dont tu diras : Je n’y prends point de plaisir » (Éccl. 12. 1).
Vous le savez bien, il ne suffit pas d’être un écolier studieux, préparant avec zèle son avenir terrestre. Il est une question plus sérieuse, plus solennelle, elle concerne votre avenir éternel. Y avez-vous pensé ? N’avez-vous pas été oublieux, indifférents, paresseux ? Le temps presse, le temps passe. Nous avons commencé une nouvelle année et c’est encore la bonne saison de la grâce où le Sauveur appelle, où le salut est offert. Les rachetés du Seigneur se réjouissent en pensant que peut-être l’année qui s’ouvre se terminera pour eux dans le ciel, car ils attendent leur Sauveur. Si oui, y serons-nous tous ? Après, oh ! Après ! Quel terrible et éternel hiver, quel malheur éternel pour ceux qui n’auront pas profité du temps de la grâce. Il est temps encore, hâtez-vous, venez à Jésus.
Mais la fourmi reste surtout un exemple pour tous ceux qui connaissent le Seigneur, petits et grands, propre à éviter aux jeunes la perte d’un temps précieux. Vous appliquez-vous, chers enfants, à amasser pendant vos belles années de jeunesse, alors que votre mémoire est toute neuve pour retenir, et vos facultés toutes fraîches pour servir, mettant à profit ce que vous aurez appris ? Faites-vous ces riches provisions spirituelles en vous occupant de la Parole de Dieu, vous nourrissant des richesses qu’elle contient, apprenant à toujours mieux connaître le Seigneur ? C’est l’été de la vie, la belle saison, imitez la fourmi. On a dit que la vie est un voyage qui va de l’été vers l’hiver. Un temps vient où les facultés s’émoussent, la mémoire ne retient plus, les soucis, les peines absorbantes sont là. La saison favorable est passée. Quelle perte immense, que de regrets si l’on a été paresseux !
Je visitais un jour un vieillard aveugle et malade, mais qui, plein de joie, pouvait réciter de longs passages de la Parole, se réjouir dans les précieuses vérités recueillies autrefois ; son cœur était nourri, fortifié. Il avait aussi beaucoup à dire de son Sauveur, il avait amassé en la bonne saison.
De jeunes amis qui aimaient le Seigneur avaient l’excellente habitude au retour des réunions ou d’un entretien, de souligner très proprement dans leur Bible les passages qui avaient été signalés dans d’instructifs rapprochements, et de noter, sur un cahier spécial, les précieuses vérités qu’ils avaient retenues. Il leur fallait cette énergie et cette persévérance que nous avons remarquées chez la fourmi, mais quel profit pour eux ! Aujourd’hui, ils servent le Seigneur dans leur mesure, faisant part à d’autres des provisions amassées.
Ne gaspillez pas vos jeunes années, chers jeunes lecteurs, faites une riche provision des trésors que la Sagesse vous offre en vous disant : « J’aime ceux qui m’aiment ; et ceux qui me recherchent me trouveront. Avec moi sont les richesses et les honneurs, les biens éclatants et la justice. Mon fruit est meilleur que l’or fin, même que l’or pur ; et mon revenu [meilleur] que l’argent choisi. Je marche dans le chemin de la justice, au milieu des sentiers de juste jugement, pour faire hériter les biens réels à ceux qui m’aiment, et pour remplir leurs trésors » (Prov. 8. 17 à 21). 1 Chroniques 28. 9 : « Et toi, Salomon, mon fils, connais le Dieu de ton père, et sers-le avec un cœur parfait et avec une âme qui y prenne plaisir ; car l’Éternel sonde tous les cœurs et discerne toutes les imaginations des pensées. Si tu le cherches, il se fera trouver de toi…» (1 Chron. 28. 9).

D’après La Bonne Nouvelle 1930
S.C.