C’EST MOI

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« C’est moi »

En 1844, un jeune officier anglais fut envoyé avec son régiment dans des îles d’Indes occidentales. La fièvre jaune vint à sévir, et plusieurs soldats en moururent. Peu après, un officier du même régiment fut atteint de la maladie, et en cinq jours, la mort en fit sa proie.
Celui qui écrit ce récit fut désigné pour commander le bataillon qui devait rendre les honneurs sur la tombe de l’officier décédé. Un pasteur lut l’office des morts, après quoi le bataillon regagna sa caserne. Durant la marche, l’officier commandant se retrouva à l’arrière et entra en conversation avec le pasteur qui, après quelques moments, se tourna brusquement vers lui et lui dit : « Où pensez-vous que votre âme serait allée si c’était vous que la mort avait frappé ? »
L’officier hésita un instant, puis il répondit : « Je pense que j’aurais été en enfer. »
« C’est une réponse bien sérieuse ; Dieu s’en souviendra, et j’espère que vous vous en souviendrez aussi. » lui dit le pasteur.
Cinq années s’étaient écoulées, et le même officier se trouvait avec son régiment dans une autre partie du monde. Il avait passé, durant ce temps, par bien des difficultés ; la petite vérole, les fièvres, le choléra, avaient frappé autour de lui ; son esprit était devenu sérieux, et il se rappelait souvent ses propres paroles : « Je pense que je serais allé en enfer ».
Vers cette époque, il rencontra un vieil officier qui avait été camarade de son père, et qui, le voyant triste, l’engagea un soir à venir le trouver. S’étant rendu à l’invitation, le vieil officier lui dit : « Il va y avoir dans la chambre voisine une lecture de la Bible pour les jeunes officiers ; si vous voulez y assister, vous serez le bienvenu, sinon voici quelques livres ; vous pouvez vous distraire jusqu’à ce que nous ayons fini. »
Mais le jeune officier préféra aller à cette réunion, et s’assit parmi les autres. Tout était entièrement nouveau pour lui, et il comprit peu de ce qu’il entendit ; mais il ne put s’empêcher de se dire : « Ces gens ont quelque chose que j’ignore, un bonheur que je ne possède pas. » Cela fit sur lui une profonde impression.
Un soir comme il pensait à sa vie, il se demanda : « Qu’est-ce que ma vie ? C’est manger, boire, mourir et puis … être perdu … ! »
Cher lecteur, qu’en est-il de votre vie ? Quelle en sera la fin ? Il vaut la peine assurément d’y réfléchir. Votre voyage ici-bas sera bientôt terminé, et où irez-vous ? Grâce à Dieu, l’officier réalisa combien c’était sérieux.
Mais il était sans guide. Il voguait sur les vagues de la vie sans carte ni boussole ; il ne possédait même pas un exemplaire du Livre de Dieu, qui seul peut apporter la lumière à l’âme.
Le lendemain qui suivit cette soirée mémorable, il acheta une Bible et commença à lire l’évangile de Matthieu, priant en même temps Dieu de lui ouvrir les yeux. Il lut avec un profond intérêt et un réel souci pour son âme. Son cœur était extrêmement exercé, et souvent il était découragé en voyant ses manquements. Dès qu’il avait formé de nouvelles résolutions, le péché venait les détruire.
Il mit environ trois semaines à lire l’Évangile de Matthieu. Quand il eut fini, il commença l’épître aux Galates. Étant arrivé au troisième chapitre, le verset 10 l’arrêta : « Car tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction, car il est écrit : Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi pour les faire. »
– C’est moi ! S’écria-t-il après avoir lu ce verset, c’est moi ! Je me suis placé sous la malédiction en voulant me confier dans les œuvres que je fais.
Il se mit à prier en disant : « Seigneur, que faut-il que je fasse ? » et il resta quelque temps à genoux. Puis s’étant relevé, il prit sa Bible et lut jusqu’au treizième verset du même chapitre : «Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous (car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois)».
Pour la seconde fois, il s’écria : « C’est moi ! Je suis racheté de la malédiction de la loi, Christ étant fait malédiction pour moi ! Il a pris ma place ».
Les écailles lui tombèrent des yeux. Dieu avait répondu à sa prière. Il lui avait ouvert les yeux sur Christ attaché à la croix. Ses yeux furent détournés de lui-même et tournés vers le Sauveur. Il cessa de regarder à ses propres œuvres pour contempler l’œuvre puissante accomplie à la croix par le Seigneur Jésus Christ. Sa foi saisit le Sauveur et il s’écria : « IL A PRIS MA PLACE !»
Le lecteur de ces lignes peut-il dire avec lui : Il a pris ma place ? Sinon, pourquoi ne le ferait-il pas ?
Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » lire 1 Tim 1. 15
Le précieux sang de Jésus Christ est le seul titre absolument suffisant pour se tenir dans la présence de Dieu, pour entrer au ciel : « Vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ » Éphésiens 2. 13
Dieu veuille bénir ce récit vrai pour votre âme afin que vous soyez rendu capable de dire : « Il a pris ma place » !

Sur la croix Jésus prit la place
Du pécheur perdu pour jamais ;
Son sang, ô miracle de grâce !
Versé pour nous, est notre paix.

D’après Série de Paris n°111