LE SERVICE DES JEUNES

Je suis fatigué, gémissait le vieux M. Brun, si fatigué de rester immobile dans ce fauteuil jour après jour. Je n’ai rien à faire qu’à penser à mes problèmes de santé. Je ne vois plus assez pour lire. Oh ! que le dimanche est long !

Au même moment la sonnette de la porte d’entrée retentit et Marie entra en disant :

« Monsieur, voilà quelques jeunes gens qui demandent si vous aimeriez entendre chanter un cantique ? »

« Certainement. Priez-les d’entrer », répondit vivement le malade. Et une demi-douzaine de visages souriants apparurent sur le seuil de la chambre. L’un dit :

« Nous savions que vous ne pouviez sortir et nous avons pensé que le chant d’un cantique vous ferait plaisir ».

« Oh ! oui ! ».

Les jeunes gens chantèrent des cantiques bien connus et leurs voix fraîches raisonnaient doucement aux oreilles du vieillard. Bientôt on put voir une larme couler de ses joues ridées. Il était malade depuis longtemps ; son caractère s’était aigri. Il était devenu exigent et mécontent. Maintenant les paroles familières entendues autrefois atteignaient son cœur et l’amenaient aux pieds du Seigneur Jésus.

« Voulez-vous que nous prions ? » demanda une voix timide et qui tremblait un peu. Il fit un signe d’assentiment. Un des jeunes visiteurs adressa quelques simples demandes au Seigneur, puis ils s’en allèrent, laissant derrière eux un rayon de soleil et une bénédiction qui devait durer longtemps.

Ensuite, ils rendirent visite à une fillette qui depuis de longs mois ne pouvait plus jouer avec d’autres enfants. Le cœur de la petite handicapée débordait de joie.

« Ils ont si bien chanté », disait-elle, « et jamais je n’aurais cru qu’ils penseraient à moi ».

Tout se passa dans l’espace d’une petite heure et je suis persuadée que les jeunes qui employèrent ainsi une minime partie de l’après-midi du dimanche ne le regrettèrent pas. Ils le montrèrent du reste en répétant souvent la même expérience. S’en trouvera-t-il d’autres qui seront aussi disposés à semer un peu de bonheur autour d’eux ?

« Faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10)

D’après la BonneNouvelle 1930 page 99