Suivons-nous le Seigneur ? Marchons-nous sur Ses traces dans le sentier qui a été le Sien ici-bas ?
C’est une voie étroite et sainte, loin du monde, loin du péché,
Mais d’où l’amour bannit la crainte : Jésus lui-même y a marché.
Tel est le «sentier des justes» (Prov. 4. 18) qui nous conduit vers le ciel ; nous courons «droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu qui est dans le Christ Jésus» (Phil. 3. 14).
• Suivre de loin le Seigneur.
Le peuple d’Israël.
Alors qu’Israël traversait le désert, les personnes qui suivaient de loin la troupe des voyageurs se distançaient rapidement de l’Arche, qui est une figure de Christ. Ceux qui se tenaient ainsi à l’extrémité du camp, s’exposaient au danger (Nomb. 22. 41 et 23. 13). Plus l’on reste près du Seigneur, plus l’on est en sécurité. Rester «à l’extrémité» du peuple de Dieu, attiédit et favorise le sommeil spirituel. Un frère a dit que les extrémités ne sont jamais une bonne chose ! L’Éternel dit à son peuple : «Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek, en chemin, quand vous sortiez d’Égypte : comment il te rencontra dans le chemin, et tomba en queue sur toi, sur tous les faibles qui se traînaient après toi, lorsque tu étais las et harassé, et ne craignit pas Dieu» (Deut. 25. 17 et 18). L’ennemi tombe alors sur les faibles et ne les épargne pas ! Il en est de même des bêtes féroces qui n’épargnent pas ceux qui sont à l’écart du troupeau.
Pierre.
Pierre avait cru pouvoir s’appuyer sur ses propres forces. Il dit à Jésus : «Si tous étaient scandalisés en toi, moi, je ne serai jamais scandalisé en toi» (Mat. 26. 3), mais peu après la Parole précise : «Pierre le suivait de loin» (Mat. 26. 58). Ses affections ont faibli ; il entre dans le palais du souverain sacrificateur «pour voir la fin», il ne tardera pas à renier son Seigneur (v. 70, 72 et 74) avant de sortir et de pleurer amèrement ! Si nous sentons qu’une distance nous sépare du Seigneur, demandons-Lui de ranimer notre amour pour Lui. Il le fera !
– «Nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière, n’est propre pour le royaume de Dieu» (Luc 9. 62).
En Luc 9. 57 à 62, nous avons trois exemples d’hommes. Le premier veut suivre le Seigneur où qu’il aille et le Seigneur veut tester son enthousiasme et lui dit que le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. Il l’avertit que le chemin sera difficile, en tout cas beaucoup plus qu’il ne l’avait escompté ! Les deux autres hommes ont des motifs tout à fait légitimes et des excuses à faire valoir ! La loi ne dit-elle pas d’honorer son père (Ex. 20. 12) et de respecter les affections naturelles ? Ces personnes voulaient faire d’abord des choses tout à fait «normales» : ensevelir son père, prendre congé des leurs… N’était-ce pas tout à fait compréhensible ? Mais Dieu «sonde le cœur» et sa Parole «discerne les pensées et les intentions du cœur» (Jér. 17. 9 ; Héb. 4. 12). Dans ces deux derniers cas, il y a contradiction entre les termes (Seigneur …moi … premièrement). Le petit mot premièrement est également de trop. Christ doit être placé avant les relations naturelles. Le Seigneur veut avoir la première place !
– En Marc 10. 32 alors que le Seigneur montait à Jérusalem, les disciples étaient stupéfiés et craignaient en le suivant. Peut-être, avons-nous aussi peur de l’opprobre que nous pouvons rencontrer en suivant le Seigneur ? Demandons-Lui le courage de Lui rendre témoignage (Act. 5. 41).
La Parole de Dieu nous avertit du danger de suivre le Seigneur «de loin» ou d’avoir la prétention de le faire sans lui donner la première place, mais elle nous fournit aussi de nombreux exemples positifs de personnes qui ont suivi le Seigneur de tout leur coeur.
• Suivre de près le Seigneur.
«Mon serviteur Caleb… m’a pleinement suivi, je l’introduirai dans le pays où il est entré, et sa semence le possédera» (Nomb. 14. 24).
Caleb avait été choisi par la tribu de Juda, pour se joindre aux princes qui devaient aller reconnaître le pays de Canaan (Nomb. 13. 3 et 7). Après un voyage, somme toute périlleux, durant lequel l’Éternel les avait gardés de tout mal, ils reviennent rendre compte à Moïse et Aaron, et à toute l’assemblée d’Israël (v. 27). Incontestablement, ils doivent reconnaître que c’est un pays ruisselant de lait et de miel. Mais dix d’entre eux ajoutent aussitôt : «Seulement, le peuple qui habite dans le pays est fort, et les villes sont fortifiées, très grandes ; et nous y avons vu aussi les enfants d’Anak (des géants)… (v. 29). Alors Caleb fait taire le peuple devant Moïse et dit : «Montons hardiment et prenons possession du pays… » (v. 31). Il compte sur les promesses de Dieu, il se souvient des délivrances déjà reçues. Il est rejoint par Josué, mais les autres princes décrient le pays désirable (v. 33 ; Ps. 106. 24) et parlent de lapider ces deux fidèles témoins (Nomb. 14. 10). Dieu rend témoignage au sujet de Caleb et lui fait des promesses : «Mon serviteur Caleb, parce qu’il a été animé d’un autre esprit et qu’il m’a pleinement suivi, je l’introduirai dans le pays où il est entré, et sa semence le possédera» (Nomb. 14. 24). Les autres princes meurent immédiatement de plaie et toute cette génération, qui s’est associée à eux, va périr dans le désert, à cause de son incrédulité. Seuls, Caleb, fils de Jephunné le Kénizien et Josué, fils de Nun, survivront : «Ils ont pleinement suivi l’Éternel (Nomb. 32. 11 et 12). Caleb le dira, au moment du partage de l’héritage, quarante ans plus tard : il a pleinement suivi l’Éternel son Dieu ! Il rappelle la promesse que Moïse lui avait faite alors : «Si le pays que ton pied a foulé n’est à toi pour héritage, et à tes fils, pour toujours ! car tu as pleinement suivi l’Éternel, mon Dieu» (Jos. 14. 9). La montagne dont il hérite, habitée par les Anakims, n’est certes pas facile à prendre, mais Caleb déclare avec humilité : «Peut-être que l’Éternel sera avec moi» (v. 12). Josué le bénit et lui accorde Hébron (ce qui signifie «communion») en héritage ; de fait, Caleb s’en empare. Le motif de cette grande bénédiction est rappelé plusieurs fois encore : «Parce qu’il avait pleinement suivi l’Éternel, le Dieu d’Israël» (Jos. 14. 14 ; voir aussi Deut. 1. 36). Cette expression est répétée sept fois dans l’Écriture, à propos de Caleb. Cet homme de foi n’a pas douté un instant que Dieu donnerait le pays à Israël, selon ses promesses ! Il faut de l’énergie, afin de «joindre à la foi, la vertu» (2 Pierre 1 5) et centrer ses pensées sur l’Éternel. Amis chrétiens, n’ayons pas un cœur partagé, un cœur «double» – littéralement : «un cœur et un cœur» (1 Chr. 12. 33). Suivons le Seigneur de tout notre coeur (1 Chr. 15. 15).
«Où tu iras, j’irai, et où tu demeureras, je demeurerai : ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu» (Ruth 1. 16).
Dieu a travaillé dans le cœur de Ruth et son attitude montre «la foi opérant par l’amour» (Gal. 5. 6). Elle dit à sa belle-mère : «Ne me prie pas de te laisser, pour que je m’en retourne d’avec toi ; car où tu iras, j’irai, et où tu demeureras, je demeurerai : ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu. Là où tu mourras, je mourrai. Ainsi me fasse l’Éternel, et ainsi il y ajoute, si la mort seule ne me sépare de toi !». Alors Naomi, voyant «qu’elle était résolue d’aller avec elle… cessa de lui parler» (Ruth 1. 16 à 18). Ruth est déterminée, tout est bien «pesé» (Prov. 4. 26) : rien ne peut la faire changer d’avis, désormais elle ne regardera pas en arrière. Elle a discerné que le Dieu de Naomi était le vrai Dieu. Elle est animée d’un amour réel pour sa belle-mère, pour son peuple et pour son Dieu. Les choix que nous avons à faire pour le Seigneur se font aussi au quotidien, à chaque pas.
«Demeure près de moi, ne crains point… près de moi tu seras bien gardé» (1 Sam. 22. 23).
Pour rester «fort», il faut rechercher la communion avec le Seigneur. C’est le seul moyen d’être gardé des assauts de l’Ennemi.
«L’Eternel est vivant, et le roi, mon seigneur, est vivant, que dans le lieu où sera le roi, mon seigneur, soit pour la mort, soit pour la vie, là aussi sera ton serviteur !» (2 Sam. 15. 21).
Pourchassé par son fils Absalom, le roi David dit à Itthaï le Guithien : «Pourquoi viendrais-tu, toi aussi, avec nous ? Retourne-t’en, et demeure avec le roi ; car tu es étranger, et de plus tu as émigré dans le lieu où tu habites. Tu es venu hier, et aujourd’hui je te ferais errer avec nous çà et là ? Et quant à moi, je vais où je puis aller. Retourne- t’en, et emmène tes frères. Que la bonté et la vérité soient avec toi !». Mais Itthaï répond au roi : «L’Eternel est vivant et le roi, mon seigneur, est vivant, que dans le lieu où sera le roi, mon seigneur, soit pour la mort, soit pour la vie, là aussi sera ton serviteur !» (2 Sam. 15. 19 à 21). Combien David a dû être réjoui par l’amour de cet homme dévoué, malgré l’imminence du danger ! «Va, et passe !», lui a-t-il dit. «Alors Itthaï, le Guithien, passa avec tous ses hommes et tous les enfants qui étaient avec lui» (v. 22). Tant que tout allait bien, il était impossible de distinguer ceux qui étaient vraiment attachés à David, de ceux qui restaient par simple intérêt personnel. Mais Dieu permet des circonstances où la neutralité n’est plus de mise. On voit souvent des nouveaux convertis déployer une grande foi et un grand dévouement. Ayons, nous aussi, un tel amour pour le Seigneur et suivons-Le, là où Il se trouve.
«Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi… Il n’y a personne qui ait quitté maison, ou frères… pour l’amour de moi et pour l’amour de l’évangile, qui n’en reçoive maintenant… cent fois autant… » (Marc 10. 28 à 30).
A cette parole de Pierre : «Voici nous avons tout quitté et nous t’avons suivi», Jésus a répondu : «En vérité, je vous dis : il n’y a personne qui ait quitté maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi et pour l’amour de l’évangile, qui n’en reçoive maintenant, en ce temps-ci, cent fois autant, maisons, et frères, et sœurs, et mères, et enfants, et champs, avec des persécutions et, dans le siècle qui vient, la vie éternelle. Mais plusieurs qui sont les premiers seront les derniers ; et les derniers seront les premiers» (Marc 10. 28 à 31). «Avec des persécutions». Le Seigneur ne nous promet pas que Le suivre se fera sans difficultés ! C’était vrai, les disciples avaient «tout quitté» : leurs bateaux, leurs filets de pêche et même leur père. «Pour l’amour de moi», précise le Seigneur. Son regard pénétrant lit dans chaque coeur. Ce que nous faisons doit être accompli par amour pour Lui. Chacun doit être prêt à Le suivre. «Que t’importe ? Toi, suis-moi» (Jean 21. 22 et 23), dira Jésus à Pierre, qui voulait savoir ce qu’il en adviendrait de Jean. Et le disciple retiendra la leçon donnée par cet appel personnel. Dans sa première épître, il rappelle que Christ nous a laissé un modèle, afin que nous suivions ses traces (2. 21). Chacun, sans doute, fait des faux-pas, mais ce qui compte aux yeux du Seigneur, c’est l’état de notre cœur !
Les assemblées où nous sommes suivent-elles de près ou de loin le Seigneur ? Question propre à sonder nos cœurs ! Demandons au Seigneur de nous aider à le suivre de plus près. Asseyons-nous d’abord et calculons «la dépense» (Luc 14. 28). Le sentier suivi par notre Sauveur était certes un sentier de joie profonde, goûtée dans la communion avec le Père. Mais c’était aussi un sentier qui descendait toujours. Venu de la gloire suprême, Il s’était d’abord anéanti lui-même. Homme ici-bas, Il s’est alors abaissé jusqu’à la mort, «la mort de la croix» (Phil. 2. 7 et 8). Tel est le chemin obscur qu’Il nous invite à suivre, dans l’humilité profonde. Une telle marche, sur les traces de Celui qui nous a ouvert le chemin, si contraire aux pensées de l’homme naturel, est figurée de façon remarquable dans le troisième chapitre de Josué : à 2000 coudées derrière l’arche, le peuple devait suivre le chemin qu’elle frayait à travers le lit même du Jourdain, appelé le fleuve de la mort ! Le récit de Josué rappelle que le Jourdain «regorgeait par-dessus tous ses bords, au temps de la moisson» (v. 15). C’était un obstacle très difficile apparemment pour le peuple, qui n’avait jamais emprunté un tel chemin (v. 4). Mais il devait simplement suivre l’arche. Il est indispensable de réaliser d’abord que Christ est mort pour nous, mais il faut aussi comprendre que nous sommes «morts avec Lui», ce qui est une autre conséquence de l’œuvre de la croix (Gal. 2. 20). Identifiés avec Christ dans sa mort, nous le sommes aussi dans sa résurrection, et appelés à marcher en «nouveauté de vie».
Suivons-Le tous, animés d’un saint zèle !