OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

UNE PETITE VOYAGEUSE PLEINE D’ASSURANCE

 

C’est un soir d’été avant le coucher du soleil. Tous les employés du centre-ville se hâtent pour regagner leurs foyers respectifs – relativement près pour les uns, dans la banlieue lointaine pour les autres – par les trains électriques, les bus, leurs voitures personnelles. Tous aspirent au calme, loin des bruits et de l’agitation de la ville.
Le tram s’arrête. Une petite fille âgée de 4 ans à peine, d’allure joyeuse, pas timide mais pas audacieuse pour autant, y monte – toute seule – un petit mouchoir à la main, noué par les quatre coins, qui ne pouvait cacher la tartine qui s’y trouvait. Sur ses épaules, un foulard de soie, coquet et de bon goût. Elle s’assied, place son petit paquet sous le bras, puis avec un gentil sourire, s’adresse calmement au contrôleur : « Puis-je m’asseoir là ? », dit-elle. Et lui, répond instantanément : « Mais bien sûr, ma chérie ». C’est là, à côté de lui, qu’elle avait apparemment décidé de s’asseoir. Lorsque le tram s’ébranle à nouveau, le contrôleur – environ 1 mètre 85 de hauteur – balaye d’un regard scrutateur les passagers. Mais dans ce regard il y a quelque chose de gentil et d’aimable qui attire l’attention de la petite fille.
Puis le contrôleur commence à faire le tour du wagon et bientôt on n’y entend plus que le bruit familier de la monnaie ramassée et du poinçonnage des billets. A la fin il s’adresse à la petite fille et lui dit : « Le prix du billet, s’il te plait ». Elle le regarde un moment, secoue la tête et dit : « Je n’ai pas un penny, mon trajet a été payé, ne le savez-vous pas ? Et c’est Jésus qui l’a payé ». Lui, un peu dérouté – tout le monde autour souriait – « Non, je ne le savais pas, mon enfant, et qui donc est ce Jésus ? » « Comment donc, vous ne connaissez pas Celui qui est mort pour des pécheurs, pour les petits enfants, et aussi pour les grandes personnes, pour nous rendre propres et nous laver de nos péchés ? N’est-ce pas dans Son tram que je voyage ? » « Non, ne pense pas ! Ce qu’il me faut, sais-tu, c’est le prix du billet ». « Mais je vous ai déjà dit que Jésus l’avait payé, il y a bien longtemps de cela ». Ma mère m’a dit, juste avant de mourir, que Jésus l’a payé quand Il a été crucifié et que Son train, par lequel Il emmène les pauvres pécheurs hors de ce monde de péché, part de Sa croix. Ma mère m’a dit que Sa maison est grande et belle. C’est là que je veux aller et revoir ma mère. Je veux aller au ciel où Jésus habite. Ne voulez-vous pas y aller vous aussi? Ma mère m’a dit qu’Il nous y accueille avec joie – ne serons-nous pas en retard ? Oh ! Allons-y avant que la porte ne soit fermée. Il nous y invite, nous les petits enfants, à venir à Lui ». A ce moment, les yeux du pauvre contrôleur se voilent. Pourquoi donc ? Et en plus sa gorge se serre et il tripote fébrilement le bord de sa veste. Autour d’eux les gens écoutent. Quelques-uns sont en pleurs, le plus insensible sourit et, alors que tous sont stupéfaits quelqu’un chuchote : « C’est par la bouche des petits enfants que Dieu a établi Sa louange ». La petite fille dit alors : « Je suis un pèlerin sur le chemin du ciel. Ma mère avait l’habitude de me chanter des cantiques de Jésus et de l’amour du Père et m’a dit d’aller la rejoindre là-haut. Et lorsqu’aujourd’hui ma tante est sortie, invitée quelque part pour le thé, j’ai regardé dehors, mais je n’ai pas vu le Père, alors j’ai préparé mon petit paquet, ai mis mon foulard et ai quitté ma maison, comme un petit voyageur, « vagabondant » vers le ciel. Et c’est alors que votre train s’est arrêté, et je vous ai vu, vous aviez l’air si gentil et vous m’avez fait un signe – je l’ai vu – et j’ai pensé que vous apparteniez au train de Jésus : n’êtes-vous pas en train de retourner au ciel ? Le pauvre contrôleur ne peut que secouer la tête ; les yeux pleins de larmes, il n’a même plus la force de parler : le babillage de la petite a touché sa conscience et celle-ci a attisé ses craintes, a fait déborder la fontaine de ses larmes et a ravivé son désarroi. Finalement il parle et dit : « J’avais une petite fille. Je l’aimais beaucoup. Elle était ma petite chouchoute. Je m’en souviens encore avec une grande tendresse. Combien elle m’aimait ! Mais un jour elle est morte ». « Elle est allé au ciel », répliqua la petite fille. Elle est allée vers Jésus, ne voudriez-vous pas aller la rejoindre là-haut ? Jésus a payé son billet, cher contrôleur ! » Et à ce moment-là le contrôleur s’effondre complétement. Ce comportement aurait pu être, de la part de l’entourage l’objet d’une désapprobation, mais personne ne sourit, personne ne rit. Nombreux sont ceux qui assistent à la scène et qui sont touchés. Alors le contrôleur embrasse l’enfant, car elle a gagné son cœur. « J’ai tellement sommeil » lui dit-elle. « Avec votre permission, je me coucherai sur cette banquette et j’attendrai jusqu’à ce que votre train arrive à la porte de Jésus. Là-bas n’oubliez pas de me réveiller ! Tirez sur ma robe. Et alors, frappez juste un seul petit coup à la porte. Et là vous verrez Jésus ! » Et ce grand homme pleure et pleure encore !…
Je quitte ce train et je pense à tous ces petits et ces petites qui ont trouvé la route – le chemin étroit qui conduit à cette demeure bénie ! C’est par la foi en Christ que cette chère enfant a discerné le droit qu’elle avait à cette demeure, que de nombreux hommes instruits retenus par le doute et la crainte, ne discernent pas.
Un petit enfant ! Le Seigneur utilise souvent de tels – des vases faibles – pour briser ou faire ployer le cœur le plus difficile à toucher ; et ensuite, par Son Esprit il met un et terme au conflit et fait entrer ce cœur pour toujours dans Sa paix et Son repos.
Arrivés à ce terme-là, nous sommes, tout au long de la route vers le but, les porteurs du message que nous allons au ciel – parce que Jésus a payé notre billet pour y aller!

« Jésus…leur dit : Laissez venir à Moi les petits enfants ; ne les en empêchez pas, car à de tels est le royaume de Dieu » (Marc 10. 14).
« Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé » (Actes 2. 21).

Histoire vraie.
Traduit de l’anglais