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TÉMOIGNAGE

 

Dans un train deux hommes seuls étaient assis l’un en face de l’autre. L’un, un chrétien, voyait devant lui un homme d’une trentaine d’années, qui devenait manifestement de plus en plus nerveux au fur et à mesure que le train avançait. Il ne cessait de croiser et décroiser ses jambes, de fermer et d’ouvrir les mains ; s’il regardait par la fenêtre, vite il détournait son regard pour observer le plancher. Finalement il s’adressa à son compagnon de voyage :
– Feriez-vous quelque chose pour moi, Monsieur ?
– Certainement, mais dites-moi d’abord ce qui vous tourmente pareillement.
– Voici ce qui en est. Je m’enfuis de la maison à l’âge de 18 ans après une terrible scène avec mon père et je jurai de ne jamais revenir. Mais ces deux dernières années, il me prit un ardent désir de revoir la maison ; j’écrivis plusieurs fois à mon père, et jamais il ne répondit. Enfin, il y a deux jours, n’y pouvant plus tenir, j’écrivis à ma mère que je viendrai aujourd’hui, et je la priai, si tout allait bien, de suspendre un linge blanc sur le pommier en bas du jardin. Je le verrais en passant avec le train ; si je ne voyais pas de linge, je prendrais le prochain train de retour. Monsieur, je suis si anxieux que je ne pourrais supporter de voir qu’il n’y a pas de linge ; voulez-vous regarder pour moi ?
Le chrétien se mit aussitôt à la fenêtre, tandis que l’homme gardait son expression tendue. Tout à coup le chrétien poussa un cri :
– Regardez, regardez ! Un linge blanc est suspendu à chaque branche !
Le pauvre homme ne put contenir son émotion ; puis dès qu’il put prononcer quelques mots, il dit :
– Merci, Monsieur, je ne pensais pas que cela me ferait un tel effet.
– Je vous suis moi-même fort reconnaissant, rétorqua le chrétien.
– Pourquoi donc ? demanda l’homme.
– J’ai compris aujourd’hui, comme jamais auparavant, l’amour qui remplissait le cœur du Sauveur des pécheurs, lorsqu’Il disait : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi » (Jean 6. 37).

D’après Almanach Évangélique 1977