OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

TACTIQUE

 

La vie chrétienne n’est pas une vie de facilités. Comme soldat de Jésus Christ, chaque croyant est engagé dans un service actif (2 Tim. 2. 3). Toujours sur ses gardes, il veille constamment pour ne pas être pris à l’improviste par l’ennemi (1 Pier. 5. 8). Il n’est jamais en « permission ». Comment doit-il donc se comporter, agir ou plutôt réagir ? Quelle tactique adopter pour obtenir la victoire ? Quelle stratégie utiliser en fonction des circonstances et de la nature des attaques ?

Face à notre adversaire le diable (1 Pier. 5. 8) et devant les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes (Éph. 6. 11 et 12), la Parole de Dieu nous enseigne trois tactiques qui toutes mènent à la victoire : la fuite, la résistance et l’attaque.

La fuite

Quand nous sommes tentés par les convoitises charnelles, la seule tactique envisagée par la Parole de Dieu est la fuite. Tourner le dos aux tentations n’est pas suffisant. Il faut s’en éloigner rapidement de peur d’être séduit. Ces attaques sont trop redoutables pour les affronter avec nos propres forces. Nous devons refuser le combat qui, de toute façon, n’est pas le nôtre mais celui de l’Esprit (Gal. 5. 17). De la manière la plus impérative, Dieu nous ordonne de fuir les mauvaises compagnies et les lieux néfastes, à l’exemple de Joseph qui, devant la tentation, quitta avec tant de précipitation le palais de Potiphar, qu’il y laissa même son vêtement (Gen. 39. 12 ; 1 Cor. 15. 33). Nous devons fuir la fornication, l’idolâtrie, les disputes de mots, l’amour de l’argent, les convoitises de la jeunesse… (1 Cor. 6. 18 ; 10. 14 ; 1 Tim. 6. 3 à 11 ; 2 Tim. 2. 22). Cette attitude n’a rien à voir avec celle d’un Jonas qui s’enfuit de devant la face de l’Éternel. Dans son orgueil national, il voulait éviter d’avertir Ninive du jugement divin imminent, de peur que cette ville ennemie se repente et obtienne grâce de la part de Dieu (Jonas 1. 10 ; 4. 1 à 4). Cette attitude n’a rien à faire avec celle de Jacob, le trompeur et le menteur, qui dut s’enfuir parce qu’il craignait pour sa vie (Gen. 27. 43). Quand le soldat chrétien bat en retraite devant les tentations, ce n’est pas par lâcheté ou par faiblesse mais pour cause d’incompétence. Il est un homme qui connaît son mauvais cœur naturel. Il ne peut que se remettre à Dieu pour assurer la victoire.

La fuite fut la tactique de Moïse quand il conduisit le peuple hors d’Égypte (Ex. 14. 8) et de Josué quand il conquit la ville d’Aï (Jos. 8. 15). Elle permet de vaincre le diable en le faisant tomber dans les pièges qu’il nous tend. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la fuite du soldat chrétien dans de telles circonstances réclame de sa part un caractère bien trempé. Elle demande une bonne connaissance de soi-même et de Dieu. Dictée par la sainte volonté de Dieu, elle est contraire à l’esprit du monde qui prétend qu’il faut tout expérimenter pour former son propre jugement. Cela est pure folie car nous n’avons pas besoin de goûter à un champignon vénéneux pour savoir qu’il peut être mortel.

La résistance

Une autre tactique enseignée par la Parole consiste à résister aux attaques du diable (Jac. 4. 7) et à tenir ferme contre ses artifices (Éph. 6. 11). Pour pouvoir résister efficacement, le soldat chrétien doit se préparer avant que survienne le mauvais jour (Éph. 6. 13). Il revêtira préalablement l’armure complète de Dieu (la « panoplie ») (v. 13 à 17). Il cherchera ses armes à l’arsenal de Dieu et entrera complètement équipé dans la « résistance ». Quel capitaine serait assez fou pour équiper ses soldats quand l’attaque de l’ennemi a déjà commencé ? Quel soldat serait assez stupide pour chercher ses armes lorsque l’adversaire a chargé ?

Dans ce combat, les armes du chrétien sont avant tout : défensives. Le soldat chrétien en connaîtra le maniement et les maintiendra propres. Revêtu de son armure et portant ses armes, il va pouvoir non seulement résister de pied ferme à l’ennemi, mais il restera debout, la tête haute, sur-le-champ de bataille (v. 13). Toujours en éveil et prêt au combat, il n’enlèvera jamais son armure ni ne déposera ses armes, à l’exemple d’Urie le fidèle capitaine de David (2 Sam. 2. 11). Les reins du soldat chrétien sont ceints de la vérité. Cette vérité n’a rien de superficiel mais elle doit imprégner le croyant dans ses convictions les plus profondes. Il porte la cuirasse de la justice, une expression qui nous parle d’une conscience qui n’a rien à se reprocher. Ses pieds sont chaussés de la préparation de l’évangile de paix. Il porte le bouclier de la foi. Il s’agit du grand bouclier rectangulaire qui protégeait à la fois le cœur et les pieds du soldat romain et qui permettait d’amortir les flèches de l’ennemi et même d’en éteindre les dards brûlants. Avec le casque du salut, le combattant est ainsi protégé de la tête aux pieds. La seule arme offensive qu’il tient à la main est l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu. En présence d’un tel soldat, Satan sera maintenu à distance (1 Pier. 5. 9). L’acte de résistance fera du diable même un fugitif (Jac. 4. 8). « Le juste tiendra ferme dans sa voie » (Job 17. 9). « Un homme comme moi fuirait-il ? » disait Néhémie à son ennemi qui cherchait à le retrancher dans le temple de Dieu pour mieux le piéger. » (Néh. 6. 11).

L’attaque

La troisième et dernière tactique à notre disposition est l’attaque. Elle est de loin la plus difficile à appliquer car par nature notre esprit est prompt mais la chair est faible (Mat. 26. 41 ; Jean 18. 10 et 11). Passer à l’attaque demande une grande dépendance et beaucoup de discernement spirituel. Trop souvent nous sommes enclins à agir avec précipitation dans un esprit de jugement (Luc 9. 54) et sans discernement (Marc 9. 38 à 41). Même l’apôtre Paul s’est laissé entraîner une fois par son tempérament lorsqu’il traita de paroi blanchie un membre du sanhédrin qui n’était autre que le souverain sacrificateur. L’apprenant, l’apôtre présenta immédiatement ses excuses (Act. 23. 1 à 5). Toutefois que personne ne se méprenne : la neutralité et la passivité ne sont pas des attitudes chrétiennes. Pour passer à l’attaque, le chrétien ne dispose que d’une seule arme offensive : l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu (Eph. 6. 17). Son maniement doit être accompagné de toutes sortes de prières et de supplications (v. 18), non pour réclamer jugement et vengeance sur les adversaires mais pour demander la victoire des saints et le salut des âmes (v. 18 à 20). Satan ne peut résister à la Parole de Dieu (Luc 4. 1 à 13) et reste impuissant face à la prière de la foi.

Quand le mal est à son comble et le nom du Seigneur Jésus blasphémé, le chrétien doit non seulement prendre position mais engager le bon combat de la foi (1 Tim. 6. 12) et monter aux brèches (Éz. 13. 5). Il y a des moments où l’indignation doit se faire entendre. Ils doivent être rares car le monde est plus frappé par un témoignage d’amour que par nos saintes colères. Cette guerre est spirituelle et nos armes ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses (2 Cor. 10. 4 et 5). Ce combat demande une entière consécration (2 Tim. 2. 4) et entraîne des souffrances (1. 8 ; 2. 3), comme l’incompréhension, les moqueries et même la persécution. Si nous demandons la sagesse au Seigneur, nul ne pourra résister (Act. 6. 10). Telle fut l’attitude courageuse de Moïse et d’Aaron quand ils se présentèrent devant le Pharaon et ses magiciens, de Jean le Baptiseur reprochant à Hérode sa vie dissolue (Marc 6. 18) et de Paul démasquant les fraudes d’Élymas le magicien devant le proconsul à Paphos (Act. 13. 6 à 12). Devant le laxisme des autorités face à l’immoralité et aux blasphèmes proférés contre Jésus au nom de la liberté individuelle, la peur, l’immobilisme, l’indifférence et le silence sont de graves péchés. Chers jeunes amis, notre devoir est de prêcher l’Évangile d’une manière claire pour réagir contre ces choses.

En conclusion :

Il est de toute importance d’être bien préparé, de s’entraîner pour rester en forme, d’être vigilant et sobre en toutes choses (1 Pier. 5. 8). Nos armes sont des armes de lumière car, bien entretenues, elles reflètent la lumière divine. Que ce soit par la fuite, la résistance ou l’attaque, nos actions doivent être entreprises sous le regard du Seigneur. Ainsi elles aboutiront toujours à la victoire qui est celle du Seigneur (2 Chron. 32. 8 ; 1 Cor. 15. 57 ; 2 Cor. 2. 14). Ce combat n’est pas contre des forces humaines mais contre les puissances démoniaques qui se cachent derrière des instruments humains. Ce combat n’est pas le nôtre et le Seigneur est tout puissant pour donner la victoire si nous nous confions totalement en Sa puissance.

D’après Feuille aux Jeunes n° 333