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SE PLAINDRE

 

« Comme le peuple se plaignait… l’Éternel l’entendit ! » (Nomb. 11. 1).

Sauvé de l’esclavage de l’Égypte, libéré de la puissance du Pharaon, le peuple avait chanté sur les rives de la Mer Rouge le cantique de la délivrance. Puis était venu le désert : la faim, apaisée par la manne ; la soif, étanchée par l’eau du Rocher ; Amalek, vaincu par l’intercession d’en haut. Après une année environ au pied du Sinaï, on avait repris la route.

A peine parti, le peuple se plaint ! Il ne nous est pas dit de quoi, ni pourquoi, mais le fait est là. La Parole ne veut-elle pas montrer que tant de fois on se plaint sans trop savoir quelle en est la cause, simplement parce qu’on se laisse aller à un mécontentement foncier, qui trouve à redire au temps qu’il fait, à la nourriture que l’on reçoit, à telle ou telle circonstance. Réalisons-nous chaque fois que « l’Éternel l’entend ?

Deutéronome 8 nous rappelle que le désert est là « afin de t’humilier et de t’éprouver, pour connaître ce qui est dans ton cœur » (v. 2). Avec la force que le Seigneur donne, on traversera parfois des épreuves douloureuses, mais les petits contretemps journaliers feront jaillir les plaintes. C’est ce qu’on a appelé « l’épreuve des trois D » : déceptions, désagréments, dérangements !

Un cœur foncièrement heureux dans le Seigneur saura accepter de sa main ces petits contretemps. Mais tant d’autres réagiront avec aigreur, avec irritation, avec plaintes. Il faut s’être vraiment « livré soi-même à Dieu, comme d’entre les morts étant fait vivant » (Rom. 6. 13), pour apprendre : comme a dû le faire l’apôtre lui-même « à être content en soi-même dans les circonstances où l’on se trouve » (Phil. 4. 11).

Un exercice est là, constamment renouvelé, pour mettre à l’épreuve la patience, la réalité de la vie divine, et aussi cette discipline personnelle indispensable à qui veut marcher avec le Seigneur.

« Ne parlez pas l’un contre l’autre, frères… ne murmurez pas les uns contre les autres, frères » (Jac. 4. 11 ; 5. 9).

Pleine de sollicitude, Marie avait veillé sur son petit frère exposé dans le coffret de jonc au milieu des roseaux du fleuve. Plus tard elle avait conduit les femmes en chœurs pour chanter la délivrance. Tant que Séphora n’avait pas rejoint son mari, elle était en quelque sorte « la première dame » dans la congrégation. Mais voilà que Moïse prend « une femme éthiopienne » (était-ce probablement Séphora ?) Et la jalousie vient dans le cœur de Marie. Cette jalousie s’extériorise par des murmures ; elle parle contre son frère mettant en doute que lui seul soit l’instrument dont Dieu se sert pour enseigner son peuple. Aaron fait écho. « Et l’Éternel l’entendit » (Nomb. 12. 2).

Aaron et Marie, convoqués par Dieu devant la tente d’assignation, doivent entendre Ses reproches : « Pourquoi n’avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur ? » Et le châtiment s’abat sur Marie qui devient lépreuse. Suite à l’intercession d’Aaron, qui reconnaît avoir agi follement et avoir péché avec sa sœur, Dieu use de miséricorde. Pourtant Marie doit rester « sept jours dans la honte », afin que la gravité d’une faute qui pouvait paraître légère à première vue, reste imprimée dans son esprit, et lui aide, par la grâce de Dieu, à ne pas y retomber.

L’irritation (Eccl. 7. 9), les calomnies (Prov. 10. 18), le mépris du prochain (14. 21) sont, au sens des Proverbes, le fait d’un « sot », comme les paroles blessantes, les reproches déplacés ou les plaintes répétées. En réponse à la confession, Dieu pardonne et purifie (1 Jean 1. 9). Mais son gouvernement reste ; comme autrefois pour le peuple, ou pour Marie, il peut y en avoir des conséquences bien douloureuses (Prov. 19. 29 ; 10. 13) éducation salutaire, qu’il ne faut ni mépriser, ni perdre courage quand nous y sommes soumis (Héb. 12. 5).

Toute souillure, si facilement contractée au désert par les manifestations de la chair (le contact avec la mort), impliquait, en Nombres 19, une semaine entière d’exercice pour être restauré. Il fallait avouer sa faute à un « homme pur », qui faisait alors aspersion sur l’impur, le troisième jour et le septième jour. Au dernier soir de cette semaine, s’il était de la descendance d’Aaron, c’est-à-dire sacrificateur, le coupable pouvait enfin cesser son jeûne et manger de nouveau des choses saintes, « car c’est son pain » (Lév. 22. 6 et 7).

Veuille le Seigneur nous donner la force de veiller aux «trois D».

 

D’après Feuille aux jeunes n°246
G.A.