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SAUVÉ EN PRISON

 

Décembre 1825. Dans sa prison, après avoir maudit Dieu et les hommes, l’accusé, épuisé de fatigue, se jeta sur sa paillasse. Avec violence, il clamait son innocence, mais personne ne le croyait. Qui était-il ? Un jeune noble russe accusé à tort d’avoir participé à un complot dirigé contre l’empereur.
Le neuvième jour de sa détention, un chrétien vint le visiter et tenta de lui apporter les consolations de l’évangile. Une explosion de colère et un rire moqueur furent la seule réponse du prisonnier. Avant de se retirer le visiteur lui remit une Bible que celui-ci repoussa d’un coup de pied. Le livre resta à terre plusieurs jours, mais pour chasser l’ennui, le prisonnier se décida à l’ouvrir au hasard. Et il lut : « Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai et tu me glorifieras » (Ps. 50. 15). Il ferma le volume. Pourtant, la Parole divine agit malgré lui dans son cœur et, le lendemain, dès le lever du jour, il reprit la Bible. Plus il lisait, plus la lumière pénétrait en lui. S’il n’était pas coupable devant la justice des hommes, il était coupable devant Dieu. Il découvrait tout à la fois : sa culpabilité de pécheur et le Sauveur que Dieu lui avait donné. Ayant trouvé la paix avec Dieu, il écrivit à ses parents :
– Vous avez appris par les journaux que je suis condamné à être pendu le 15 février prochain. Ne pleurez pas. Je ne crains pas la mort. « Je sais qui j’ai cru ». Je désirerais beaucoup vous revoir avant de mourir, mais puisque cela m’est refusé, je me soumets. Que Dieu, qui m’a donné la liberté dans mes chaînes, vous console…
14 février 1826. A la maison, une famille accablée de douleurs ; dans une cellule, le prisonnier et son visiteur en prière.
Avant l’aube, des voix et des pas résonnent dans le couloir de la prison. Le cœur du prisonnier battit plus fort. La porte s’ouvrit, et sur le seuil un homme de loi, une lettre à la main, se présenta. On venait de trouver sur un conspirateur un document ainsi libellé : « Nous avons tout fait pour enrôler W., le jeune noble, mais tout a été inutile ; il veut rester fidèle au souverain ». Preuve certaine de l’innocence du condamné qui fut aussitôt libéré.
« Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai » (Ps. 50. 15). C’est la première parole que Dieu lui adressa. La délivrance paraissait impossible, mais le Dieu d’amour se proposait d’accomplir une double délivrance, de l’âme d’abord, du corps ensuite.

D’après Almanach Évangélique 1980