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SANCTIFIÉS DANS LE CHRIST JÉSUS

Juges 13

 

Le titre de ce message, aujourd’hui, c’est : Sanctifiés dans le Christ Jésus. Quelques pensées sur Juges 13. Avant d’aller dans l’Ancien Testament et de considérer ce chapitre du livre des Juges, j’aimerais m’arrêter sur cette expression, citée dans le titre, qu’on trouve dans la 1ère épître aux Corinthiens au chapitre 1. C’est l’introduction de l’épître : « Paul, apôtre appelé de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et le frère Sosthène, à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le christ Jésus, saints par appel, avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre » (v. 1 et 2). L’apôtre Paul appelle les croyants qui habitent à Corinthe, ainsi que ceux qui lui sont associés : « tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ » – il les appelle les « sanctifiés dans le Christ Jésus, saints par appel ». Je m’arrête sur la signification de ce mot « sanctification ». Elle est parfois diversement interprétée par les croyants. Souvent on la comprend principalement comme cette transformation progressive qui s’opère dans la vie du croyant, en particulier par le Saint Esprit, le travail de Dieu, pour amener le croyant à croître dans la sainteté, à manifester davantage chaque jour les caractères que Dieu cherche dans la vie du croyant, ce qui correspond à ce que Lui-même a voulu. C’est une croissance dans la sainteté, une croissance dans une vie qui glorifie Dieu. Nous avons en effet deux passages de la Parole qui parlent de cet aspect progressif de la croissance dans la sainteté dans la vie du croyant. Le premier, dans l’épître aux Hébreux chapitre 12 : « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté [ou la sanctification], sans laquelle personne ne verra le Seigneur » (v. 14). Il s’agit bien de quelque chose à poursuivre, de quelque chose qui s’opère dans la vie du croyant au fur et à mesure de sa vie. On a la même pensée dans 1 Thessaloniciens au chapitre 5 : « Que le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, votre âme, et votre corps tout entiers soient conservés sans reproche à la venue de notre Seigneur Jésus Christ » (v. 23). C’est la pensée que tout notre esprit, notre âme et notre corps soient conservés sans reproche avec la perspective de la venue proche de notre Seigneur Jésus Christ, de Son retour. A part ces deux passages, la plupart des passages, dans la Parole, qui nous parlent de sanctification, dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, mettent l’accent sur un autre aspect de la sanctification auquel on pense moins au premier abord. Il s’agit en fait de cette séparation, parce que la sanctification signifie séparation, mise à part. La sanctification, telle que la majorité des passages de la Parole en parle, aussi dans le Nouveau Testament, c’est cette séparation, cette mise à part par Dieu et pour Dieu de celui que Dieu a choisi. Un passage remarquable dans ce sens, c’est dans le chapitre 10 de l’épître aux Hébreux. Au verset 9 il est parlé du Seigneur Jésus qui s’est donné pour nous. Il dit : « Voici, je viens pour faire ta volonté ». Et au v. 10 : « C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes », « que nous avons été… » : Il n’est pas dit « nous sommes progressivement », mais que, par l’offrande du corps de Jésus Christ, par la volonté de Dieu le Père et sur la base de l’offrande du corps de Jésus Christ, de l’œuvre merveilleuse accomplie sur la croix par notre Sauveur qui s’est donné lui-même pour nous, par cela nous avons été sanctifiés, mis à part par Dieu et pour Dieu. Il y a un passage complémentaire dans 1 Pierre au chapitre 1er : il est parlé des croyants qui sont « élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ » (v. 2). Là aussi nous trouvons les trois Personnes de la Déité, comme dans bien d’autres passages, qui nous parlent de l’œuvre du salut. Ici nous voyons ceux qui sont préconnus par Dieu le Père, élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit ou selon les traductions : sanctification de l’Esprit. C’est cette mise à part par la volonté de Dieu le Père, opérée par le Saint Esprit, sur la base de l’œuvre du Seigneur Jésus à la croix, qui prend une personne du monde, la retire du monde, la met à part pour Dieu, pour le salut, pour être à Dieu pour l’éternité par l’œuvre du Seigneur Jésus Christ accomplie sur la croix. C’est de cette sanctification que parle l’apôtre Paul dans ce deuxième verset de la 1e épître aux Corinthiens : « aux sanctifiés dans le Christ Jésus », ceux qui ont été ainsi mis à part par Dieu. Ensuite nous lisons : « saints par appel » ou, dit la note : saints par l’appel de Dieu, c’est-à-dire déclarés saints par Dieu. Ils ont été mis à part, placés dans cette position décrétée de Dieu. Cela correspond aussi à un appel : saints par l’appel de Dieu, dit la note. Ils sont appelés à être saints parce qu’ils ont été mis à part par Dieu. Et pourtant les Corinthiens sont loin d’être, parmi les destinataires des épîtres, les plus spirituels qu’on puisse trouver dans la Parole. Au contraire, combien de reproches l’apôtre Paul doit leur faire de la part du Seigneur. Déjà au chapitre 3. 1, il peut leur dire : « je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ ». Et l’explication est donnée au v. 3 : « Du fait qu’il y a parmi vous jalousies et querelles, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas à la manière des hommes ? » des jalousies, des querelles, des rivalités. Ensuite au chapitre 5. 1 on peut lire : « On entend dire partout qu’il y a de la fornication parmi vous », de l’immoralité et même « telle qu’elle n’existe pas même parmi les nations ». Et au chapitre 6 on peut lire ces choses incroyables à nos yeux – quoique parfois peut-être elles nous reprennent aussi : « Mais un frère entre en procès avec un frère, et cela devant les incrédules » (v. 6). Ils avaient même des procès entre eux, ils se traînaient devant les tribunaux. Quel comportement indigne ! C’est loin d’être la sainteté telle qu’on la conçoit. Et pourtant lorsque le Seigneur, par l’apôtre Paul, rappelle ce qu’étaient quelques-uns d’entre eux : adultères, voleurs, cupides, ivrognes, insulteurs, ravisseurs – bref des hommes perdus comme nous l’étions tous avant que le Seigneur Jésus vienne et nous sauve il est dit : « Et quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu » (6. 11). Vous avez été lavés, sanctifiés, justifiés. C’est l’œuvre de grâce souveraine de Dieu qui prend des pécheurs perdus au milieu du monde, qui les met à part et qui par l’œuvre accomplie sur la croix par notre Seigneur Jésus les a lavés, sanctifiés, justifiés. Quelle grâce merveilleuse et souveraine de Dieu ! « Aux sanctifiés dans le christ Jésus ».
Maintenant j’aimerais passer dans le chapitre 13 du livre des Juges parce qu’il nous présente justement, à la fois cette mise à part absolue décrétée par Dieu de celui que Dieu a choisi pour le salut, pour la délivrance, et puis d’un autre côté la responsabilité qui s’y rattache, les conséquences pratiques que cela implique et comme c’est nécessaire aussi pour nous de toujours nous les rappeler.
« Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; et l’Éternel les livra en la main des Philistins pendant quarante ans. Et il y avait un homme de Tsorha, de la famille des Danites, et son nom était Manoah ; et sa femme était stérile et n’enfantait pas. Et l’Ange de l’Éternel apparut à la femme, et lui dit : Voici, tu es stérile et tu n’enfantes pas ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils. Et maintenant, prends garde, je te prie, et ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange rien d’impur ; car voici, tu concevras, et tu enfanteras un fils ; et le rasoir ne passera pas sur sa tête, car le jeune garçon sera nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère ; et ce sera lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins » (Jug. 13. 1 à 5). Ici nous avons un épisode du livre des Juges où se reproduit ce qui s’est déjà produit maintes et maintes fois dans l’histoire du peuple dans cette période, c’est-à-dire que les enfants d’Israël ont fait de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Eternel, ils se sont éloignés des commandements de Dieu, ils se sont livrés à l’idolâtrie, et Dieu a dû les livrer en la main des ennemis du peuple d’Israël. C’est quelque chose de très triste, de terrible que cette succession de chutes, d’égarements. Mais en même temps nous voyons la grâce de Dieu. Dieu discipline Son peuple. Son gouvernement est là, et le peuple souffre sous l’oppression de ses ennemis, les Moabites, les Ammonites, les Madianites, mais lorsque la souffrance est là, lorsque la main de Dieu en gouvernement est là et en discipline, alors le peuple s’humilie, se repent, crie à l’Éternel, et l’Éternel envoie un sauveur, il fait grâce, car c’est un Dieu qui fait grâce. Ici encore, l’Éternel envoie un sauveur. C’est ce qu’on voit à la fin du v. 5. « Ce sera lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins ». Il y a quelque chose de nouveau, pourrait-on dire, dans cette dernière étape, dans cette dernière délivrance que l’Éternel accorde à son peuple au temps des Juges, dans ces temps de confusion du peuple terrestre de Dieu, la dernière des délivrances, dans ce livre, est là, et c’est contre la main des Philistins que Dieu utilise pour discipliner son peuple. C’est une chose différente de tout ce qui s’est passé avant. Auparavant, les ennemis étaient plutôt extérieurs, les Madianites, les Moabites, les Ammonites, mais là, ce sont des ennemis intérieurs. Il s’agit de ces Philistins qui étaient restés dans le pays au temps où Josué était vieux et avancé en âge, comme on le trouve dans Josué 13. Les Philistins faisaient partie de ceux qui étaient restés, des anciens habitants, des habitants naturels du pays, qui maintenant était devenu celui de la promesse, dans lequel Dieu avait fait entrer Son peuple. Il y a encore une expression très remarquable : « le chemin du pays des Philistins » (Ex. 13. 17). Dans Exode 13 au moment où l’Éternel fait sortir d’Égypte Son peuple Israël à main forte et à bras étendu, pour l’amener dans la terre promise, on lit : « Et il arriva, quand le Pharaon laissa aller le peuple, que Dieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, qui est pourtant proche… Et Dieu fit faire un détour au peuple par le chemin du désert de la mer Rouge » (v. 17 et 18). Il y avait un chemin qui permettait d’aller directement d’Égypte dans le pays qui devait être le pays de la promesse. Ce chemin était facile, proche et court. C’était le chemin du pays des Philistins, qui permet de passer directement dans le pays de la promesse. Mais ce n’est pas par ce chemin facile que l’Éternel a fait passer son peuple. C’est par la mer Rouge, après un détour, ensuite par le Jourdain. Est-ce que cela ne nous parle pas aussi à nous aujourd’hui ? Dans la chrétienté, dans l’église chrétienne, en général, dans ces temps de confusion qui sont les nôtres – qui ressemblent étrangement au temps des Juges dont il était dit que chacun faisait ce qui semblait bon à ses yeux – est-ce que nous ne voyons pas aussi quelque chose de semblable, des situations où on pourrait dire qu’on est rentré facilement dans la sphère chrétienne, on prend facilement le nom de Christ, le nom de chrétien, on se réclame facilement des choses de Dieu, et pourtant, est-ce qu’on est passé par le chemin facile, le chemin direct depuis le monde et là on bascule dans la sphère chrétienne ? Ou est-ce qu’on est passé par ce chemin par lequel l’Éternel avait décidé de faire passer son peuple, c’est-à-dire par la mer Rouge et par le Jourdain ? Nous savons que la mer Rouge et le Jourdain nous parlent de la croix de Christ. La mer Rouge, la croix de Christ pour nous, Christ est mort et a été ressuscité pour nos fautes. Celui qui reconnaît ses péchés, qui se reconnaît, par le Saint Esprit de Dieu, convaincu de péché, qui se reconnaît pécheur devant Dieu et condamné. Alors il voit la croix de Christ, il voit là le Sauveur en croix qui est mort pour lui. Il peut dire qu’Il est mort à sa place comme l’apôtre Paul avait pu dire : Le « Fils de Dieu… m’a aimé et… s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20). Celui qui a reçu l’œuvre de la croix pour lui personnellement, et s’est reconnu pécheur, alors, par la croix de Christ il est justifié. « Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Cor. 6. 11). La croix de Christ dont on a l’image dans le Jourdain, dont l’apôtre Paul pouvait dire : je suis crucifié pour le monde comme le monde l’est pour moi, c’est-à-dire que je suis identifié à cette mort, cette croix de Christ par laquelle je suis mort à mon ancienne vie, au péché, mort au monde, mort à la chair, à cette racine de péché qui est en moi, pour pouvoir maintenant vivre pour Dieu, non plus pour moi-même, mais pour le Seigneur Jésus Christ qui est mort pour moi et a été ressuscité. Oui, l’Éternel avait conduit son peuple pour le faire entrer dans le pays de la promesse. Il l’avait conduit à travers la mer Rouge d’abord qu’Il avait même ouverte et puis le Jourdain dans lequel le peuple devait mettre le pied afin que le fleuve s’ouvre et qu’il passe. Ainsi nous-mêmes par la foi nous prenons cette place d’identification dans la mort de Christ mais aussi dans Sa résurrection pour vivre, par la grâce de Dieu, en nouveauté de vie. Ceux-là sont de véritables chrétiens, des rachetés du Seigneur Jésus, ceux-là sont des sanctifiés dans le Christ Jésus. Et alors saints par appel, appelés à être saints.
Ce temps de confusion, où il y avait un mélange entre les Philistins – les anciens habitants du pays – et les nouveaux habitants du pays, ne nous parle-t-il pas aussi des temps de confusion et d’apostasie que nous voyons aujourd’hui, alors que nous nous savons si proches du moment où le Seigneur Jésus va venir chercher les siens ? Dans ce temps de confusion il y a délivrance encore aujourd’hui. Le gouvernement de Dieu est là, Sa main est là, mais nous voyons la grâce de Dieu briller dans ce passage et c’est la délivrance aussi car Il est le même. Il est le même qu’aux premiers temps de l’église. Sa grâce est la même, Sa puissance est la même aussi.
Si nous revenons en Juges chapitre 13, nous voyons la grâce de Dieu au v. 2 : « Et il y avait un homme de Tsorha, de la famille des Danites, et son nom était Manoah ; et sa femme était stérile et n’enfantait pas ». Pour révéler et manifester la délivrance que Dieu a préparée pour Son peuple, Il va se révéler, non pas à un homme, mais à une femme, une femme stérile dont le nom n’est même pas mentionné. Et nous voyons à quel point la grâce de Dieu est merveilleuse dans un contexte aussi confus et triste. Cet homme, et sa femme à qui l’Éternel vient s’adresser, sont de la tribu des Danites. La tribu de Dan n’avait pas une histoire positive, au contraire. C’est de cette tribu qu’il est question, lorsque plus tard Jéroboam fait un veau d’or et que tout le peuple va à Dan pour l’adorer, et finit par tomber dans l’idolâtrie. C’est de cette tribu que Jacob, lorsqu’il prophétise sur l’avenir d’Israël, dit : « Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, qui mord les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse. J’ai attendu ton salut, ô Éternel ! » (Gen. 49. 17 et 18). Voilà la tribu de Dan, et pourtant c’est d’une famille de cette tribu, que l’Eternel va tirer le juge qui va délivrer Son peuple, Samson. Dans cette tribu-là, dans cette famille, c’est à cette femme stérile, anonyme, inconsidérée, c’est à elle que l’Éternel s’adresse. Oui Dieu se plaît toujours à utiliser les choses faibles. Comme l’apôtre Paul l’a dit : « car lorsque je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12. 10). Peut-être qu’il est nécessaire aussi pour nous de nous rappeler qu’il en est de même pour nous, croyants. L’apôtre Paul, quand il s’adresse à ces mêmes Corinthiens au chapitre 1er de la 1ère épître, leur rappelle : « En effet, considérez votre appel, frères : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages selon l’homme, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les hommes sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qui sont méprisées et celles qui ne sont pas, pour annuler celles qui sont ; afin que personne ne se glorifie devant Dieu » (v. 26 à 29). Et au v. 31 nous avons : « comme il est écrit, « celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur ». Pas beaucoup de sages, pas beaucoup de nobles. « Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qui sont méprisées et celles qui ne sont pas » : c’est vraiment ce que nous trouvons ici. C’est toujours ainsi que la grâce agit pour que la gloire revienne à Dieu, pour que les richesses de Sa grâce et de Sa gloire puissent éclater là où la ruine de l’homme a été si clairement manifestée et constatée.
Il s’adresse à cette femme. Il lui dit : « Voici, tu es stérile… mais tu concevras, et tu enfanteras un fils ». Et quelle grâce ici : elle est stérile, elle ne peut pas donner la vie : quel opprobre et quelle tristesse ! Nous pouvons lire une situation tout à fait semblable dans 1 Samuel. Ce fils qui est né, Samuel, était un serviteur mis à part par Dieu d’une manière toute particulière. On l’a aussi dans le début du Nouveau Testament avec Zacharie et Élisabeth : Élisabeth aussi était stérile et Dieu lui-même annonce qu’elle enfantera un fils. Lorsque l’ange Gabriel s’adresse à Marie pour lui annoncer la naissance de notre bien-aimé Sauveur, il lui dit comme encouragement : « Et voici, Élisabeth ta parente, elle aussi, a conçu un fils dans sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile en est à son sixième mois ; car rien ne sera impossible à Dieu » (Luc 1. 36). Rien n’est impossible à Dieu et à Sa grâce. Nous voyons ces trois exemples, et dans 1 Samuel aussi Anne la mère de Samuel qui était stérile fait un vœu : « Éternel des armées ! Si tu veux regarder à l’affliction de ta servante, et si tu te souviens de moi et n’oublies pas ta servante, et que tu donnes à ta servante un enfant mâle, je le donnerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie ; et le rasoir ne passera pas sur sa tête » (1. 11). Nous voyons cette souffrance du cœur, cette souffrance de l’âme méprisée, de l’âme inconsidérée, de l’âme qui répand sa plainte devant l’Éternel et l’Éternel répond. Et ici il dit : « tu es stérile et tu n’enfantes pas ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils ». Nous avons la même chose au v. 5 : « et le rasoir ne passera pas sur sa tête, car le jeune garçon sera nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère ». Dans ces trois exemples de femmes stériles, qui souffraient de cette situation, c’était un opprobre terrible en Israël que ces trois situations désespérées, Dieu donne quelque chose, une grâce merveilleuse, Dieu donne un enfant qui est nazaréen à l’Eternel, un enfant consacré à l’Éternel, un enfant destiné à être un outil particulier, un serviteur particulier dans la main de l’Éternel. Oui, la grâce triomphe, la grâce brille, précisément là où est la difficulté, là où est la détresse, là où le sentiment d’indignité et de ne rien mériter est là. Alors la grâce a été manifestée dans toute sa beauté.
Il y a aussi dans ce passage un avertissement, en tout cas une instruction très solennelle : « Et maintenant, prends garde, je te prie, et ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange rien d’impur ; car voici, tu concevras, et tu enfanteras un fils ; et le rasoir ne passera pas sur sa tête, car le jeune garçon sera nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère » (v. 4 et 5). Ici l’Éternel donne Ses instructions. Cet enfant à naître sera nazaréen dès le ventre de sa mère. Il y a trois personnes qui ont été ainsi nazaréens. Nazaréen, cela veut dire séparé, consacré à l’Éternel. Il « sera nazaréen de Dieu » : cela veut dire qu’il sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère. Un peu plus loin l’expression est reprise : « nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère, jusqu’au jour de sa mort » (v. 7). Ces trois personnes, c’est précisément Samson, Samuel et Jean le baptiseur. Ils étaient nazaréens de Dieu dès le ventre de leur mère. On a en Nombres 6 une description plus précise de ce qu’était ce nazaréat, cette situation d’être consacré à l’Eternel. « Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Si un homme ou une femme se consacre en faisant vœu de nazaréat [littéralement : de nazaréen], pour se séparer afin d’être à l’Éternel, il s’abstiendra de vin et de boisson forte, il ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de boisson forte, et il ne boira d’aucune liqueur de raisins, et ne mangera point de raisins frais ou secs. Pendant tous les jours de son nazaréat, il ne mangera rien de ce qui est fait de la vigne, depuis les pépins jusqu’à la peau. Pendant tous les jours du vœu de son nazaréat, le rasoir ne passera pas sur sa tête ; jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est séparé pour être à l’Éternel, il sera saint ; il laissera croître les boucles des cheveux de sa tête. Pendant tous les jours de sa consécration à l’Éternel, il ne s’approchera d’aucune personne morte. Il ne se rendra pas impur pour son père, ni pour sa mère, ni pour son frère, ni pour sa sœur, quand ils mourront ; car le nazaréat de son Dieu est sur sa tête. Pendant tous les jours de son nazaréat, il est consacré à l’Éternel » (Nomb. 6. 1 à 8). Le premier cas qui est mentionné dans le nazaréat de séparation à l’Éternel, c’est celui de quelqu’un qui fait un vœu pour un temps déterminé, pour une mission particulière, pour être particulièrement consacré à Dieu pendant un temps précis. Celui qui fait ce vœu était tenu par ce vœu d’une manière très forte en sorte que si, même indépendamment de sa volonté, il se trouvait que son nazaréat était cassé, il devait offrir un sacrifice. C’était, pourrait-on dire comme un péché. C’est quelque chose de très fort. Mais dans ce que décrit ce chapitre 6 il y a une condition du nazaréat. Il est question de celui qui fait une consécration volontaire et temporaire – comme beaucoup de choses dans l’Ancien Testament, qui sont volontaires et puis aussi temporaires, partielles. Mais certainement que nous-mêmes, comme croyants du Nouveau Testament, comme croyants rachetés par Dieu, comme sanctifiés dans le Christ Jésus, mis à part par Dieu, nous pouvons nous reconnaître dans cette deuxième catégorie, ces trois personnes qui ont été nazaréens de Dieu dès le ventre de leur mère, avant même leur naissance. L’apôtre Paul peut dire quelque chose de très frappant dans l’épître aux Galates, que certainement nous pourrions aussi appliquer à chaque croyant : « Mais quand il plut à Dieu, qui m’a mis à part dès le ventre de ma mère et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler son Fils en moi, afin que je l’annonce parmi les nations, aussitôt je ne consultai pas la chair et le sang » (Gal. 1. 15 et 16. Il y a quelque chose de merveilleux. Là nous voyons le parallèle avec ce dont il est parlé au sujet de Samson. On peut aller encore plus loin, et ceci pour chacun de nous, croyants rachetés, sauvés, chrétiens véritables. C’est ce qui est dit dans l’épître aux Éphésiens au chapitre 1er : « il nous a élus en lui [en Christ] avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui en amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ » (v. 4 et 5). Or, non seulement dans le ventre de ma mère, avant que je sois né j’ai été, comme croyant, mis à part, placé dans cette position de séparation, de mise à part pour Dieu, mais Dieu m’a dit – nous ne pourrions pas le dire si nous ne le lisions pas dans la Parole comme une chose mystérieuse et merveilleuse – Il m’avait élu en Lui avant la fondation du monde pour que je sois saint et irréprochable. Chacun de nous qui avons connu la vertu et la puissance de la croix pour nous sauver, peut dire cela. Et nous pouvons nous voir aussi dans celui qui est présenté ici dans Juges 13 comme nazaréen dès le ventre de sa mère. Ces trois instructions qui sont données dans le livre des Nombres s’appliquent aussi à nous. Considérons ce qu’elles peuvent signifier aussi pour nous. Bien sûr, dans l’Ancien Testament c’était dans un sens symbolique, sur un mode matériel, très souvent aussi temporaire, mais pour nous il s’agit des réalités spirituelles. La première chose dans le nazaréat, c’est qu’il fallait s’abstenir – et cela est très fortement rappelé dans ce passage de Juges 13 : ces instructions sont répétées trois fois et en particulier celle-ci : « il s’abstiendra de vin et de boisson forte, il ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de boisson forte, et il ne boira d’aucune liqueur de raisins, et ne mangera point de raisins frais ou secs ». C’est répété aussi d’ailleurs à la naissance de Jean le baptiseur en Luc 1. 15 : « il sera grand devant le Seigneur, et il ne boira ni vin ni boisson forte ; et il sera rempli de l’Esprit Saint déjà dès le ventre de sa mère ». Dans ces temps de confusion dans lesquels nous vivons, dans ces temps d’apostasie qui ressemblent fort à ce qui nous est décrit à la fin du livre des Juges, il y a un chemin que la Parole nous trace, un chemin fondé sur cette séparation, cette mise à part que Dieu a faite pour tous ceux qui Lui appartiennent avant même leur naissance. Il y a un chemin de séparation pratique auquel sont rattachés aussi la puissance et la plénitude du Saint Esprit. C’est ce que nous désirons voir dans ce passage. « Il s’abstiendra de vin et de boisson forte, il ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de boisson forte » (Nomb. 6. 3). Le vin nous parle principalement de deux aspects, sans que nous puissions penser être exhaustifs ou déterminer complètement l’image. Par exemple au psaume 4. 7, il est dit : « Tu as mis de la joie dans mon cœur, plus qu’au temps où leur froment et leur moût [c’est-à-dire le vin nouveau] ont été abondants ». C’est aussi ce que dit le psaume 104 au v. 15 : « Et le vin qui réjouit le cœur de l’homme, faisant reluire son visage avec l’huile ; et avec le pain il soutient le cœur de l’homme », le vin est ce qui réjouit le cœur de l’homme, ce qui avec le pain soutient le cœur de l’homme. Nous voyons là certainement dans le vin cette image de tout ce qui, sur le plan naturel, peut produire de la joie, de la satisfaction. Aussi dans le contexte des relations sociales, le vin est très présent pour souder, pour que les gens aient un bon moment ensemble. On voit ce côté de joie, de complaisance humaine, ainsi que ce qui soutient le cœur de l’homme, ce qui donne énergie – mais aussi parfois même trop d’énergie. On a dans les Proverbes beaucoup de passages à cet égard. « Le vin est moqueur, la boisson forte est tumultueuse, et quiconque s’y égare n’est pas sage » (20. 1) : ce qui va nous pousser dans des comportements qui ne sont pas ce qu’on devrait faire et dans une absence de contrôle de soi. Est-ce que cela ne nous parle pas aussi de tout ce qui peut déterminer à la fois nos joies, notre comportement et nos actions de manière complètement humaine, selon la chair ? L’apôtre Paul dans Romains 7 nous parle de cette situation : « ce que je ne veux pas, je le fais ». Il est poussé à faire des choses qu’il ne veut pas. Les relations sociales sont basées sur les principes du monde. Comme on peut vite être poussé à faire des choses dans des directions qui ne sont pas celles qu’on aimerait, à perdre ce contrôle de nous-mêmes et surtout à quitter le contrôle que Dieu doit et veut avoir sur nous. Oui, le vin et les boissons fortes, tout ce qui nous pousse à chercher des joies et aussi des motivations ou des sources de force et d’énergie dans ce qui est selon l’homme, dans ce qui est selon la chair, dans ce qui est des ressources naturelles – le nazaréen devait s’abstenir de tout cela. Comme c’est propre à nous sonder aussi ! Même parfois entre croyants on pourrait se dire : entre nous on peut passer du bon temps. On pourrait même parfois avoir des conversations et des échanges, des relations qui ressemblent tellement à celles des gens qui ne connaissent pas Dieu. Qu’est-ce qui fait le ciment de nos relations sociales entre croyants ? Est-ce la Personne du Seigneur Jésus ? Est-ce la part commune que nous avons en Christ et dans les bénédictions que Dieu nous a données ? Ou est-ce nos connaissances mutuelles, nos expériences passées, même nos atomes crochus, les manières que nous avons d’apprécier certaines choses en commun ? Toutes ces choses sont humaines. Elles ne doivent pas être le ciment de nos relations sociales entre chrétiens. Mais Christ est ce que Dieu nous a donné en partage. C’est ce qui doit nous réjouir lorsque nous pouvons avoir des relations entre chrétiens, entre vrais chrétiens, ceux qui sont rachetés par un même Sauveur. Et puis nous avons à laisser tout ce qui nous pousse à marcher dans un chemin de propre volonté, selon les pensées humaines, selon les critères humains. Tout cela, nous devons aussi le mettre de côté. N’est-ce pas que la volonté du chrétien, du racheté, n’a pas à s’exprimer elle-même, mais au contraire à être toujours ramenée dans une forme de brisement, dans la soumission à la volonté même de Dieu, ainsi que le Seigneur Jésus lui-même l’avait dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jean 4. 34) ? Toute cette énergie de la nature, énergie qui est selon l’homme, on doit veiller à s’en séparer. Combien de fois, peut-être dans les détails, ne sommes-nous même pas conscients que le principe de la volonté propre, le principe de la volonté humaine, intervient dans un si grand nombre de nos activités quotidiennes, de nos choix ! Combien de fois nous pouvons nous dire : Oh ! je peux bien me permettre ceci ou cela. N’est-ce pas cela aussi le vin, les liqueurs fortes, tout ce qui est selon l’homme et tout qui nous empêche de vivre vraiment pour la volonté de Dieu ? « Il s’abstiendra de vin et de boisson forte » mais aussi de tout ce qui en est l’origine. On devait même s’abstenir des pépins de raisin. Comme c’est sérieux pour nous, pour moi ! Et puis aussi il devait ne pas se couper les cheveux : « jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est séparé pour être à l’Éternel, il sera saint ; il laissera croître les boucles des cheveux de sa tête » (Nomb. 6. 5). Là, j’aimerais juste rappeler ce passage que nous avons dans 1 Cor. 11 dans un autre contexte, davantage en rapport avec l’ordre de la création et la place de l’homme et de la femme sur la terre, dans l’ordre établi par Dieu sur la terre. Il est dit en 1 Cor. 11. 14 : « La nature même ne vous enseigne-t-elle pas que, si un homme a une longue chevelure, c’est un déshonneur pour lui ? ». C’est comme prendre, au contraire, une place de soumission, une place de dépendance, et n’est-ce pas là aussi quelque chose qui nous parle dans ce qui était demandé au nazaréen, non pas avoir cette place de celui qui est en pleine possession de ses droits, de celui qui assume pleinement ce qu’il estime pouvoir et avoir le droit d’être de ceux qui, au contraire, ont ce caractère de débonnaireté, le caractère de celui qui n’insiste pas sur ses droits. Cela nous fait penser au Seigneur Jésus, notre bien-aimé Sauveur, lorsqu’Il était sur la terre, Lui le parfait nazaréen comme nous venons juste de l’évoquer. Jamais Il n’avait pas à faire avec ces joies humaines, avec ces motivations de l’homme naturel, mais Il marchait en tout temps dans une parfaite obéissance à la volonté de Dieu. On peut aussi penser à notre bien-aimé Sauveur lorsque nous considérons ce 2ème aspect, celui qui n’insistait pas sur Ses droits. Le Seigneur Jésus avait dit à Ses disciples : « Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis ; si donc moi, le seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jean 13. 13 et 14). « Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis » et pourtant Il S’est mis aux pieds de Ses disciples, et leur a lavé les pieds. Il est le Seigneur de toute la terre, Celui à qui tout appartient, qui a tout créé, Il est Celui que tous doivent servir et devant qui tous doivent se prosterner, et pourtant Il est venu, non pour être servi, mais pour servir. Nous avons aussi ce merveilleux passage de l’épître aux Philippiens qui nous présente aussi le Seigneur Jésus comme exemple. « Ayez donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lui qui, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, trouvé quand à son aspect comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (2. 4 à 8). Le Seigneur Jésus était en forme de Dieu, Il est Dieu, mais Il n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu. L’humilité, la débonnaireté, l’abaissement de notre Sauveur : qu’il y ait en nous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus. « Le rasoir ne passera pas sur sa tête ».
La troisième chose, c’est qu’il ne devait toucher aucune personne morte. « Pendant tous les jours de sa consécration à l’Éternel, il ne s’approchera d’aucune personne morte ». Est-ce que cela ne nous parle pas de tout ce qui porte la marque du péché, de tout ce qui est frappé, dans notre monde et autour de nous, par le jugement de Dieu sur le péché ? Le jugement de Dieu sur le péché, c’est la mort ; le salaire du péché, les gages du péché, c’est la mort (Rom. 6. 23). « Il ne s’approchera d’aucune personne morte ». Pour nous bien sûr cela peut signifier autour de nous les personnes qui sont encore étrangères à la vie de Dieu. Quelle part avons-nous avec elles, quelles associations ? Bien sûr que nous avons à les aimer, comme le Seigneur Jésus qui était ému de compassion en voyant toutes ces brebis qui n’ont pas de berger (Mat. 9. 36). Bien sûr, nous avons à être au milieu de ce monde, mais nous ne sommes pas du monde, nous n’avons pas de part commune, rien à partager avec quelqu’un qui est encore mort dans ses péchés. L’apôtre Pierre disait : « Je ne possède ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne » (Act. 3. 6). C’est cela que nous avons à partager avec ceux qui sont encore morts dans leurs fautes et dans leurs péchés. Nous lisons en 2 Corinthiens 6 : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules ; car quelle relation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres ? et quel accord de Christ avec Béliar ? ou quelle part a le croyant avec l’incrédule ? et quelle compatibilité y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? » (v. 14 à 16) et au v. 17 il est dit : « C’est pourquoi sortez du milieu d’eux et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai ». Quelle merveilleuse promesse et aussi quel solennel avertissement ! Et certainement on peut l’étendre aussi à toutes ces bêtes mortes qui étaient impures dans l’Ancien Testament. Et n’est-ce pas aussi tout ce qui, dans notre monde, dans la culture qui nous environne, tout ce qui est marqué par ce jugement de Dieu contre le péché, tout ce qui est marqué d’impureté, de choses contraires à Dieu ? Nous n’avons rien à faire avec ces choses. « Pendant tous les jours de sa consécration à l’Éternel, il ne s’approchera d’aucune personne morte ». Comme nous sommes saisis par ce que signifie cette place de nazaréen, et surtout les conséquences qui s’y rattachent, qui sont étroitement liées à l’action du Saint Esprit dans celui que Dieu a ainsi séparé !
Un peu plus loin nous voyons quelque chose qui peut vraiment tourner maintenant nos yeux sur le Seigneur Jésus. Dieu nous a séparés et nous a mis à part, nous sommes appelés à être saints, et cela entraîne des applications pratiques dès le début de notre vie. Dès que nous appartenons au Seigneur nous sommes déjà séparés, avant même que nous soyons nés, avant même que nous soyons convertis. Des implications s’y rattachent, ces trois choses que nous venons d’évoquer. Nous savons bien sûr que ce ne sera pas par nos propres forces, pas par nos propres efforts, non pas sur un mode légaliste que nous pourrons y arriver mais c’est par la puissance du Saint Esprit, c’est en ayant devant nos yeux Celui qui est le véritable nazaréen, notre Seigneur Jésus, qui maintenant est dans le ciel. Il nous est dit que Celui qui est séparé des pécheurs est dans le ciel. Il a même mangé avec des publicains, mais toujours séparé moralement de tout le mal qui était autour de Lui. Il n’avait rien à faire avec ce monde. Et le Seigneur Jésus est vivant aujourd’hui, Il est ressuscité, Il est celui en qui nous vivons de la vie qu’Il nous a donnée. C’est dans cette vie et par la puissance du Saint Esprit, à travers l’œuvre de la croix à laquelle nous avons toujours besoin de revenir comme étant morts au péché, morts au monde et vivants pour Dieu en Jésus Christ – c’est en cela que nous pouvons aussi réaliser nous-mêmes ce nazaréat auquel nous avons été appelés, par lequel Dieu peut nous donner encore aujourd’hui la victoire, la délivrance et la force du Saint Esprit pour marcher d’une manière digne de Dieu.
Et cette femme dit à son mari : « Un homme de Dieu est venu vers moi, et son aspect était comme l’aspect d’un ange de Dieu, très-terrible ; et je ne lui ai pas demandé d’où il était, et il ne m’a pas fait connaître son nom » (Juges 13. 6). Elle dit à son mari ces instructions que Dieu lui a données. « Et Manoah supplia l’Éternel, et dit : Ah, Seigneur ! que l’homme de Dieu que tu as envoyé, vienne encore vers nous, je te prie ». Manoah n’était pas là, mais il le supplie, avec le désir de faire précisément ce que le Seigneur demandera. Et lorsque nos cœurs sont dans cette vraie supplication, viennent à Lui et Lui demandent Sa volonté dans le véritable et profond désir de la faire, alors Il répond toujours. « Et l’Ange de Dieu vint encore vers la femme, comme elle était assise aux champs » (v. 9). Dans cette humilité qui la caractérise, elle ne garde pas la chose pour elle-même, elle va de nouveau chercher son mari, qui finalement peut se trouver en face de cet homme de Dieu, de celui qui est l’Ange de l’Éternel. « Et Manoah se leva et suivit sa femme ; et il vint vers l’homme, et lui dit : Es-tu l’homme qui a parlé à cette femme ? Et il dit : C’est moi » (v. 11). Oh ! lorsque nous entendons ces mots, « c’est moi », est-ce que nous ne pensons pas à cette question que peu de temps avant que le Seigneur Jésus aille à la croix, les hommes ont dit qu’ils cherchaient Jésus de Nazareth, il leur répondit : « C’est moi » (Jean 18. 6) ? Nos yeux se tournent vers le Seigneur Jésus lui-même, le vrai Nazaréen. « Et il dit : C’est moi. Et Manoah dit : Quand donc ta parole arrivera, quelle sera la règle du jeune garçon, et que devra-t-il faire ? » (v. 11 et 12) Manoah est sur le mode de faire, mais le Seigneur lui répète les mêmes instructions qu’avant. Il ne s’agit pas de faire, il s’agit d’être intérieurement séparé d’une manière qui correspond à cet appel, à cette consécration que Dieu avait décrétée sur Samson. De même, pour nous aussi, il s’agit d’être individuellement, avant que ce soit collectivement, séparés dans nos cœurs de tout ce qui n’est pas digne du Seigneur, de tout ce qui est selon l’homme, de tout ce qui est selon la chair – intérieurement séparés – selon l’appel que Dieu nous a adressé, saints par appel. Une fois que Dieu lui a rappelé les instructions qu’il lui avait déjà données « Manoah dit à l’Ange de l’Éternel : Laisse-nous te retenir, et t’apprêter un chevreau. Et l’Ange de l’Éternel dit à Manoah : Si tu me retiens, je ne mangerai pas de ton pain ; et si tu fais un holocauste, tu l’offriras à l’Éternel. Car Manoah ne savait pas que ce fût l’Ange de l’Éternel » (v. 15 et 16). Manoah n’a pas compris qui il a rencontré. Là nous voyons une révélation progressive et pourtant merveilleuse. « Et Manoah dit à sa femme : Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu » (v. 22). Manoah considère cet homme de Dieu comme étant sur son propre niveau. Il voudrait l’inviter à manger, avoir une relation avec lui qui soit sur un mode humain. Mais l’Ange lui dit : « si tu fais un holocauste, tu l’offriras à l’Éternel ». Ensuite Manoah lui demande son nom. Et l’Ange de l’Éternel répond : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux ». Cela nous amène tout de suite à És. 9. 6 : « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (v. 6 et 7). « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux ». Oui c’est le Seigneur Jésus en mystère, d’une manière voilée, que nous voyons se révéler ici, c’est l’Ange de l’Eternel, celui que, à de multiples reprises nous voyons d’une manière voilée dans l’Ancien Testament apparaître dans diverses circonstances comme, à la fois le messager de l’Eternel et en même temps si souvent l’Eternel lui-même, qui souvent apparaît sous cette forme humaine, celui qui dit ici : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux ». Là nous voyons notre Seigneur Jésus Christ, celui « qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9. 5), Dieu manifesté en chair, Emmanuel, Dieu avec nous, et en même temps seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’Homme Christ Jésus. Alors, lorsque Manoah prend le chevreau, le gâteau et les offre à l’Eternel sur le rocher, il se passe une chose merveilleuse : comme la flamme montait de dessus l’autel vers les cieux, l’Ange de l’Eternel monte dans la flamme de l’autel, Manoah et sa femme regardant. Nous avons encore ici deux merveilleuses images de notre Seigneur Jésus Christ, le vrai Nazaréen, Celui qui nous a donné Sa vie, et c’est en Lui que nous pouvons trouver les ressources pour manifester aussi pratiquement ce vrai nazaréat, cette vraie séparation pour Dieu. D’abord c’est le rocher. N’est-il pas lui-même le rocher des siècles ? Dans 1 Cor. 10, l’apôtre Paul en parle, à propos des temps passés quand Israël était dans le désert, comme de ce rocher qui suivait les enfants d’Israël. Les enfants d’Israël « buvaient d’un rocher spirituel qui les suivait : et le rocher était le Christ », Christ, notre rocher, Christ le fondement de toute notre vie, le fondement de notre séparation, de notre consécration pour Dieu, Celui qui est maintenant déjà, comme homme séparé des pécheurs, et qui dit en Jean 17. 19 : « je me sanctifie moi-même pour eux ». Lui est le fondement de notre vie, le fondement aussi de l’unité de tous ces vrais croyants, de tous ces vrais chrétiens, ces rachetés qui Lui appartiennent, le fondement de toute vraie relation entre croyants, Christ, le rocher des siècles, notre rocher. Et sur ce rocher nous voyons aussi le sacrifice qui monte et l’Ange de l’Éternel qui monte dans la flamme jusque dans le ciel. Est-ce que cela ne nous parle pas aussi de notre Seigneur Jésus Christ qui est maintenant monté au ciel ? Nous Le voyons dans la gloire, nos yeux sont fixés sur Lui, et nous Le voyons comme Celui qui est déjà là-haut, Lui le chef de notre salut, Celui que bientôt nous allons rejoindre, Celui qui a dit, anticipant ce moment où Il serait là dans le ciel notre souverain sacrificateur : je me sanctifie, je me sépare, je me consacre moi-même pour eux (Jean 17. 19). Oh ! Puissions-nous garder les yeux fixés sur notre Seigneur Jésus, sur Celui qui est merveilleux, sur ce vrai Nazaréen, les yeux fixés sur Lui tel qu’Il était sur la terre, contemplant Son chemin dans les évangiles, ce chemin de l’homme saint, juste et parfait, le chemin de l’homme obéissant, dont la viande était de faire la volonté de Son Père, le chemin de l’Homme humble et débonnaire, de l’Homme serviteur des autres, le chemin de Celui qui toujours est resté saint, juste et pur, qui n’a pas commis de péché, qui n’a pas connu le péché. Dans la 1ère épître de Pierre nous avons ce passage : « Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude ; qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas l’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement ; qui lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu’étant morts aux péchés nous vivions à la justice ; par la meurtrissure de qui vous avez été guéris » (2. 21 à 24). Oui que nos yeux se portent vers le Seigneur Jésus, le parfait et divin Nazaréen, Lui qui maintenant nous attend dans la gloire et qui veut aussi nous communiquer, par le Saint Esprit, la force pour marcher d’une manière digne de Lui !
J’aimerais citer encore un dernier point, au v. 22 : « Et Manoah dit à sa femme : Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu ». Il a maintenant pris conscience de qui était celui qui lui avait parlé. « Et sa femme lui dit : Si l’Éternel eût pris plaisir à nous faire mourir, il n’aurait pas accepté de notre main l’holocauste et le gâteau, et il ne nous aurait pas fait voir toutes ces choses, et ne nous aurait pas fait entendre, dans ce moment, des choses comme celles-là ». Oui c’est la grâce, la grâce de Dieu. Dieu nous a fait grâce, Il a tout accompli. Le Seigneur Jésus a donné Sa vie pour nous sur la croix. L’apôtre Paul, disait : « par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis ; et sa grâce envers moi n’a pas été vaine » (1 Cor. 15. 10). La grâce de Dieu qui nous a mis à part, qui nous a appelés, qui nous a sauvés, c’est aussi cette grâce qui veut nous rendre utiles pour Lui, c’est cette grâce que nous avons à honorer, à glorifier, comme nous le lisons dans le début de l’épître aux Éphésiens. Pour cela c’est aussi Sa grâce qui nous enseigne, comme nous l’avons dans l’épître à Tite : « la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (2. 11). Elle est apparue en Christ notre Sauveur. Elle « est apparue à tous les hommes, nous instruisant pour que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, justement et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ » (v. 11 à 13). Oh ! puissions-nous le faire, non pas en suivant l’exemple que malheureusement ensuite Samson a donné dans sa vie, l’exemple de quelqu’un qui, tout en ayant été appelé à la sainteté, appelé à la séparation par Dieu, a marché de compromis en compromis, et a finalement cassé son nazaréat quoiqu’il ait été déclaré par Dieu nazaréen depuis le ventre de sa mère jusqu’au jour de sa mort. Mais que, en ce qui nous concerne, nous puissions laisser cette grâce de Dieu opérer chaque jour par le Saint Esprit en nous, pour nous tenir dans ce véritable nazaréat, dans cette vraie séparation à laquelle nous sommes appelés, de tout ce qui est du monde, de l’homme naturel, de tout ce qui est la chair, de tout ce qui est impur, pour que nous puissions être véritablement à Dieu, pour qu’aussi le Saint Esprit puisse avoir toute Sa place, pour que Dieu puisse agir encore aujourd’hui, pour que le Seigneur puisse encore être magnifié, pour que les délivrances qu’il veut encore nous donner aujourd’hui par le Saint Esprit puissent s’opérer alors qu’Il vient bientôt. Que le Seigneur veuille bénir Sa Parole et donner à chacun, moi le premier, de pouvoir être toujours plus sensibles à tout ce qui pourrait nous faire mépriser, nous faire perdre de vue, nous faire déshonorer ce nazaréat auquel nous sommes appelés, cette séparation à laquelle Dieu nous a appelés, dans laquelle Dieu nous a placés pour que nous soyons saints pour lui. Oh ! veuille le Seigneur nous aider à marcher d’une manière digne de Dieu, à marcher d’une manière digne de Celui qui nous a appelés à Son royaume et à Sa gloire.

D’après edification.bible juin 2021