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RIEN À METTRE À SES PIEDS

 

Lorsque le pasteur arriva à l’hôpital, il rencontra l’infirmière qui lui donna quelques détails sur le blessé pour lequel on l’avait appelé.
– Ce malheureux jeune homme n’a que 24 ans, et le médecin estime qu’il n’a plus que quelques heures à vivre. Cette nuit, il a répété plusieurs fois :
– Rien à mettre à ses pieds …. Lui si bon pour moi…
Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire.
Dès que le visiteur fut assis près du lit, le blessé, bien qu’avec difficulté, lui dit :
– Il y a deux jours, mon cheval s’est emballé et j’ai fait une chute violente : les médecins disent qu’il ne me reste que peu d’heures à vivre. Mon Sauveur était avec moi cette nuit. Je sais qu’Il a effacé mes péchés par son sang ; voilà deux ans que je Le connais, et je n’ai rien fait pour Lui, je n’ai rien à déposer à ses pieds. A la maison, j’ai eu de la peine à Lui rendre témoignage. J’attendais d’être plus âgé pour avoir plus d’influence ; je me contentais de prier dans ma chambre, de lire ma Bible, et de me conduire le mieux possible.
Cette humble confession émut profondément le pasteur. Le blessé appartenait à un milieu mondain et indifférent aux choses de Dieu.
– Rien à mettre aux pieds de mon Sauveur ! répétait le jeune homme avec angoisse.
– Disons-le Lui, suggéra le pasteur.
– Oh ! Oui, merci, merci ! Il sait tout, Il sait que je l’aime ; Il m’a tout donné, mais je ne Lui ai rien donné en retour. Il m’a fourni des occasions où j’aurais pu Le servir, et je ne l’ai pas fait.
Certes, le jeune homme ne doutait pas de son salut, mais il n’en éprouvait aucune joie ; il n’avait rien fait pour Celui qui était mort pour lui. Son regard chercha l’ami qui se tenait à ses côtés, et il reprit son monologue :
– Je me rappelle un de vos sermons sur ce texte : « Le Seigneur en a besoin ». Après vous avoir entendu, j’avais promis à Dieu de Le servir.
– Dans deux ans, lui dis-je, je commencerai à te servir mieux, à travailler pour Toi, à faire connaître ton grand salut. Ces deux années ne sont pas encore écoulées, et je ne pourrai jamais plus Lui rendre témoignage.
Quelques heures plus tard, les traits du malade s’altérèrent rapidement. Le pasteur se pencha sur lui et murmura :
– Père, entre Tes mains, je remets mon esprit.
Le mourant ouvrit lentement les yeux et balbutia :
– Oui, Seigneur, c’est un pécheur sauvé par ta grâce qui vient à Toi … Mais … je n’ai rien … à mettre à tes pieds….
Ce furent ses dernières paroles.

« Vous donc, fortifiez-vous, et que vos mains ne soient point lâches ; car il y a une récompense pour ce que vous ferez » (2 Chron. 15. 7).

 

D’après Almanach Évangélique 1981