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QUAND FAUT-IL SE MARIER ?

 

Nous ne voulons pas dire : « A quel âge faut-il se marier ? » mais, quel est le moment le plus propice pour accomplir cet acte solennel ? – On peut être heureux en se mariant à 20 ans, comme aussi à 70 ans.

Il y a des cas où des raisons spéciales et respectables retardent le moment où deux personnes désirent s’unir, mais interrogez certains fiancés, qui n’ont pas d’obstacles sérieux à vaincre, et qui cependant remettent leur mariage à plus tard, et vous obtiendrez presque toujours cette réponse :
– Ah ! oui, nous aimerions bien nous marier, mais voilà, nous n’avons pas encore mis assez d’argent de côté.
Informez-vous de plus près, et vous apprendrez que le nécessaire est acquis, que le trousseau et les meubles sont assurés, mais qu’on ne se marie pas parce qu’on ne peut pas se payer… un salon ! ; qu’on ne saurait, connus comme on l’est, se contenter d’un simple appartement ; qu’en penseraient amis et connaissances !
Et de plus, ni nous, ni nos parents ne pouvons assumer les frais d’un beau mariage, avec nombreux invités et repas somptueux…

Hélas ! parfois aussi, on se marie par dépit, ou pour faire « la nique » à une rivale, et non pour le bonheur de s’unir à un être cher. On en voit des exemples, malheureusement. Un tel mariage ne saurait être heureux.

Aussi, en attendant que la somme rêvée pour le salon, pour le vrai tapis d’Orient, soit amassée, on laisse le temps faire son œuvre, tiédir les sentiments d’affection du début ; le cœur devient « rassis » ; la beauté, le charme, s’étiolent ; on ne se mariera plus avec l’élan et le bel amour des fiançailles.
Entre temps aussi, on a eu le loisir de s’examiner, de se découvrir réciproquement des défauts, on ne s’observe plus avec les yeux indulgents de l’amour. On entre dans la vie conjugale avec des espoirs et des illusions teintés de mélancolie, et l’on est arrêté plus vite par les dures nécessités de la vie réelle, sur lesquelles on serait passé plus facilement dans le premier enthousiasme.

Il nous semble donc que le meilleur moment pour se marier n’est pas celui où la tire-lire permettra l’achat du salon rêvé, mais bien celui où le cœur, jeune encore, vibre et se sent porté à tous les sacrifices.
Qu’importe, après tout, que la salle à manger serve aussi de salon, que le tapis d’Orient ne soit qu’une simple moquette, les rideaux faits de simple mousseline, et l’abat-jour, en papier plutôt qu’en soie ?
Le bonheur conjugal dépend-il donc de la qualité du bois des meubles, ou du tissu des rideaux ? L’essentiel n’est-il pas que deux cœurs qui s’aiment et se comprennent, s’unissent pour les bons et les mauvais jours, sans trop se soucier du superflu ?

L’auteur de ces lignes a connu un commerçant riche qui avait commencé bien modestement :
Nous habitions, dit-il, ma jeune femme et moi, un petit appartement mansardé ; nous avions de la peine à « joindre les deux bouts » en nous contentant de peu, mais nous étions heureux et n’aurions pas échangé notre sort avec celui du plus riche potentat de la terre ».
On est étonné de voir avec quelle facilité on peut se passer de meubles cossus, de rideaux de damas, de couverts en argent et de tout ce qui s’ensuit, quand on s’aime, qu’on a la paix de Dieu et qu’on peut s’appuyer l’un l’autre sur un cœur aimant.

« Contentement dépasse richesse » dit un proverbe ! Comme cela est vrai !
Mais il y a encore un autre côté de la question du mariage.
Le Créateur avait dit :
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gen. 2. 18).
Cette vérité n’a rien perdu à travers les âges, car l’homme d’aujourd’hui ne diffère en rien de celui d’alors, sauf peut-être qu’il est plus avide de liberté et d’indépendance morale. Il ne supporte ni frein ni entrave, et met de plus en plus de côté les commandements de Dieu. Mais, ce faisant, il sombre dans l’esclavage de ses passions et dans le dérèglement d’une vie sans joie et sans paix. En s’arrogeant le droit d’agir complètement à sa guise, l’homme moderne devient l’esclave du péché, car, comme le dit l’Écriture, on est toujours « l’esclave de ce par quoi on est vaincu » (2 Pier. 2. 19).

Dans la pensée du Créateur, l’homme et la femme ont été créés l’un pour l’autre ; pour se compléter et s’aider mutuellement. En conséquence, le célibat par esprit d’indépendance, par manque d’éducation, par crainte des responsabilités et des devoirs incombant à la fondation d’un foyer, est une marque d’égoïsme pour ceux qui se privent volontairement des joies de la famille. Ceci ne concerne pas ceux qui subissent cette situation !

En renversant ce que Dieu avait institué, qu’offre-t-on en retour à l’âme immortelle, toujours assoiffée de bonheur intime et d’amour partagé ?
Que trouve le célibataire égoïste, à la recherche d’aventures, en fait de satisfaction et de joie ?
Des émotions passagères ; des contrefaçons de l’amour et du bonheur conjugal, dont il ignore tout.
On prêche à la jeunesse moderne une plus grande liberté dans les relations, en dehors des liens sacrés du mariage. Certains propagent par la plume et par la parole, la théorie de « l’amour libre », mais jusqu’à quel point peut aller cette liberté, ou plutôt cette licence illégale, cela, ils ne le disent pas.
Et les expériences faites par tous ceux qui sont entrés dans cette voie n’ont pas été concluantes ; elles n’ont pas remplacé les liens heureux unissant deux époux bien assortis, vivant dans la fidélité l’un vis-à-vis de l’autre.
Le sujet est sérieux, le commandement de Dieu positif : « Tu ne commettras point adultère ! » (Ex. 20. 14).
Le Créateur se serait-il trompé en mettant devant Sa créature un tel idéal, en l’appelant, déjà ici-bas, à Sa sainteté ?
– Non, mais Il veut l’élever à Lui-même – encore que personne, dans « ce corps de péché », ne puisse parvenir à la perfection. Il veut nous sauver de nos transgressions, nous purifier de nos fautes, nous pardonner tous les écarts de notre nature déchue, si nous reconnaissons humblement notre misère, si nous Lui confessons nos fautes, si nous voulons déposer au pied de la croix du Calvaire, le fardeau de nos iniquités, si nous croyons à l’efficace du sang expiatoire de Son saint Fils, versé pour nous.
Alors, nous trouverons en Lui la volonté et la faculté de vaincre le mal qui est en nous, par Son Esprit et par les directions de sa Parole, la Bible.
Cette Parole abonde en avertissements et en exhortations à la sainteté, mais elle ne renferme aucune excuse à l’adresse de ceux qui se laissent entraîner par le courant de dévergondage et de licence de mœurs qui caractérisent notre époque.
Bien plus, un châtiment terrible leur est prédit : « Celui qui sème pour sa propre chair moissonnera de la chair la corruption » (Gal. 6. 8), et encore cette autre parole : « Si quelqu’un corrompt le temple de Dieu (le corps), Dieu le détruira » (1 Cor. 3. 17)
A Sodome et à Gomorrhe, les habitants s’étaient « abandonnés à la fornication ». Il nous est dit que « toute chair avait corrompu sa voie ».
Seuls, Lot et deux de ses filles trouvèrent grâce et furent sauvés.
Nous lisons dans 2 Pierre 2, que le juste Lot était « accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers ». Son âme juste en était tourmentée, « à cause de leurs actions iniques » (versets 6 à 10).
N’est-ce donc pas pour notre plus grand bien que Dieu demande de nous une vie de pureté et de sainteté ? Ce but, qui peut nous paraître inaccessible, si Dieu le place devant nous, c’est qu’il est possible de l’atteindre. Non pas par les propres ressources de notre nature déchue, mais par la foi, la foi au Fils de Dieu qui S’est donné Lui-même pour nous, afin de nous amener à Lui. C’est donc avec Lui et en comptant sur Lui, que nous aurons la victoire. « Le Seigneur sait délivrer de la tentation les hommes pieux » (2 Pier. 2. 9).
« Mais quand donc faut-il se marier ? » demandera enfin un jeune lecteur impatienté.

Nous ne saurions mieux faire que de résumer brièvement les conditions données par un chrétien devant un grand auditoire de jeunes gens :
Il va de soi que je devrai être sain de corps et d’esprit.
Je devrai pouvoir compter sur une existence assurée, c’est-à-dire avoir une position me permettant de suffire à l’entretien d’une famille.
Je ne me marierai pas en ayant des dettes, ni avant d’avoir rempli mes devoirs envers mes parents ou envers des frères et sœurs  pouvant dépendre de moi.
Le mariage étant d’institution divine, je devrai en connaître la signification, du point de vue de la Sainte Écriture, sous l’autorité de laquelle je me placerai.
Je serai un homme de volonté, de caractère, ayant des principes et un but clair devant les yeux – un homme dans le vrai sens du mot.
Être un homme de volonté, c’est aussi savoir céder et reconnaître ses torts. C’est être un époux indulgent s’il le faut, un père qui pourra être en exemple vis-à-vis des enfants toujours si observateurs des faits et gestes de leurs parents.
Lorsqu’il me semblera avoir trouvé la personne qui m’est destinée, je demanderai l’avis de mes parents et ne mépriserai pas les conseils d’un ami plus expérimenté. Avant tout, je continuerai à faire de mes plans de mariage un fervent sujet de prières.
Enfin, si tout semble devoir s’arranger pour mon futur mariage, si j’ai pour ma future épouse, qui sera chrétienne, un amour fort, exclusif, alors seulement, pénétré du sentiment que je ne me marie pas égoïstement pour moi-même uniquement, mais aussi dans le but de rendre une femme heureuse, alors je pourrai envisager cet acte solennel.
Fidèle au devoir pour le présent, me confiant en Dieu pour l’avenir, je bâtirai ma maison « sur le roc », sur Jésus le « Rocher des siècles » auquel je donnerai la première place dans mon foyer. Et j’aurai tous les atouts dans mon jeu, toutes les garanties d’une union heureuse et féconde.

D’après la Bonne Revue 1930