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PRIEZ-VOUS ?

 

L’évangéliste Spurgeon s’entretenait un jour avec un paysan. Tout en causant il demanda à l’homme s’il priait quelque fois.
– Jamais, répondit le paysan, pourquoi prier ? Si j’ai réussi, c’est grâce à mon travail, et non grâce à Dieu.
– Vraiment ! dit le pasteur. Voulez-vous faire un pacte avec moi ? Voici cinq francs que je vous donne à condition que vous vous engagiez à ne jamais prier.
– Accepté, dit l’autre ; rien n’est plus facile, je continuerai à vivre comme je l’ai fait jusqu’à maintenant.
Une fois seul, le paysan se mit à réfléchir. « Ne jamais prier, n’est-ce pas trop promettre ? S’il survenait des difficultés, si je tombais malade, ne voudrais-je pas alors faire une petite prière ? Et si je venais à mourir…et pourtant oui, j’en suis certain, après la mort tout est fini…mais à ce moment-là, une prière peut donner du calme ».
Tout en raisonnant ainsi, le paysan cherchait à réagir contre ses impressions, se jugeant superstitieux.
Les jours s’écoulèrent, il ne se tranquillisait pas ; au contraire il devenait de plus en plus troublé, son acte lui pesait comme une faute grave.
Spurgeon de son côté connaissait l’homme et comptait sur la conscience de celui-ci pour achever ce que lui n’avait pu que commencer.
Quelques semaines plus tard, il vint tenir une réunion dans une grange près de laquelle habitait le paysan, et il espérait bien le voir arriver. Effectivement l’homme aux cinq francs vint s’asseoir au fond de la salle, l’air timide et malheureux.
Spurgeon prit comme texte : « Car que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ; ou que donnera un homme en échange de son âme ? » (Mat. 16. 26).
Dans son message, il dit entre autres : « Certaines gens tiennent tant à l’argent qu’ils sont prêts à vendre leur âme pour une pièce de cinq francs ».
Le paysan comprit l’allusion ; après la réunion il vint en hâte auprès du prédicateur lui rendre sa pièce d’argent et retirer sa parole ; il ne pouvait supporter l’idée de devoir vivre et mourir sans prier.

D’après Almanach Évangélique 1962