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PAPIER D’EMBALLAGE

Il y a plusieurs années, un colporteur se rendit en Espagne dans l’intention de distribuer des Bibles qui venaient d’être traduites en langue espagnole. Il atteignit un jour un village ; sur la place, il se mit à l’ombre d’un châtaignier et déposa son fardeau ; puis sortant une Bible, il essaya d’attirer les gens à lui. Une ou deux personnes s’approchèrent, d’autres arrivèrent et finalement il se trouva être au centre d’un groupe important ; il leur parla de Jésus, du pardon de leurs péchés, message que tous écoutaient avec grande attention. Plusieurs ensuite réclamèrent une Bible, d’autres posèrent des questions, d’autres feuilletaient le livre, tous paraissaient avides d’en savoir toujours davantage. Soudain un opposant survint, lançant des imprécations contre le colporteur et les gens qui l’avaient écouté. Il s’empara de toutes les Bibles qu’il put attraper, les déchira, les écrasa sous ses pieds, et menaça même le chrétien de la prison s’il ne s’éloignait pas immédiatement. Tristement, le colporteur, jugeant sa cause perdue, rassembla tristement ses biens et partit, tandis que les gens s’éloignaient silencieusement. Il ne restait rien sous l’arbre, que les pages déchirées. Lorsque tout fut calmé, l’épicier se glissa rapidement hors de son échoppe, ramassa toutes les pages qu’il put rassembler pour emballer ses marchandises, estimant regrettable de laisser perdre tant de papier.
Les mois passèrent, l’épicier livrait ses produits dans son nouveau papier ; ses clients, en rentrant chez eux, prirent l’habitude de lire le contenu du nouveau papier d’emballage, et murmuraient entre eux : « Après tout, ce n’était pas un mauvais homme, ce qu’il disait faisait du bien ». Le colporteur, durant ce même temps, poursuivait son voyage à travers le pays, et, lorsqu’il dut prendre le chemin de retour, il se vit obligé de passer par ce même village ; il s’arrangea pour s’y trouver à la nuit tombante, espérant qu’ainsi personne ne le remarquerait, et il demanda à Dieu sa protection.
Au moment où il atteignait le vieux châtaignier, un homme le reconnut. « Hé, dit-il, n’êtes-vous pas le vendeur de livres ? N’étiez-vous pas ici il y a quelques mois ? » Et se retournant, il cria : « Le vendeur de livres ! Le vendeur de livres ! » On accourut de tous côtés, le colporteur eut même de la peine à faire comprendre qu’il n’avait pas l’intention de s’arrêter. « Avez-vous encore des livres ? criait-on de toutes parts. Des livres ! Des livres ! Ouvrez votre bagage ! Au milieu de la confusion arriva même celui qui l’avait bafoué ; qu’est-ce que cela signifiait ?
Après la lecture des papiers distribués par l’épicier, bien des gens crurent à la bonne nouvelle qu’ils recevaient par ce moyen, et ce jour-là, même le principal contradicteur vint chercher un des précieux livres. Le colporteur distribua ce soir-là toutes les Bibles qui lui restaient ; le lendemain matin, il reprit le chemin du retour, heureux et reconnaissant envers son Sauveur.

« Ma parole n’est-elle pas comme un feu, dit l’Éternel, et comme un marteau qui brise le roc ? (Jér. 23. 29). L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples (Ps. 119. 130).

D’après Almanach Évangélique 1971