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OBÉIR… CROIRE… DONNER

Respecté par les chrétiens, les juifs et les musulmans, Abraham est incontestablement une des plus grandes figures de l’histoire du monde. Et pourtant ! Il n’a écrit aucun livre de pensées, il n’a fondé aucune religion et il n’a pas gouverné de grands pays. Ce qui fait la grandeur d’Abraham c’est qu’« il a cru Dieu ».

Trois verbes peuvent poser des jalons significatifs dans sa vie : obéir, croire, donner. Ces verbes actifs sont aussi les passages obligés de toute vie réussie pour Dieu.

1. « Abram s’en alla, comme l’Éternel lui avait dit ». Gen. 12. 4.

Au contraire de la plupart d’entre nous, Abram n’est pas né dans une famille qui servait l’Éternel (Jos. 24. 2). Il vécut sa jeunesse à Ur, en Mésopotamie (Gen. 11. 27 et 28) donc dans une ville entièrement consacrée au culte des faux dieux, notamment de la lune. Au sein de sa famille et dans la ville d’Ur, Abram s’est donc trouvé seul quand il a entendu l’ordre de Dieu (Act. 7. 2). Comment l’a-t-il entendu, nous ne le savons pas; mais l’ordre de l’Éternel a été extrêmement clair et détaillé (Gen. 12. 1 à 9). Et Abram a obéi !

Lors de la création, Dieu a placé l’homme dans un cadre de soumission et d’autorité : les deux premières paroles de Dieu à Adam ont trait à l’autorité (… « qu’ils dominent » : Gen. 1. 26) et à la soumission (« l’Éternel Dieu commanda » : Gen. 2. 16). Toutes les bénédictions de Dieu étaient disponibles pour Adam dans ce cadre de soumission à l’unique commandement de Dieu. Sa désobéissance a inauguré l’ère de la rébellion et de l’orgueil. Le monde actuel avec son matérialisme, son égoïsme et sa recherche du plaisir est dans la droite ligne du monde païen dans lequel vivait Abram, qui a décidé un jour de prendre le contre-pied de ce monde et d’obéir à Dieu.

L’apôtre Pierre nous dit que nous avons été « élus… pour l’obéissance » (1 Pier. 1. 2) ; on ne peut pas mieux résumer l’importance de la soumission à la volonté de Dieu. C’est un préalable indispensable à toute vie chrétienne.

2. « Abram crut l’Éternel ; et il lui compta cela à justice ». Gen. 15. 6.

Abram a quitté Ur et Charan et il est entré dans le pays promis. Il n’a pas d’enfant. Il en exprime devant l’Éternel sa peine et Dieu le fait sortir de sa tente. En lui faisant regarder le ciel, Il lui promet alors une semence aussi nombreuse que les étoiles. En dépit de son âge et de la stérilité de sa femme Saraï et contre toute logique, Abram crut l’Éternel. C’est la première fois que le verbe croire est employé dans la Bible ; c’est d’une importance extrême. En effet, c’est sur cette base que Dieu a justifié Abram. Il est ainsi apparent que dès le début de la révélation de Dieu, c’est la foi qui justifie.

Relisons une à une, les cinq affirmations suivantes, qui sont toutes Parole de Dieu :
– « Celui qui entend ma parole et qui croit celui qui m’a envoyé a la vie éternelle » (Jean 5. 24).
– « Il n’y a donc maintenant plus aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8. 1).
– « Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses exposez vos requêtes à Dieu… et la paix de Dieu… gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Phil. 4. 6 et 7).
– « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).
– « Dieu suppléera à tous vos besoins » (Phil. 4. 19). Plaçons-nous honnêtement devant chacune de ces affirmations de Dieu. Les croyons-nous totalement ?

3. « Par la foi, Abraham étant éprouvé, a offert Isaac ». Héb. 11. 17.

A l’âge de 100 ans, longtemps après avoir reçu la promesse qu’il avait crue, Abram devient père. Isaac naît ! Le fils de la promesse (Gal. 4. 23). Mais quelques années plus tard Dieu demande à Abraham de lui offrir Isaac en holocauste (Gen. 22. 1 et 2).

A la lecture de la vie d’Abraham, cette demande de Dieu nous paraît tout à fait incroyable. Comment peut-il demander un sacrifice humain ? Pourquoi voudrait-il reprendre ce qu’il a promis et donné ? Pourquoi faire souffrir Abraham qui a été si fidèle et si patient ? Ces questions et beaucoup d’autres ont peut-être surgi à l’esprit d’Abraham, mais nous n’en avons aucune trace dans la Parole. Au contraire, il ne discute pas : il se lève de bon matin, prépare les objets nécessaires au sacrifice, et part pour offrir son fils unique. On sait qu’au dernier moment, Dieu arrêtera son bras, mais, comme le dit l’épître aux Hébreux, aux yeux de Dieu, Abraham a bien offert Isaac.

La demande de Dieu n’est pas scandaleuse. Il ne veut pas faire souffrir Abraham. Comme dans nos vies, Il veut faire progresser notre foi à travers les épreuves ; par cette demande terrible, Dieu a réservé une bénédiction exceptionnelle à l’homme de foi :
– la connaissance de Dieu comme celui qui pourvoit à tous les besoins.
– une solennité toute nouvelle aux promesses de Dieu qui jure par lui-même.
– une bénédiction qui, à travers Jésus Christ, atteindra toutes les nations de la terre.

Certes l’offrande d’Abraham était très grande, mais les bénédictions qui en découlent sont incomparablement plus riches. Dieu n’est jamais en reste. Combien ceci nous parle !
En effet, que nous demande Dieu ? « Je vous exhorte donc, frères, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent » (Rom. 12. 1). En fait, nous hésitons à nous offrir totalement à Dieu, parce que nous croyons que cela nous introduira dans une vie de tristesse, de renoncement, d’épreuves que nous n’envisageons pas avec plaisir.

Mais notre Dieu n’est-il pas notre Père ? Le fruit de l’Esprit n’inclut-il pas l’amour, la paix et la joie ? Le Seigneur n’a-t-il pas promis que nous aurons toujours en toutes choses tout ce qui suffit ? (2 Cor. 9. 8). Notre hésitation provient peut-être de notre méconnaissance personnelle du Dieu qui nous aime. Il y aura peut-être des renoncements et des épreuves ; Dieu nous aime assez pour nous enseigner et nous corriger. Mais si nous nous sommes offerts à Lui, nous trouverons à chaque épreuve une compensation plus grande.

Et, après tout, comme le disait l’un des missionnaires assassinés par les Aucas en Amazonie : « II n’est pas fou celui qui donne ce qu’il ne peut garder pour acquérir ce qu’il ne peut pas perdre ». L’offrande d’Abraham a certes été très dure pour lui. Mais la joie de retrouver son fils et la bénédiction exceptionnelle de Dieu ont dépassé en force et en durée la peine du sacrifice. Si l’autel de Morija est celui du plus grand sacrifice, c’est aussi celui de la plus grande victoire.

Dieu veut donner à notre vie une signification éternelle. Mais Il ne peut rien faire avec des enfants rebelles : il nous faut obéir.

Il ne veut rien faire avec des enfants remplis de doutes : il nous faut croire.
Il ne veut rien faire avec des enfants égoïstes : il nous faut nous offrir.
Considérons nos vies ! Mettons-les en harmonie avec Dieu ! Obéissons, croyons, donnons, et Dieu, notre Père, fera de nos vies une réussite à la mesure de Sa gloire.

D’après Feuille aux jeunes n° 304
A. Ri