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NUNIA

 

En Géorgie, dans les montagnes sauvages et abruptes du Caucase, habite le petit peuple Ibérien.
Alors que tous les pays environnants étaient encore plongés dans le plus noir paganisme, le petit peuple jouissait déjà des précieuses bénédictions que donne la connaissance du Seigneur Jésus, notre cher Sauveur.
En effet, au 4ème siècle, ces montagnards passèrent des ténèbres du paganisme à la merveilleuse lumière de l’Évangile, et cela d’une manière étrange.
Les Ibériens étaient en guerre avec un peuple voisin. Ce peuple avait entendu parler de la nouvelle religion et comptait déjà beaucoup de chrétiens. Les Ibériens ayant remporté une victoire sur ce peuple, emmenèrent, en rentrant chez eux, des prisonniers qu’ils comptaient vendre comme esclaves. Parmi eux, une jeune fille, Nunia. Celle-ci fut achetée par une riche famille Ibérienne, qui ne se doutait pas de la bénédiction qu’elle apporterait là. Car Nunia avait reçu dans son cœur la lumière de l’Évangile, elle connaissait le Seigneur Jésus Christ comme son Sauveur, dont le sang avait effacé tous ses péchés.
Et maintenant la pauvre fillette vivait une vie solitaire au milieu d’un peuple sauvage, rude, et païen, aux coutumes barbares et impies. Le mal du pays minait l’enfant ; elle languissait après sa mère et toute sa chère famille, dont elle n’avait plus aucune nouvelle, et bien souvent elle pleurait en secret. Mais pourtant elle ne perdait ni son courage ni sa confiance. Son Sauveur, qui a promis d’être toujours avec les Siens, était sa consolation, sa force et sa joie. Son expression paisible, sa fidélité à remplir tous ses devoirs, sa droiture et son honnêteté – choses si rare chez les Ibériens – lui gagnèrent la confiance et l’affection de tous, et spécialement de ses maîtres.
Or un jour, selon la coutume du pays, on portait de maison en maison un enfant gravement malade, afin que quiconque connaîtrait un remède pour le soulager et le guérir, puisse l’appliquer. Mais en vain : personne n’avait de conseil à donner ; au contraire, chacun hochait tristement la tête, et se retirait en silence. Les parents affligés regagnèrent leur demeure, emportant leur précieux fardeau, et attendant la mort pour leur cher petit garçon.
Tout à coup, quelqu’un pensa qu’on n’avait pas montré le petit malade à la gentille étrangère, et que celle-ci connaîtrait peut-être un remède de son pays. Immédiatement, l’enfant fut transporté dans la maison ou Nunia servait. La jeune fille fut appelée. Elle vint tout de suite et écouta ce qu’on demandait d’elle. Très perplexe, elle répondit :
– Oh ! non, moi, une pauvre fille, je n’ai aucun conseil à donner ; où l’aurais-je appris ? Pourtant, continua-t-elle doucement, je connais Quelqu’un qui peut guérir ce pauvre enfant, et de plus, le sauver de la mort éternelle.
Les parents la regardaient avec anxiété, et la pressèrent de questions : – Qui est-ce ? Où demeure-t-Il ? Comment faire pour le trouver ? Nunia répondit :
– C’est le Seigneur et le Sauveur auquel j’appartiens, qui vint une fois sur la terre, qui guérissait les malades et ressuscitait les morts : c’est Jésus, le Fils de Dieu. Il est maintenant au ciel mais, depuis le ciel, Il s’occupe encore avec amour et sollicitude de tous ceux qui s’attendent à Lui.
– Eh bien ! Va vite le chercher, supplièrent les parents.
Nunia alla dans sa chambre et, à genoux, demanda au Seigneur de guérir le pauvre enfant malade. Elle Le supplia d’exaucer sa prière afin qu’Il soit glorifié et honoré.
Et au moment où Nunia se relève, avec l’espoir, et même la certitude que Dieu l’a entendue, l’enfant malade ouvre les yeux, regarde en souriant autour de lui, reconnaît ses parents. Pleins de joie, ceux-ci rentrent chez eux, et racontent à tous ceux qu’ils rencontrent sur leur chemin la chose merveilleuse que la jeune fille du pays lointain avait accomplie. Le miracle n’était pas attribué à Dieu, mais à la pauvre esclave à qui on attribuait maintenant un pouvoir surnaturel. Le fait se répandit bientôt dans tout le pays.
Il parvint même aux oreilles de la reine. Aussi quand, peu après, celle-ci tomba dangereusement malade, sa première pensée fut d’appeler la jeune fille du pays lointain.
Immédiatement, un messager partit avec l’ordre de ramener Nunia pour qu’elle guérisse la souveraine. Mais Nunia renvoya le messager en disant qu’on lui demandait quelque chose d’impossible. Il lui était aussi très pénible de voir qu’en comptant sur elle, on lui rendait tout l’honneur qui appartient au Seigneur seul.
Alors la reine se fit porter jusque chez elle. Quand Nunia la vit, elle ne put que se jeter à genoux aux pieds du Seigneur Jésus, pour Le supplier avec foi de guérir la souveraine. Et le Seigneur, cette fois encore, exauça sa requête : la reine se rétablit.
Quand Mireus, le roi, vit son épouse retrouver la santé, il fut si heureux qu’il voulut faire à Nunia de riches présents. Sa femme, pourtant, le lui déconseilla, pensant que Nunia en serait plutôt attristée car, dit-elle, cette enfant mystérieuse méprise tous les biens terrestres et n’aime qu’à pouvoir parler de son Dieu.
Le roi en fut étonné, mais bientôt l’impression que ces merveilleuses guérisons avaient produite s’atténua et se perdit, et la faible lumière qui avait lui dans ces ténèbres s’éteignit. Mais Dieu avait d’autres moyens pour atteindre les cœurs.
Un jour, le roi partit à la chasse dans la montagne, avec les grands de sa cour. En poursuivant un animal sauvage qui s’enfuyait à travers la forêt, il se trouva tout à coup plongé dans un brouillard épais. Il ne peut reconnaître où il est, et erre pendant des heures dans la forêt. Le soir vient. Il sonne du cor mais personne ne répond, et il craint pour sa vie. Soudain, il pense à Nunia, la jeune fille du pays lointain, et se rappelle ce qu’elle racontait de la puissance de son Dieu, qui est toujours prêt à aider ceux qui Le recherchent. Il se jette à terre et prie : – Toi que l’esclave Nunia appelle son Dieu, es-tu vraiment tout-puissant ? Si tu m’entends, viens m’aider. Montre-moi le chemin à suivre. Si tu me sauves, mon cœur, ma vie, mes biens seront à toi.
Mireus se relève, attend quelques instants, fait quelques pas, et tout à coup le brouillard se déchire et les rayons du soleil couchant éclairent le sommet des arbres ; il distingue maintenant un sentier étroit entre les troncs, et en le suivant, il retrouve bientôt la direction du palais. Il raconte avec émotion à son épouse son expérience, sa prière, et la réponse de Dieu. Il ne peut plus douter : le Dieu de Nunia est un Dieu vivant, Il est, Lui seul, le Dieu vrai et puissant – leurs dieux ne sont que des idoles de pierre…
Le jour suivant, les souverains se rendent auprès de Nunia. Ils lui racontent l’expérience qu’il a faite la veille, de la délivrance dans la forêt. Le roi est résolu de consacrer sa vie à Dieu, et il demande à la jeune fille de leur parler davantage de Lui.
Dès ce jour-là, ils emmènent la petite esclave au palais, et les souverains, aussi attentifs que des écoliers, écoutent pendant des heures ce que Nunia leur raconte du Dieu d’amour, qui a donné Son Fils Jésus pour qu’Il meure sur la croix afin d’expier les péchés de tous ceux qui croient en Lui. Le Seigneur bénit richement le témoignage de cette jeune esclave. Le roi et la reine annoncent maintenant l’évangile dans tout leur royaume, l’amour de Christ est prêché jusque dans les villages les plus reculés. Sur les ruines des autels païens s’élèvent bientôt des chapelles qui retentissent des cantiques et des prières de ce peuple transformé.
Mais qu’en est-il de nous, de vous ? Connaissons-nous tous le Sauveur, Jésus Christ, et sommes-nous prêts à Le servir en annonçant la bonne nouvelle de l’évangile ? Nous pourrons alors, à la fin de notre course terrestre, entendre Sa voix nous dire :
« Bien, bon et fidèle esclave, tu as été fidèle en peu de chose … : entre dans la joie de ton Maître » (Mat. 25. 23)

D’après La Bonne Nouvelle 1933