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MARIE DE MAGDALA

 

« Mais Marie se tenait près du sépulcre, dehors, et pleurait. Comme elle pleurait donc, elle se baissa dans le sépulcre ; et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis, un à la tête et un aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché. Et ils lui disent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur dit : Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis. Ayant dit cela, elle se tourna en arrière, et elle voit Jésus qui était là ; et elle ne savait pas que ce fût Jésus. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit : Seigneur, si toi tu l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi je l’ôterai. Jésus lui dit : Marie ! Elle, s’étant retournée, lui dit en hébreu : Rabboni (ce qui veut dire, maître). Jésus lui dit : Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu. Marie de Magdala vient rapporter aux disciples qu’elle a vu le Seigneur, et qu’il lui a dit ces choses » (Jean 20. 11 à 18).

Un cœur pieux ressent une grande satisfaction à la vue des fruits que la grâce de Dieu produit dans un pécheur. Il n’est pas sans profit d’en rechercher le pourquoi. Ses caractères sont variés et nombreux ; on peut cependant affirmer qu’ils se résument dans ce fait qu’une conversion vaut toujours ce qu’elle coûte. Celui qui a été longtemps travaillé au sujet de ses péchés, celui qui, dans la lumière de Dieu révélé dans sa Parole, a appris à connaître le caractère trompeur, incurable du cœur de l’homme, de son propre cœur, celui qui, dans sa détresse, a fait l’amère expérience du néant de tout ce que l’homme et le monde peuvent offrir pour lui donner même un atome de paix avec Dieu ; celui-là, quand la grâce de Dieu, apparue en Christ, lui est révélée, quand il l’a saisie, savourée avec d’autant plus de bonheur qu’il fut plus longtemps et plus profondément malheureux ; une telle âme, dis-je, est d’autant plus étroitement et solidement liée à Christ, qu’elle connaît davantage la puissance et la plénitude de son amour. Elle connaît, par expérience, la beauté de ces paroles : «Ton nom est un parfum répandu ». « Tire-moi: nous courrons après toi ». Comme David, cerné par ses ennemis, s’écrie : « Donne-nous du secours pour sortir de détresse; car la délivrance qui vient de l’homme est vaine », cette âme a vu l’homme et le monde sous leur vrai jour ; ils ont perdu toute valeur à ses yeux : une fois délivrée, Christ est tout pour elle. Les cultivateurs de la vigne le savent bien : quand la floraison du raisin se fait promptement, qu’il passe rapidement de la fleur au fruit, la récolte est presque assurée. Il peut survenir des retours de froid, et plus tard la sécheresse ; le raisin peut souffrir; mais, chose remarquable, dès que les circonstances redeviennent favorables, il retrouve son caractère normal de prospérité. Le contraire a lieu, quand le raisin ne fleurit que partiellement ; les vers s’y engendrent ; il passe enfin de la fleur au fruit, mais, malgré les circonstances les plus favorables, il ne prospère pas. C’est une image de ce qu’on rencontre chez les âmes.

Marie de Magdala en est une illustration, comme d’ailleurs la plupart de ceux dont les noms nous ont été conservés dans les évangiles. « Et des femmes aussi qui avaient été guéries d’esprits malins et d’infirmités, Marie, qu’on appelait Magdeleine, de laquelle étaient sortis sept démons » (Luc 8. 2). Nous apprenons que sept démons étaient sortis de cette pauvre femme. Son état moral était caractérisé par l’esprit du mal… Pourrait-il y avoir un abîme de mal plus profond que celui-là ? Que d’humiliation, de honte, d’angoisse, de souffrance, de désespoir ! Qui aurait pu, ou voulu intervenir pour sa délivrance ? Cette misérable femme dut faire l’amère expérience du néant des ressources naturelles de l’homme. Rien n’était capable d’apporter un atome de paix, d’espérance, de consolation et de joie à son pauvre cœur, plongé dans le désespoir. Il ne lui restait qu’à mourir dans sa misère et sa souillure.

Mais quelqu’un s’était trouvé sur son chemin ; le seul qui aurait eu le droit de la repousser et de la mépriser, avait eu pitié d’elle, l’avait aimée et entièrement délivrée. Qui était-il donc, ce merveilleux libérateur ? Emmanuel, Dieu avec nous, Jésus venu pour chercher et sauver ce qui était perdu ! Est-il surprenant que cette femme, désormais libre et heureuse, se soit détournée de toutes les choses vaines vers son Dieu Sauveur ? Si grande qu’ait été la puissance de méchanceté des sept démons sortis d’elle, et l’amertume de ce dégradant et abrutissant esclavage, Marie avait trouvé en Jésus un tendre et tout puissant Libérateur, une source inépuisable de tous les biens permanents apportés par la grâce.

Aux jours de sa détresse, elle avait fait l’expérience, d’une part de la vanité décevante de l’homme et du monde, ainsi que de la puissance de Satan, et d’autre part de l’entière et parfaite délivrance, opérée en sa faveur par Jésus. Cette expérience lui avait désormais tracé son chemin : Jésus devait posséder son cœur ; en Lui, elle avait trouvé un objet digne de toutes ses affections, un noble but à sa vie. Elle lui appartiendrait désormais, et vivrait pour Lui ; toutes ses facultés morales, intellectuelles, tout ce qu’elle possédait serait dorénavant sanctifié à l’honneur et à la gloire de son Seigneur et Sauveur. Dans ce triste désert, elle avait trouvé en Jésus, après Mara, le véritable Élim, avec ses «douze fontaines» et ses «soixante-dix palmiers». Heureuse Marie !

Mais le cœur de Marie, comme le cœur de tous les fidèles disciples d’un Christ rejeté et méprisé, avait à traverser des jours de grandes, intimes et profondes douleurs. La haine des Juifs contre Jésus allait croissant de plus en plus pendant les trois ans et demi de son ministère au milieu d’eux. Enfin, ils allaient pouvoir l’assouvir, en le crucifiant entre deux malfaiteurs. Les prophètes avaient parlé en termes émouvants des souffrances de l’Oint de Dieu de la part des hommes.
« Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils ouvrent la bouche, ils hochent la tête : Il se confie à l’Éternel : qu’il le fasse échapper, qu’il le délivre, car il prend son plaisir en lui ! Mais c’est toi qui m’as tiré du sein [qui m’a porté] ; tu m’as donné confiance sur les mamelles de ma mère. C’est à toi que je fus remis dès la matrice ; tu es mon Dieu dès le ventre de ma mère. Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche, car il n’y a personne qui secoure. Beaucoup de taureaux m’ont environné, des puissants de Basan m’ont entouré ; Ils ouvrent leur gueule contre moi, comme un lion déchirant et rugissant » (Ps. 22. 7 à 13).
« Car des chiens m’ont environné, une assemblée de méchants m’a entouré ; ils ont percé mes mains et mes pieds ; Je compterais tous mes os. Ils me contemplent, ils me regardent ; Ils partagent entre eux mes vêtements, et sur ma robe ils jettent le sort. Et toi, Éternel ! Ne te tiens pas loin ; ma Force ! Hâte-toi de me secourir. Délivre mon âme de l’épée, mon unique de la patte du chien. Sauve-moi de la gueule du lion. Tu m’as répondu d’entre les cornes des buffles » (Ps. 22. 16 à 21).
« Plus qu’à tous mes ennemis, je suis un opprobre aussi à mes voisins, [même] extrêmement, et une frayeur à ceux de ma connaissance ; ceux qui me voient dehors s’enfuient de moi. Je suis oublié de leur cœur comme un mort, j’ai été comme un vase de rebut. Car j’ai entendu les diffamations de plusieurs, – la terreur de tous côtés ! – quand ils consultaient ensemble contre moi : ils complotent de m’ôter la vie. Mais moi, ô Éternel, je me suis confié en toi ; j’ai dit : Tu es mon Dieu. Mes temps sont en ta main ; délivre-moi de la main de mes ennemis et de ceux qui me poursuivent » (Ps. 31. 11 à 15).
« Sauve-moi, ô Dieu ! Car les eaux [me] sont entrées jusque dans l’âme. Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n’y a pas où prendre pied ; je suis entré dans la profondeur des eaux, et le courant me submerge. Je suis las de crier ; mon gosier est desséché ; mes yeux se consument, pendant que j’attends mon Dieu. Ceux qui me haïssent sans cause sont plus nombreux que les cheveux de ma tête ; ceux qui voudraient me perdre, qui sont à tort mes ennemis, sont puissants ; ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu. Ô Dieu ! Tu connais ma folie, et mes fautes ne te sont pas cachées. Que ceux qui s’attendent à toi ne soient pas rendus honteux à cause de moi, Seigneur, Éternel des armées ! Que ceux qui te cherchent ne soient pas rendus confus à cause de moi, ô Dieu d’Israël ! Car à cause de toi j’ai porté l’opprobre, la confusion a couvert mon visage. Je suis devenu un étranger à mes frères, et un inconnu aux fils de ma mère ; Car le zèle de ta maison m’a dévoré, et les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi. Et j’ai pleuré, mon âme était dans le jeûne ; et cela m’a été en opprobre. J’ai pris aussi un sac pour mon vêtement, et je leur suis devenu un proverbe. Ceux qui sont assis dans la porte parlent contre moi, et je sers de chanson aux buveurs. Mais pour moi, ma prière s’adresse à toi, Éternel, en un temps agréé. – Ô Dieu ! Selon la grandeur de ta bonté, réponds-moi selon la vérité de ton salut. Délivre-moi du bourbier, et que je n’y enfonce point ; que je sois délivré de ceux qui me haïssent et des profondeurs des eaux. Que le courant des eaux ne me submerge pas, et que la profondeur ne m’engloutisse pas, et que le puits ne ferme pas sa gueule sur moi » (Ps. 69. 1 à 15).
« L’opprobre m’a brisé le cœur, et je suis accablé ; et j’ai attendu que [quelqu’un] eût compassion [de moi], mais il n’y a eu personne,… et des consolateurs, mais je n’en ai pas trouvé. Ils ont mis du fiel dans ma nourriture, et, dans ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre. » (Ps. 69. 20 et 21).
« Je suis devenu semblable au pélican du désert ; je suis comme le hibou des lieux désolés. Je veille, et je suis comme un passereau solitaire sur un toit. Tout le jour mes ennemis m’outragent ; ceux qui sont furieux contre moi jurent par moi » (Ps. 102. 6 à 8).
« Qui a cru à ce que nous avons fait entendre, et à qui le bras de l’Éternel a-t-il été révélé ? Il montera devant lui comme un rejeton, et comme une racine [sortant] d’une terre aride. Il n’a ni forme, ni éclat ; quand nous le voyons, il n’y a point d’apparence [en lui] pour nous le faire désirer. Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur, et comme quelqu’un de qui on cache sa face ; il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (És. 53. 1 à 3).

Le Seigneur Jésus lui-même ressuscité dit à ses disciples : « Ce sont ici les paroles que je vous disais quand j’étais encore avec vous, qu’il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, soient accomplies » (Luc 24. 44). Et avant sa mort, il leur dit : « Vous donc, vous avez maintenant de la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 22).

On comprend la douleur des disciples et de Marie en particulier, à laquelle, en lui ôtant son Seigneur, on avait tout pris. Trois choses caractérisaient désormais ce monde pour elle : la croix où l’on avait crucifié son Seigneur ; le sépulcre, vide maintenant, où son corps avait été déposé, et ceux qui l’avaient crucifié et qui se réjouissaient de sa mort. Un tel monde pouvait-il lui offrir un lieu de repos ? Assurément non : «Mais Marie se tenait dehors et pleurait». Saintes larmes ! Spectacle émouvant pour le ciel ! Monument élevé à la puissance de la grâce dans le cœur d’une des plus misérables créatures humaines que la terre eût portée !

«Comme elle pleurait donc, elle se baissa dans le sépulcre ; et elle voit deux anges, vêtus de blanc, assis un à la tête, et un aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché. Et ils lui disent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur dit : Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis». Quel spectacle pour ces êtres célestes, que cette femme, tellement absorbée par la douleur de la perte de son Seigneur, que leur présence en vêtements de sainteté, ne produit aucun effet sur elle ! De fait, c’était peut-être la première fois qu’un tel fait se produisait. Dans l’Écriture, nous voyons que la présence des anges bouleverse d’ordinaire ceux auxquels ils apparaissent. Marie fait exception : la perte de son Seigneur exerce sur elle une action si puissante que toute autre chose passe inaperçue. Ces anges étaient-ils jaloux de cette inattention ? N’étaient-ils pas plutôt remplis d’une sainte joie ? Marie ayant donc dit cela, «se tourna en arrière, et elle voit Jésus qui était là ; et elle ne savait pas que ce fût Jésus. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit : Seigneur (ou plutôt Monsieur), si toi tu l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi, je l’ôterai».

«Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?» Qui aurait-elle pu chercher dans un tel monde, dans une telle scène, sinon son Seigneur ? Y avait-il ici-bas pour elle, autre chose que Lui ? Aux jours de sa détresse, qui l’avait délivrée ? Lui, et Lui seul. L’avait-elle oublié ? Certes pas. Comment s’étonner qu’une âme, profondément convaincue de péché, en proie à toute la puissance de Satan, soit liée à Celui qui l’en a délivrée par les liens d’un tel amour, et qu’elle s’attache à Lui pour le suivre ? Oui, ton Nom est «un parfum répandu». «Tire-moi, et nous courrons après toi». N’était-ce pas Lui qui avait mis dans le cœur de Marie plus de joie que le monde n’en a eu au temps où leur froment et leur moût ont été abondants ? Oui, il est beau de voir sur la terre, au milieu de cette génération qui estime le Fils de Dieu comme un vase de rebut, un cœur pour lequel Christ est tout, et qui, même ignorant, ne cherche que Lui.

«Qui cherches-tu ? …» Quelles que soient l’étendue et l’intensité du désir de posséder le Seigneur, le cœur recevra de Jésus plus qu’il ne venait chercher : «Car, de sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur grâce», une accumulation de grâces. Marie en est un exemple frappant : «Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?… Seigneur, si toi tu l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi je l’ôterai. Jésus lui dit : Marie ! Elle, s’étant retournée, lui dit: Rabboni (ce qui veut dire Maître) !» Qui jamais pourra décrire ce qu’éprouva le cœur de Marie en un tel moment ! Ce qu’on peut dire, c’est qu’il aurait éclaté sous l’effet subit d’un bonheur si intense, s’il n’avait été dans les mains même du Seigneur. Quelle indescriptible scène ! La douleur sans pareille dont son âme était envahie, fait place instantanément à une joie incommensurable, en excellence comme en intensité et en plénitude ; l’amour du Père, l’amour du Fils manifesté à la croix, et toutes ses conséquences sont là, et désormais, c’est au sein d’un tel amour qu’elle jouira de son Seigneur, duquel rien ne pourra plus jamais la séparer ! Brebis bienheureuse qui s’entend appeler par son propre nom par le bon Berger ! Les jours de son deuil sont finis ; les choses vieilles sont passées, et toutes choses sont faites nouvelles, et c’est sur ce terrain nouveau, et dans la puissance de la résurrection de son Seigneur et Sauveur, qu’elle est à Lui, et Lui à elle, pour l’éternité.

Du moment que Jésus est l’objet du cœur, il n’y a plus de limites à ses bénédictions : ce sont les richesses illimitées de Christ : longueur, largeur, hauteur et profondeur, et son amour centre et source de tout. Marie saisit les pieds de Jésus ; Jésus lui dit : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu». Non, Marie, ce n’est plus dans un monde qui gît dans le mal, dont Satan est le prince, dans un monde où Jésus a été foulé aux pieds par les hommes, que désormais tu jouiras de ton Seigneur et pourras l’adorer ; c’est dans l’heureuse maison du Père, et dans la gloire de Dieu ; là, tu le verras dans toute sa beauté, et tu jouiras des résultats glorieux des pensées de Dieu le Père envers toi, et des résultats du sacrifice de son Fils !

Heureuse, en effet, celle qui a cru ! Quelqu’un a-t-il un jour été chargé directement par le Seigneur d’un message plus glorieux ? «Va, dis à mes frères : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu». Qui sondera jusqu’au fond les richesses d’amour et de gloire renfermées dans ce message ? La position et les relations des disciples devant le Dieu et Père de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, sont désormais fixées et exprimées dans le Fils lui-même. «En ceci est consommé l’amour avec nous, c’est que, comme il est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde». A Lui, comme à notre Dieu et Père, louange et adoration, dès maintenant et pour l’éternité.

D’après Messager Évangélique 1910
Poget-Junod L.