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L’HÉRITAGE ÔTÉ

Nomb. 36. 3

 

Un certain Tselophkhad de la tribu de Manassé en Israël n’avait que cinq filles et pas de fils. Au cours de la traversée du désert il était décédé et ses filles se préoccupaient de ce qu’il adviendrait de l’héritage, des terres que leur père aurait reçues lorsque les tribus seraient entrées en Canaan et que s’effectuerait le partage.

Le cas est porté devant Moïse, qui consulte l’Éternel. Il donne les dispositions voulues : « Quand un homme mourra sans avoir de fils, vous ferez passer son héritage à sa fille » (Nomb. 27. 8). Mais les chefs de Manassé s’inquiètent : « Si elles deviennent femmes de quelqu’un des fils des autres tribus des fils d’Israël, leur héritage sera ôté de l’héritage de nos pères » (36. 3). A nouveau Moïse consulte l’Éternel qui donne sa réponse : « Elles deviendront femmes de qui leur semblera bon ; seulement, qu’elles deviennent femmes dans la famille de la tribu de leurs pères » (36. 6). Remarquons en passant que, dans ce cas au moins, les mariages n’étaient pas arrangés d’avance par les parents, comme encore aujourd’hui, ce qui cause des problèmes très graves aux jeunes filles amenées au Seigneur et que leurs parents veulent marier de force à celui qu’eux avaient choisi.

Les filles de Tselophkhad pouvaient donc se marier à qui leur semblerait bon, mais en restant « dans la tribu de leurs pères ». Quel enseignement spirituel pouvons-nous tirer de ces portions de la Parole ?
Tout d’abord 2 Cor. 6. 14 nous dit : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules ». En effet, quelle communion pourrait-il y avoir entre la lumière et les ténèbres, et quelle part le croyant a-t-il avec l’incrédule ? Ceux qui ont voulu mettre de côté cet enseignement clair en ont bien souvent récolté beaucoup d’amertume.

Mais d’autres cas se présentent : le futur fiancé peut être au Seigneur, mais se réunir avec d’autres chrétiens et désirer rester avec eux. Que peut-il se passer dans un pareil cas ? Il semble y avoir trois éventualités :

La jeune fille attachée au rassemblement autour du Seigneur Jésus sur la base de l’unité du corps de Christ, selon 1 Cor. 10, quittera ce rassemblement pour suivre son mari dans le milieu qu’il fréquente. C’est abandonner un chemin qu’elle avait reconnu être celui du Seigneur, et tout en ayant ensemble la même foi, se préparer à plus d’un problème, surtout lorsqu’il y aura des enfants. Cela implique aussi souvent un éloignement de la famille qui vous a élevé pour le Seigneur, et de ceux qui vous ont entouré, de l’enfance au mariage.

L’autre cas est que, pour plaire à sa future fiancée, le jeune homme vienne dans le rassemblement autour du Seigneur. Mais cela n’aura de réalité que si, par grâce, il acquiert la conviction que Dieu le veut là.

Une autre possibilité est aussi que chacun reste là où il a été élevé, ou amené au Seigneur. Si l’on persiste dans cette voie, il ne pourra jamais y avoir l’intimité et la communion qu’il y aurait en marchant ensemble, et surtout on créera des problèmes graves pour les enfants qui viendront. Suivront-ils le père, ou la mère, ou la famille sera-t-elle partagée en deux ? Ou, plus grave encore, les enfants, voyant leurs parents ayant des pensées différentes sur ce point essentiel, s’éloigneront-ils de la foi ?

Bien sûr qu’il est encore plus grave que les deux conjoints, après l’une des situations précédentes, en viennent à abandonner, peut-être pas la foi, mais la fréquentation de tout milieu chrétien, et soient attirés de plus en plus par le monde.

Les filles de Tselophkhad se sont mariées à ceux qui étaient des familles de Manassé. Ainsi leur héritage – pour elles des terres, pour nous, les privilèges spirituels reçus – resta dans la famille de la tribu de leurs pères (Nomb. 36. 12).

Combien il importe d’avoir affaire au  Seigneur avant tout engagement, de beaucoup le prier, et, s’il y conduit, de rechercher, comme les jeunes filles d’autrefois auprès de Moïse, le conseil d’un croyant expérimenté, afin de n’avoir pas plus tard des regrets et des difficultés souvent insolubles.

Se marier « dans le Seigneur » (1 Cor. 7. 39), être sûrs que c’est de Sa main que l’on reçoit son compagnon ou sa compagne, réaliser que l’on est « ensemble héritiers de la grâce de la vie », et pouvoir toujours prier ensemble (1 Pier. 3. 7), sera la bénédiction de toute une vie. Prov. 18. 22 disait déjà : « Celui qui a trouvé une femme, a trouvé une bonne chose, et il a obtenu faveur de la part de l’Éternel »… « La femme qui craint l’Éternel, c’est elle qui sera louée » (Prov. 31. 30).

D’après Feuille aux jeunes n° 325