OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

 

LETTRE DE DICKENS A SON FILS

 

Dickens, le célèbre romancier anglais, ennemi déclaré du formalisme religieux, écrivit les lignes suivantes à son plus jeune fils, au moment où ce dernier s’apprêtait à quitter le pays.
« Je t’écris aujourd’hui cette lettre parce que ton avenir me tient à cœur, et parce que je désire te laisser quelques paroles d’adieu auxquelles tu puisses penser de temps à autre, durant tes heures de détente.
Je n’ai pas besoin de te dire combien je t’aime et combien je souffre de devoir me séparer de toi, mais la moitié de la vie se passe en séparations, apprenons donc à supporter ces circonstances pénibles.
Je puise un grand réconfort à la pensée que tu choisiras librement la carrière la mieux adaptée à tes capacités ; ce qui t’a manqué jusqu’ici, c’est un but précis, invariable. Je n’avais pas encore ton âge lorsque je dus commencer à gagner ma vie.
Efforce-toi de ne faire du tort à personne, et de traiter ceux qui pourraient être sous tes ordres comme tu voudrais être traité toi-même si tu étais à leur place.
Fais bien tout ce que tu fais.
Demeure plein de charité envers chacun et ne te laisse pas décourager si parfois on en manque à ton égard.
Si quelqu’un doit désobéir au commandement du Sauveur : « Aimez-vous les uns les autres », il vaut mieux que ce soit ton prochain que toi.
J’ai mis un Nouveau Testament parmi tes livres pour les mêmes raisons qui m’ont incité jadis à te donner un exposé de la doctrine chrétienne. C’est le meilleur livre que le monde ait jamais connu et connaîtra jamais.
Tout être humain qui suit fidèlement les préceptes contenus dans ce saint Livre sera conduit dans le droit chemin.
Lorsque tes frères partirent l’un après l’autre, je leur ai écrit à chacun d’eux comme je t’écris aujourd’hui. Je les ai engagés à se laisser guider par ce Livre sans se préoccuper des interprétations humaines qui en ont été données.
Admire la beauté de Christ. Si tu mets en pratique Sa Parole à la fois avec sérieux et humilité, tu deviendras certainement un homme juste et droit.
Remarque encore ceci : plus nous prenons les choses de Dieu au sérieux, moins nous nous croyons permis de les critiquer.
N’abandonne jamais l’habitude que tu as prise de prier matin et soir dans le silence de ta chambre. Moi-même je n’ai jamais cessé de prier, et je connais par expérience toutes les consolations de la prière.
J’aime à croire que tu sauras toujours reconnaître l’amour de ton père, mais sache que tu ne peux mieux lui prouver le tien qu’en faisant ton devoir ».
Ceux qui ont connu Dickens, ajoute son biographe, savent que chaque mot qu’il prononçait sortait de son cœur.

D’après Almanach Évangélique 1962