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LES TROIS CRIBLES

 

– Oh ! Maman, quelle triste chose j’ai entendue à propos d’Édith. Je n’aurais jamais cru qu’elle puisse être aussi méchante. Un …
– Ma chère enfant, interrompit sa maman, avant que tu continues, il faut voir si ce que tu as à dire peut passer par les trois cribles.
– Qu’est-ce que cela veut dire, maman ? demanda Blanche.
– Je vais te le dire. Premièrement, est-ce vrai ?
– Je le suppose. C’est Mademoiselle B. qui me l’a raconté, et elle est grande amie d’Édith.
– Et est-ce montrer son amitié pour elle de rapporter ce qu’elle a fait ? Ensuite, quand bien même tu pourrais prouver que c’est vrai, est-ce aimable ?
– Je n’ai pas voulu être méchante, maman, mais je crains bien que cela le soit. Je ne voudrais pas qu’Édith parle de moi comme j’ai parlé d’elle.
– Et, en troisième lieu, est-ce nécessaire ?
– Non, maman ; il n’y avait pour moi aucune nécessité d’en parler.
– Alors, ma chère Blanche, mets une bride à ta langue, et n’en dis plus un mot. Si nous ne pouvons dire du bien de nos amis, ne parlons pas d’eux du tout.

« Tu n’iras point çà et là médisant parmi ton peuple » (Lév. 19. 16).
« Rejetant … toutes médisances » (1 Pier. 2. 1).

 

D’après La Bonne Nouvelle 1891

Espace Enfants
Mots clés : les trois cribles, bride à la langue, médisance