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LES DEUX ÉCUS

 

Par un bel après-midi ensoleillé, Anne, une jeune femme, était assise devant sa maisonnette, avec ses deux enfants, Marie, onze ans, et Henri, quatre ans. La maman, déjà veuve, et qui relevait de maladie, partageait à ses enfants le pain qui lui restait, en se demandant avec quoi elle pourrait les nourrir dès le lendemain. Elle avait travaillé courageusement pour élever ses enfants, mais ces dernières semaines avaient épuisé ses économies, et elle n’était pas encore assez forte pour reprendre son travail.
Marie, voyant les graves soucis de sa maman, voulut lui rappeler tout ce qu’elle avait entendu à l’école du dimanche : les promesses de Dieu qui avait rassasié les Israélites dans le désert après qu’ils aient murmuré. Et elle courut chercher sa Bible pour lire ces chapitres à sa mère, alors que celle-ci, en soupirant, lui disait :
– Dieu ne fait plus de miracles.
Marie s’assit sur un vieux tronc d’arbre aux pieds de sa mère. La lecture rappelant les soins répétés de Dieu pour Son peuple, apporta pourtant à Anne un peu de calme et d’espoir. Le petit Henri, pendant que sa sœur lisait, était appuyé tranquillement contre les genoux de sa maman.
Pendant ce temps, un jeune homme, sortant du bois voisin, s’était arrêté à la vue du joli groupe des enfants avec leur maman, et avait rapidement sorti son matériel de dessin pour faire le croquis de la scène.
Marie, relevant la tête après avoir fini de lire le chapitre, demanda à sa maman :
– Ne crois-tu pas que Dieu peut encore nous envoyer du pain, du miel, et de la viande ?
La maman, qui s’était apaisée, embrassa sa fille en lui disant :
Oui, toutes choses sont possibles pour Dieu.
Mais ces mouvements gênaient le peintre, que ni la maman ni les enfants n’avaient encore aperçu. Et il venait vers eux, en leur expliquant qu’il souhaitait faire un tableau de la scène, et en demandant à Marie de reprendre sa position de lectrice – et en même temps il lui tendit une pièce d’un écu, en lui promettant un second écu lorsqu’il aurait terminé son esquisse, si elle voulait bien rester tranquille encore un moment, ce qu’elle fit. Et rouvrant sa Bible, elle lut le 1er verset du Psaume 118 : « Célébrez l’Éternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours ».
Le peintre ayant terminé son dessin, le leur montra, en leur donnant le second écu promis.
La maman était très émue d’une telle réponse de Dieu à leurs besoins : ils auraient de quoi acheter à manger pendant deux semaines, et alors elle aurait retrouvé assez de forces pour reprendre son travail.
Confions-nous toujours dans le Seigneur comme cette petite Marie, car le Dieu d’Israël est aussi notre Père, si nous avons cru en Son Fils, le Seigneur Jésus.

« Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi » (És. 26. 3).

D’après La Bonne Nouvelle 1887