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LES DERNIERS JOURS D’UN DIPLOMATE

Un diplomate célèbre du commencement du 19ème siècle était près de sa fin. Il n’avait jamais pensé à la mort, mais la mort pensait à lui comme elle pense à nous tous, et le jour vint où il se rendit compte qu’elle frappait à sa porte. Alors il fit venir un pasteur de sa connaissance.
Mon cher Monsieur, lui dit-il, je me sens très malade. Il faut, je le crains, me préparer à une mort prochaine et je désire que vous m’entreteniez de sujets religieux ; mais pour vous éviter une peine inutile, je dois vous prévenir que je ne veux pas entendre parler de Jésus Christ.
– Vous faites bien de me le dire, répondit le pasteur, car c’est de Lui que je vous aurais parlé tout de suite. Puis-je au moins vous parler de Dieu ?
– Certainement. J’ai toujours eu une grande vénération pour l’être suprême.
– Voilà donc un point sur lequel nous sommes d’accord, dit le visiteur, et aussitôt il se mit à parler de l’amour de Dieu pour les hommes dans un langage si touchant que le malade le pria de revenir dès qu’il le pourrait.
Et il revint le lendemain.
– Je vous assure, lui déclara le malade, que je vous ai attendu avec impatience.
L’entretien, cette fois, tourna sur la sagesse de Dieu, sur sa toute-puissance, sur son omniscience, et ce qu’il entendit lui inspira une crainte respectueuse prenait un intérêt toujours plus vif à ces conversations.
Le troisième jour, vers la même heure, le pasteur renouvelait sa visite. Cette fois il lui parla de la sainteté pure de Dieu, qui ne peut supporter la moindre souillure et le jour suivant, il insista fortement sur l’inflexible justice de l’être suprême. Ici, le malade commença à se troubler :
– Arrêtez, monsieur ! s’écria-t-il. Si le Tout-Puissant est réellement aussi saint et juste que vous le dites, je suis perdu !
Là-dessus le visiteur garda le silence et se retira.
Un jour, deux jours se passèrent sans qu’il reparaisse. Le malade l’attendait dans l’angoisse. Finalement, il l’envoya chercher et s’écria dès qu’il le vit :
– Qu’est-ce qui vous a empêché de revenir ? Mon esprit n’est plus que confusion ; il me semble être déjà en enfer ou plutôt avoir l’enfer en moi. Pour l’amour de Dieu, dites-moi quelque chose qui me soulage, si vous le pouvez.
– Je ne puis rien retrancher de ce que je vous ai dit. Bien que plein de patience et d’amour, Dieu est saint et juste, et il doit nécessairement condamner les coupables. J’aurais d’autres choses plus consolantes à vous dire, mais elles font partie d’un sujet dont vous m’avez défendu de parler, et par conséquent, je suis obligé de vous laisser dans cet état jusqu’à ce que la mort ait fixé votre destinée éternelle.
– Non, non, s’écria le malade. Dites-moi s’il me reste une lueur d’espoir.
– Certainement, il y a de l’espoir, mais à condition que je puisse vous parler de Jésus Christ.
– Parlez-moi de Jésus Christ alors ; dites-moi tout ce que vous voudrez qui soit propre à me faire sortir de cet enfer.
Et, auprès de ce lit de mort et à ce cœur désespéré, le pasteur put parler de la bonne nouvelle du salut apporté par Jésus Christ et accompli par Son sacrifice.
– C’est pour des pécheurs tels que vous que Jésus est venu sur la terre et qu’il a versé son sang sur la croix. Croyez en Lui, acceptez-le comme votre Sauveur, et vous recevrez le pardon de vos péchés et la vie éternelle.
Le mourant but avidement les paroles de ce message. Elles apportèrent la paix et le calme dans son âme troublée, et ce Jésus dont il n’avait pas voulu pendant sa vie fut Celui-là même qui, à l’heure suprême, lui ouvrit la porte du ciel.
« Il n’y a de salut en aucun autre » (Act. 4. 12).

D’après le Salut de Dieu 1967