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LES DERNIERS JOURS DE CHARLES DARWIN

 

Le nom de Charles Darwin est bien connu du monde entier comme celui d’un savant naturaliste dont les théories évolutionnistes firent beaucoup de bruit au siècle passé ; ses principes étaient même devenus une philosophie dont se targuaient bon nombre de disciples ; du reste le mot darwinisme est demeuré synonyme d’évolutionnisme.
Pourtant, arrivé au bout de sa carrière, le vieillard accepta le salut offert par grâce à tout homme pécheur ; il avait retrouvé la faculté d’admirer les beautés de la nature, faculté que, selon son autobiographie, il avait perdue durant un certain temps.
Voici comment Mme Hope raconte la chose tout en affirmant son absolue authenticité :
« On me pria un jour d’aller tenir compagnie au célèbre Charles Darwin, car il dut s’aliter quelques mois avant de mourir. Chaque fois que je le voyais, je me disais que son portrait ferait une magnifique peinture à ajouter à la collection d’un musée, mais jamais je n’ai éprouvé cette sensation aussi vivement que par cet après-midi particulièrement belle. Assis dans son lit, vêtu d’un peignoir pourpre brodé, soutenu par des coussins, il laissait son regard errer sur la campagne bordée à l’horizon par une forêt, des champs de blé brillaient au soleil. Son noble front et ses traits fins parurent s’illuminer de plaisir lorsque j’entrai dans la chambre. D’une main il montra la fenêtre et le paysage qu’il pouvait contempler, tandis que de l’autre il tenait une Bible ouverte qu’il étudiait.
– Que lisez-vous maintenant ? Demandai-je en m’asseyant à côté de son lit.
– Les Hébreux, répondit-il, toujours les Hébreux ; je l’appelle l’épître royale, car elle est grande.
Puis montrant du doigt certains passages, il se mit à les commenter.
– J’ai fait quelques allusions aux opinions de certaines personnes sur l’histoire de la création et sur leur interprétation des premiers chapitres du livre de la Genèse.
Il paraissait sincèrement malheureux, ses mains se crispaient nerveusement et son visage reflétait une angoisse profonde.
– J’étais jeune alors, continua-t-il, avec des idées non encore formées ; je rejetais tout mystère, toute supposition, m’interrogeant sur tout ; à mon grand étonnement, les thèses que j’avais émises firent immédiatement boule de neige, et on se fit même une religion de ces raisonnements.
Il s’arrêta, exprima encore quelques pensées sur la sainteté de Dieu et la grandeur du saint Livre. Puis regardant la Bible qu’il avait soigneusement gardée à la main tout ce temps, il ajouta brusquement :
– J’ai un pavillon dans le jardin qui peut contenir une trentaine de personnes, je voudrais que vous y teniez une réunion, car je sais que vous le faites dans les villages. Rassemblez demain après-midi les domestiques, quelques voisins et habitants de cette localité et vous leur parlerez.
– Sur quel sujet ? Demandai-je.
Sur Jésus Christ, répondit-il d’une voix claire et forte, puis plus bas : et de son œuvre de salut ; n’est-ce pas là le meilleur thème ? J’aimerais que vous chantiez ensuite quelques cantiques.
Jamais je n’oublierai le regard magnifique qui illumina son visage à ce moment-là, et il continua :
– Si cette réunion a lieu à trois heures, la fenêtre sera ouverte, et je pourrai chanter avec vous.
« Moi, je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, encore qu’il soit mort, vivra ; et quiconque vit, et croit en moi, ne mourra point, à jamais» (Jean 11. 25 et 26).

D’après Almanach Évangélique 1959