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LE TRÉSOR

 

Par une chaude journée de juillet, un voyageur s’est arrêté à la porte d’une maison à l’aspect misérable pour demander sa route. Une femme, entourée de trois enfants malpropres et déguenillés, est venue lui répondre.
– Ah ! a-t-il dit en s’éloignant, vous avez certainement un trésor chez vous, et vous ne le savez pas ! La femme est restée stupéfaite.
– Pourquoi ne lui as-tu pas demandé où il était caché ? a grommelé son mari quand elle lui a raconté cette rencontre.
– Je saurai bien le trouver, a-t-elle répondu.
Et elle s’est mise à chercher. Quelques jours plus tard, elle tirait du haut d’une armoire un tas de vêtements tout usés, et ses yeux se sont arrêtés sur un gros livre qui s’était ouvert en tombant. C’était une Bible, sur laquelle sa mère avait écrit ces mots : « Plus précieux que l’or ! ». Alors la femme s’est souvenue de son enfance heureuse et des beaux jours passés auprès de sa mère. Ici, tout était misérable : saleté, disputes, détresse morale s’étaient accumulées dans son foyer. Et pourquoi ? Sa mère avait dû puiser dans ce livre force et courage… le trésor était là !
Honteuse de l’état de son pauvre logis, elle a commencé par y mettre de l’ordre. Lorsque son mari est rentré, le souper était prêt, les enfants propres, la femme tranquille. « Elle l’a trouvé  », a-t-il pensé ; mais à son grand étonnement, elle n’a rien dit. Quand tout le monde a été couché, elle a pris la vieille Bible et s’est mise à lire ; elle a prié, et a demandé pardon à Dieu de sa négligence durant tant d’années.
Un soir enfin, alors qu’ils étaient seuls les deux, elle s’est adressée à son mari :
– Je crois avoir trouvé le trésor.
Le visage de l’homme s’est éclairé. Montrant alors la Bible, elle a poursuivi :
– Je crois que c’est le trésor dont a parlé le voyageur.
Elle a pris le livre… l’a ouvert :
– Regarde, a-t-elle dit, ce qui est écrit ici : « Plus précieux que l’or » (Ps. 19. 10). C’est ma mère qui m’a donné cette Bible et je sais les richesses qu’elle y a puisées.
L’intérêt du mari, un instant allumé, s’est soudain éteint.
– Laisse-moi te dire ce que je pense vraiment. Si ce livre me rend aussi bonne que l’était ma mère, alors il aura été vraiment plus précieux que l’or. Je suis décidée à essayer… Veux-tu le faire aussi avec moi ? Je t’ai souvent tourmenté, je m’en repens sincèrement, mais avec le secours de Dieu, je deviendrai une meilleure épouse.
L’homme ne savait pas que penser, il était ému.
– Femme, a-t-il dit au bout d’un moment, d’accord, je ferai aussi ma part.
Ce soir-là ils ont lu pour la première fois un chapitre, à la page même où la Bible s’était ouverte : Luc 19, l’histoire de Zachée. Lorsqu’ils sont arrivés à ces mots : « Aujourd’hui le salut est venu à cette maison », l’émotion leur a coupé la parole, leurs yeux se sont remplis de larmes. Ils se sont agenouillés et ont adressé à Dieu une fervente prière, Le suppliant d’entrer dans leur demeure.

Ne vous amassez pas des trésors sur la terre… mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni la teigne, ni la rouille ne gâtent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent ; car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. (Mat. 6. 19 à 21).

D’après Almanach Évangélique 1966