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LE PROBLÈME DE JENNY

Bien qu’il y eût plus d’une trentaine de garçons et de filles dans la classe, un silence complet régnait, tous les élèves étant très concentrés pour résoudre un problème d’examen. Jenny était assise dans l’angle de la classe le plus éloigné du bureau du maître. Elle mordillait avec application le bout de son crayon et fronçait les sourcils. D’habitude, elle avait un air de contentement, mais maintenant, tandis qu’elle considérait la seconde question, elle avait la mine renfrognée, car cela n’allait pas.
« Je n’arrive pas à voir ce qui ne marche pas », se disait-elle, en mordillant son crayon. Elle jeta un regard sur la classe, se demandant si quelqu’un d’autre connaissait les mêmes ennuis qu’elle – ou si elle était particulièrement stupide ? Toutes les têtes étaient penchées sur les papiers – sauf celle de Bob Jones qui, selon son habitude, dodelinait de la tête.
Il avait remarqué les froncements de sourcils de Jenny et aussitôt qu’il rencontra son regard, il leva les yeux d’un air interrogatif – s’adressant ainsi à elle aussi clairement que s’il lui avait demandé : « Qu’est-ce qui ne va pas ? » Jenny leva deux doigts et prit un air plus perplexe que jamais – et puis elle se souvint que le règlement d’examen spécifiait qu’il ne devait y avoir aucune communication entre les candidats ; aussi pencha-t-elle de nouveau la tête sur son papier.
A ce moment quelque chose vint heurter son bras, et tomba à ses pieds. C’était une boulette de papier ; un regard sur le visage de Bob lui fit comprendre que cela venait de lui. Jenny secoua la tête – si le maître les voyait, cela leur occasionnerait de sérieux ennuis ; et Jenny ne voulait pas mettre Bob dans des difficultés.
Bob montra deux doigts et indiqua la boulette de papier ; et Jenny savait ce qu’il voulait dire : la solution du problème était sur ce papier. Elle se pencha pour le ramasser, mais soudain elle se souvint que cela serait tricher !
Bob l’observait ; aussi, après un énergique signe de tête, elle se pencha à nouveau sur son travail, et Bob se détourna d’un air dégoûté. Pendant quelques minutes, Jenny s’acharna de nouveau sur son problème, mais cela n’allait pas. La boulette de papier était toujours par terre à ses pieds, et était bien tentante. Jenny avait employé toutes ses capacités pour résoudre ce problème par elle-même, et ce papier mettrait fin à son embarras.
– Les autres font la même chose et disent qu’il n’y a pas de mal, pensait Jenny ; Bob s’attendait à ce que je le fasse, et je sais qu’il me traite d’idiote – pourtant je serai honnête, quoi qu’il arrive, et elle soupira. Juste à ce moment-là, un verset de cantique qu’elle avait appris à l’école du dimanche lui traversa l’esprit :

« Et bien que je ne sois encore
Qu’un jeune enfant,
Le Sauveur, quand ma voix l’implore
Toujours m’entend… »

Je me demande si cela servirait à quelque chose de prier au sujet de ce problème ? se dit Jenny.
Elle enfouit sa tête entre ses mains et en très peu de mots demanda au Seigneur Jésus, qu’elle avait déjà accepté comme son Sauveur, de lui venir en aide pour son problème. Une fois encore elle se remit au travail, examina à nouveau chaque partie attentivement et découvrit l’erreur qu’elle avait faite. Cette fois, elle put terminer son problème correctement.
Elle appuya de nouveau sa tête entre ses mains et remercia le Seigneur pour Sa bonté, qu’Il avait manifestée en entendant sa prière et en y répondant.
« Confiez-vous en lui en tout temps, répandez votre cœur devant lui : Dieu est notre refuge » (Ps. 62. 8).

D’après la Bonne Nouvelle 1970