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LE PLUS ANCIEN LIVRE FRANÇAIS

Le premier et le plus ancien écrit connu de notre langue française, est un livre destiné à faire comprendre la Bible : c’est en effet un dictionnaire biblique.
Cet ouvrage, qui remonte à l’an 768, est connu sous le nom de « Glossaire de Reichenau », parce qu’il a été trouvé à la bibliothèque de Reichenau en 1863. Il se présente sur deux colonnes, comme la plupart des dictionnaires, et donne, d’un côté, les mots de la Bible latine, et en face les mots correspondants du français de ce temps lointain.
N’est-il pas encourageant de reconnaître ainsi les bons soins de Dieu, qui a veillé sur sa sainte Parole, laquelle est en effet une Parole de vie pour les lecteurs sérieux, de façon à disposer le cœur de quelques savants de ce temps-là à s’en occuper aussi sérieusement ? Leur but était évidemment de rendre la Bible latine accessible à toutes les personnes qui ne connaissaient que le français. Mais qui, dans nos temps modernes, se donne la peine de songer à ces choses ?
Il faut nous rappeler que l’imprimerie ne fut inventée que vers l’an 1436, à peu près sept siècles après l’apparition de l’ouvrage dont nous parlons. Tout ce qui avait le caractère d’un livre était fait à la plume, et souvent sur des parchemins préparés avec beaucoup de soins. Les riches et les puissants même ne savaient pas lire, et il n’y avait guère que des moines qui fussent à même d’employer leur temps et leurs talents à étudier et à copier les livres.
Mais dans ce temps reculé on se donnait de la peine à lire et à comprendre la sainte Parole de notre Dieu. Un des « cinq écoliers de Lausanne » qui furent martyrs à Lyon, écrivait : « Si notre père charnel nous a laissé une vigne ou un champ par son testament, nous prendrions bien la peine de lire ou de faire lire cet écrit ; comment donc ne lirions-nous pas le testament de notre Père céleste ? »
Ah, chers lecteurs, lisez donc la parole de Dieu, cette parole qui était plus précieuse que toute autre chose pour les chrétiens des temps passés, et qui n’a rien perdu de sa puissance et de sa valeur.
L’écrivain inspiré, en parlant du « repos » qui reste « pour le peuple de Dieu », dit : « La Parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur. Et il n’y a aucune créature qui soit cachée devant lui, mais toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4. 9 à 13).

D’après le Salut de Dieu 1917