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LE PETIT HOMME EN NOIR

 

Au début du siècle dernier, une chrétienne, pendant de longues années, a servi fidèlement son Maître, le Seigneur Jésus, en visitant les pauvres et en distribuant des traités et des textes bibliques. Le récit de sa conversion est intéressant.
Elle s’était mariée, très jeune, avec un jeune homme de bonne famille, très riche, et occupant une haute position dans le gouvernement. La jeune femme était très jolie et faisait très bon effet dans le monde. Mais ni elle ni son mari ne connaissaient la Bible. Ils ignoraient les vérités les plus élémentaires concernant le salut par la grâce, par la foi en Jésus Christ. Comme la plupart de leurs amis, ils ne vivaient que pour le monde et ses plaisirs d’un jour, et leurs soirées se passaient régulièrement dans les lieux de distractions mondaines.
Un soir, au théâtre, les jeunes époux assistèrent à une représentation du massacre de la Saint- Barthélémy. Madame M. fut vivement impressionnée par cet affreux spectacle et demanda à son mari pour quelle raison tous ces pauvres gens avaient été mis à mort. Quel crime avaient-ils commis ? Sans doute quelque noir forfait ! Monsieur M. répondit qu’il ne savait pas grand-chose sur ce sujet, mais que ces malheureux avaient dû souffrir à cause de leurs convictions religieuses.
Malgré cette affirmation Mme M. passa une nuit sans sommeil, et le lendemain sa dépression ne fit que s’aggraver. Elle perdit tout intérêt pour les plaisirs mondains qui, jusqu’alors, avaient suffi à la rendre heureuse, et elle tomba dans une mélancolie noire que rien ne pouvait dissiper. Son mari, qui l’aimait tendrement, insista pour qu’elle consulte un médecin dont le renom s’étendait au-delà des frontières du pays.
Le médecin avisé se fit vite une opinion.
– Votre femme, dit-il au jeune mari, n’est pas gravement malade, mais elle a reçu un choc nerveux qu’elle n’a pu surmonter. Il lui faut un changement d’air, une société agréable, et beaucoup de distractions. Faites-la voyager, et même si elle n’en a pas le désir, procurez-lui des divertissements. Si vous suivez ces conseils, votre épouse ne tardera pas à recouvrer la santé.
En suite de cela, M. et Mme M. quittèrent leur maison à la campagne et vinrent habiter Paris. Ils se mêlèrent à la société mondaine, et un soir ils furent invités à un bal dans un des grands hôtels de la ville. Mme M., prétextant la fatigue, voulut rester chez elle, mais son mari insista pour qu’elle l’accompagne, ce qu’elle fit, bien qu’à regret.
Au cours de la soirée, la jeune femme quitta la salle de bal et se réfugia dans le vestibule, à l’écart du bruit. Elle croyait avoir trouvé la solitude qu’elle recherchait lorsque, tout à coup, un petit homme, vêtu de noir, à la physionomie ouverte et franche, sortit elle ne savait pas d’où et se trouva devant elle. Le nouveau venu s’inclina respectueusement et fixa sur elle le regard scrutateur de ses yeux bleus. Puis il lui dit, très distinctement : « Le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché ». Il répéta ces paroles, lentement, une deuxième fois, et après avoir salué de nouveau, il quitta Mme M. aussi subitement, aussi silencieusement qu’il était apparu.
La jeune femme fut très impressionnée par les paroles qu’elle avait entendues, et par l’allure de son étrange interlocuteur. Rentrant dans la salle de bal, elle demanda à plusieurs personnes si elles connaissaient cette citation, et si elles pouvaient lui en dire la source. Mais pas un seul des élégants visiteurs ne put lui donner le moindre éclaircissement. Les domestiques, qu’elle interrogea, assurèrent n’avoir fait entrer dans la maison aucun étranger répondant à la description qu’elle en fit. Toute l’affaire resta donc étrange et mystérieuse.
Très mal à l’aise, Mme M. demanda à son mari de quitter l’hôtel. Elle continua à demander autour d’elle d’où venaient les paroles qu’elle ne pouvait oublier et qui l’occupaient sans cesse. Enfin quelqu’un lui assura qu’elle les trouverait dans le Nouveau Testament. Tout heureuse, Mme M. se procura une Bible – non sans peine toutefois. Elle se mit à la lire, avec toujours plus d’intérêt. Au bout de quelques semaines, elle comprit que le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, avait donné Sa vie pour la sauver, et elle put s’appuyer, par la foi, sur Son œuvre merveilleuse accomplie à la croix. Elle connut alors la paix et la joie au lieu du trouble ; le Saint Esprit lui communiquait les merveilleuses vérités de la Parole de Dieu, et les appliquait à son cœur et à sa conscience. Elle devint dès lors une servante active de Christ. Ses pensées se reportaient sur le petit homme en noir dont le message lui avait été envoyé par Dieu Lui-même ; mais elle ne put découvrir, ni qui il était, ni d’où il était venu.
Bien des années passèrent, heureuses et bénies pour Mme M., qui s’occupait sans cesse à répandre autour d’elle la bonne nouvelle qui avait complètement transformé sa vie. Souvent elle invitait ses voisins pauvres, et après leur avoir servi un bon repas, elle leur lisait quelques passages de la Bible. Un jour, apprenant qu’un évangéliste se trouvait dans la région, elle lui écrivit pour lui demander de venir annoncer l’évangile à ces hôtes d’un jour. Le prédicateur arriva plus tard que prévu. S’avançant vers Mme M., il s’inclina et répéta le texte : « Le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché ». L’instant d’après, ils se reconnurent, et leur joie fut grande de se retrouver.
L’évangéliste expliqua alors que, une affaire pressante l’ayant conduit ce certain soir d’hiver dans l’hôtel où se donnait le bal, il allait repartir comme il était venu, par l’escalier de service, lorsqu’il se sentit poussé irrésistiblement à traverser le vestibule – et à répéter le verset de 1 Jean 1. 7 à la première personne qu’il rencontrerait.
C’est ainsi que Dieu agit en grâce et accomplit des miracles.

D’après La Bonne Nouvelle décembre 1929

Espace Évangélisation
Mots clés : Saint- Barthélémy, le petit homme en noir, servante active de Christ