DSC02942

 

[Jésus] dit encore : un père avait deux fils… Luc 15. 11

 

1. LE FILS PRODIGUE (Lire Luc 15. 11 à 32)

 

Beaucoup connaissent la parabole du fils prodigue : comment il a gaspillé son héritage par une vie dissolue et est devenu un gardien de porcs. Ce qui a précédé est d’une grande importance : tout a commencé par le fait qu’il s’est détourné de son père, avec lequel il n’était pas à l’aise. Il pensait trouver la liberté en faisant sa propre volonté. En demandant à obtenir sa part d’héritage, il montrait combien il s’était déjà éloigné de son père. Pour lui c’était comme si son père était déjà mort.
Tout le monde n’est pas semblable au fils prodigue dans sa façon de vivre dissolue. Mais si nous remontons à la source, nous devons admettre que nous sommes tous comme lui. Le péché commis ici, c’est que l’homme refuse l’ingérence de Dieu et Lui tourne le dos afin de vivre sa propre vie. L’homme veut être autonome, entièrement indépendant de Dieu et de Ses exigences, et il ne veut admettre aucune restriction. Cela fait du fils prodigue la parfaite illustration de ce qu’est l’homme aujourd’hui.
Quelle est alors la réaction de Dieu ? Comme le père de la parabole, Il lui laisse prendre sa liberté. Il nous permet d’utiliser tout ce qui nous vient de Lui pour nos propres intérêts : nos talents, notre santé et nos possessions. Dieu nous fait ainsi faire l’expérience qu’une vie sans Dieu est amère et qu’elle a des conséquences.

Le jeune homme avait quitté son père pour chercher son propre épanouissement, mais il a finalement connu les privations. Il voulait être son propre maître, mais il est tombé dans une dépendance dégradante de personnes étrangères. Quelles espérances ce prodigue avait placées dans les plaisirs du monde ! Maintenant, dans de grandes difficultés, il se trouvait seul, abandonné de tous. Tout ce que le monde pouvait lui offrir lui avait paru désirable et séduisant, mais quelle triste fin, qui donne à réfléchir : « personne ne lui donnait rien » (Luc 15. 16).
C’est une illustration frappante et très parlante de quelqu’un qui veut vivre sa vie sans Dieu. Au lieu de jouir de la liberté que le monde promet, ses désirs l’ont entraîné de plus en plus dans les liens du péché (cf. 2 Pier. 2. 18 et 19). En même temps la misère intérieure et une soif de la vraie vie s’accroît.
Quand le fils prodigue a ressenti sa misère, « il alla se joindre à l’un des citoyens de ce pays-là » (v. 16). Il s’associa à lui : si puissants étaient sa faim, son sentiment de vide et son désespoir, qu’il se remit entièrement entre les mains d’un étranger. Cela ne lui apporta aucun soulagement : « personne ne lui donnait rien ».
Ce sera la position finale de quiconque cherche à accomplir sa vie indépendamment de Dieu. Ce qu’un monde sans Dieu propose peut paraître attractif au premier abord, mais cela ne satisfera jamais une âme affamée.

Dans la plus profonde misère, alors que le fils prodigue était sur le point de mourir de faim, il est revenu à lui-même. Il s’est réveillé du rêve qui l’avait captivé, de l’attrait du monde pour le cœur. Il a maintenant pris conscience du vrai caractère du monde et s’est formé une juste estimation de lui-même et de son père. Il a décidé de revenir à la maison et se mit effectivement en route.
Dans les deux paraboles qui précèdent celle du fils prodigue, nous trouvons un demi-tour semblable. Le bon Berger trouve Sa brebis perdue et la ramène à la maison, le Saint Esprit fait briller la lumière divine sur le cœur et la conscience (Luc 15. 1 à 10).
Dans l’exemple du fils prodigue, nous voyons comment un pécheur se repent et change complètement d’attitude. Il reconnaît combien son chemin a été mauvais devant Dieu et il n’hésite pas à le qualifier de péché. Il regrette son chemin de propre volonté et il est prêt à confesser devant Dieu sa culpabilité. Il sait maintenant que Dieu seul a la réponse à ses questions et ses besoins.
Quand le fils prodigue entama son chemin de retour, il avait retrouvé sa confiance en son père, mais il n’avait aucune idée de la manière dont il serait reçu. De la même manière, un pécheur ne peut pas, à ce moment-là, imaginer que non seulement Dieu lui pardonnera, mais qu’il le bénira aussi richement !

Le fils prodigue était sur le chemin du retour vers son père. Il avait l’intention de reconnaître son péché et de demander à son père de le traiter comme l’un de ses ouvriers. Mais, alors qu’il était encore loin de la maison, son père a couru jusqu’à lui, l’a joyeusement serré dans ses bras et l’a embrassé avec toute son affection de père. Le fils a confessé son péché, mais n’est pas allé jusqu’à demander à son père de lui permettre de le servir comme un esclave. Dans les bras de son père, ce n’était plus possible. C’est ainsi que Dieu, dans Son amour, reçoit quiconque revient à Lui.
Dieu voit le changement dans le cœur du pécheur.
Il est plein de compassion et manifeste Sa grâce et Sa joie lors du changement d’attitude et du retour du pécheur repentant.
Il nous serre sur Son cœur, sans tenir compte de l’état affreux dans lequel nous nous approchons de Lui. Il nous reçoit tels que nous sommes, sans  nous faire aucun reproche.
Quel amour inimaginable ! Quand nous revenons à Dieu par la repentance, Il vient au-devant de nous en Jésus Christ, qu’Il a envoyé. Nous éprouvons le soulagement de pouvoir confesser nos péchés et de reconnaître que nous étions indignes d’une telle grâce et que nous n’avons aucun mérite personnel à faire valoir. Il nous reçoit et nous accorde bien plus que ce que nous aurions pu espérer !

La grâce de Dieu dépasse toutes nos attentes. Quand nous nous tournons vers Lui, Il nous revêt de « la plus belle robe » : Il ne nous voit plus comme nous sommes par nature, mais « en Christ », c’est-à-dire selon la beauté et la perfection de Son Fils bien-aimé (voir Éph. 1. 6 ; És. 61. 10). Il nous donne un « anneau », le signe de notre relation nouvelle et permanente avec Lui, et des « sandales » pour notre marche afin que nous marchions d’une manière qui Lui soit agréable comme fils. L’un des traits les plus remarquables de la grâce de Dieu est qu’Il nous accepte tels que nous sommes, mais qu’Il ne nous laisse pas dans cet état misérable.
C’était la coutume, pour les citoyens aisés en Israël, de garder un veau gras pour des invités qu’ils désiraient honorer. Celui-ci a été tué à cause du retour à la maison du fils égaré. « Mangeons et réjouissons-nous ». Le fils prodigue avait été retrouvé et pouvait maintenant jouir de la communion avec son père et partager son plaisir.
C’était la décision coupable qui avait éloigné le fils de son père. Maintenant qu’il avait reconnu sa culpabilité et l’avait confessée, sa conscience était libérée. Il pouvait regarder son père en face et goûter la communion avec lui. Le désir de Dieu est de maintenir une telle communion avec tous ceux qui étaient spirituellement morts mais qui maintenant sont « revenus à la vie », qui étaient perdus et sont « retrouvés » (v. 24). Une telle communion procure une joie intense au chrétien ; elle commence sur la terre et ne se terminera jamais dans l’éternité.

2. LE FILS AÎNÉ

 

Le fils prodigue était revenu à la maison. Il avait confessé son péché à son père, et ainsi leur relation était restaurée, dans la communion et la joie.
Quand le fils aîné est rentré à la maison après son travail aux champs, il ne savait rien du retour de son frère. Il fut tout étonné d’entendre le son de la musique qui venait de la maison. Un serviteur répondit à ses questions par une explication brève et factuelle.
Il était très surpris que son frère soit revenu ; il trouva fort déplaisant que son père lui ait pardonné et qu’il ait tué le veau gras pour lui. Comment son père pouvait-il accorder une telle faveur à quelqu’un d’aussi indigne ? Il se mit en colère et refusa d’entrer.
C’est pour cette raison que le Seigneur donne ces paraboles de Luc 15. Les Pharisiens et les scribes s’étaient plaints de ce que Jésus recevait les pécheurs et mangeait avec eux (v. 1-2). Le fils aîné illustre ces gens religieux qui ne pouvaient se réjouir, mais étaient en colère parce que la grâce se déployait envers des personnes indignes et coupables. Pour eux, cela n’avait pas intérêt que des pécheurs se repentent et se tournent vers Dieu. Ces propres justes préféraient rester dehors, loin de ces « publicains et pécheurs », mais également loin de Dieu le Père.

Un service infatigable et l’obéissance caractérisait la vie du fils aîné – du moins, c’est ce qu’il pensait. Mais il décrivait la conduite de son frère dans les termes les plus méprisables. Il était en colère et jaloux que leur père ait tué le veau gras pour lui. Il ne pouvait pas partager les sentiments de son père. Il ne pensait qu’à sa propre conduite qu’il estimait bonne et à la reconnaissance qu’il en attendait pour lui-même. Les problèmes qui avaient été ceux de son jeune frère se révèlent être maintenant les siens : il cherchait son plaisir avec ses amis, à l’écart de son père.
Il est l’exemple des hommes religieux qui mènent une vie honorable et attendent d’en être honorés en retour. Ils s’imaginent que Dieu devrait les accepter à cause de leurs « bonnes œuvres », qui n’ont en fait aucune valeur. Ils estiment n’avoir pas besoin de la grâce de Dieu et sont envieux quand elle est accordée à d’autres. Leur attitude montre que leur religion n’a qu’un aspect extérieur, mais n’est pas le fait d’un cœur racheté.
Le père agit d’une manière tout aussi bienveillante avec le fils aîné : il désirait l’avoir lui aussi dans la maison, partageant la communion et la joie. Mais aussi longtemps que le fils aîné n’abandonnera pas ses pensées de propre justice, il devra rester dehors.

 

D’après « The Good Seed » mai 2020