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LE DIMANCHE

 

Pour ceux qui travaillent toute la semaine pour gagner leur vie, le dimanche apparaît comme la halte nécessaire, la détente, l’oubli total de l’école, de l’atelier, du bureau, des champs, du magasin.
Aussi convient-il d’employer au mieux ces délicieux loisirs, d’en savourer chaque minute, d’en faire vraiment de sereines jouissances.
Ceux qui, toute la semaine, ont été enfermés, éprouveront un plaisir tout particulier à sortir.
Le paysan, ou ceux que leurs occupations appellent au grand air, préféreront se reposer tranquillement chez eux, selon la loi du Créateur : Tu travailleras six jours.
On doit faire du dimanche un jour bienfaisant, et on le peut, si on sait le sanctifier, si on sait l’organiser.
Mais ce n’est pas le cas de certains qui passent cette journée dans la fièvre des distractions plus ou moins saines qui abondent de nos jours et qui, après une veillée trop longue, les laissent fatigués, déprimés, mécontents le lundi matin.

Mais ce n’est pas non plus une journée où l’on se traîne d’ennui parce qu’il pleut et qu’on n’a pas su organiser quelques jeux pour les enfants, énervés d’être enfermés ; une journée où on baille, ne sachant que faire de ses mains, de son cerveau, pendant que les heures se traînent, languissantes, jusqu’au coucher qui vous fait recommencer la tâche le lundi, morose, fatigué d’un dimanche gâché.
Un dimanche gâché ! Cela est-il possible dans une famille chrétienne où l’on a pour règle de participer au culte, de revoir des amis, de visiter telle ou telle personne alitée, isolée, âgée ou infirme ?
Une famille où l’on cherche à sanctifier ce jour, que la Bible appelle : le jour du Seigneur. (Apoc. 1. 10).
Non ! si l’on passe ce jour dans la communion avec Dieu et dans l’adoration, Il nous parlera de paix, de joie et de bonheur.
N’est-il pas le jour de la résurrection, de la victoire sur la mort, de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ ?
Si nous pensons à cela, si nos âmes mesurent quelque peu la grandeur de l’œuvre de la rédemption accomplie à la croix du Calvaire, il n’est pas possible que ce jour nous laisse froids ou indifférents.
Tels les premiers chrétiens qui s’assemblaient le premier jour de la semaine pour rompre le pain, (Actes 20. 7), nous nous rendrons là où deux ou trois sont réunis en Son nom pour L’adorer, Le bénir et nous souvenir de Sa mort et de Sa résurrection ; car « le Père en cherche de tels qui l’adorent » en esprit et en vérité. Jean 4. 23.
Un dimanche passé dans de telles dispositions ne sera jamais un dimanche gâché – au contraire il nous apparaîtra toujours comme un jour de grande joie et de bénédiction, comme une oasis dans le désert de la vie ici bas.
Pour ce qui reste des heures de loisir du dimanche, c’est à la mère de famille principalement, qu’incombe le devoir d’organiser des moments de récréation et de délassement, pendant lesquels les membres de la famille, petits et grands, peuvent se voir, se parler, se sentir unis.
On s’adonnera à de saines distractions, à des jeux inoffensifs ; on lira un bon livre, on fera de la musique, on chantera des cantiques. Le soir, on lira une portion des Saintes Ecritures, on terminera par la prière et on se retirera pour le repos de la nuit, heureux et réconforté, satisfait d’avoir passé une journée dans la joie et la bénédiction.
De nos jours, où la jeunesse a une tendance trop marquée à courir aux plaisirs en laissant « les vieux » à la maison, c’est encore la mère qui a le pouvoir, difficile souvent, de retenir son monde, en créant autour d’elle une atmosphère agréable.
Elle préparera un bon repas, où chacun pourra manger à son aise, tranquillement, longuement, ce qui n’est pas toujours possible pendant la semaine.
Il est certain que dans un milieu à l’ambiance agréable et gaie, où la paix et la bonne harmonie règnent entre les parents, les enfants se sentent heureux et moins poussés à chercher leurs distractions au dehors.
L’ennui est un terrible ennemi. Il est du devoir des parents de tout faire pour l’épargner à leurs enfants.
L’ennui pousse le jeune homme hors de la maison paternelle, vers les lieux de distractions et de plaisirs mondains.
C’est là, hors du foyer, qu’il apprend à fumer, à boire, à jouer, se causant un tort physique et moral dont il aura à supporter les conséquences plus tard.
Parents chrétiens, par un dimanche de pluie, pendant les longues soirées d’hiver, retenez vos enfants à la maison, autour de vous.
Soyez leurs meilleurs camarades, leurs amis, leurs confidents ! Jouez avec eux !
Il n’est pas besoin de se procurer des jeux coûteux ; un morceau de papier, un crayon, des devinettes suffisent parfois à faire passer de longues heures très agréables.
Que le père ne pense pas que ce soit au-dessous de sa dignité de s’associer au jeu des enfants, mais qu’il donne au contraire le bon exemple.
Trop souvent, on rencontre des pères qui savent si peu se mettre à la portée des petits, et même des grands !
Ils croient peut-être que les signes de leur autorité consistent en une mine austère, ou la sévérité. Leur rôle principal, aux yeux des enfants, est celui de punir pour chaque petite faute.
Trop d’enfants, des garçons surtout, ne voient en leur père qu’un épouvantail, un homme méchant, un tyran, au lieu d’un ami, d’un modèle à imiter.
Le rôle de parents demande beaucoup d’amour, de dignité et de sagesse.
Qu’a un enfant de meilleur en ce monde que son père et sa mère ?
Aux parents donc de ne pas troubler l’idéal que se font d’eux leurs enfants, mais qu’ils s’en fassent aimer et respecter tout à la fois.
En cela, la mère sera le meilleur intermédiaire entre le père et l’enfant. Elle évitera de parler des défauts que peut avoir le père. Et de son coté, celui-ci fera tout pour que les enfants tiennent leur mère dans la plus haute estime.
Le moment où l’enfant peut juger lui-même des défauts et du caractère de ses parents arrive toujours assez tôt.
Le dimanche étant le jour le mieux approprié à l’éducation morale au foyer, sachons, parents chrétiens, le faire aimer à nos enfants, faute de quoi il n’y a pas de bonheur familial possible. La bénédiction divine repose toujours sur un lieu où l’on tient en honneur, où l’on sanctifie ce jour, qui ne nous appartient pas, puisqu’il est le jour du Seigneur.

D’après la Bonne Revue 1931