OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

LE CODE DE LA ROUTE

 

Jamais les hommes n’ont autant voyagé qu’aujourd’hui, pour les affaires, pour les vacances ou pour tout autre motif. La circulation a augmenté dans des proportions considérables. Peut-être vous-mêmes, chers jeunes gens, avec l’impétuosité propre à votre âge, vous êtes-vous parfois grisés de vitesse, oubliant le danger et l’accident qui vous guette. Néanmoins, l’expérience nous apprend qu’un bon conducteur, soucieux de réduire au minimum les risques d’accident, doit réaliser deux conditions essentielles :
1. Connaître les prescriptions du code de la route.
2. Se conformer scrupuleusement aux indications des divers signaux de la circulation routière. On imaginerait mal un automobiliste qui ignorerait délibérément les « stop », « sens interdit » ou « interdiction de stationner ».

Mais vous devinez sans peine que je désire vous entretenir d’un voyage et d’un code de la route tout particuliers. Nous sommes tous en route vers l’éternité, et sur le sentier de la vie où nous sommes engagés, nous avons pour nous guider dans le droit chemin et pour nous garder, un code de la route infaillible, contenu dans la Parole de Dieu. Le code de la route élaboré par les hommes varie selon les époques et les pays, il doit être adapté aux progrès techniques, au rythme de la circulation. Celui qui est contenu dans la Bible ne varie pas, n’a pas besoin d’être retouché ni mis à jour, il est immuable et infaillible, car il est l’expression de la pensée de Dieu. Et si cette parole se fait entendre à nos oreilles disant : «C’est ici le chemin, marchez-y» (Es. 30. 21), ne vaut-il pas infiniment mieux s’y soumettre humblement que de vouloir être plus sage que Dieu ? Si même certains de ces préceptes nous paraissent sévères, durs, irréalisables, ils sont empreints d’une sagesse toute divine, et nous n’avons pas le droit d’éliminer, selon nos goûts, ceux qui nous déplaisent. Revenons au code de la route pour une simple comparaison : la priorité de droite, introduite dans bien des villes, a ses partisans comme ses détracteurs. Mais le jour où je serai en contravention, j’aurai beau expliquer au représentant de l’autorité que je ne suis absolument pas d’accord avec cette prescription, il m’imposera silence en disant : Votre avis personnel, vos préférences n’ont aucune importance ; c’est le règlement, vous devez vous y soumettre. De même, soyons persuadés qu’une attitude soumise, respectueuse envers les déclarations de la Parole de Dieu, est le secret du vrai bonheur et nous gardera d’expériences douloureuses.

Au début de notre vie, cette Parole nous montre un poteau indicateur, avec deux directions : un chemin resserré qui mène à la vie et un chemin spacieux qui mène à la perdition (Mat. 7. 13 et 14) ; elle met devant nous la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction (Deut. 30. 19). Sommes-nous tous certains d’avoir bien choisi ? Il n’y a qu’un chemin pour obtenir le pardon et la vie éternelle : c’est la repentance et la foi personnelle au sacrifice expiatoire du divin Crucifié. On dit fréquemment : Tous les chemins mènent à Rome, mais ce dicton populaire n’est certes pas d’application pour le chemin qui mène à la vie, et Jésus seul est le chemin des cieux.

Mais si même nous avons le bonheur de nous trouver sur la bonne route, si nous sommes réellement chrétiens, il n’en reste pas moins vrai que nous devons être attentifs aux nombreux « panneaux de signalisation » de la Parole, « de peur que nous ne nous écartions » (Héb. 2. 1). Il y a, pour le croyant, des signaux de danger, des signaux d’interdiction, et ce peut être dangereux pour celui qui les méprise. Si déjà les hommes sévissent impitoyablement pour réprimer les infractions, « d’une punition combien plus sévère pensez-vous que sera jugé digne celui qui foule aux pieds » (Héb. 10. 29) les avertissements du Seigneur ? Un des plus solennels « sens interdit » pour les jeunes gens chrétiens est sans doute : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules » (2 Cor. 6. 14). Au mépris de ce verset, on se lie d’amitié avec des mondains, des sympathies naissent, puis des sentiments plus profonds et, pour tranquilliser sa conscience, on espère amener ce jeune homme, cette jeune fille à la connaissance du Seigneur. Qui va l’emporter et entraîner l’autre? Supposez deux jeunes gens, dont l’un est juché sur une chaise et l’autre solidement arc-bouté sur le sol ; ils se donnent la main et chacun essaie d’attirer l’autre à lui. Celui qui est à terre a évidemment la partie belle et l’issue de la lutte ne fait pas de doute. Vous, jeune chrétien, occupez une position privilégiée, vous êtes sur la chaise, mais le mondain vous fera tomber, vous entraînera. Que de situations tragiques auraient été évitées pour bien des jeunes croyants s’ils ne s’étaient pas engagés dans cette route à accès interdit ! « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4. 23). Supplions le Seigneur de nous garder et de nous diriger, car nous devons supporter les conséquences de nos inconséquences.

Et que dire des signaux «défense de stationner» que la Parole place sur notre route ? Il y a des endroits où le chrétien ne peut s’arrêter, qu’il doit fuir ; il y a des compagnies, des lectures, des conversations qu’il doit éviter. Si Pierre ne s’était pas assis au siège des moqueurs, il n’aurait pas renié son Maître. En nous arrêtant dans des endroits souillés, nous sommes livrés à une foule de convoitises qui, selon l’expression si énergique de l’apôtre Pierre, font la guerre à notre âme (1 Pier. 2. 11). Sachons dire « non » comme Daniel et ses amis, ne craignons pas de nous singulariser, par fidélité envers le Seigneur. Il y a aussi, dans la vie chrétienne, des carrefours dangereux où il faut ralentir, des limitations de vitesse, des « stop ». Le Seigneur se sert parfois des circonstances pour nous arrêter, pour nous dire : Venez à l’écart et reposez-vous un peu (Marc 6. 31) et nous montre avec douceur qu’Il a quelque leçon à nous enseigner. Puissions-nous apprendre de Lui, dans le calme de Sa présence, au lieu d’être entraînés dans le tourbillon de la vie moderne si trépidante. Au milieu de toute cette agitation, sachons nous soumettre à ce code de la route infaillible ; pour le cœur docile, «Ses commandements ne sont pas pénibles ».

J. Khm.
D’après Feuille aux jeunes n°211