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LA TABLE DU SEIGNEUR

1 Cor. 10

La table du Seigneur est un lieu spirituel où les enfants de Dieu peuvent, en commun, participer à toutes les bénédictions qui ont été apportées par le sang de Jésus Christ. Cette table présente un caractère saint, car placée sous l’autorité du Seigneur.

Pour nous enseigner ce sujet, l’apôtre Paul fait appel à des types de l’Ancien Testament. Il nous compare au peuple d’Israël pendant sa traversée du désert. Ce peuple a été caractérisé par trois choses : le baptême pour Moïse dans la mer Rouge, une nourriture commune, la manne, et l’eau du rocher pour breuvage. De la même manière, la chrétienté est caractérisée aussi par : un baptême pour Christ, symbole de notre mort avec Lui, une nourriture et un breuvage dont la signification spirituelle nous est révélée en Jean 6. Il s’agit de Christ descendu du ciel qui communique et entretient la vie de celui qui s’en nourrit.

Si dans la période de grâce, nous n’avons plus à observer des rites, néanmoins trois actes symboliques doivent être conservés jusqu’à ce que nous ayons atteint la maison du Père:
– le baptême d’eau,
– manger le pain, communion du corps de Christ,
– boire le vin, communion du sang de Christ.

Bien que les Israélites aient pu tous jouir des mêmes bénédictions, « Dieu n’a point pris plaisir en la plupart d’entre eux » (v. 5). Dieu ne peut tolérer en nous des cœurs partagés (l’idolâtrie) et que son nom soit associé au monde incrédule ou professant sans vie (la fornication).

C’est pourquoi l’apôtre insiste auprès des Corinthiens en leur disant : « Mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie ». Pour étayer cette exhortation, il prend pour exemple la table du Seigneur, l’autel en Israël, et la table idolâtre des démons (les termes table et autel étant synonymes). Ainsi il montre que participer « religieusement » à une table, met en communion entre eux ceux qui y prennent place et les associe avec ce qui est représenté sur la table. Si les idoles ne sont rien en elles-mêmes, derrière elles se cachent des puissances démoniaques ; de sorte qu’en sacrifiant à des démons, les nations païennes sont en communion avec eux. Il n’est pas possible de participer en même temps à la table du Seigneur et à la table des démons, car il ne peut y avoir de communion entre la lumière et les ténèbres (2 Cor. 6. 14 à 16).

La communion du sang du Christ

La base de cette communion n’est pas un ensemble de pensées, même bibliques, communes aux chrétiens, mais le sang de Christ. Notons que si nous participons à la table du Seigneur, nous avons communion avec le sang et le corps du Christ. Christ, l’oint de Dieu, fut rejeté par ceux qu’il venait sauver et rassembler, de sorte qu’il ne put établir avec eux une relation de communion. Par sa mort et sa résurrection, il inaugura une nouvelle communion. Ceux qui sont au bénéfice de son œuvre, ont le privilège d’en jouir. Dorénavant, la bénédiction divine envers nous n’a plus d’obstacle, et en retour nous pouvons bénir Dieu.

La communion du corps du Christ

Pendant que Christ est dans le ciel, tous les rachetés, unis ensemble par l’Esprit Saint, forment son corps mystique sur la terre auquel il est intimement lié. La participation au seul et même pain exprime que nous sommes un seul corps avec lui. Nous trouvons, dans le sacrifice volontaire de prospérité, un beau type de cette communion (Lév. 3. 7, 11 à 36).

Tous les vrais croyants ont part à cette place de bénédiction où l’on jouit de la communion avec Christ et les uns avec les autres. C’est là qu’ils peuvent, en participant à cette communion, montrer d’une manière visible l’unité du corps de Christ.

Quelques caractères liés à la table du Seigneur

Comme autrefois l’autel de l’holocauste pour les Juifs, le Seigneur est le centre du rassemblement pour les croyants (Mat. 18. 20). Sa présence implique différents caractères à cette table.

Séparation du mal

La communion étant établie sur la base du sang versé, elle ne peut avoir lieu qu’après la croix. L’incrédule qui pratique le péché (1 Jean 3. 4) n’a pas sa place là. Il est donc nécessaire d’examiner si celui qui désire s’approcher est bien un enfant de Dieu. Si un croyant a péché, en confessant son péché il a l’assurance qu’il est pardonné et purifié (1 Jean 1. 9). Il peut donc s’approcher. Mais s’il vit dans un mal grave, il prend le caractère de méchant. Bien qu’il ne puisse perdre sa relation d’enfant de Dieu, à ce moment-là il n’est plus apte à jouir de cette communion. Il doit être ôté du témoignage (1 Cor. 5. 1 à 13 ; Gal. 5. 1 à 10). Toute association avec ceux qui vivent dans un mal moral grave ou qui enseignent de fausses doctrines, par exemple sur la personne de Christ, est condamnée par l’Écriture, car elle équivaut à participer à ce péché (2 Jean 10). C’est pour cela que nous sommes exhortés à nous retirer de l’iniquité (2 Tim. 2. 19).

Rejet du sectarisme

Une tendance fréquente de nos jours est d’exiger de ceux qui veulent participer à la table du Seigneur qu’ils soient d’accord sur tous les principes que nous estimons importants. On aboutit à des professions de foi, écrites ou non, nécessaires pour jouir de cette communion. Cela aggrave la division de la chrétienté puisque chacun possédant une sensibilité différente estime un point de doctrine plus important que l’autre.

L’autorité du Seigneur

Une condition indispensable pour les vrais croyants, même s’ils ne sont pas d’accord sur tout, est de manifester un cœur pur, c’est-à-dire purifié (2 Tim. 2. 21 et 22), se soumettant à l’autorité du Seigneur ; en pratique c’est s’appliquer à obéir à la Parole de Dieu.

Interdépendance des assemblées locales

Le pain que nous rompons est la communion du corps de Christ. Il y a un seul pain. En y participant, nous exprimons notre appartenance au seul corps dont Christ est la tête. Chaque assemblée locale n’est donc qu’une expression de l’assemblée : les décisions prises vraiment dans la présence du Seigneur sont valables pour toutes les assemblées locales. Mais n’oublions jamais qu’autorité de décision ne veut pas dire infaillibilité.

La chrétienté, dont chacun de nous fait partie, au lieu de mettre en évidence l’unité du corps de Christ, montre un aspect bien divisé. Si d’un côté l’ennemi (le loup) a dispersé, d’un autre côté notre responsabilité est engagée comme celle de l’homme à gages qui a été négligent (Jean 10. 12 à 16.) Mais quel bonheur le Centre de rassemblement subsiste et plus nous serons près de lui, plus notre communion les uns envers les autres sera à la gloire de Dieu.

 

D’après Feuille aux Jeunes n° 322