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LA SAGESSE DES HEURES

 

On a recueilli sur des cadrans solaires un certain nombre d’inscriptions qui sont d’une haute sagesse. Qu’on en juge :

Avant de regarder si je suis juste, regarde si tu l’es toi-même.

Utere, non numera – ne les compte pas, utilise-les.

Et voici exprimé de manière élégante, que la longueur des heures dépend du point de vue où l’on se place :
Afflictis lentae, celeres gaudentibus horae – lentes aux affligés, les heures sont courtes pour les gens heureux.

Pour les désabusés :
Une de plus, une de moins – inscrite sur le cadran solaire datant de 1844, au jardin public à Annecy (Haute-Savoie).

Nombreux sont aussi les cadrans qui se chargent de vous rappeler la brièveté de la vie :

Sic vita fugit hora – comme l’heure, la vie s’enfuit.

Il est plus tard que vous ne croyez, à Gingins sur Nyon (Suisse).

Et voici pour rappeler que les heures écoulées ne reviennent pas :

Non reditura – elle ne reviendra pas – à Évian (Haute-Savoie), et à Reggio (Italie), une devise inspirée par Bonaparte qui passait… et ne repassa pas :
L’ombre passe et repasse, et sans repasser l’homme passe.

Le temps s’en va, mais l’Éternité reste – est inscrit sur l’hôtel de ville de Lausanne.

L’heure qui suit n’est pas à vous – cette inscription datant de 1783 sur l’église de St-Gervais à Genève, causa la mort de son auteur qui, dit-on, pour juger son œuvre, recula sur son échafaudage, tomba et se tua.

À Genève, au Musée d’art et d’histoire, un cadran horizontal de 1600, porte en français cette inscription :
Veillez et priez car vous ne savez le jour ni l’heure.

À Bâle, sur un vitrail d’église au Musée, daté de 1731, en allemand une inscription dont voici la traduction :
Le temps s’enfuit, la mort s’approche de l’homme, penses-y, crains Dieu.

Et voici une inscription que nous pourrions parfois graver sur notre première montre :
Enfant, souviens-toi que je sers
À marquer le temps que tu perds.

Quelle admirable leçon nous donne celle-ci :
Quand je ne sais rien, je me tais.

Ou celle-ci, en italien :
Sans le soleil, je ne suis rien,
Et sans Dieu tu ne peux rien.

Toutes ces pensées peuvent bien se résumer dans ces mots du Ps. 90. 12 : « Enseigne-nous ainsi à compter nos jours, afin que nous en acquérions un cœur sage ».

 

D’après Almanach Évangélique 1950