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LA PETITE JEJANA

 

Il n’y avait autrefois, au Cap de Bonne Espérance, à l’extrême Sud de l’Afrique, que des Hottentots, un peuple d’une grande pauvreté.
Jejana était une petite fille hottentote, restée orpheline très jeune. Elle entra au service d’un paysan hollandais – un Boer, mais personne ne s’inquiétait d’elle : elle ne savait ni lire ni écrire, et n’avait jamais entendu parler de Dieu, sauf en jurements et en blasphèmes.
Ses maîtres la prirent une fois en voyage avec eux, et le dimanche ils l’emmenèrent à la chapelle chrétienne de la ville. Elle fut tout étonnée de voir les gens s’agenouiller puis se relever, et de les entendre chanter. Ensuite un prédicateur parla sur le texte : « Je connais tes œuvres » (Apoc. 2. 19), et expliqua que c’était une offense envers Dieu de jurer, blasphémer, voler, mentir. Jejana en fut tout effrayée, pensant que le pasteur connaissait tout ce qui était d’elle, et elle se demanda s’il n’était pas Dieu lui-même, Celui qui sait tout.
Après le service, Jejana suivit ses maîtres qui étaient invités chez le pasteur pour le repas. Elle était encore pleine de crainte à la pensée de ce qu’elle avait entendu le matin. Après le repas, le pasteur lui demanda si elle était à l’église le matin et si elle avait compris quelque chose. Elle répondit qu’elle n’avait rien compris. Il lui demanda :
– Sais-tu qu’il y a un Dieu ?
– Je l’ai souvent nommé en jurant, répondit-elle. Mais je ne sais rien sur Lui. Dites-moi où Il est.
– Dieu est esprit, dit le pasteur. Il entend tout ce que tu dis, et voit tout ce que tu fais. Et sais-tu que tu as une âme ?
– Non, Monsieur.
– Ton âme est dans ton corps. Elle pense. Parfois elle ressent de la joie, parfois de la tristesse. Elle ne peut jamais mourir. Quand ton corps mourra, ton âme sera pour toujours, ou heureuse près de Dieu, ou en enfer, malheureuse pour toujours.
– Oh Monsieur ! Que dois-je faire ? J’ai fait du mal jusqu’à présent.
A ce moment-là sa maîtresse l’appela et elle dut vite s’en aller sans avoir eu de réponse.
Elle reprit son travail à la maison, mais avec le cœur plein de chagrin et d’angoisse.
Un jour, un homme qui entrait dans la cuisine, et mentionna avoir été à la chapelle. Jejana lui demanda conseil, et il lui répondit :
– Prie Dieu qu’Il vienne à ton secours.
– Mais je ne sais pas ce que c’est, de prier.
– Trouve un endroit tranquille, et dis : O Dieu, aide-moi, enseigne moi. C’est sûr qu’Il t’entendra et t’aidera.
Jejana courut se cacher derrière un buisson et répéta ces paroles avec conviction.
Matin et soir, sa maîtresse lisait la Bible à haute voix mais ne laissait pas Jejana l’écouter. Pourtant un jour, elle entendit ces paroles : « Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez » (Mat. 7. 7). Jejana s’écria :
– Oh que c’est beau !  certaine que ces paroles étaient pour elle, mais elle ne put savoir où elles se trouvaient.
C’est pourquoi, quelques temps après, Jejana dit à sa maîtresse qu’elle voulait trouver une autre place où elle entendrait parler de Dieu. Elle retourna à la ville où elle avait entendu le pasteur prêcher à la chapelle, et ce jour-là il parla sur le passage : « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » (Jean 6. 37) Elle apprit alors que le Seigneur Jésus était mort sur la croix pour sauver les pécheurs, et qu’Il voulait lui pardonner ses péchés et la recevoir comme une de Ses brebis. Elle reçut ces paroles avec foi et se sentit délivrée du fardeau qui l’accablait.
Par la suite, Jejana trouva une place pour aider dans une famille chrétienne, et put servir fidèlement le Seigneur Jésus, qui était maintenant son Sauveur.

D’après La Bonne Nouvelle 1867