OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

LA MORT DE VOLTAIRE

 

Voltaire se trouvait à Paris, enivré du succès d’une pièce nouvelle qu’il faisait représenter, objet d’une ovation de la foule qui l’acclamait avec un tel enthousiasme qu’il s’écriait : « Vous voulez donc me faire mourir de plaisir ? » Soudain une violente hémorragie se produisit et mit ses jours en danger.
Ses amis, Diderot, d’Alembert, Marmontel, accoururent pour le soutenir dans ses derniers moments, mais ce ne fut, raconta l’un de ses biographes, que pour être témoins de la mort la plus terrible qui frappa jamais l’impie.
La rage, les remords, le blasphème, les reproches de la conscience, tout cela accompagna la longue agonie de l’athée mourant.
Il maudit ses amis en leur disant : « Retirez-vous, c’est vous qui m’avez mis dans l’état où je suis. Allez-vous-en ! J’aurais pu me passer de vous, alors que vous ne pouviez pas vous passer de moi, et quelle misérable gloire est celle que vous m’avez procurée ! »
On l’entendit supplier et blasphémer le Dieu qu’il avait haï pendant sa vie. Il s’écriait parfois : « O Christ ! O Jésus Christ ! » Un jour on le vit tenir un livre de prières, en essayant d’invoquer Dieu. Il était tombé de son lit dans les convulsions de l’agonie et restait étendu sur le parquet, impuissant, désespéré, s’écriant : « Ce Dieu que j’ai renié ne viendra-t-il pas me sauver aussi ? »
Son médecin, Monsieur Tronchin, le trouva un jour plongé dans le plus grand effroi, s’écriant avec horreur : « Je suis abandonné de Dieu ! Docteur, je vous donne la moitié de ce que je possède si vous pouvez me prolonger la vie de six mois ! » Le médecin lui répondit : « Monsieur, vous n’avez pas six semaines à vivre ! » « Dans ce cas, répondit Voltaire, j’irai en enfer, et vous avec moi ! »
Tronchin a raconté sa mort dans une lettre qu’il écrivait à un ami. Elle est une leçon singulièrement solennelle pour tous ceux qui ont pensé, comme Voltaire, que la vie et la mort peuvent se passer de la foi.
Voici ce qu’il dit : « Il finit par tomber dans un état de désespoir et de démence le plus affreux. Je ne me le rappelle pas sans horreur. Dès qu’il vit que tout ce qu’il avait fait pour augmenter ses forces avait produit un effet contraire, la mort fut devant ses yeux ; dès ce moment, la rage s’est emparée de son âme. Si mes principes, mon ami, (Tronchin était croyant) avaient eu besoin que j’en serrasse les nœuds, l’homme que j’ai vu dépérir, agoniser et mourir sous mes yeux, en aurait fait un nœud gordien ; et, en comparant la mort de l’homme de bien, qui n’est que la fin d’un beau jour, à celle de Voltaire, j’aurais bien vu la différence qu’il y a entre un beau jour et une tempête, entre la sérénité de l’âme du sage qui cesse de vivre, et le tourment affreux de celui pour qui la mort est « le roi des épouvantements ». Grâces au Ciel, je n’avais pas besoin de ce spectacle ! »
Il mourut, et son agonie fut telle que son infirmière déclara que, pour tous les trésors de l’univers, elle ne consentirait pas à voir mourir un autre athée.
La Bible, qui est vraiment la Parole de Dieu, déclare : « C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » Héb. 10. 31, parce qu’on ne se moque pas de Lui.
Mais elle déclare également que le Seigneur ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se repente et qu’il vive, et elle ajoute :
« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » Héb. 3. 7.

D’après Salut de Dieu 1984