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LA CÈNE DU SEIGNEUR

(1 Cor. 11. 20 à 34)

 

Avant d’aller à la croix, le seigneur Jésus a eu le désir de laisser à ses chers disciples un souvenir de sa mort. Il institua alors la cène. Ayant eu une révélation particulière à ce sujet, l’apôtre Paul nous apprend que les chrétiens sont aussi invités à la célébrer.

Les premiers croyants avaient pris l’habitude de se souvenir de la mort de leur Seigneur chaque fois qu’ils se rencontraient, mais bien vite, notamment à Corinthe, fut perdu le sens profond de la cène qui était célébrée à l’occasion d’un repas ordinaire où les riches faisaient souvent des excès. Paul profite de cette situation pour nous enseigner le sérieux de sa célébration que la répétition hebdomadaire ne doit pas faire oublier.

Qu’est-ce que la cène ?

La cène veut dire : repas du soir. C’est un repas composé de pain et de vin, auquel le seigneur Jésus a donné une signification entièrement spirituelle.
– Le pain nous parle de son corps, formé par Dieu, livré à la mort pour nous.
– La coupe est la nouvelle alliance en son sang. La première comme la seconde alliance entre Dieu et son peuple ont été scellées par l’aspersion du sang d’une victime offerte (Ex. 24. 3 à 7, 8). Dans la première, la relation entre Dieu et l’homme était basée sur l’obéissance. Mais comme l’homme n’a pas pu respecter son engagement, l’alliance a été rompue et Dieu n’a pas pu bénir. Dans la nouvelle il y a encore deux parties, mais l’engagement de l’homme a été parfaitement accompli par l’homme Christ Jésus, de sorte que Dieu peut maintenant remplir le sien. Le sang versé à la croix est la seule base de notre nouvelle relation avec Dieu qui nous ouvre dès maintenant les bénédictions de la nouvelle alliance : nos transgressions sont ôtées et Christ est écrit dans nos cœurs (Jér. 31. 31 à 34 ; 2 Cor. 3. 2 à 9 ; Héb. 8. 6 à 13). Ces bénédictions étaient à l’origine pour le peuple d’Israël, mais il en jouira plus tard.
– La cène a été instituée la nuit dans laquelle il a été livré. Quelle longue nuit où l’homme montra d’une manière, oh combien odieuse ! son vrai état devant Dieu, une nuit profonde où Jésus fut troublé dans son âme et dans son esprit. C’est la nuit de l’angoisse du combat au jardin de Gethsémané, de la trahison de Judas l’un des douze, du reniement de Pierre, de l’abandon de tous les disciples, des tribunaux injustes, des faux témoignages, de la haine de l’homme poussée à son comble. Notre cœur ne brûle-t-il pas pour lui lorsque nous pensons à la nuit dans laquelle il a été livré ?

Qui est invité ?

«Ceci… est pour vous… Faites ceci ». C’est le privilège de tous les enfants de Dieu, qui conscients de l’amour dont ils sont aimés, se sentent poussés intérieurement à répondre au désir du Seigneur et à prendre la cène en souvenir de lui et de sa mort.

Pourquoi ?

– « En mémoire de moi ».

En célébrant la Pâque, le peuple se souvenait de sa délivrance de l’esclavage de L’Égypte et non de l’agneau sacrifié. C’est en mémoire de Sa personne que nous célébrons la cène. S’il est naturel d’être occupé de notre salut, puisque c’est le chemin qui mène au ciel, il est normal de connaître davantage au fil des jours l’auteur de cette délivrance. Des sentiments d’amour toujours plus intenses s’éveillent pour lui, sentiments qui s’expriment dans l’adoration. C’est pourquoi, la cène ne devrait être célébrée qu’au cours d’un culte.

« En mémoire de moi ». Qui est-il pour toi ? Ne veux-tu pas répondre à son dernier désir si pressant avant qu’il ne donne sa vie? Mange le pain en pensant à son corps livré pour toi, bois à la coupe en te souvenant de son sang versé pour toi. Si chaque jour tu peux vivre avec lui qui est vivant aux siècles des siècles (Apoc. 1. 18), si tu veux vivre pour lui, souviens-toi, en commençant la semaine, qu’il est mort pour toi. Fais ceci en mémoire de lui.

– «Car toutes les fois… vous annoncez la mort du Seigneur ». Si en 1 Cor. 10 l’unité du corps de Christ est enseignée, en 1 Cor. 11 il s’agit du mémorial de sa personne. C’est un témoignage silencieux, une proclamation de la mort, mais également de la résurrection du Seigneur et de sa victoire sur Satan, le péché et le monde.

– « Jusqu’à ce qu’il vienne ».

Le Seigneur est vivant et glorifié. Ainsi, nous annonçons son retour pour enlever les siens auprès de Lui.

Manger et boire indignement.

Le sérieux de la participation à ce souvenir est souligné dans les versets 27 à 34. Mais ces exhortations n’ont pas pour but de nous décourager. Bien sûr, si nous regardons à nous-mêmes, nous nous sentons indignes, mais le Seigneur est digne que nous nous souvenions de Lui. L’attention est attirée sur la manière dont nous participons. Notre responsabilité individuelle est ici engagée. Du fait de l’habitude, la cène étant célébrée chaque dimanche (cf. Act. 20. 7), nous risquons de manger et boire sans distinguer dans le pain et la coupe le corps et le sang du Seigneur. C’est en quelque sorte le mépriser, pécher contre lui. S’il y a dans nos vies des péchés connus non jugés, si nous sommes conduits par notre propre volonté, si nous sommes charnels ou occupés outre mesure de nous-mêmes, si nous sommes en conflit avec nos frères, ou devenus indifférents à l’amour du Seigneur, alors nous mangerons indignement. Pour ne pas être jugés par le Seigneur, nous sommes exhortés, individuellement, à examiner nos vies à la lumière divine : « que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi (c’est-à-dire dans le sentiment de la grâce qui a tout pardonné à cause de l’œuvre de Christ) il mange du pain et boive de la coupe (v. 27).

Notre privilège est de nous souvenir du Seigneur, non pas seuls mais ensemble, de la manière qu’il a lui-même désirée, en participant à la cène. Pendant l’éternité nous verrons les marques de la croix, et nous nous souviendrons de sa mort. C’est déjà notre joie dans l’attente de son retour.

D’après Feuille aux jeunes n° 326