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LA CATASTROPHE DU TITANIC

 

Le monde entier a appris avec stupeur la catastrophe si dramatique de ce paquebot, considéré, non seulement comme le plus beau et le plus grand qui ait encore été construit, mais aussi comme celui qui pouvait offrir le plus de sécurité. Destiné à faire la traversée de Southampton à New-York, ce transatlantique dont le déplacement était de 46 000 tonnes, dont les dimensions étaient formidables, s’est brisé contre une véritable montagne de glace qu’il a rencontrée dans les bancs de Terre-Neuve, dès sa première traversée, un peu avant minuit, dimanche 14 avril 1912.
Imaginez un navire de près de 280 mètres de long, de 29 de large, et de plus de 30 de haut, et vous aurez une idée de ce géant des mers, véritable ville flottante, pouvant emporter 3500 personnes : il a été englouti en moins de trois heures ! Sur 2206 personnes, tant passagers qu’hommes de l’équipage, plus de 1500 ont péri, et les survivants ne doivent leur salut qu’au télégraphe sans fil qui a porté au loin leurs appels désespérés !
Sous le choc, un trou effroyable s’était produit à l’avant de la coque du paquebot. Les cloisons étanches ne purent résister à la poussée formidable des eaux, et le géant s’engloutit peu à peu dans la mer. On se représente le terrible spectacle que les malheureux eurent devant eux. C’était la nuit ; la lumière à bord s’éteignit presque subitement dès que les machines électriques qui la produisaient ne purent plus fonctionner.
La plupart des passagers ne surent ce qui était arrivé qu’au moment où il fallut chercher le salut dans les canots, ou attendre la mort. Les premiers soins furent donnés aux femmes et aux enfants, et très peu d’hommes échappèrent, tant des passagers que de l’équipage.
On embarque à la hâte, dans un affolement compréhensible, les femmes et les enfants, au milieu des cris de pauvres épouses cherchant leurs maris, de pères embrassant une dernière fois leurs chers enfants qui s’en vont, tandis qu’eux-mêmes, ils doivent rester avec la perspective d’une mort prochaine ; car il n’y a pas, hélas, assez de bateaux de sauvetage pour assurer le salut de tous ! Pour ceux qui sont laissés, se jeter dans les eaux glacées c’est la mort certaine, attendre le secours offre un très faible espoir, car le temps est court, et le vaisseau enfonce visiblement par l’avant.
Des canots qui s’éloignent, on entend venant du « Titanic », mêlés aux appels désespérés, des chants et des prières ! Des hommes qui ont encore pu être sauvés par miracle, en restant accrochés à des épaves, jusqu’à l’arrivée des secours, ont déclarés qu’ils ont prié, quelques-uns même pour la première fois de leur vie. La mer était calme, ce qui facilita le sauvetage.
Un navire put heureusement arriver à temps pour recueillir les malheureux qui avaient trouvé place sur les canots ou les radeaux de sauvetage ; d’autres à la nage essayèrent de les atteindre, mais pour la plupart, succombèrent dans cette lutte suprême contre la mort ; les restants périrent sur le paquebot même, les chaloupes n’étant pas en nombre suffisant.
Il n’y a peut-être pas eu dans l’histoire de la navigation, un navire sur lequel on avait déployé autant de confort et de luxe, et où l’on aurait pu se croire autant en sécurité. Il y avait à bord des riches et des pauvres sans parler de l’équipage presque tout entier, qui se trouvèrent ainsi ensemble en face de la mort, tous en pleine possession de leurs facultés. Quels moments terribles ils passèrent, tandis que, ayant dit adieu à leurs femmes et à leurs enfants que la règle du bord exigeait de sauver les premiers, ou serrant dans leurs bras ceux des leurs qui ne voulaient pas les quitter, ils attendaient d’être engloutis dans l’abîme !
Que s’est-il passé dans ces âmes en ces courts moments devant la porte de l’éternité ? Dieu seul le sait. L’homme qui se sent atteint d’une maladie sans remède et sans espoir, se cramponne à la vie, mais il peut disposer de ses affaires, exprimer ses volontés suprêmes ! Or, ici, toute communication étant rompue avec le monde, c’était bien pour chacun les portes de la mort ! Ceux qui, sauvés sur les bateaux de sauvetage, s’éloignaient du « Titanic » entendirent la musique du bord jouer le cantique anglais « Nearer my God to thee », Mon Dieu, plus près de toi ! Dieu, seul témoin de ce qui se passait là, et de ce qui se passait dans le fond des cœurs, sait ce qu’il y a eu de réalité dans cet appel ! Il n’a pas fallu longtemps au brigand crucifié à côté du Seigneur Jésus pour se reconnaître pécheur, justement condamné, et discerner en Lui le Sauveur dont il avait besoin et qui, à son cri : « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume », répondit par cette si réjouissante parole : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » ! (Luc 23. 42). L’éternité dira combien de pécheurs perdus, qui avaient oublié Dieu, trouvèrent le salut de leur âme tandis que leur corps entrait dans les flots, en attendant le jour de la résurrection.
Mais n’oublions pas qu’il y a deux espèces de résurrection. Tous ceux qui se sont endormis en Christ, seront ressuscités par le Seigneur, au jour de la résurrection des justes. Par contre ceux qui, jusqu’au dernier moment, sont restés ce que chacun est par nature, – pécheur, ennemi de Dieu et de Christ – ceux-là sortiront de la mer qui les a engloutis, ou du sépulcre qui les aura recueillis, pour être jugés lors de la résurrection de jugement.
Cette dernière résurrection n’aura lieu que mille ans après la première. Quel moment ce sera quand la mer ainsi que le sépulcre rendront leurs morts, et que tous, sans qu’un seul ne manque, auront à rendre compte de leur vie, de toute leur vie !
Cher lecteur, croyez-vous que ce soit le hasard qui ait arrêté ce gigantesque paquebot, dès sa première course ? Je ne le crois pas, de même je ne crois pas que ce soit le hasard qui met sous vos yeux ce récit. Les hommes font leurs plans, ici-bas, comme s’il n’y avait pas au ciel un Dieu, avec lequel il faut compter. Confiants en leur intelligence et dans les progrès scientifiques fruits de l’expérience des siècles passés, ils vont en avant insouciants, tout comme si la mort ne pouvait pas les atteindre, et oubliant qu’ils peuvent être fauchés en un instant. Contents d’éprouver qu’ils peuvent dominer, jusqu’à un certain point, les forces de la Nature, ils ignorent Celui qui est tout-puissant. Mais ce Dieu lui-même, il faut le rencontrer, soit à présent, en grâce, soit, plus tard, en la seconde résurrection, en jugement !
Ils sont peu nombreux ceux qui pensent à ce jugement de Dieu. Qui, dans ses plans, fait une place à Celui qui tient toutes choses en sa main ? Toutefois, comme le Seigneur l’a dit, sans sa volonté, pas un seul passereau ne tombe en terre (Mat. 10. 29). Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, on doit avoir affaire à Dieu.
Nous avons entendu parler ces dernières années des tremblements de terre et des éruptions de volcans qui ont entraîné subitement dans la mort des milliers d’âmes ; mais il est très rare d’avoir le sommeil interrompu dans une nuit tranquille, sous un ciel étoilé, par la nouvelle qu’en deux heures de temps on sera au fond des eaux ! Dans un moment pareil, chacun sent qu’il va à la rencontre de Dieu. On sera en effet « plus près de Lui » pour la vie éternelle, ou devant Lui comme Juge pour une condamnation éternelle.

Par sa grâce, Il n’est pas difficile à trouver n’étant « pas loin de chacun de nous » (Act. 17. 27 et 28). L’histoire du « fils prodigue » aussi est là pour nous instruire (Luc 15). Au commencement, tout paraissait aller au gré de ses désirs ; mais « lorsqu’il eut tout dépensé, il commença d’être dans le besoin ». Les ressources de l’homme ne durent pas. Et au moment du besoin, que trouvera-t-il dans son entourage pour remédier à son état ? Il ne lui reste qu’une seule ressource, celle de revenir à son père qu’il avait quitté, oublié, offensé et déshonoré. Le prodigue le fit sans délai, et quel merveilleux accueil ne reçut-il pas !
Oui, Dieu est « plein de bonté, et miséricordieux ». Il se plaît à répondre immédiatement à chacun de ceux qui s’adressent sérieusement à Lui. Il a dit : « Invoque-moi au jour de la détresse ; je te délivrerai, et tu me glorifieras » (Ps. 50. 15). Et Dieu a des moyens divers, appropriés aux circonstances de chacun, afin de produire des besoins dans nos âmes ; mais il ne répond pas pour demain. « Aujourd’hui » est son jour de salut. Il en fut ainsi pour Zachée (Luc 19. 1 à 10).
Oh, que cet avertissement, solennel entre tous, profite à ceux qui n’ont pas l’entendement obscurci et la conscience endormie, tandis que l’oreille est tendue à la voix trompeuse de Satan. Il est en effet l’ennemi de nos âmes, toujours vigilant, et ses nombreux agents se déguisent de mille façons, même en anges de lumière, pour séduire les hommes, et pour les endormir dans une fausse sécurité, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour profiter du salut que Dieu offre dans ce jour de sa grâce.
L’homme, confiant dans les choses qui se voient, dans la folie de son orgueil, dit : « Et demain sera comme aujourd’hui, et encore bien supérieur » tandis qu’il ignore qu’il va au jugement de Dieu. Il est écrit, quant à l’avenir, que « lorsque les hommes diront : « Paix et sûreté », alors une subite destruction viendra sur eux… et ils n’échapperont point » (1 Thess. 5. 3).
Toutefois, Dieu attend encore en grâce. « Il n’a pas épargné son propre Fils, mais Il l’a livré pour nous » (Rom. 8. 32). Cela n’est-il pas de nature à vous toucher, lecteur encore inconverti ? Qu’a-t-Il dû éprouver, ce Dieu d’amour, lorsque son Fils unique fut placé sur la croix par des mains impies ? – lorsque son précieux sang fut répandu ? Et c’était pour vous précisément, pécheur, que vous êtes (1 Tim. 1. 15). Son sang purifie de tout péché quiconque croit en Lui.
Si vous êtes à l’extrémité, comme le prodigue de la parabole, pourquoi ne vous tourneriez-vous pas vers Celui qui seul peut vous sauver ? Il vous recevra assurément aussi à bras ouverts, sans vous faire de reproches, et sans vous faire attendre ; mais il faut que vous veniez en disant : « J’ai péché contre le ciel et devant toi ». Ah ! dites-vous peut-être : « J’ai dépensé entièrement mon existence au service de Satan et du péché, et tourné le dos à Dieu ». C’est possible ; mais venez quand même « aujourd’hui ». C’est contre Lui en effet, que vous vous êtes rebellé ; c’est Lui que vous avez méprisé ; mais venez, sans retard.

 

D’après le Salut de Dieu 1912