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LA BREBIS PERDUE

 

Et tous les publicains et les pécheurs s’approchaient de Lui pour l’entendre. Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant : Cet homme reçoit des pécheurs et mange avec eux. Luc 15. 1 à 2.

Des personnes différentes réagissent de façon différente. Quand Jésus Christ vivait sur cette terre, certains le rejetaient ou refusaient de le suivre, trouvant pour cela diverses excuses. D’autres, intéressés, curieux ou recherchant quelque sensation, marchaient avec Lui. D’autres encore, comme dans le verset cité ci-dessus, étant attirés par sa grâce et son amour, surmontaient leur réticence pour venir à Lui. Aujourd’hui, les réactions des gens ne sont pas différentes. Il y a des personnes qui le rejettent encore, qui trouvent des excuses, qui montrent de l’intérêt ou qui viennent à Lui (voir Luc 14. 18 et 23).
Il y avait aussi les chefs religieux responsables qui affirmaient connaître le chemin qui mène à Dieu. Leur verdict au sujet de Jésus était clair : « Cet homme reçoit des pécheurs et mange avec eux ! » C’était quelque chose dont on n’avait jamais entendu parler ! Éviter-Le !
Remarquez bien la façon dont ils le décrivent : « Cet homme ». Nous ressentons leur mépris à son égard. Ils refusent de l’appeler par son nom. Et il se mêle aux pécheurs : quelle association ! Pour nous, c’est quelque chose d’inadmissible : Il reçoit des pécheurs et même Il mange avec eux.
Le discrédit déplacé qu’ils portent sur Lui ne font que confirmer la grâce sans limite de Dieu : Jésus n’est pas venu « pour appeler des justes à la repentance, mais des pécheurs » (Luc 5. 32). C’était des pécheurs, qu’Il recherchait, pas seulement pour les recevoir et manger avec eux, mais pour leur donner le pardon et la joie du salut.

Et Il leur dit cette parabole, disant : Quel est l’homme d’entre vous, qui, ayant cent brebis et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf au désert, et ne s’en aille après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ? Luc 15. 3 et 4.

Le Seigneur Jésus répond à ces théologiens propres justes, par une parabole, un récit symbolique avec un but moral, dont le contenu était en relation avec les circonstances de la vie courante. Il choisissait ce genre de style pour expliquer certains aspects particuliers. C’est pour cela qu’une parabole ne traite pas toutes les situations possibles.
Dans le cas présenté ici, Jésus prend un exemple lié au travail de ceux qui l’écoutaient. Le propriétaire d’un troupeau, ou un berger, avait perdu une brebis. Il partait tout naturellement la chercher. Si nous pouvons nous imaginer la scène, nous la recevrons comme les auditeurs du Seigneur l’ont fait. Ils ne se contenteraient pas de hausser les épaules, mais ils commenceraient à chercher. Et, par cette parabole, Jésus Christ leur dit : « C’est justement ce que je fais, je cherche ceux qui sont perdus ! »
Le berger laisse les quatre-vingt-dix-neuf brebis dans le désert. Qu’allaient-elles devenir ? En fait, un désert n’est pas un abri, ni une bergerie, ni un parc à moutons. Le désert, ici, ne signifie pas un désert de sable, mais un espace rocheux comportant beaucoup de dangers, et même une menace de mort pour les animaux. Plus loin, dans la parabole, Jésus explique qui sont ces quatre-vingt-dix-neuf : ce sont ces propres justes « qui n’ont pas besoin de repentance » (v.7).
Les quatre-vingt-dix-neuf correspondent aux personnes qui sont si sûres d’elles-mêmes qu’elles estiment qu’elles n’ont pas besoin de Jésus, et ainsi elles le rejettent. Elles souhaitent trouver leur propre chemin jusqu’à Dieu, ou vivre et mourir sans Lui.
Beaucoup de personnes font partie des quatre-vingt-dix-neuf. Elles sont perdues pour l’éternité. Cela doit nous amener à nous demander si nous faisons partie de cette catégorie de personnes.

Quel est l’homme d’entre vous qui, ayant cent brebis et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf au désert, et ne s’en aille après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ? Luc 15. 3 et 4.

La brebis court sans arrêt, s’éloignant toujours plus. Elle ne peut pas retrouver le chemin du retour ni se secourir elle-même. C’est sans espoir, elle se trouve bientôt perdue et c’est comme si elle était déjà morte.
Les gens ressemblent à une telle brebis, car « nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin » (És. 53. 6). La Bible ne prend pas de détours et ne cherche pas d’excuses. Ainsi, je suis une telle brebis errante et je me suis éloigné de Dieu dès ma naissance. Je suis perdu. Quelqu’un peut-il me sauver ?
Oui, certainement, car le berger cherche la brebis perdue. Cela dépend de sa puissance d’endurance, de son énergie et de son abnégation. Dans le vent et les intempéries, la chaleur ou le froid, la tempête, la neige ou la grêle, de jour ou de nuit, le berger reste dehors et ne renonce pas.
De nos jours, lors de tentatives de sauvetage de personnes perdues, on apprend souvent cette mauvaise nouvelle : « les secouristes ont été contraints d’abandonner les recherches ». Il n’en est pas ainsi de Dieu. Quoiqu’ « il n’y ait personne qui recherche Dieu ; ils se sont tous détournés », Dieu est venu chercher l’homme, dans la personne de Jésus Christ. Jésus est devenu Homme, Il a suivi un chemin d’humilité, pénible et difficile, jusqu’à la croix ; Il a été rejeté, frappé, méprisé et finalement, Il a laissé volontairement sa vie.
Le berger a cherché jusqu’à ce qu’il trouve. Sa recherche n’a pas été interrompue ou arrêtée prématurément.
Il a appliqué toute son attention et toute son énergie au salut de cette brebis, jusqu’à ce qu’il parvienne à la trouver. Quel dévouement et quel amour ont été consacrés à cette heureux dénouement !

Et l’ayant trouvée, il la met sur ses propres épaules, bien joyeux ; et, étant de retour à la maison, il appelle les amis et les voisins, leur disant : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis perdue. Luc 15. 5 et 6.

Le berger a cherché sans relâche et a fini par trouver la brebis ! Le temps et l’énergie dépensés ont été récompensés. La tristesse, les appels, le danger rencontrés, n’ont pas été vains.
Soulagé et tout joyeux, il la met sur ses épaules. Elle était sûrement épuisée, peut-être blessée aussi, mais, sur les épaules du berger, elle rentrera à la maison sans encombre.
Si quelqu’un, aujourd’hui, prend conscience qu’il est perdu devant Dieu, alors il y a un espoir pour lui ! Il admet son état de perdition et il peut alors être « trouvé ». Le Sauveur trouve quiconque reconnaît qu’il a besoin d’être sauvé, et l’amène à la maison. Il l’ajoute aux brebis de son troupeau sur la terre, et Il a préparé au ciel une place pour lui dans la maison de son Père.
Le berger se réjouit. La brebis avait une telle valeur pour lui, qu’il est allé la chercher. Maintenant qu’il l’a trouvée, elle a encore plus de valeur pour lui. La joie qu’il ressent est contagieuse et se répand vers ses amis et ses voisins ; peut-être que la brebis la ressent, elle aussi. Cependant, dans cette parabole, il est plutôt question que de la joie de celui qui a sauvé et pas tant de celle qui a été sauvée. Et il n’y a rien qui indique que cette joie ne cesse jamais.
Quand un pécheur, aujourd’hui, se repent et accepte Jésus Christ comme son Seigneur et Sauveur, il y a de la joie dans le ciel. Le Seigneur voit alors du fruit du « travail de son âme » et il en « est satisfait » (És. 53. 11).
Cette joie fait partie de la joie « qui était devant Lui », à cause de laquelle Il a « enduré la croix », Il a souffert et Il est mort (Héb. 12. 2).

J’ai trouvé ma brebis perdue. Je vous dis qu’ainsi il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance. Luc 15. 6 et 7.

Avec quelle tendresse et quelle affection le berger parle de « ma brebis » ! Auparavant elle était simplement l’une des cent, maintenant prévaut un sentiment d’appartenance. De la même manière, nous lisons en Jean 10. 27 et 28 : « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent ; et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main ».
La première illustration de cette parabole est complète et Jésus en tire la conclusion : il y a quelqu’un qui se repent et le ciel s’en réjouit ; et il y a les quatre-vingt-dix-neuf qui n’ont pas besoin de repentance.
Nous devons maintenant nous poser personnellement quelques questions :
– Est-ce que je reconnais que je ne peux me sauver moi-même et que je suis perdu ? Suis-je prêt à me repentir, c’est-à-dire à changer ma façon de penser et d’agir en conséquence ?
– Ou est-ce que je sais déjà que je suis l’une de Ses brebis, parce que je me suis repenti ? Est-ce que le ciel s’est réjoui à mon sujet ? S’il en est ainsi, je peux parler à d’autres du Dieu Sauveur « qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 3 et 4).
– Ou est-ce que je pense que je n’ai pas besoin de repentance ? Ai-je autant de confiance en moi-même que cette vieille dame de quatre-vingt-dix ans qui croyait sincèrement qu’elle n’avait rien fait dans sa vie qui nécessite qu’elle demande « Pardon ! ».
– Ou est-ce que j’estime que la repentance est quelque chose de dépassé et n’est que pour ceux qui ne sont pas de leur temps, ou coupables, ou qui ont un penchant sentimental ?

Ou quelle est la femme, qui, ayant dix drachmes, si elle perd une drachme, n’allume la lampe, ne balaie la maison, et ne cherche diligemment jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée ?
Un homme avait deux fils… Peu de jours après, le plus jeune fils ayant tout ramassé, s’en alla dehors en un pays éloigné. Luc 15. 8, 11 et 13.
La parabole de Luc 15 est constituée de trois illustrations : une brebis perdue, une pièce perdue, et un fils perdu.
Elles répondent toutes les trois à la question : pourquoi quelqu’un est-il perdu ?
Il est perdu :
– Parce que sa condition est sans espoir (la brebis perdue). Par lui-même il ne peut trouver le chemin de retour vers Dieu. Il est « sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Éph. 2. 12) ;
– Parce qu’il est insensible quant à sa condition (la drachme perdue). Il est endurci dans son cœur et sans aucun sentiment, « mort dans ses fautes et dans ses péchés » (Éph. 2. 1) ;
– Parce qu’il est dans un chemin de propre volonté (le fils perdu). « Nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin » (És. 53. 6).
L’une de ces illustrations vient de la sphère du travail, l’autre de celle de la vie domestique, et la troisième de celle de la famille. Dans l’une, c’est Dieu, le Fils, qui agit, dans la suivante, c’est le Saint esprit, et dans la troisième, c’est Dieu, le Père. Tout d’abord la recherche est engagée « jusqu’à ce qu’il la trouve », puis c’est une recherche « soigneuse », et enfin le père, « ému de compassion… courut jusqu’à lui, se jeta à son cou et le couvrit de baisers ».
La brebis perdue se trouvait parmi cent autres, la drachme perdue était l’une des dix que possédait la femme et le fils perdu était l’un des deux fils de l’homme de la parabole.
Le Seigneur Jésus employait ces illustrations en les différenciant soigneusement. Il désirait que les personnes reconnaissent qui elles sont et qui Il est, ce qu’elles font et ce qu’Il fait.

D’après « The good seed » Février 2019