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LA MISSION DE JEAN

 

Un dimanche après-midi, un grand garçon se tenait à la porte d’une école du dimanche dans un quartier pauvre de Londres. C’était un si mauvais garnement que le moniteur avait été obligé de le renvoyer le dimanche précédent. Ses parents l’avaient ramené, suppliant qu’on le reçoive de nouveau.
– Nous le reprendrions volontiers, dit le moniteur, si nous n’avions pas peur qu’il soit un mauvais exemple pour les autres élèves.
– Nous savons bien que notre fils vous cause des ennuis ; mais à la maison il est encore plus terrible ; si vous le repoussez tout à fait, il sera bientôt complètement dévoyé. Accepteriez-vous de le reprendre si vous aviez la garantie qu’il se conduira bien ?
– Attendez, dit le moniteur.
Il entra dans la salle, ramena le silence, et demanda à ses élèves :
– Ce garçon demande à rentrer à l’école, mais nous ne pouvons pas le reprendre sans avoir la garantie qu’il se conduira bien. L’un d’entre vous veut-il se porter garant pour lui ?
Il y eut un silence. Les élèves les plus âgés secouaient la tête, paraissant dire : nous ne le connaissons que trop bien. Les autres semblaient se désintéresser de la question.
Mais un tout petit garçon eut pitié du grand gamin qui se tenait dehors, l’air piteux. On se moquait souvent de lui parce qu’il était mal habillé, sa mère étant très pauvre. Et une petite voix dit :
– S’il vous plaît, Monsieur, je serai son garant.
– Jean ! Un petit garçon comme toi ! Tu ne comprends sûrement pas ce que cela veut dire, se porter garant pour quelqu’un !
– Oh si, Monsieur. Cela veut dire que si ce grand garçon est de nouveau méchant, je serai puni à sa place.
– Et tu accepterais d’être puni à sa place ?
– Oui, Monsieur.
– Alors, se tournant vers le grand garçon qui se tenait dehors, à la porte, il lui dit :
-Tu peux entrer.
Le garçon s’avança, la tête baissée. Et il pensait : – Je sais que je suis un mauvais garnement, mais peut-être pas encore aussi méchant qu’on le croit. Mais je ne permettrai jamais que mon petit compagnon soit puni à ma place, non jamais !
C’était certainement là l’œuvre de Dieu dans son cœur et sa conscience.
Lorsque les enfants quittèrent l’école, le moniteur vit le petit Jean et le grand garçon partir ensemble en causant comme de vieux amis.
Craignant l’influence que le plus grand pourrait avoir sur Jean, le moniteur les suivit jusqu’à la demeure de Jean, et demanda à sa mère où était Jean.
– Il est monté dans l’escalier, avec un grand garçon. Je ne sais pas ce qu’ils font.
Le moniteur monta sans bruit, et à l’étage au-dessus, il aperçut, par une porte ouverte, les deux garçons à genoux. Et il entendit Jean prier :
Seigneur, tu es tout-puissant. Tu peux faire du plus méchant garçon un de Tes enfants.
Le moniteur se joignit dans son cœur à cette prière de foi. Et Dieu l’entendit. Depuis ce jour-là, celui que toute la classe craignait et méprisait devint un élève assidu et studieux. Jean n’eut jamais à subir de punition à sa place, et le grand garçon eut toujours beaucoup d’affection pour son petit substitut.
Dieu se servit aussi de ces circonstances pour susciter des amis à Jean et à sa mère et leur apporter de l’aide. Jean put aller au lycée et poursuivre des études. Et ce fut ensuite un zélé serviteur de Dieu parmi les païens.

La grâce que le petit Jean avait montrée envers un pauvre garçon dévoyé est une illustration, et un effet de la grâce que le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, a apportée aux hommes en venant sur la terre pour être le Substitut de tous ceux qui croiraient en Lui et en Sa mort expiatoire sur la croix.
Le petit Jean lui-même l’avait compris, et il était heureux de suivre les traces de son Sauveur.

La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes, nous enseignant que …. nous vivions … attendant l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nous afin qu’il nous rachetât … et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres. Tite 2. 11-14.

 

D’après La Bonne Nouvelle 1929