DSC01629

 

KÉRUBA

 

Kéruba était un voleur de grands chemins, et avait commis plusieurs meurtres. Il était le chef d’une bande de brigands qui jetait la terreur dans tout un district des Indes avant l’arrivée des Anglais.
Ses compagnons l’abandonnèrent et le laissèrent seul. Mais alors, quoiqu’il fût un païen, sa conscience commença à lui reprocher ses crimes. La nuit, il faisait des rêves effrayants. Il essaya, pour calmer sa conscience, de donner aux pauvres presque tout ce qu’il avait, il s’imposait les pénitences les plus sévères, et passait des jours et des nuits prosterné dans les temples devant les idoles. Les païens, qui ne connaissaient pas son histoire passée, le regardaient comme un saint, mais sa conscience ne lui laissait pas de repos.
Un jour de grande fête païenne dans une ville où il se trouvait alors, il fut attiré par le son d’une petite cloche, bien différente de celle des temples païens. Il demanda ce que c’était, et on lui dit que c’était pour appeler les gens à un service chrétien. Comme il ignorait totalement ce qu’étaient les chrétiens, il eut la curiosité d’y aller voir.
Le prédicateur lut d’abord un texte : « Le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7).
Kéruba était tout oreilles et ne quittait pas le prédicateur des yeux : ces paroles de vie étaient quelque chose de tout nouveau pour lui et bien étranges. A la fin du service, il s’approcha du prédicateur et lui demanda :
– Est-ce tout à fait vrai, ce que vous avez dit ?
– Certainement, car c’est Dieu Lui-même qui parle ainsi.
– Vous avez dit que le sang de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, nous purifie de tout péché. Est-ce qu’il peut purifier d’un meurtre ?
– Oui, si le meurtrier croit au Seigneur Jésus. Dieu déclare que quiconque croit en Lui recevra la rémission des péchés.
– Mais, monsieur, si un homme a commis deux meurtres, pensez-vous qu’il lui soit possible d’être pardonné ?
– Oui, certainement.
– Et cinq meurtres ?
– Oui, même cinq.
– Mais supposez qu’il ait tué cinq personnes innocentes ? demanda Kéruba avec une intense anxiété.
– Dieu peut pardonner et effacer dix meurtres.
– Mais, monsieur, supposons qu’il ait commis vingt meurtres.
– Dieu peut pardonner vingt meurtres, pour l’amour de Jésus-Christ.
Alors il sera mon Dieu, dit Kéruba, les yeux pleins de larmes qui coulaient sur ses joues amaigries.
– O Dieu, continua-t-il, aie pitié de moi, car j’ai tué vingt personnes innocentes ! Monsieur, me pardonnera-t-Il vraiment, le croyez-vous ?
Le prédicateur écouta la confession de ses crimes, et le récit de tout ce qu’il s’était imposé pour calmer sa conscience. Il pleura avec lui et lui parla de l’amour de Jésus.
– Maintenant, dit Kéruba, j’ai trouvé l’Agneau de Dieu. Vous dites qu’Il est mort pour moi. Je sens dans mon cœur que c’est la vérité. Ils se mirent à genoux tous deux, et rendirent grâces ensemble. Lorsque Kéruba se releva, le fardeau du péché et de la culpabilité, qui pesait sur lui depuis si longtemps, était enlevé. Il retourna vers ses amis, et leur raconta les grandes choses que Dieu avait faites pour lui.
Ils furent bien étonnés en entendant ses paroles, et plus encore en voyant l’expression radieuse de son visage. Plusieurs d’entre eux crurent et vinrent à Jésus pour être sauvés. Kéruba employa le reste de sa vie à chercher à gagner des âmes au Seigneur Jésus.

Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités (Héb. 8. 12 et 10. 17).

D’après La Bonne Nouvelle 1897