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IL VIENT !

 

Dans ma chambre, dit Monsieur D., est suspendu un tableau qui représente un beau lac de la Suisse, entouré de montagnes couvertes de neige étincelant à la lumière du soleil, et sur ce lac se trouvent deux ou trois bateaux.
Au bord du lac on aperçoit un vieux château entouré de quelques peupliers.
Il y a un mois environ, j’eus la visite d’un vieil ami chrétien. Celui-ci étant originaire de la Suisse, s’approcha avec bonheur du tableau en disant : « Ah ! voilà mon pays natal. Dans le village auquel appartient ce château, je passai ma jeunesse. C’est là que je reçus le jour et que je suis né de nouveau ».
A ma demande, mon ami me raconta ce qui suit :
« C’était par une belle journée d’été, il y a environ soixante ans ; j’étais assis, au soleil, sur le pas de porte de notre maison. Bien que je n’eusse que sept ans, je me souviens encore très bien du superbe paysage qui se déroulait devant moi. Le lac était transparent, le ciel d’un bleu foncé et, dans le lointain, les glaciers resplendissaient. Bref, jamais, depuis ce jour-là, je n’ai vu la nature aussi belle. Mon cœur tressaillait de joie et de bonheur.
Tout à coup, je vis quelque chose se mouvoir dans le ciel ; l’objet était presque dans les nuages et semblait s’approcher de la terre. Il était trop loin de moi pour que je pusse distinguer ce que c’était ; mais soudain cette pensée me saisit : c’est le Seigneur Jésus ; il vient maintenant et je ne suis pas prêt. Ma mère était une vraie chrétienne ; elle m’avait appris, par la parole de Dieu, que le Seigneur Jésus pouvait revenir à chaque instant pour chercher ses rachetés.
Effrayé, je me levai et courus dans notre grange dont je fermai la porte derrière moi, et je me jetai sur un tas de foin. Là, en pleurant amèrement, j’ouvris mon cœur à Dieu et criai : Oh ! Seigneur, sauve-moi ; je suis perdu ; pardonne-moi tous mes péchés. Seigneur Jésus, sauve-moi.
Je pleurai et je priai ainsi, rempli de crainte, pendant un quart d’heure. Dehors tout était tranquille ; j’écoutai et je me dis : Que peut-il être arrivé ? Oh ! si seulement le Seigneur Jésus n’est pas encore venu chercher ma mère et tous les croyants pour les introduire dans le ciel !
Mon cœur battait toujours plus fort ; je tremblais de tout mon corps et j’écoutais néanmoins toujours. Finalement on n’entendit plus rien. Mon courage commença à revenir et j’avançai sur la pointe des pieds vers la porte. Lorsque je fus sur le point de l’ouvrir, j’entendis les pas d’un grand nombre de personnes qui passaient devant la maison et disaient : il est descendu derrière le château, derrière le château, derrière le château ! Je pensai alors : C’est donc bien vrai que le Seigneur est venu. Je me jetai une seconde fois sur le tas de foin et criai comme auparavant, mais d’une façon beaucoup plus intense : Seigneur ! sauve-moi, accepte-moi ; oh ! Seigneur aie pitié de moi ! J’étais atterré, car tout mon espoir semblait évanoui. A la fin, le bruit ayant cessé, je me hasardai à lever la tête pour regarder au-dehors. Je m’approchai de nouveau silencieusement de la porte pour regarder ce qui se passait dans la rue. Tout y était comme à l’ordinaire ; cependant la crainte remplissait encore mon cœur. Alors je ne tardai pas à apprendre que l’objet qui m’avait causé tant d’angoisse était une montgolfière, qui avait atterri derrière le château et qui m’avait causé toute cette frayeur.
Mais cette peur n’avait pas été vaine. Dieu venait de parler à mon cœur, et avait ainsi commencé son œuvre en moi.
Dès lors, je fus plus sérieux ; mais ce ne fut que quelques années plus tard que je trouvai véritablement la paix. Alors je compris que le Seigneur Jésus avait porté tous mes péchés sur la croix et m’avait sauvé pour toujours. Oh ! comme je fus heureux ! »
Vous voyez, mes chers enfants, que, quand on n’est pas sauvé, on redoute la venue du Fils de Dieu. Mais aussi cette crainte de le voir comme un juge a sa raison d’être. Comme ce serait terrible pour toi, mon jeune lecteur, si tu devais partager le sort des vierges folles, auxquelles le Seigneur ferma la porte du ciel en leur disant : « Je ne vous connais pas » (Mat. 25. 12). Mais qu’il est consolant, au contraire, d’attendre le Seigneur d’un cœur joyeux, et de pouvoir lui dire : « Amen ; viens, Seigneur Jésus » (Apoc. 22. 20).
Eh bien ! dites-moi, que deviendriez-vous, si le Seigneur Jésus venait aujourd’hui ? Prenez la chose au sérieux et venez aujourd’hui même au Seigneur pour être sauvé ! Alors vous pourrez lui dire de tout votre cœur :

O Jésus ! mon cœur soupire
Après toi de jour en jour ;
Avec ardeur je désire
Le moment de ton retour ;
Je m’écrie, avec les tiens :
« Amen ; Seigneur Jésus, viens ! »
Divin trésor de mon âme,
C’est toi seul que je réclame.

Hymnes et Cantiques n°200

D’après Heureux Message