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HISTOIRE D’UN TEXTE

Que peut bien être l’histoire d’un texte ? – Eh bien ! Il s’agit d’un passage de la Bible qui a eu des effets merveilleux.
Par un soir d’hiver très froid, un pauvre garçon irlandais se trouvait dans une rue de Dublin, sans abri, sans famille et sans amis.
Il avait été entraîné à se joindre à un gang de voleurs qui, ce soir-là, avaient projeté un vol avec effraction et lui avaient donné rendez-vous là. Il grelottait, quand tout à coup il sentit une main se poser sur son épaule. Il tressaillit, mais une voix amicale lui demanda :
– Que fais-tu là, si tard ? Tu devrais être au lit à cette heure-ci. Rentre chez toi et va te coucher.
– Je n’ai pas de chez moi et je n’ai pas de lit, répondit l’enfant.
– Et si je te disais où tu trouverais un bon lit, au chaud, est-ce que tu irais là ?
– Oui, sûrement, et tout de suite.
L’homme bienveillant donna une adresse, et l’enfant partait déjà, mais il le retint, en lui expliquant qu’il fallait un mot de passe pour entrer, et comme le petit garçon ne savait pas lire, il lui dit :
– Alors, rappelle-toi bien, c’est : Jean 3. 16.
Le garçon partit en courant, tout en se répétant le mot de passe. Arrivé à l’adresse indiquée, il se trouva devant de hautes grilles fermées qui lui firent peur, et il sonna timidement. Au portier, qui ouvrit avec brusquerie, il répondit :
– Je suis Jean 3. 16.
– C’est bon, entre.
Il fut bientôt dans un bon lit chaud et dormit jusqu’au matin, où on lui donna encore du pain avec un bol de lait chaud, mais il dut sortir ensuite, le home n’étant pas ouvert dans la journée. Il erra dans les rues, craignant de tomber sur ses mauvais compagnons mais, repensant à cette bonne nuit et se répétant son nouveau nom, il traversa imprudemment une rue à grand trafic où il fut renversé par une voiture.
Il se retrouva à l’hôpital, où on lui demanda son nom, son adresse et sa religion. Il ne savait que dire, sauf qu’il était Jean 3. 16, ce qui provoqua un éclat de rire général.
On l’installa dans la salle des accidentés, mais il eut des accès de fièvre où il délirait, et on l’entendait répéter : Jean 3. 16, c’était pour me faire du bien, et cela m’en a fait. Cela attira l’attention des autres blessés, dont plusieurs se mirent à chercher le passage dans leur Nouveau Testament, où ils lurent : Car Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Et Dieu se servit de ce seul verset – que Luther nommait un abrégé de toute la Bible, pour amener plusieurs de ces malades à la foi au Seigneur Jésus.
Un peu plus tard, le pauvre garçon se réveilla, et le blessé du lit voisin lui demanda : – Comment vas-tu, Jean 3. 16 ?
Le garçon fut bien étonné, et demanda :
– Vous connaissez donc mon nouveau nom ?
– Bien sûr, tu n’as pas arrêté de le répéter. Et moi, je puis dire : béni soit Jean 3. 16 !
– Mais sais-tu où cela se trouve ?
– C’est dans la Bible.
– La Bible, qu’est-ce que c’est ? Questionna le pauvre garçon, qui n’en avait jamais entendu parler. Eh bien, voulez-vous me le lire ? Et en écoutant ce verset, il murmurait :
– Que c’est beau. Cela ne parle que d’amour. Et il n’y a pas seulement une maison pour la nuit, comme j’en ai bien profité, mais une demeure pour toujours. Et il apprit le texte par cœur, tout joyeux.
Après quelques jours, il eut un autre voisin de lit, un vieillard très malade. Une religieuse vint le visiter, et lui demanda si le prêtre était venu le voir. Il répondit que oui, mais qu’il avait compris qu’il allait mourir et qu’il n’était pas prêt à cela. Elle lui laissa un chapelet, mais qui ne lui apporta aucun réconfort, ni assurance pour l’au-delà. Il répétait : Je suis un grand pécheur, et je ne suis pas prêt à mourir. Que vais-je devenir ?
Notre petit ami, entendant cela, se dit : Il a besoin d’un passeport et il s’adressa au vieillard :
– Je sais quelque chose qui vous fera du bien, comme il m’en a fait à moi.
– Eh bien, dis-le-moi.
– Voilà : c’est Jean 3. 16. Vous m’écoutez ?
– Oui, bien sûr.
Le garçon lui récita le verset, le répétant plusieurs fois.
Le vieillard ajouta foi à la Parole de Dieu, crut au Seigneur Jésus, et mourut en paix.
Notre jeune ami retrouva la santé, et Dieu fit en sorte qu’il rencontre des amis qui le firent aller à l’école. Et il devint par la suite un évangéliste servant fidèlement son Maître.

D’après La Bonne Nouvelle 1883