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EXPÉRIENCES DE COLPORTEURS BIBLIQUES

Pendant la foire de Milan, la Société Biblique Britannique et Étrangère avait installé un stand de vente en face de la cathédrale.
Il s’y écoulait jusqu’à deux cents Bibles par jour.
Furieux de l’intérêt témoigné de la sorte à la Parole de Dieu, des personnes cherchèrent à créer des désordres, afin de provoquer l’intervention de la police.
Les autorités se montrèrent tout à fait compréhensives vis-à-vis des chrétiens, mais bien embarrassées sur la manière dont elles devaient intervenir.
On reconnut aux colporteurs, tout autant qu’à n’importe qui, le droit de vendre leurs livres, mais on les pria de bien vouloir transférer leur échoppe sous les arcades de la Galerie Victor Emmanuel.
Ils y consentirent. A peine y étaient-ils installés qu’un orage d’une extrême violence éclata. La foule se précipita dans la galerie pour se mettre à l’abri. Et les colporteurs ne tardèrent pas à se voir assaillis de demandes, si bien qu’en très peu de temps ils écoulèrent toute leur provision de Bibles.
Jamais encore ils n’avaient réalisé une vente aussi forte.

Récits d’un colporteur italien.
J’entrai dans une maison où habitait une femme malade. On me permit de pénétrer dans sa chambre ; j’y trouvai le médecin qui la soignait. Comme j’offrais à la malade une Bible, elle la tendit au médecin en lui demandant ce qu’il en pensait.
– Je viens de vous donner, répondit-il, une prescription qui guérira votre corps. La Bible contient le remède dont votre âme a besoin.
Elle s’empressa d’acheter le volume.

Je frappai à la porte d’une cabane. « Avanti » (entrez), cria-t-on de l’intérieur. J’entrai et me trouvai devant une femme qui époussetait les meubles. Elle me pria de m’asseoir.
Devinant qui j’étais, elle sembla embarrassée, puis me demanda brusquement :
– Combien, le Nouveau Testament ?
– Deux livres, Madame.
Elle me tendit une pièce d’argent et j’allais lui remettre le volume, lorsqu’elle m’arrêta d’un geste impératif.
– Nous en avons déjà un, s’écria-t-elle, mon fils vous l’a volé il y a quelques jours. Mais, en le lisant, il a reconnu qu’il avait péché. Il m’a avoué la chose et m’a prié de vous payer dès que je vous verrais.

Un chaleureux accueil m’attendait à Bagnoli dans une maison où j’avais déjà vendu un Nouveau Testament quelques semaines auparavant. Le petit livre y avait produit des fruits et opéré une transformation radicale. La mère de famille me raconta la chose en détail :
– Votre livre, me dit-elle, a complètement changé nos habitudes. Autrefois nous n’avions jamais un sou. Tout passait à la loterie, à la boisson, au tabac et il ne nous restait pas même assez pour acheter des chaussures pour nos enfants. Maintenant nous avons tout ce qu’il nous faut pour subvenir à nos besoins et, mieux que cela, nous avons appris à connaître le Seigneur Jésus.

En Espagne.
Le colporteur Gil arriva au village d’Os de Vales pour y poursuivre le travail qu’il avait commencé quelques jours auparavant. A peine l’eut-on vu que les villageois sortirent de leurs demeures comme un essaim d’abeilles furieuses, et l’abreuvèrent d’outrages.
– C’est le bandit, criaient-ils, qui nous a vendu des livres destinés à attaquer Dieu, Christ, les saints, et même la très sainte Vierge.
Et de brandir des gourdins, et de lancer des pierres. Mais Gil avait déjà affronté mainte scène pareille ; il connaissait à fond la psychologie des foules. Tout en tenant tête à l’émeute, il distribua quelques Évangiles en priant les gens d’y jeter un coup d’œil. Il se fit un profond silence, puis on entendit une voix qui disait : « Il me semble que c’est tout à fait raisonnable », et une autre : « Je n’y vois point de mal ». Mais une autre personne s’écria : « Peut-être ces livres ne disent-ils rien de mal, mais ceux qu’il vendait l’autre jour débordaient de blasphèmes, c’est pourquoi on les a brûlés ».
L’attitude de la foule redevint menaçante, mais Gil ne se laissa pas abattre.
– Montrez-moi un de ces livres, se contenta-t-il de dire, et je vous prouverai qu’ils ne contiennent rien du tout de répréhensible.
– Comment voulez-vous que nous vous les montrions ? demanda un homme. Ils ont tous été brûlés.
Là-dessus une vieille femme s’avança, tenant à la main un exemplaire de l’Évangile selon Luc.
– En voici un, dit-elle. Je l’ai sauvé du feu. Ma fille m’en a lu des choses si extraordinaires que je l’ai caché dans une malle.
Le colporteur ouvrit le petit volume et tomba sur la parabole du fils prodigue, qu’il lut à haute voix. Jamais encore il n’avait vu ce récit produire une impression aussi profonde. Chaque mot portait. L’amour du Père pour son fils émouvait tous les cœurs. Beaucoup de personnes pleuraient. Avec le secours du Seigneur Gil restait maître de la situation. Avant de quitter Os Vales il y laissa plus de trente exemplaires des Livres Saints. Ceci se passait en 1932. Ne se croirait-on pas reporté des siècles en arrière.
Dans une autre localité un colporteur annonçait l’Évangile en plein air, mais sans paraître éveiller beaucoup d’intérêt. L’attention se fixa lorsqu’on vit arriver un homme qui s’approcha du colporteur, lui prit sa Bible des mains et se mit à lire à voix haute et intelligible (voix) le chapitre 13 de l’Évangile selon Marc. Puis il s’adressa en ces termes à l’auditoire :
– Je ne connais pas ce monsieur personnellement, mais je lui achetai une Bible il y a plusieurs années. Je la lus. Elle produisit sur moi une impression telle, qu’aujourd’hui encore j’en lis un passage tous les matins, car je suis intimement convaincu qu’elle contient la vérité selon Dieu. Sur ma recommandation, bon nombre des membres de ma famille la lisent aussi. Quant à vous, Monsieur, ajouta-t-il en se tournant vers le colporteur, je bénis l’heure où vous m’avez vendu l’Écriture Sainte. Elle a pour moi une valeur telle que les mots me manquent pour l’exprimer. Venez me voir dès que vous visiterez de nouveau ma ville, et je vous aiderai dans votre travail.

D’après Almanach Évangélique 1936