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ÉTUDE SUR JEAN 13

 

« Or, avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. Et pendant qu’ils étaient à souper, le diable ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, de le livrer, Jésus, sachant que le Père lui avait mis toutes choses entre les mains, et qu’il était venu de Dieu, et s’en allait à Dieu, se lève du souper et met de côté ses vêtements ; et ayant pris un linge, il s’en ceignit. Puis il verse de l’eau dans le bassin, et se met à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vient donc à Simon Pierre ; et celui-ci lui dit : Seigneur, me laves-tu, toi, les pieds ? Jésus répondit et lui dit : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite. Pierre lui dit : Tu ne me laveras jamais les pieds. Jésus lui répondit : Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi. Simon Pierre lui dit : Seigneur, non pas mes pieds seulement, mais aussi mes mains et ma tête. Jésus lui dit : Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net ; et vous, vous êtes nets, mais non pas tous. Car il savait qui le livrerait ; c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous nets. Quand donc il eut lavé leurs pieds et qu’il eut repris ses vêtements, s’étant remis à table, il leur dit : Savez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis ; si donc moi, le Seigneur et le Maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez. En vérité, en vérité, je vous dis : L’esclave n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites. Je ne parle pas de vous tous ; moi, je connais ceux que j’ai choisis ; mais c’est afin que l’écriture soit accomplie : « Celui qui mange le pain avec moi a levé son talon contre moi ». Je vous le dis dès maintenant, avant que cela arrive, afin que, quand ce sera arrivé, vous croyiez que c’est moi. En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui reçoit quelqu’un que j’envoie, me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé » (versets 1 à 20).

Pour situer un peu la scène que nous avons lue, les enfants peuvent aussi comprendre – nous sommes un jeudi, après six heures du soir. Pourquoi cela ? Nous, nous comptons un jour depuis minuit jusqu’à minuit, soit vingt-quatre heures. Les Juifs ne comptaient pas les jours ainsi. Une journée commençait à six heures du soir et se terminait à six heures du matin, il y avait quatre veilles de la nuit, de trois heures chacune, donc douze heures. Ce qui rend ce moment particulièrement solennel, c’est que c’est la dernière fois que le Seigneur est avec ses disciples. Ils sont dans la chambre haute. Dans d’autres évangiles les choses sont présentées un peu différemment. Le Seigneur a envoyé deux de ses disciples : Préparez-moi l’endroit, la chambre haute où nous allons manger la Pâque. Pourquoi était-ce après six heures du soir ? Parce que c’était un jour de Pâque et le Seigneur a mangé l’agneau de la Pâque avec ses disciples. Les juifs, pour la plupart, la mangeait le jour suivant puisqu’ils ne sont pas rentrés au prétoire le lendemain, pour pouvoir manger la Pâque. Le Seigneur a mangé la Pâque ce même jour, qui commençait à six heures du soir. Donc nous sommes après six heures du soir. Le lendemain – c’est cela qui rend les choses très solennelles – à neuf heures du matin, le Seigneur aura passé toute une nuit blanche, aura été interrogé, envoyé vers Anne, le souverain sacrificateur, Caïphe, Hérode et Pilate. Le lendemain matin, depuis la troisième heure du jour juif, c’est-à-dire neuf heures du matin, il sera sur la croix jusqu’à trois heures de l’après-midi. Trois heures avant midi, trois heures de la méchanceté de l’homme. De midi, la sixième heure, à la neuvième heure, trois heures à huis clos, abandonné de Dieu. Nous disons cela pour situer la scène.
Nous sommes donc un jeudi soir dans un moment où tout autre aurait pensé à soi-même… A quoi est-ce que nous penserions, bien-aimés du Seigneur, si nous savions que le lendemain nous allions disparaître de la scène ? A quoi penserions-nous ? Nous serions peut-être complètement obnubilés par ce qui nous attend, surtout de cette manière aussi tragique. A qui pense le Seigneur ? « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, [Il] les aima jusqu’à la fin ». Le Seigneur pense aux siens, aussi parce que les disciples allaient être laissés seuls. Le Seigneur va en grâce s’occuper d’eux. Il fallait que les disciples soient aussi en état d’entrer dans les paroles que le Seigneur allait leur adresser du chapitre 14 au chapitre 16 où Il va leur communiquer ses dernières paroles, ses dernières volontés. Nous savons, bien-aimés du Seigneur, lorsque quelqu’un disparaît, on se souvient : « Ah ! Je l’ai encore vu la veille, il m’a dit ceci, il a fait cela ». C’est bien pour cela que ces chapitres sont poignants pour nos cœurs, parce que ce sont les dernières paroles que le Seigneur a dites, les dernières choses que le Seigneur a faites avant de souffrir sur la croix.

Il « les aima jusqu’à la fin ». Combien ce chapitre est concret pour nos vies à chacun, quel que soit notre âge, parce que ce Seigneur qui va donner sa vie, avant qu’il la donne, laisse à ses disciples et à nous-mêmes cette pensée si concrète d’avoir une part avec Lui jusqu’à ce qu’Il vienne. Et cette part nous parle de communion. Le Seigneur – en présence de Judas qui va le trahir, en dernier appel de sa grâce, indirectement – prend un linge et se met à laver les pieds de chacun des disciples. La position du Seigneur pour laver les pieds des siens, témoigne de son abaissement, de son humilité, pour opérer un double travail dans nos cœurs : 1) L’humilité, par l’exemple qu’Il nous montre ; 2) Le rappel que nous avons à le pratiquer l’un envers l’autre. La première fois qu’il est parlé dans la Parole d’un lavage des pieds, c’est en Genèse au chapitre 18. On peut lire le verset de cette visite à Abraham. Celui-ci reçoit des hommes et il leur dit : « Qu’on prenne, je te prie, un peu d’eau, et vous laverez vos pieds, et vous vous reposerez sous l’arbre » (verset 4). C’était donc une habitude dans ces pays d’orient, qu’après un voyage on bénéficie de ce soulagement par l’eau – mais pas seulement ce soulagement : il permettait aussi d’enlever la poussière de la marche. C’est une image très simple et accessible. Tant que nous sommes ici-bas, nous sommes souillés en traversant ce monde. Ce n’est pas simplement les pieds et la marche, qui est le sens principal, mais bien sûr que dans notre marche chrétienne ici-bas il y a notre esprit, notre vue, nos paroles, nos actes, et le Seigneur nous rappelle que nous sommes sanctifiés, justifiés, par son sang précieux. Ce n’est pas directement ici mais ce lavage est une image de ce qu’est la Parole de Dieu. Je lis un deuxième verset dans l’épître aux Éphésiens en rapport avec l’assemblée : « afin qu’il la sanctifiât [l’assemblée], en la purifiant par le lavage d’eau par la parole » (5. 26).

Si l’on exclut l’introduction de l’évangile selon Jean qui occupe les deux premiers chapitres, le ministère du Seigneur commence au chapitre 3 et se termine au chapitre 12 avec l’avertissement que nous avons à partir du verset 37 de ce chapitre 12 jusqu’à la fin du chapitre. Dans ce chapitre 12 le ministère du Seigneur est terminé. Son travail en grâce envers le monde est terminé. A la fin du verset 36 il est dit : « il se cacha de devant eux ». Pour le monde c’est fini. De ce monde le Père lui a donné des âmes et ceux que le Père lui a donnés, ceux que le Seigneur appelle les siens, des hommes sont là les objets de tout son amour. « Ayant aimé les siens » : son amour envers les siens a été démontré dans ce monde. Il « les aima jusqu’à la fin », c’est-à-dire qu’il fit tout ce qui était nécessaire pour atteindre le but. Le Seigneur s’occupe de tout pour que nous puissions arriver au but. C’est sa personne que nous voyons ici. Personne ne lui avait demandé de laver les pieds des disciples ni de qui que ce soit. Nous, nous en avons besoin, et parce que nous en avons besoin le Seigneur le fait. Est-ce que ce que le Seigneur fait ici, nous pouvons le traduire dans toute notre vie, dans tous nos besoins ? Le Seigneur s’en occupe et par-dessus tout, la plus grande chose qu’Il désire pour nous, c’est cette relation avec Lui, que nous puissions avoir une part avec Lui. Et il le fait pour que cette part avec lui soit assurée quelles que soient nos capacités. Nous voyons ici ce qu’il fait pour nous assurer cette relation qu’Il veut que nous ayons avec Lui.

Ce qui étreint nos cœurs, c’est que le Seigneur savait toutes les choses qui allaient Lui arriver. Il est dit deux fois dans ces premiers versets : « Jésus, sachant » (versets 1 et 3). On peut dire entre parenthèses que c’est quelque chose dont nous ne nous rendons pas compte nous-mêmes. Le fait que nous ne savons pas ce qui est devant nous, que nous ne savons pas ce qui va nous arriver, nous préserve de beaucoup de choses. La seule chose que nous savons c’est que nous sommes entre les bonnes mains d’un Sauveur, d’un Seigneur qui nous aime, d’un Père qui nous aime et qui connaît toutes choses à l’avance. Le Seigneur, lui, savait exactement tout ce qui allait lui arriver. Il savait aussi que le Père lui avait mis toutes choses entre les mains. Il sait donc qu’il a la croix devant lui. Le Seigneur va s’occuper des siens et en même temps – dans le chapitre 17, il le dit bien (il voit déjà l’œuvre accomplie) : « J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire ». Il se place déjà comme au-delà de la croix. Ici, quand il nous est dit : « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, [Jésus] les aima jusqu’à la fin », le Seigneur voit non seulement l’œuvre de la croix qui est là, ce prix qu’il a à payer pour nous racheter, mais aussi ce service qu’il va avoir après la croix. Il commence symboliquement à ce moment-là, en se mettant aux pieds de ses disciples, en lavant leurs pieds, ce service qu’il poursuit actuellement à notre égard de nous purifier en ce qui concerne notre marche pratique pour que nous puissions avoir une part avec lui, avoir communion avec lui et que nous puissions vraiment entrer dans les pleins résultats de cette œuvre qui lui a coûté si cher, de façon que nous puissions vraiment être rendus aptes, alors que nous n’avons aucune capacité en nous-mêmes. Mais il nous a rachetés, il nous a sauvés. Nous avons besoin de ce service d’amour du Seigneur qui se poursuit actuellement. Le Seigneur dans le ciel prie pour nous, s’occupe de nous et veut agir à notre égard comme il l’a fait symboliquement en lavant les pieds des disciples à ce moment-là, pour que nous puissions avoir cette part avec lui. C’est donc très actuel. Il faut bien être conscient que ce que nous avons là est une image de ce que le Seigneur fait actuellement pour nous, qu’il veut opérer en nous pour que nous soyons en heureuse communion avec lui. Combien cela touche nos cœurs : le Seigneur, alors qu’il a la croix devant lui, prend cette place aux pieds des disciples qui ne comprennent pas ce qu’il fait – ce qu’on voit bien dans les questions de Pierre, mais déjà Il nous enseigne là quelque chose de ce service d’amour qu’il poursuit à notre égard.

Il y a plusieurs sens à cette expression : « jusqu’à la fin ». D’abord c’est un sens temporel : jusqu’à la fin d’une période. De quelle période s’agit-il ? Il y a au moins deux significations, premièrement c’est jusqu’à la fin de sa vie sur la terre, jusqu’à la croix, en contraste, avec son service public qui était terminé. Pour les siens, pour ceux qu’il avait choisis, appelés pour être avec lui, ces douze dont il dit au chapitre 17 que c’est le Père qui les lui avait donnés, il s’en occupe activement par amour, il les aime jusqu’à la fin, c’est-à-dire jusqu’à ce moment qui était devant lui de passer de ce monde au Père. Ainsi, « jusqu’à la fin », c’est jusqu’au moment où il va laisser le monde et retourner auprès du Père quand il terminera sa course sur la terre. C’est le premier sens, qui est très touchant pour nous. Effectivement il s’occupe ainsi des siens jusqu’au bout, jusqu’à son départ.
Et puis dans la deuxième signification de cette expression, c’est à ce moment-là plutôt en rapport avec l’expression « les siens qui étaient dans le monde il les aima jusqu’à la fin ». Dans ce sens-là, la fin c’est jusqu’à la fin du séjour des siens dans le monde. Cela va beaucoup plus loin, puisque dans les siens on peut inclure non seulement les douze mais aussi « tous ceux qui croiront en moi par leur parole » (Jean 17. 20), c’est-à-dire tous les chrétiens, toute l’église. Dans ce sens-là l’église est dans le monde jusqu’au retour du Seigneur. Et en rapport avec l’expression « les siens qui sont dans le monde », c’est encore actuel, le Seigneur les aime aussi jusqu’à la fin de cette période-là, jusqu’au moment où non seulement lui aura quitté le monde pour retourner au Père, mais les siens aussi quitteront ce monde pour être pris auprès de lui dans la maison du Père. Ce service d’amour du Seigneur va jusqu’à cette fin-là aussi. Nous en sommes encore actuellement les bénéficiaires.
Et puis, enfin, il y a un autre sens : on peut voir dans l’original en particulier que ce n’est pas seulement un sens temporel. « Jusqu’à la fin », on peut aussi dire que c’est jusqu’au bout de son amour, c’est-à-dire jusqu’à cette extrémité de l’amour qui est de se donner lui-même. « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15. 13). C’est aussi ce sens-là, « jusqu’à la fin » c’est-à-dire jusqu’à ce point suprême, extrême, de la manifestation de son amour qui est de laisser sa vie.

Nous voyons dans ce chapitre tout l’amour du Seigneur qui se déploie. On peut même dire que tout le chapitre est imprégné de l’amour du Seigneur. « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin ». Sans vouloir anticiper, nous lisons au verset 34 : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés ». Étant imprégnés nous-mêmes de l’amour du Seigneur, très souvent à notre insu, sans nous en rendre compte, il nous demande de nous aimer les uns les autres comme il est dit dans la 1ère épître de Jean : « n’aimons pas de paroles ni de langue, mais en action et en vérité » (3. 18).
Ce chapitre nous parle aussi de l’humilité du Seigneur Jésus qui est à la fois le fils de l’homme, c’est-à-dire un homme comme vous et moi, mais sans péché, et le Fils de Dieu. Le Fils de Dieu c’est aussi Dieu le Fils, c’est Dieu lui-même qui nous parle de son humilité. Cela peut surprendre. Nous savons que notre Dieu est infiniment puissant, infiniment saint. Le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, Dieu le Fils, se nomme lui-même « le Fils » ; on peut le lire dans l’évangile de Matthieu au chapitre 11 : « En ce temps-là, Jésus répondit et dit : Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi. Toutes choses m’ont été livrées par mon Père ; et personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père ; ni personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler » (versets 25 à 27). (Remarquons que le Fils ici est écrit avec un F majuscule et dans les évangiles cela désigne toujours le Fils de Dieu. Lorsqu’il s’agit simplement du fils de l’homme, le mot fils est écrit avec un f minuscule). Et puis il ajoute : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur » » (versets 28 et 29). C’est le Fils de Dieu qui nous parle là de ce qui le concerne lui : il est débonnaire et humble de cœur.
Dans la suite de ce chapitre 13 qui nous parle du Seigneur Jésus comme étant le Fils de Dieu, Jésus se dépouille de ses vêtements ordinaires, il se ceint d’un linge et que fait-il ? Il se met à genoux aux pieds des disciples et leur lave les pieds. Il s’astreint, lui-même dans son humilité, dans sa débonnaireté, à la place d’un esclave. Il se fait esclave comme on le voit aussi dans Zacharie au chapitre 13 où le Seigneur dit : « l’homme m’a acquis comme esclave dès ma jeunesse » (verset 5). Nous voyons que le Seigneur Jésus, dans l’Ancien Testament et dans l’évangile de Matthieu, ne se contente pas de dire qu’il est débonnaire et humble de cœur, il ne se contente pas de paroles mais il met en pratique ce qu’il nous dit. Il nous montre à quel point nous avons à être en quelque sorte des esclaves les uns vis-à-vis des autres, certainement nous en sommes très loin. Mais c’est l’exemple que le Seigneur nous donne de son amour suprême qui est allé jusqu’au bout. C’est-à-dire jusqu’au terme de la vie terrestre des hommes, lorsque le Seigneur reviendra enlever les croyants à sa rencontre. Son amour se manifeste chaque jour mais dans cet amour le Seigneur montre l’exemple de Dieu lui-même dans la personne du Fils qui se fait esclave : l’humilité. On a parlé de l’humilité et c’est bien là l’exemple qu’il nous donne à chacun et pour tous les jours.

Le verset 3 nous rappelle la grandeur de Celui qui est placé devant nous. « Venu de Dieu, et s’en allait à Dieu ». Il a quitté cette place auprès du Père pour s’anéantir, s’abaisser, et il est maintenant remonté à la droite du Père. Mais dans cette scène, la dernière avant la croix, il prend cette place de débonnaireté, d’humilité de cœur et nous pouvons ajouter : quelle douceur dans ses paroles adressées aux siens !

Qui de nous n’a pas été étonné, après cette déclaration de l’amour merveilleux, inaltérable, qui nous suit jusqu’à la fin de notre vie, comme cela a été dit, de cette deuxième acception. Nous ne savons pas ce qui nous arrivera demain. Personne ne le sait. Mais une chose est sûre, c’est que l’amour de notre Seigneur sera là jusqu’à la fin. Nous avons cette déclaration, ensuite, nous avons le lavage des pieds et qui n’a pas été étonné devant ce verset 2 concernant Judas ? Qu’est-ce que ça vient faire là, subitement, après ces déclarations de l’amour du Seigneur et avant le lavage des pieds ? Pourquoi est-ce qu’il est parlé de cette félonie de Judas ? Il ne faut pas que nous voyons Judas comme une espèce de monstre. La nature de Judas n’est ni plus mauvaise, ni meilleure que la nôtre. Nous sommes capables de trahir le Seigneur et lorsque ce n’est pas l’Esprit de Dieu qui nous conduit, nous sommes conduits par les mêmes ressorts que ceux qui ont conduit Judas, qui ont conduit les hommes qui ont crucifié le Seigneur. Combien nous avons besoin de la grâce ! Et si ce verset 2 nous parle de Judas et de ce qu’il a fait, c’est pour nous dire ce que notre nature a d’incorrigible et combien nous avons besoin, en effet, des soins du Seigneur. On nous a dit que ce lavage des pieds nous parlait du service de souverain sacrificateur et d’avocat que le Seigneur accomplit actuellement dans le ciel, nous représentant auprès de Dieu et exerçant ce lavage dans notre vie pour que nous soyons débarrassés de toute la souillure que hélas ! Nous contractons si facilement dans le chemin. Et puis nous avons cette autre acception qui est dans le deuxième paragraphe de notre lecture où « je vous ai donné un exemple » (verset 15) et pour ce côté-là, nous pouvons bien nous interroger : dans quelle mesure est-ce que nous accomplissons ce service d’amour vis-à-vis de ceux que le Seigneur nous a confiés ? Dans les rassemblements, bien-aimés du Seigneur, nous sommes confiés les uns aux autres et comme cela nous a été dit, c’est dans la mesure où nous réalisons ces caractères du Seigneur – l’humilité – le Seigneur a enlevé toute apparence : enlevant ses vêtements, il n’a pas voulu paraître quelque chose, lui qui était pourtant le Maître. Laver les pieds des gens, ce n’est pas leur laver la tête. C’est se mettre aux pieds des autres, tout en bas, là où nous avons fini d’avoir des prérogatives, là où nous avons mis de côté nos susceptibilités, là où nous avons mis de côté notre propre volonté, pour nous approcher des autres et non pas leur dire : « Tu sais, je pense que… ». Ce que nous pensons n’a aucune importance, mais venir avec l’eau de la Parole de Dieu, c’est ce qui compte. C’est la Parole de Dieu qui doit être appliquée et c’est ce qu’a fait le Seigneur. Il a appliqué la Parole de Dieu ; Lui était pourtant la Parole et il aurait pu dire : « Vous savez, moi je pense… ». Non, il vient avec la Parole de Dieu.
Que le Seigneur nous accorde, dans les rassemblements, alors que nous sommes appelés à vivre une vie collective, qu’il y ait d’abord ces sentiments qui ont encadré à peu près notre lecture, sentiments d’amour du Seigneur vis-à-vis de chacun de ses disciples et même de Judas : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » (Matt. 26. 50). Sa pensée n’allait pas au-delà de sa parole. Quand le Seigneur a dit « ami » à Judas, c’est qu’il y avait dans son cœur un profond sentiment d’amour pour Judas. Nos frères ne sont peut-être pas toujours sympathiques, pas toujours faciles. Eh bien, nous voyons de quel amour le Seigneur a aimé les siens ; il a aimé un Judas, il a aimé un Pierre. Il était là aux pieds de Pierre et il savait que le lendemain, dans la nuit même, Pierre dirait : « Je ne connais pas cet homme ! ». Le Seigneur le savait, et de cet amour absolument inaltérable, Il aimait Pierre. Est-ce que nous aimons nos frères et sœurs de cet amour-là, est-ce que nous aimons seulement ceux qui sont sympathiques, qui nous apportent quelque chose, ou bien est-ce que nous aimons de cet amour-là ? On ne peut pas produire cet amour, personne ne le peut, l’apôtre Paul non plus, l’apôtre Jean non plus, Pierre non plus ; personne, vous non plus, moi non plus, personne ne peut produire cet amour. Il est en mesure surabondante dans le cœur de notre Seigneur et là nous pouvons y puiser. Nous nourrissons-nous de cet amour-là, cet amour qui nous a aimés, cet amour de la croix qui a dit « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » – et ils l’ont crucifié… Bien-aimés, oh ! si le Seigneur nous donnait d’être nourris de cet amour-là qui a sa source dans son cœur et que ce soit cet amour-là qui s’exerce vis-à-vis de nos frères et sœurs, vis-à-vis de ceux qui ne nous sont pas sympathiques, de celui avec lequel j’ai du mal, si nous les aimions de cet amour-là, alors, lorsque quelqu’un – hélas ! c’est rare – entrerait dans un rassemblement (vous savez les gens qui entrent dans un rassemblement, ce n’est pas d’abord la doctrine qui les frappe et leur fait dire : c’est une doctrine juste, non), mais quelqu’un qui entrerait et qui goûterait cela, ne goûterait pas un caractère de Dieu, il verrait Dieu lui-même parce qu’il ne nous est pas dit que l’amour est un caractère de Dieu, non, c’est Dieu lui-même, Dieu est amour. Donc en voyant cet amour manifesté au milieu des rassemblements, il verrait Dieu lui-même.

On a bien remarqué l’amour, la nature divine, cet amour qui est versé dans le croyant par le Saint Esprit, l’humilité et la Parole. J’aimerai lire un verset dans le Psaume 119 au sujet de la Parole : « J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi » (verset 11). Le Seigneur nous donne cet exemple, « faites comme moi » – et on a bien lu : Bienheureux celui qui imite le Seigneur. Dans cette Parole, comme si souvent dans les versets de ce Psaume 119, il y a d’abord une affirmation : « J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi », puis une prière au verset 12 : « Eternel ! Tu es béni ; enseigne-moi tes statuts ». C’est une prière : être rempli de lui. Et puis on va encore, bien sûr, parler des répliques de Pierre, mais je reste sur cette notion de la Parole et sur l’application à chacun d’entre nous de ce lavage des pieds.
Prenons l’exemple d’enfants dans une même famille. Les enfants vont s’apercevoir que leur frère ou leur sœur a fait quelque chose qui ne correspond pas à ce qu’ils ont compris de la Parole. Comment vont-ils agir ? Est-ce que c’est en « tombant » sur leur frère ou sur leur sœur, ou est-ce que c’est en commençant par prier pour leur frère ou leur sœur, en continuant à regarder dans ce qu’ils savent de la Parole, et peut-être pourront-ils chercher plus loin que ce qu’ils savent : Qu’est-ce que je peux dire par la Parole qui soit une réponse du Seigneur à cette situation malheureuse que je viens de vivre ? Cela nous conduit à l’exercice de patience et de dépendance – et je dis bien de dépendance. Ensuite lorsqu’on voit clair devant le Seigneur, il est possible d’intervenir, sans se précipiter, et dans la conscience profonde que seule la Parole de Dieu peut opérer ce lavage, qu’il ne sera profitable que dans la mesure où je m’efface, pour faire ressortir quelle est la pensée de Dieu dans cette situation. C’est une merveille cela. C’est Dieu, la vie que nous avons reçue par le sacrifice de Christ, en ayant cru que Jésus est mort pour mes péchés et que je lui appartiens et qu’il désire déjà ici-bas que nous jouissions de cette part de communion avec lui. « J’ai caché ta parole dans mon cœur », et le verset 12 :« enseigne-moi tes statuts » pour que je sache mieux les pratiquer et ensuite être utile.

Dans le Psaume 119 nous avons aussi le verset 130 qui doit nous parler à chacun, où nous retrouvons l’humilité nécessaire : « L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples ». Encore une fois nous voyons l’humilité. Nous avons l’exemple du Seigneur dans le chapitre 13 que nous méditons par grâce aujourd’hui. Ici il s’agit des simples, c’est-à-dire des gens qui ne font pas de longues explications, ne font pas état de leur intelligence de la Parole mais qui se mettent aux pieds d’un frère, d’une sœur, comme on l’a entendu, qui a besoin d’être lavé par l’eau pure de la Parole pour pouvoir jouir à nouveau d’une heureuse communion avec le Seigneur. Nous avons donc là ce verset. Est-ce que chaque fois que nous ouvrons la Parole de Dieu, soit en assemblée, soit personnellement chez nous, est-ce que la Parole que nous lisons a cette entrée dans notre cœur, dans notre vie spirituelle, par l’Esprit Saint ? C’est une chose de lire la Parole, de refermer le livre, de vaquer à ses occupations ou bien d’écouter la Parole tout en pensant à autre chose – c’en est une autre d’ouvrir tout grande, en quelque sorte, cette entrée de la Parole dans notre cœur, dans notre esprit, en étant simple comme des enfants. Il est bien dit : « Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents » à ceux qui se confient dans leur intelligence spirituelle, dans leur compréhension, et qui se sentent un peu au-dessus des autres. Non. « L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples », ceux qui la reçoivent avec humilité. Et nous avons besoin certainement chacun, dans une mesure, de recevoir la Parole de Dieu de cette manière-là. Elle nous parle, elle nous nourrit parce que nous n’avons pas spirituellement d’autre nourriture qui puisse nous tenir debout dans notre vie spirituelle. « L’entrée de tes paroles illumine », c’est-à-dire nous montre dans la lumière de Dieu ce qu’il est lui-même, dans une mesure car notre capacité ne va pas très loin. Nous avons à nous en imprégner comme d’une vérité qui nous est précieuse. Alors frères et sœurs, chacun de nous doit demander au Seigneur qu’il lui accorde cette grâce de devenir et d’être simple dans notre cœur.

Un verset dans 1 Timothée 5. Le lavage des pieds dépasse le cadre de l’assemblée. Paul parle à Timothée. Il s’agit là des veuves et cela peut s’appliquer à toutes les sœurs. Il est dit au verset 10 : « si elle a élevé des enfants, si elle a logé des étrangers, si elle a lavé les pieds des saints, si elle a secouru ceux qui sont dans la tribulation, si elle s’est appliquée à toute bonne œuvre ». C’est quelque chose qui montre là qu’il y a un service qui est merveilleux et possible aussi pour les sœurs, non pas dans le cadre de la présentation publique de la Parole dans l’assemblée, mais appliquer la Parole dans les circonstances de la vie quotidienne, la présenter. C’est aussi un service extrêmement beau et précieux pour les sœurs. Et cela m’amène à autre chose, qui concerne le cadre de la famille, une explication pratique : on marchait en sandales dans cette période-là, dans ces pays, et quand on marche en sandales sur des chemins qui sont en terre battue, inévitablement quand on rentre à la maison le soir, on a les pieds qui sont sales. D’une certaine façon, on ne peut pas faire autrement. C’était normal d’avoir les pieds sales quand on marchait toute la journée en sandales, pieds nus, sur la terre battue, sur des chemins. Il y a une application à ce qu’est notre vie aujourd’hui. On part à l’école, on part au collège, on part au lycée, on part au travail, on est en contact avec bien des gens autour de nous, on entend la radio, on voit des images, on voit des publicités, on se promène dans la rue, on va à toutes nos occupations. Toutes ces choses-là nous font penser à cette poussière qui s’attache à nos pieds. En fait, on ne peut pas y échapper, on ne peut pas s’enfermer dans une cellule de moine, en disant : je me mets totalement à l’écart de tout ça. On est amené à vivre dans le monde. Quand on rentre le soir, petit et grand, on a tous cette poussière qui nous « colle » aux pieds. Ce sont toutes les choses qui nous ont imprégnés. Il me semble que la chose qui est vue en premier lieu dans cette image, ce n’est pas tellement le péché délibéré dans lequel je suis tombé, où j’ai conscience d’avoir manqué, d’avoir déshonoré le Seigneur, qui appelle la confession, le sentiment d’avoir péché contre Dieu. La première chose que la Parole nous montre, c’est d’abord la confession, reconnaître qu’on a péché. Il me semble que là, dans cette poussière, on ne peut pas confesser au Seigneur que toute la journée on a vu des choses sur lesquelles nos yeux se sont portés et qui ne sont pas des péchés délibérés, c’est la poussière du monde. Quand on rentre le soir, c’est un moment tout à fait privilégié pour mettre en pratique ce que c’est que ce lavage des pieds c’est quand on ouvre la Parole de Dieu à la lecture en famille. Les parents en parlant avec leurs enfants, vont appliquer la Parole à ce qu’ils ont vécu. La Parole de Dieu va nous apporter quelque chose qui lave, qui aide à nettoyer un petit peu tout cela. Il semble que c’est pratiquer ce lavage des pieds en famille. On ouvre la Parole de Dieu et on l’applique aux circonstances de la famille, à des choses qu’on a vécues, dont on parle ensemble, à des difficultés que l’on a rencontrées dans son travail. En lisant la Parole, on dit : voilà, cela m’a encouragé, ça m’a apporté ça, le Seigneur nous a fait du bien. Voilà une façon très concrète de vivre cette chose-là en famille. C’est un très grand encouragement de prendre ce moment-là, de se dire tout ce qu’on a rencontré. On est là ensemble, on ouvre la Parole et l’on a ce rafraîchissement. Nous nous lavons les pieds mutuellement et le Seigneur lui-même nous lave, vient nous rafraîchir, nous encourager. Ce n’est pas facile de prendre un moment pour lire, l’expérience nous le montre. Il y a toutes les raisons du monde pour nous dire qu’on est fatigué, que c’est trop tard, qu’il y a d’autres priorités, tant de choses comme cela et on peut demander au Seigneur qu’il nous aide à avoir cette énergie de lire la Parole en famille, et le Seigneur rend au centuple. On n’est jamais débiteur. Le Seigneur nous enrichit, nous aide, nous fait du bien. Qu’il nous aide à avoir cette énergie !

Lire la Parole de Dieu en famille est fondamental. Ce qui est fondamental aussi c’est la lecture personnelle. Nous sommes exhortés à cela. De même ce qui est fondamental aussi ce sont les réunions d’édification. Le Seigneur désire que nous ayons une relation avec lui, une communion avec Lui et pour cela il nous a donné sa Parole. Toutes ces choses qui s’attachent à nos pieds, la Parole donne un mot à cela, ce sont les souillures, ce n’est pas quelque chose de volontaire. Dans Nombres 19 on voit cette génisse qui est sacrifiée et qui est entièrement brûlée. Au verset 10 : « celui qui aura ramassé la cendre de la génisse lavera ses vêtements, et sera impur jusqu’au soir. Ce sera un statut perpétuel pour les fils d’Israël et pour l’étranger qui séjourne au milieu d’eux ». Versets 11 et 12 : « Celui qui aura touché un mort, un cadavre d’homme quelconque, sera impur sept jours. Il se purifiera avec cette eau le troisième jour, et le septième jour il sera pur ». « Quiconque aura touché un mort, le cadavre d’un homme qui est mort » (verset 13), « quiconque touchera, dans les champs, un homme qui aura été tué par l’épée » (verset 16), Nous voyons à la fin qu’il s’agit d’ossement au verset 18 et ainsi de suite. Ce ne sont pas des choses volontaires, nous le comprenons bien, mais la ressource est là. La purification se fait le troisième jour, puis le septième jour. Il ne s’agit pas d’aller vite. Il faut aussi que cette Parole opère un travail en nous. La communion, sans que nous le voulions, sans que nous nous en apercevions, s’est perdue. Nous sommes dans un monde où tout parle de mort et rien ne nous parle du Seigneur. Nous retrouvons la communion quand nous lisons sa Parole. Nous avons un contact avec le Seigneur quand nous lisons sa Parole, lui nous parle à travers de ce que nous dit la Parole et nous ne pouvons pas vivre sans elle.

Je veux dire un mot sur les interventions de Pierre. Pierre aimait le Seigneur comme nous l’aimons aussi. Mais plusieurs fois on voit que Pierre n’a pas la pensée du Seigneur. Par exemple dans Matthieu 16, lorsqu’il dit : « Dieu t’en préserve ». C’était bien des affections pour le Seigneur. Et ce dont nous avons besoin, pour nous, ce n’est pas de parler du Seigneur comme ça, nous avons besoin d’avoir la pensée du Seigneur. Comme cela est exerçant d’entrer dans les pensées du Seigneur ! Que se passe-t-il ? Il se passe quelque chose d’aussi coutumier que quand vous enlevez votre manteau et que vous allez le mettre à un porte-manteau. Comme cela nous a été dit, on était pieds nus, on était en sandales, on rentrait et on se lavait les pieds. Dans un autre passage on voit que le Seigneur entre et dit au pharisien : « Tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds » (Luc 7. 44), tu ne t’es même pas occupé de moi dans les choses élémentaires qui se faisaient. Or le Seigneur parle à ses disciples – qui étaient de par leur judaïsme imprégnés de concret, de temple, d’ablutions, de choses extrêmement concrètes – Il leur parle de choses extrêmement simples pour leur faire comprendre quelque chose de spirituel, quelque chose qui n’est plus du concret, mais qui est du spirituel. Alors qu’est-ce qu’il y avait d’anormal ? Pas de laver les pieds des gens, mais que ce soit le Seigneur, lui-même qui est le Maître, qui s’abaisse dans ce rôle-là. Alors, pour Pierre, c’était inconvenant. Le Seigneur lui répond en lui disant : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite ». Je pense qu’il y a au moins trois raisons qui motivent ce que le Seigneur dit là. La première, c’est que Pierre et les autres disciples étaient tous remplis de gloire milléniale. Pour eux le Seigneur était celui qui allait régner, il était en train de s’avancer vers un trône, et aucun des disciples n’imaginait qu’au lieu d’un trône, ce serait une croix. On ne peut pas comprendre : « tu le sauras dans la suite ». « Dans la suite », le Seigneur le dit aussi dans le chapitre 16 : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité » (versets 12 et 13). La deuxième raison, c’est que le Saint Esprit sera là pour donner un sens à ces choses concrètes, qui étaient très matérielles, il donnera du sens spirituel à ces choses. La troisième raison, c’est que Pierre, le lendemain même, pendant la nuit, quelques heures après allait dire : « Je ne connais pas cet homme ». Le Seigneur va lui laver les pieds dans son rôle de souverain sacrificateur. « Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas » (Luc 22. 31 et 32). C’est bien le service de notre Seigneur dans son rôle de souverain sacrificateur devant Dieu pour chacun d’entre nous, avocat auprès du Père lorsque nous avons péché. « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ». Le Seigneur va lui demander : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? » Le Seigneur ne lui dit pas : « Tu m’as renié ». Le Seigneur s’occupe de la motivation intérieure de nos actes. Il ne s’arrête pas à l’extérieur. « M’aimes-tu ? », c’est toujours le ressort de notre vie et de nos chutes. Cela commence toujours dans le cœur.
On a lu dans Nombres 19. Les disciples sont appelés comme nous à devenir des sacrificateurs. Nous savons bien que quant au sacrificateur dans le chapitre 29 de l’Exode, la première chose qui est faite c’est : « lorsque tu feras approcher Aaron et ses fils, tu les laveras avec l’eau ». C’est ce lavage initial dont le Seigneur dit : « Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ». C’est le lavage initial qui ne se renouvelle pas. Mais alors il y a quelque chose qui se renouvellera. Quoi ? Les enfants, savez-vous comment c’était le tabernacle ? Il y avait un grand espace ouvert qu’on appelait le parvis, il y avait combien d’entrées pour entrer dans le jardin ? Il y en avait une, une seule : Christ. Il n’y a pas d’autre chemin pour aller à Dieu. On soulevait ce rideau qui n’était pas très lourd, moins lourd que des portes de cathédrale, on entrait et il y avait un passage obligé – on ne pouvait pas passer par ailleurs – c’était l’autel d’airain, la croix. Tu es obligé de passer par là. Mais après, quand on était sacrificateur – et nous sommes tous appelés à cela, parce que nous avons été faits des sacrificateurs – on pouvait entrer dans la maison. Chaque fois que le sacrificateur voulait entrer dans la maison, il y avait une cuve d’airain dans laquelle on se lavait chaque fois, et c’est bien cela que nous avons, c’est bien ça quand le Seigneur dit à son disciple : « tu n’as pas de part », non pas en moi, puisque le lavage initial a été fait – fasse le Seigneur que nous tous ayons été lavés d’une manière initiale de nos péchés dans son sang ! Mais il y avait ce lavage pour tout sacrificateur qui allait entrer dans le sanctuaire, ce passage obligé. On peut dire que les disciples aussi vont entrer dans le sanctuaire, parce que dans les chapitres 14 à 16 que l’on a déjà évoqués, ils vont entendre les dernières paroles de leur Seigneur et entrer dans l’intimité de ses pensées. Eh bien, il y a un préalable. Nous aussi, bien-aimés du Seigneur, lorsque nous entrons à la réunion, et pas seulement lorsque nous ouvrons la Parole, il y a un préalable qui se passe dans la prière, il y a un préalable qui se passe devant notre Seigneur. « Seigneur, je ne peux pas entrer dans ces choses, à moins que tu ne me laves de manière à ce que ces choses puissent entrer en moi et que je puisse entrer dans tes pensées ». Il y a un état de cœur, il y a un état de sanctification. Si nous nous vautrons dans le monde et tout ce qu’il nous présente, ne soyons pas étonnés que, lorsque nous ouvrons la Parole, il n’y a rien, et que nous ne lisons que des mots. Il y a une cohérence dans ces choses. C’est dans la mesure où nous avons affaire à ce lavage, à cette sanctification, que nous entrerons dans les pensées de notre Seigneur.

Il n’y a pas longtemps j’ai lu sur une affiche : « Heureux celui qui connaît les besoins de son âme ». En fait, est-ce qu’on pense assez à son âme ? On a parlé de souillure involontaire, mais il y a des souillures volontaires. Quand je regarde quelque chose qui fait du mal à mon âme, ou que j’ai la volonté de regarder quelque chose, de cliquer sur mon ordinateur, de voir quelque chose qui, je le sais, va faire du mal à mon âme. Le Seigneur ne nous dit pas : Ne regarde pas ceci, ne fais pas cela. Mais nous devons bien comprendre : qu’est-ce qui va faire du bien à mon âme ? On est dans un monde où il y a beaucoup de poisons. La Parole de Dieu est un contre poison. Il faut que je veille à me nourrir de la Parole, régulièrement, chaque jour, pas parce que c’est une obligation, mais parce que ça me fait un bien intérieur immense. Il y a un cantique qui dit que la Parole rafraîchit, la Parole rafraîchit mon âme. Je crois que c’est quelque chose d’essentiel pour nous, quelque chose de simple. On a besoin d’être rafraîchi. On est en contact avec des choses qui nous font du mal, on ne se rend pas compte que ça nous fait du mal, petit à petit on s’éloigne du Seigneur et on a besoin de revenir à lui. Que le Seigneur nous aide à pouvoir décider, arrêter dans nos cœurs, de lire la Parole, de pouvoir nous nourrir, nous rapprocher du Seigneur, ne pas être envahi par des choses qui vont nous faire du mal. Pensons à notre âme. Ayez pitié de vos âmes ! A dit quelqu’un.

On a cité : on a tout le corps lavé par l’œuvre de Christ. Lisons en Hébreux 10 : « celui-ci, ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu… Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (versets 12 et 14). On a cité Nombres 19, un sacrifice, qui, lui, se répète. C’est très beau dans Nombres 19, parce que ce n’est pas une victime qui, chaque fois, est offerte à nouveau ; c’est la cendre de la victime. Cela a pour conséquences que : 1) On n’a pas besoin d’offrir à nouveau. Ce sont les cendres que l’on prend. 2) En lisant attentivement Nombres 19, si on ne le fait pas, on n’a pas non plus cette part. Comme ici, et cela souligne encore cette cohérence de la Parole par rapport à Christ et à son œuvre, aussi bien dans la première partie de la Bible, l’Ancien Testament, que dans le Nouveau Testament depuis la venue de Christ. Cette part avec lui…, on a parlé de la Parole. J’aimerai lire ce verset connu dans 1 Cor. 11 en rapport avec la cène que nous prenons chaque dimanche, le premier jour de la semaine, le jour de la victoire de Christ, de sa résurrection. Il nous est dit dans 1 Cor. 11. 28 : « que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ». Combien cela souligne cette nécessité qui nous est offerte par la grâce de Dieu. On passe dans ce monde, il y a une contamination et tout ce qui a pu occuper nos esprits, qui charge aussi notre conscience, est quelque chose à amener aux pieds du Seigneur pour qu’en célébrant la cène, nous réalisions que si le Seigneur nous y invite c’est parce que lui a accompli ce seul sacrifice, une fois pour toutes. Mais nous avons besoin de revenir constamment à ce sacrifice – c’est Nombres 19 – et que ce soit appliqué, non pas comme une formule, mais – combien cela est profond ! – parce que Dieu veut la vérité dans l’homme intérieur (Ps. 51). Ce lavage des pieds, cet enseignement de Nombres 19 et de 1 Cor. 11, tout cela va dans le même sens pour que nous soyons droits devant Lui, d’une droiture que lui seul voit dans chacun de nos cœurs. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit nécessairement chez son frère et sa sœur. C’est cette relation privilégiée, personnelle, avec le Seigneur. C’est de cela qu’il est fait mention ici. On a mentionné la lecture en famille, le pouvoir de lavage de la Parole. Il y a un lavage des pieds que je dirai « orienté », c’est-à-dire qu’on a connaissance de quelque chose, et puis il y a un autre lavage des pieds, ce que nous faisons maintenant et chaque fois que nous ouvrons la Parole, elle opère ce lavage. Combien la lecture en famille qui commence par la lecture personnelle est utile ! Lorsqu’on a un contact dans la famille de Dieu ou avec quelqu’un, peut-être est-il indiqué de lire un passage. Et ce passage-là, sans même que l’on sache quelle est la situation de ceux qui sont là, c’est la Parole, qui va opérer ce lavage. Et on doit être bien conscient que ce contact avec la Parole opère sans que l’on sache soi-même ce qui s’est passé dans le cœur de son frère ou de sa sœur. Ça c’est le lavage que le Seigneur désire pour qu’il ait cette relation avec lui et qu’elle soit vécue et qu’elle soit heureuse. Un chrétien heureux, c’est le sens de la 2ème épître de Pierre. Donc, deux sens à ce lavage des pieds, mais chaque fois le fondement c’est la valeur de la Parole. La deuxième chose, que je répète, c’est la dépendance du Seigneur, la patience, la prière, pour savoir quand est-ce qu’il faut pratiquer un lavage de la Parole « orienté » par rapport à un besoin que j’ai perçu chez mon frère ou ma sœur.

C’est bien dans cet enseignement que le Seigneur donne ici au verset 15 : « je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez ». « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (verset 17). En regardant ce lavage « orienté », on se sent vraiment très petit devant tout cela. Ce serait effectivement facile de passer à côté, pourtant lorsque l’on entend ces paroles du Seigneur, on comprend qu’on a à veiller pour ne pas se retirer en arrière lorsqu’il y a des besoins. Mais le Seigneur nous a donné un exemple, on l’a rappelé, l’humilité qui était la sienne. Lui, le Seigneur et le Maître, se met aux pieds de ses disciples. Combien cela nous parle ! On a insisté tout à l’heure sur la valeur de la Parole du Seigneur. On sent bien qu’il est important que nous laissions le Seigneur appliquer la Parole à nos âmes. Chacun personnellement, ayons ce désir d’être en contact avec la Parole, qui nous nourrit, qui nous instruit, la Parole qui nous purifie, qui nous rend propre à goûter la communion avec lui. Lorsque justement nous avons devant nous ces besoins de lavage à l’égard de quelqu’un d’autre, remarquons bien que ce qui est placé devant nous c’est uniquement la Parole. Gardons-nous de ce qui pourrait être de nous-mêmes, de nos expériences, de ce que d’autres ont pu écrire ou dire. Le Seigneur a utilisé uniquement de l’eau, ce qui nous montre la valeur de cette eau-là. C’est uniquement cela que nous avons à employer pour le lavage des pieds, pas autre chose. C’est un point extrêmement important parce que la Parole de Dieu a ce pouvoir d’opérer par elle-même, bien au-delà de ce que nous pensons. « Ayant reçu de nous la parole de la prédication qui est de Dieu, vous avez accepté, non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la parole de Dieu, laquelle aussi opère en vous » (1 Thess. 2. 13). C’est le lavage initial pour recevoir l’évangile afin d’être sauvé. Chaque fois que la Parole de Dieu est présentée, que ce soit en public ou en privé (on a parlé du rôle des sœurs en cela), elle opère si elle est reçue. On voit que le Seigneur s’est mis aux pieds de ses disciples.
On a parlé des remarques de Pierre qui permettent de comprendre la portée de ce que le Seigneur fait à ce moment-là et en même temps on voit que Pierre ne comprend pas. « Tu ne me laveras jamais les pieds ». Et puis ensuite, pas seulement les pieds, mais le corps tout entier. Est-ce qu’il n’y a pas là quelque chose qui nous montre que si nous nous abaissons et désirons apporter quelque chose à un frère ou une sœur qui a un problème, parce que nous ne voulons pas passer à côté, parce qu’il y a une entrave dans sa vie, est-ce qui ne faut pas nous attendre à ne pas être compris ? Certainement, c’est ça qui est difficile. C’est son état qui fait qu’il ne comprend pas.
Et pourtant, le Seigneur dit au verset 14 : « Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ». D’abord c’est « vous devez vous laver les pieds les uns aux autres », le Seigneur est très clair sur cela. Est-ce que, chers frères et sœurs, parce que c’est difficile, on ne passe pas souvent à côté de ce que le Seigneur nous demande ? On voit ce qui ne va pas, on va en parler avec d’autres etc. Si nous voyons qu’il y a des choses qui nécessitent ce lavage, est-ce que nous écoutons ce que le Seigneur nous demande ? Est-ce que l’on comprend que l’on est concerné ? On a tous besoin les uns des autres dans ce service mutuel. Est-ce que nous ne devons pas nous exhorter à vraiment écouter cette parole du Seigneur pour la mettre en pratique ? Nous avons besoin dans notre vie collective d’avoir cette liberté de parler les uns aux autres, de présenter uniquement la Parole, de faire part de ce que la Parole nous dit, pour en recevoir du bénéfice les uns par les autres. Bien sûr on voit le lavage des pieds comme lorsque quelqu’un a péché gravement et qu’il faut s’approcher de lui pour le gagner. Je ne dis pas que ce n’est pas une réalité mais en même temps cela va bien au-delà de cela. Ce n’est pas seulement de voir des frères spirituels aller laver les pieds des autres qui sont tombés, mais les uns aux autres, et même à celui qui présente la Parole, qui est un frère reconnu. Il a besoin aussi de ce service d’amour à son égard. On a tous besoin de se parler l’un à l’autre. C’est aussi s’édifier par la foi qui est dans l’autre (Rom. 1. 12). On a tendance à voir le fétu dans l’œil de notre frère plus que la poutre qui est dans notre propre œil, le Seigneur lui-même le dit. On a besoin justement de ce regard de l’autre qui va discerner ces choses que je ne vois pas, et qui peut m’apporter uniquement par la Parole ce qui va redresser ce qui ne va pas chez moi. Ayons ce service d’amour les uns envers les autres ! Ne restons pas en deçà, n’allons pas au-delà de la Parole. Tenons-nous strictement à la Parole de Dieu, afin de nous la présenter telle qu’elle est les uns aux autres. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (verset 17). C’est à propos de ce lavage des pieds que cela nous est dit. C’est un devoir que nous avons les uns vis-à-vis des autres. Le Seigneur dit : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites ». On a parlé d’un chrétien heureux, chers frères et sœurs ? Où en sommes-nous ? Est-ce qu’il n’y a pas beaucoup de sujets de souffrances, de tristesses parmi nous, qui viennent justement de ce que ce service d’amour n’est pas effectué comme le Seigneur le demande ?

Une petite remarque à propos de la manière dont Pierre a passé d’un extrême à l’autre. Qui de nous n’a pas eu à confesser que nous avons été quelquefois absolus, même dans les choses de Dieu, avec des versets à l’appui ? Nous avons été intraitables sur une question et puis le Seigneur s’est occupé de nous parce que nous pensions avoir la pensée du Seigneur et que nous ne l’avions pas et qu’on est parti complètement de l’autre côté. Et cela, Pierre nous l’enseigne. Lorsque nous apprenons quelque chose avec le Seigneur, nous serons gardés d’absolus que quelquefois nous infligeons même aux autres. Parfois on a vu et on ne peut pas montrer cette attitude du doigt car on sait très bien ce qu’on est nous-mêmes, des gens extrêmement rigoureux dans un domaine, par exemple la séparation du monde, et puis, quelques temps après, ils ont complètement virés par rapport à ce qu’ils avaient affirmé. Cela nous montre bien ce que la chair, même religieuse, peut faire. Et puis il y a ce que le Seigneur peut enseigner avec douceur et que ce soit bien cela qui nous conduise et non pas des prises de positions absolues telles que Pierre en prend et qui le fait passer d’un extrême à l’autre.

Dans ce passage le Seigneur dit, au verset 12 : « Savez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis ; si donc moi, le seigneur et le maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (versets 12 à 14). Les disciples, durant tout le ministère du Seigneur, l’avaient suivi et ils avaient reçu son enseignement. Ils avaient l’habitude de le considérer comme Celui qui enseigne. « Vous m’appelez maître », c’est-à-dire le maître qui enseigne. Ils avaient tendance, et peut-être que nous aussi nous pouvons avoir tendance à penser qu’effectivement le Seigneur nous enseigne, qu’Il est Celui qui connaît et qui transmet ses connaissances. Mais tout d’abord le Seigneur inverse l’ordre des choses dont les hommes avaient l’habitude. Les incrédules, les pharisiens, les docteurs de la loi, quand ils s’adressaient à Lui, avaient l’habitude de l’appeler maître, rabbi. Le Seigneur inverse les choses parce qu’il y a une prépondérance nécessaire. Si donc moi le seigneur et le maître. Cela nous montre que dans la Parole de Dieu – que, par grâce nous pouvons consulter autant que nous le voulons dans la journée -, c’est le Seigneur qui nous enseigne. Ce n’est pas seulement le Maître, c’est le Seigneur, c’est Dieu ; c’est Dieu dans la personne du Fils. Cela nous fait comprendre, sentir, à quel point il est nécessaire, il est indispensable d’ouvrir la Parole et de prendre conscience chaque fois que ce n’est pas une lecture banale que nous avons dans la Parole de Dieu, mais que c’est le Seigneur, Dieu le Fils, qui nous enseigne par l’Esprit Saint. On a rappelé un verset dans Jean 16 au sujet du Consolateur que le Seigneur allait nous envoyer et que nous avons reçu dans nos cœurs, c’est-à-dire l’Esprit Saint. C’est le Seigneur Jésus qui nous enseigne par l’Esprit Saint qu’il nous a donné. C’est lui qui nous conduit. C’est d’autant plus sérieux lorsque nous ouvrons la Parole de Dieu de voir ce que le Seigneur nous dit. « Sondez les écritures, car… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39). Nous avons là dans le lavage des pieds, encore une fois, l’amour du Seigneur en activité. Chaque fois que nous ouvrons la Parole de Dieu, nous avons les oreilles du cœur qui doivent écouter et entendre la voix même du Seigneur, la voix même de Dieu. C’est Dieu qui nous parle. C’est donc d’autant plus sérieux que nous avons quelquefois tendance à ouvrir la Parole machinalement, sans avoir cette conscience profonde, aigüe que c’est Dieu qui nous parle. Nous avons besoin donc de nous rendre compte, chacun pour lui-même, que nous avons à être beaucoup plus attentifs, beaucoup plus humbles. Il ne s’agit pas d’écraser, en quelque sorte, notre frère, en lisant un passage de la Parole de Dieu, mais de nous mettre à ses pieds, comme le Seigneur l’a fait, comme un esclave, dans l’amour, pas dans la rigueur d’un esprit qui cherche à dominer, mais au contraire, se mettre aux pieds, d’avoir en quelque sorte dépouillé tout ce qui pourrait nous tenir nous-mêmes loin de la Parole : l’orgueil, la prétention. Tout ce qui risque de nous caractériser doit être mis strictement de côté pour nous mettre aux pieds de notre frère, de notre sœur, lui présenter la Parole en toute simplicité. Peut-être, comme on l’a entendu, d’ouvrir la Parole pour lire un passage qui nous vient à l’esprit et la lire pour notre frère, et en même temps elle nous maintient nous-mêmes dans l’humilité qui nous est tellement nécessaire. Prenons conscience que nous avons à faire au Seigneur et que c’est lui qui nous ouvre la Parole pour que nous l’entendions.

Il est le Seigneur. « Comme je vous ai fait, moi » (verset 15). Combien c’est important d’avoir le sentiment d’avoir été au bénéfice de ces choses et que c’est le Seigneur qui les a faites. Cet exemple est humiliant pour nous tous, à commencer par Pierre. Ainsi nous comprenons l’attitude de Pierre, et le Seigneur vient nous dire « comme je vous ai fait, moi ». Il est celui qui enseigne, il est aussi le modèle et nous n’en avons pas d’autre.

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« Ayant dit ces choses, Jésus fut troublé dans son esprit, et rendit témoignage et dit : En vérité, en vérité, je vous dis que l’un d’entre vous me livrera. Les disciples se regardaient donc les uns les autres, étant en perplexité, ne sachant de qui il parlait. Or l’un d’entre ses disciples, que Jésus aimait, était à table dans le sein de Jésus. Simon Pierre donc lui fait signe de demander lequel était celui dont il parlait. Et lui, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : Seigneur, lequel est-ce ? Jésus répond : C’est celui à qui moi je donnerai le morceau après l’avoir trempé. Et ayant trempé le morceau, il le donne à Judas Iscariote, fils de Simon. Et après le morceau, alors Satan entra en lui. Jésus donc lui dit : Ce que tu fais, fais-le promptement. Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui avait dit cela ; car quelques-uns pensaient que, puisque Judas avait la bourse, Jésus lui avait dit : Achète ce dont nous avons besoin pour la fête ; ou, qu’il donnât quelque chose aux pauvres. Ayant donc reçu le morceau, il sortit aussitôt ; or il était nuit. Lors donc qu’il fut sorti, Jésus dit : Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même ; et aussitôt il le glorifiera. Enfants, je suis encore pour un peu de temps avec vous : vous me chercherez ; et, comme j’ai dit aux Juifs, là ou moi je vais, vous, vous ne pouvez venir, je vous le dis aussi maintenant à vous. Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous. Simon Pierre lui dit : Seigneur, où vas-tu ? Jésus lui répondit : Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard. Pierre lui dit : Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je laisserai ma vie pour toi. Jésus répond : Tu laisseras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te dis : Le coq ne chantera point, que tu ne m’aies renié trois fois » (versets 21 à 38).

Cette expression « Jésus fut troublé dans son esprit » dévoile ce qu’il y a dans l’esprit du Seigneur. Il nous est dit au début de ce chapitre : « Jésus… ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin ». « Les siens » : il y avait ceux qu’il avait choisis. Il est dit au verset 18 : « moi, je connais ceux que j’ai choisis ». On voit dans l’évangile qu’il nous est dit que le Seigneur avait passé toute une nuit à prier avant de choisir ses disciples. On peut bien penser qu’il avait sur son cœur spécialement ce choix de Judas. C’est lui qui l’avait choisi. Le Seigneur connaît tout, il lit dans nos cœurs, il sait tout à l’avance. Il le faisait parce qu’il fallait que l’Écriture soit accomplie, mais ce choix était quelque chose qui, pour lui, était extrêmement douloureux alors que justement dans ce dernier moment où il allait se livrer lui-même pour le salut des siens, il manifeste tout son amour envers ceux qu’il a aimé jusqu’à la fin, jusqu’à la plus haute manifestation de l’amour, peut-on dire. On voit justement comment le Seigneur avait en même temps devant lui cette question qui concernait Judas. Il en parle plusieurs fois même à tous et va le dévoiler devant les disciples qui étaient inconscients de la chose. Il y en avait un, qui faisait partie de ceux qu’il avait choisis, mais qui n’était pas en fait un des siens. Il était pourtant proche, mais « aucun d’entre eux n’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’écriture fût accomplie » (Jean 17. 12). C’était quelque chose qui était vraiment sur le cœur aimant du Seigneur, quelque chose de terrible et il savait que Judas refuserait son amour. « Jésus fut troublé dans son esprit et rendit témoignage et dit : En vérité, en vérité, je vous dis que l’un d’entre vous me livrera ». Quand le Seigneur emploie cette expression, c’est extrêmement solennel. « L’un d’entre vous me livrera » : on voit tout ce que cela représentait pour son cœur. C’est quelque chose qui nous étreint aussi parce que cela montre à la fois ce côté qu’il est Dieu le Fils et ce côté que Dieu est amour et que Jésus nous a révélé le cœur de Dieu, il est un Dieu qui aime, qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, celui qui aime les siens jusqu’à la fin. Cet amour ne force pas. La responsabilité entière de Judas est là. Malgré tous les soins d’amour, il est important de d’être conscient que Dieu respecte la liberté de chacun. Dieu nous a créés libres, c’est quelque chose qui est infini pour nous que Dieu ait créé des êtres qui soient justement responsables. Nous ne pouvons pas comprendre parce que nous serions Dieu si nous pouvions comprendre. Le fait que Dieu ait créé des êtres responsables qui pourtant, en tout ce qu’ils font, ne peuvent pas sortir de ces plans de Dieu. Tout ce que Dieu a prévu s’accomplira tel qu’il l’a voulu et pourtant dans ses plans, il y a des êtres qui sont responsables. Si je sors de cette salle, Dieu sait où je vais aller, mais je ne suis pas contraint d’aller à droite ou à gauche. Il y a là des choses qui sont beaucoup trop grandes pour que nous puissions nous-mêmes les apprécier. Mais ici nous voyons que justement Judas a été aimé du même amour que les autres. On voit même comment le Seigneur lui dit : « ami », alors qu’Il sait que celui-là était le fils de perdition. Ce terme lui est donné dès le départ. Il sait qu’il va à la perdition. On voit que le Seigneur a été troublé dans son esprit.

« Jésus fut troublé dans son esprit ». C’est la troisième fois dans l’évangile selon Jean que le Seigneur est troublé. La première fois, nous la trouvons dans le chapitre 11 devant les ravages de la mort, conséquence du péché. « Jésus… frémit en son esprit, et se troubla » (verset 33) La note ‘k’ à propos de frémir est fort intéressante. Elle nous dit : frémir, ici, c’est l’expression de la peine profonde. On voit la profonde sympathie du Seigneur et en même temps l’indignation qui étreignait l’esprit du Seigneur devant la mort, conséquence du péché. Il était venu pour cela. La deuxième fois nous la trouvons dans le chapitre 12 au verset 27 : « Maintenant mon âme est troublée ». En effet, à Gethsémané se profilait devant le Seigneur la croix, cette heure terrible dans laquelle Il allait être traité comme ce qui était parfaitement contraire à son âme ; Il a été traité comme le péché. « Maintenant mon âme est troublée ». Ici, troublé lorsqu’un des siens avec qui il avait marché pendant trois ans et demi, selon ce qui est dit à la note dans le Psaume 41. 9 : « Celui qui mange le pain avec moi », qui manifeste donc quelque chose lié à la communion (on mange ensemble), eh bien ! Celui-là a levé le talon contre moi. A trois reprises nous voyons le Seigneur, son âme, l’esprit étreint, étant troublé. Et dans le chapitre 14, c’est la première chose que le Seigneur va dire aux siens : « Que votre cœur ne soit pas troublé ». Terrible trouble du Seigneur pour que nous soyons en paix !

Cette déclaration le troublait profondément en lui-même. « En vérité, en vérité, je vous dis que l’un d’entre vous me livrera ». Alors la réaction des disciples est intéressante à considérer et peut nous enseigner aussi des choses à chacun de nous, par rapport à cette affirmation du Seigneur qui avait de quoi les surprendre. D’abord ils n’imaginaient pas cela et aussi cela les troublait et les mettait tous en cause, « l’un d’entre vous me livrera ». On voit au verset 22 : « Les disciples se regardaient donc les uns les autres, étant en perplexité, ne sachant de qui il parlait ». Donc cette première réaction est la perplexité, on la comprend. En même temps on peut remarquer que personne ne met en doute la parole du Seigneur. Cette première réaction, pratiquement, est aussi pour nous une exhortation, un enseignement. Même dans quelque chose d’aussi étonnant, les disciples acceptent cette parole du Seigneur, aussi surprenant que cela puisse leur paraître. Ils étaient en perplexité parce qu’ils ne savaient de qui il parlait. Mais ils ne contestent pas. Et alors, c’est intéressant de voir dans un autre évangile qui nous apprend progressivement autre chose : dans Luc 22, en même temps que ce qui est dit concernant la cène. « Et le fils de l’homme s’en va bien, selon ce qui est déterminé ; mais malheur à cet homme par qui il est livré ! Et ils se mirent à s’entre-demander l’un à l’autre, qui donc serait celui d’entre eux qui allait faire cela » (versets 22 et 23). Donc ils commencent à en parler ensemble, se demandant qui d’entre eux allait faire cela. Ils entretiennent cette perplexité, cet étonnement : qui donc pouvait être capable d’une chose pareille. Mais ils ne se sentent pas encore personnellement visés dans cette réaction-là. On remarque que, dans Matthieu, on a un pas de plus, en quelque sorte : « Et comme ils mangeaient, il dit : En vérité, je vous dis que l’un d’entre vous me livrera. Et, en étant fort attristés, ils commencèrent, chacun d’eux, à lui dire : Seigneur, est-ce moi ? » (26. 21 et 22). Et Marc insiste encore plus, chacun et puis un autre encore : « Est-ce moi, est-ce moi ? » Marc 14. 18 et 19 : « Et comme ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : En vérité, je vous dis que l’un d’entre vous qui mange avec moi, me livrera ». On voit cette insistance du Seigneur, cette part de communion qu’il avait là, comme cette allusion au Psaume 41 : « Mon intime ami aussi, en qui je me confiais, qui mangeait mon pain, a levé le talon contre moi » (verset 9). Et ils commencèrent à s’attrister et à lui dire l’un après l’autre : Est-ce moi ? Et un autre : Est-ce moi ? » On a souligné cette progression : évidemment la perplexité et puis cette interrogation : lequel d’entre nous peut-il faire cela ? Cela amène la tristesse, ils sont « attristés » lorsqu’ils se mettent en cause personnellement : « Seigneur, est-ce moi ? » Il est important que nous ayons cette défiance de nous-mêmes pour être amenés à cela, à ne pas simplement regarder autour de nous pour dire qui est celui qui va faire cela, mais de prendre conscience que nous en serions capables. « Seigneur, est-ce moi ? » Et cela conduit à une profonde tristesse, mais cela honore le Seigneur aussi que l’on ait cette réaction-là.

Ce n’est peut-être pas souvent que les disciples nous sont en exemple. Le « Est-ce moi ? » a quelque chose à nous dire. Dans les rassemblements, nous connaissons tous, peut-être, des moments collectifs où on se dit : Peut-être que la réunion n’a pas été ce qu’elle aurait dû être. Alors on peut se regarder aussi en disant : il y a ce frère qui a indiqué ce cantique qui n’était vraiment pas à sa place, et lui, il a parlé trop longtemps. Mais l’attitude des disciples « Est-ce moi ? » devrait nous servir d’exemple. La connaissance que le Seigneur désire que nous ayons de nous-mêmes et le jugement de nous-mêmes, devraient nous amener à nous placer, nous-mêmes, devant le Seigneur, avant de faire le procès des autres. C’est tellement facile d’accuser l’un ou l’autre et en général quand on fait le procès des autres, c’est la preuve en tout cas qu’on n’a pas fait le sien. Nous avons besoin dans les rassemblements d’avoir affaire au Seigneur quant à notre responsabilité à chacun, « Est-ce moi ? » Seigneur, est-ce moi qui n’ai pas été ce canal du Saint Esprit pour donner ce que tu aurais voulu que je donne ? Est-ce moi qui, par mon silence ou par mes paroles, ai amené quelque chose qui n’a pas été pour le bien du peuple de Dieu ? Nous avons besoin que le Seigneur nous aide pour cela. « Est-ce moi ? » C’est la première fois que nous avons la manière dont Jean parle de lui-même. Jean ne s’est jamais désigné en se mettant en avant, il s’est toujours désigné par rapport à un autre et par rapport à l’amour du Seigneur pour lui. Il y a un proverbe qui nous dit que la richesse d’un homme, ce n’est pas tout ce qu’il peut faire comme « mousse » et montrer aux autres : « la rançon pour la vie d’un homme, c’est sa richesse » (13. 8), c’est-à-dire le prix d’amour qui a été payé pour lui. Voilà ce que nous avons de plus précieux, notre rançon, la manière dont le Seigneur nous a aimés et est allé à la croix, et Jean l’avait compris. Pierre a beaucoup affirmé son amour vis-à-vis de son Maître : moi, avec toi, Seigneur, mais moi, moi, moi, moi. Jean a parlé de l’amour du Seigneur pour lui. Il a voulu parler de lui, mais ne se mettant pas lui-même en avant, mais en mettant en avant le merveilleux amour du Seigneur pour lui. On trouve Jean à cinq reprises, ici devant la croix. Qu’est-ce qui a fait revenir Jean à la croix alors qu’il est parti après avoir affirmé comme les autres qu’il serait là, et il n’a pas été là ? Dans Matthieu, il est dit « Alors tous les disciples le laissèrent et s’enfuirent » (ch. 26. 56). Qu’est-ce qui l’a fait revenir ? Ce qui peut nous faire revenir au Seigneur après une chute, c’est le sentiment de l’amour du Seigneur qui est inaltérable, quelle que soit notre conduite. Ensuite nous avons Jean qui se présente comme le disciple que Jésus aimait, lorsque les femmes sont venues et ont dit : nous sommes allées au tombeau et nous n’avons pas trouvé le Seigneur. La pierre avait été roulée, pas pour laisser sortir le Seigneur, on est bien d’accord, mais pour manifester que le Seigneur n’était plus là. Alors Jean se désigne de nouveau comme « le disciple que Jésus aimait ». Qu’est-ce qui peut nous faire entrer dans la vérité, qu’est-ce qui peut-nous amener à vouloir mieux connaître le Seigneur ? Et là Jean court plus vite que l’autre disciple, étant avide de comprendre ce qu’il n’avait pas compris jusqu’alors. C’est l’amour du Seigneur qui nous pousse à chercher, à mieux entrer dans ses pensées. Quand Jean est entré dans le sépulcre après que Pierre y soit entré, il a vu et il a cru. C’est la troisième fois qu’il s’appelle « le disciple que Jésus aimait ». La quatrième et la cinquième fois sont toutes les deux dans le chapitre 21, lors de la deuxième pêche miraculeuse où Pierre et Jean sont là, en train de pêcher des poissons. Tout est pareil, les eaux sont aussi noires que dans Luc 5, le bateau est certainement le même que dans Luc 5, mais les eaux, le bateau, les personnes sont les mêmes que dans Luc 5 et la pêche nulle est la même que dans Luc 5. Et puis, lorsque les filets sont pleins parce que sur la berge là-bas quelqu’un mettant en évidence leur pénurie leur dit : « Avez-vous quelque chose à manger ? » Non. Pour comprendre, sonder qui est cette Personne, eh bien, c’est bien l’amour. C’est l’amour qui fait entrer dans la vérité. « Le disciple que Jésus aimait » dit : « C’est le Seigneur ». Et la dernière fois où il nous est parlé du disciple que Jésus aimait, c’est quand Pierre voit Jean suivre le Seigneur. Qu’est-ce qui doit nous amener à suivre le Seigneur ? Bien-aimés, est-ce que dans ma vie spirituelle je suis tiré, ou est-ce que je suis poussé ? On peut être poussé, vous savez comme un troupeau de vaches, on tape dessus et puis ça avance, parce qu’on nous a mis des obligations et puis on cherche tous à échapper à ce qui est derrière. Ou bien est-ce que nous sommes tirés ? L’amour du Seigneur a amené Jean, non seulement à suivre le Seigneur, mais à être un exemple pour Pierre qui le voit suivre le Seigneur. Eh bien, que ce soit notre part, ici en tout cas, pour discerner la pensée du Seigneur. Ce n’est pas une question d’être fort en thème, c’est de prendre conscience de l’amour du Seigneur. Pour discerner ce que le Seigneur avait dit d’énigmatique pour Pierre et pour les autres, il faut être là avec l’oreille ouverte et entendre battre le cœur du Seigneur. C’est la position de Jean et c’est comme cela qu’il pourra comprendre, qu’il pourra entrer dans les secrets de l’Éternel. « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14) et les secrets de l’Éternel sont aussi pour ceux qui l’aiment.

Dans cette scène qui nous est rapportée dans Matthieu, nous voyons que onze disciples, pas les douze, demandent au Seigneur : « Seigneur, est-ce moi ? » Le douzième, Judas, qui sait très bien qu’il s’agit de lui-même, pour faire certainement bonne figure devant les autres, lui pose la même question, mais avec une différence, car il dit : « Est-ce moi, Rabbi ? », le maître qui enseigne. C’est vrai, il est le maître et les onze peuvent prononcer le nom du Seigneur parce qu’ils ont donné leur cœur au Seigneur Jésus, mais le douzième ne le peut pas. Il n’a pas donné son cœur. Au contraire il a dérobé durant tout le temps où il a suivi le Seigneur Jésus dans son enseignement sur tous les chemins de Galilée, de Judée. Il ne peut pas l’appeler Seigneur, il n’est pas son Seigneur, il n’a pas voulu qu’il soit son Seigneur. Il y en a onze qui sont convertis et qui aiment le Seigneur. Judas ne l’aime pas, il n’aime que l’argent, alors il ne peut pas prononcer ce mot : « Seigneur ». Nous savons que « nul ne peut dire Seigneur Jésus, si ce n’est par l’Esprit Saint » (1 Cor 12. 3). Même les disciples n’avaient pas encore reçu l’Esprit Saint dans leur cœur, il faut attendre le chapitre 2 des Actes pour cela – malgré tout ils avaient donné leurs cœurs dans la mesure de ce qu’ils étaient capables de comprendre. Ils suivaient le Seigneur avec amour, avec l’amour humain dont ils étaient capables, bien sûr. Jean était, selon ses propres paroles, le disciple que Jésus aimait. Il avait certainement compris mieux que les autres à quel point Jésus l’aimait. Cet amour, il le prend pour lui-même. Est-ce que chacun de nous ici peut dire la même chose : Je suis le disciple que Jésus aime ? Bien sûr il nous aime tous d’un même amour. Il nous l’a prouvé, à chacun de nous. Tout dépend de la manière dont nous apprécions cet amour pour nous-mêmes. Judas ne le pouvait pas. Il en était incapable. Il savait très bien que c’était lui qui avait déjà empoché les trente pièces d’argent que l’on trouve dans Zacharie, ce prix magnifique auquel l’Éternel a été estimé. Il avait pris l’argent et continuait à suivre jusqu’au moment où le Seigneur lui donne le morceau trempé et aussitôt il sortit. Dans son cœur il n’y a aucune compassion pour le Seigneur. Il était insensible à l’amour que le Seigneur lui avait témoigné, à lui aussi. Lorsque Judas arrive avec la compagnie de soldats, de sacrificateurs, il lui dit : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » On voit bien que le Seigneur lui, n’est pas l’ennemi de Judas mais c’est Judas qui est l’ennemi. Pourquoi ? Il était sous le pouvoir de l’ennemi de Dieu qui est aussi l’ennemi des hommes. On comprend bien que tout cela était préconnu, préordonné de toute éternité. Le Seigneur était l’Agneau de Dieu, préconnu dès avant la fondation du monde. Avant même que le monde ait été créé, le Fils de Dieu était préconnu comme étant celui qui serait l’Agneau de Dieu et qui devrait être sacrifié. Et lorsque le moment est arrivé, le Seigneur est troublé car il était venu pour cette œuvre, pour être sacrifié. D’abord pour glorifier Dieu mais aussi pour nous accorder le pardon de nos péchés afin que nous puissions entrer nous-mêmes dans la présence même de Dieu jusque dans le sanctuaire. Et aussi, comme Jean le signale, ce que le Seigneur dit en parlant de ses disciples : « afin qu’ils soient un, comme nous, nous sommes un ; moi en eux, et toi en moi » (Jean 17. 22). C’est là l’ultime désir de Dieu d’avoir des êtres rachetés, purifiés, sanctifiés par le sacrifice de son Fils et qu’ainsi nous puissions être dans le sein du Père. Tout cela, le Seigneur le savait et il connaissait toutes les choses qui devaient lui arriver. A quelques heures du moment où il va être cloué sur le bois maudit alors son âme est troublée. Comment ne pas comprendre cela ? Il a été troublé parce que c’était justement le moment où il allait être fait péché pour nous. Durant les trois premières heures de la croix il a honoré le Père comme holocauste. Il s’est offert à Dieu de façon à ce que le Père soit pleinement glorifié. Ensuite, il y a les trois heures de ténèbres où il a été fait péché pour nous, où il a pris nos péchés sur lui. Tous nos péchés ont été expiés, pas un n’a été oublié. Le moment était venu, il ne pouvait pas désirer ce sacrifice. Il était venu pour cela, il a obéi jusqu’au bout, il a tout accepté, toutes les douleurs qui seraient les siennes. On peut voir en effet, comme Jean l’apercevait peut-être à travers sa faiblesse, combien le Seigneur nous a aimés, jusqu’où a été son amour.

Revenons à Judas. Le Seigneur va donner un signe. La Parole nous explique ce que c’était que de prendre un morceau particulier pour le donner à quelqu’un à qui on veut manifester particulièrement de l’affection, de la déférence, du respect. Nous savons que quand les frères de Joseph sont venus à la deuxième visite, la part de Benjamin était cinq fois plus grande que celle des autres. En cela Joseph voulait marquer son affection particulière pour son jeune frère, Benjamin, dont il faisait la connaissance à ce moment-là (Gen. 43. 34). Il y a un autre passage qui est bien intéressant et qui est peut-être encore plus près de ce que nous avons là. C’est quand Saül est arrivé chez Samuel. Il avait cherché ses ânesses, il ne les avait pas trouvées, mais il s’en va chez Samuel et Samuel parle au cuisinier. Il y avait un morceau spécial. Eh bien ! Tu vas le lui servir (1 Sam. 9. 24). C’était une manière d’honorer, c’était une manière de manifester quelque chose de spécial à un convive. Eh bien ! Là, le Seigneur, pour encore toucher si c’était possible, le cœur de Judas, va le distinguer par son amour, par les soins dont il est l’objet : « C’est celui à qui moi je donnerai le morceau » (verset 26). Quelle responsabilité ! On tremble quant à la responsabilité d’un Judas, auquel le Seigneur a encore parlé en lui donnant une part d’exception pour toucher encore, si c’était possible, ses sentiments. Et alors, ce que nous voyons, c’est à ce moment-là une parole terrible : « Satan entra en lui ». Comment est-ce possible ? Dans le chapitre 12 il nous est dit que Judas était voleur (verset 6). Il avait une tête de pont, une tête de pont de l’ennemi dans son cœur. Et cela c’est très solennel pour chacun de nous. Est-ce que nous supportons dans notre cœur une tête de pont, quelque chose sur quoi Satan pourra s’agripper ? Quant au Seigneur, il dira au sujet du chef de ce monde, il n’a rien en moi, il ne peut s’accrocher sur rien. Mais là Satan a pu s’accrocher sur quelque chose qui était l’amour de l’argent. Comme c’est solennel ! Quelquefois on dira de quelqu’un : c’est son point faible. Mais attention, ce point faible qui peut paraître anodin, qui peut paraître sans conséquences, est-ce que ça ne peut pas être une tête de pont pour que Satan puisse agir d’une manière qui sera une catastrophe pour notre vie spirituelle ? Nous avons besoin d’avoir affaire au Seigneur pour cela, pour qu’il nous sonde de manière que Satan n’ait pas une entrée, une fissure, une faille, par laquelle il pourra s’introduire. Nous avons cette expression, qui fait presque froid dans le dos : « Satan entra en lui ». Contrairement à Dieu, qui est partout, Satan n’a pas le don d’ubiquité. Satan est quelque part. Actuellement il est dans le ciel (Apoc. 12). Eh bien là, vous n’avez pas seulement une position démoniaque, vous avez Satan lui-même qui entre dans un homme dont il va faire son instrument pour sa propre perte, ce sont des choses extrêmement solennelles auxquelles nous avons besoin de faire attention. Ne laissons pas une seule tête de pont, une faille par laquelle Satan pourrait s’introduire en nous.

Je voudrais encore revenir brièvement sur ce qui s’est passé entre le moment où le Seigneur a soulevé cette question, donné cette affirmation : « En vérité, en vérité, je vous dis que l’un d’entre vous me livrera ». Et puis le moment où il a en quelque sorte donné la réponse à Jean, le disciple que Jésus aimait, au verset 26. « Jésus répond : C’est celui à qui moi je donnerai le morceau après l’avoir trempé ». On a rappelé la signification de ce geste si particulier. Il servait à désigner, selon la parole même du Seigneur, lequel allait le livrer, même si les disciples ne l’ont pas vraiment compris à ce moment-là. Ils l’ont compris plus tard, comme le Seigneur le leur dit. On le voit un peu plus haut : « Je vous le dis dès maintenant, avant que cela arrive, afin que, quand ce sera arrivé, vous croyiez que c’est moi » (verset 19). C’était quand même la réponse à la question. On peut discerner trois étapes dans la manière dont la pensée du Seigneur a été ainsi révélée. Ces trois étapes sont en quelque sorte symbolisées par trois personnes différentes, si on peut dire.
Première étape : collective. Il s’agissait de Judas. C’était dans un sens une question de la responsabilité personnelle de Judas. Mais le Seigneur en fait une question collective. Il dit : « l’un d’entre vous me livrera » Donc la question se posait à tous les disciples, c’était « lequel est-ce ? » La première étape, c’est de la part de tous les disciples, c’est d’abord ne pas remettre en question la parole du Seigneur. Ils l’acceptent entièrement. Et ensuite cette humilité de se remettre chacun d’eux en question en pouvant dire : est-ce moi ? Ce sont les disciples dans leur ensemble.
Ensuite il y a ce discernement, en quelque sorte, de la question qu’il fallait poser, que le Seigneur attendait. C’est Simon Pierre qui la pose. On peut dire que c’est Simon Pierre, ici comme souvent, la personnification du disciple qui aimait le Seigneur. C’est important aussi, il ne faut pas trop critiquer Pierre. On voit plusieurs fois dans ce chapitre et ailleurs, des paroles qui sont déplacées, qui peuvent être critiquables, au début du chapitre 13 et à la fin du chapitre aussi. Mais c’était aussi, ne l’oublions pas, un disciple qui aimait profondément le Seigneur. Il est un exemple là aussi. Avec cet amour pour le Seigneur, il avait une certaine dose de confiance en lui-même. C’est à cela que nous devons être attentifs. Retenons quand même cet exemple qu’il nous donne de son amour pour le Seigneur. C’est le disciple qui, dans Jean 21, dit trois fois : « Seigneur, tu sais que je t’aime ». Pierre est le disciple qui aimait le Seigneur et Jean est le disciple que Jésus aimait. C’est peut être encore plus beau. On l’a souligné tout à l’heure, cette conscience, non pas en regardant à nous, à notre amour pour le Seigneur, mais cette conscience de l’amour du Seigneur pour nous. On voit là que les deux entrent en scène. Et Pierre, le disciple qui aimait le Seigneur, discerne en fait quelle est la question qui doit être posée. Il fait signe à Jean de demander lequel est celui dont il parle. Il était en quelque sorte trop loin du Seigneur, cela nous parle moralement, il n’est pas en état, il est trop loin du Seigneur pour la poser lui-même, alors il fait signe à Jean.
Enfin la troisième étape qui est si importante : c’est Jean qui, étant lui, juste à côté du Seigneur, a encore la possibilité de se pencher sur sa poitrine, et de lui poser la question. Ça, c’est le disciple que Jésus aimait. C’est la conscience de l’amour du Seigneur pour nous, qui ne nous donne pas directement le discernement de la pensée du Seigneur, mais la proximité nécessaire pour pouvoir poser la question et avoir la réponse. Ces trois choses sont importantes : ne pas douter de la parole du Seigneur, se défier de nous-mêmes, de nos propres pensées, d’être capables de se remettre en question ; et puis l’amour pour le Seigneur qui nous permet de discerner quelle est la question qu’il attend que nous lui posions. Et puis alors la proximité du Seigneur, la communion avec le Seigneur pour pouvoir lui poser la question et avoir la réponse.

Le Seigneur a fait quelque chose de solennel. Il est dit : « ayant trempé le morceau, il le donne à Judas Iscariote, fils de Simon. Et après le morceau, alors Satan entra en lui. Jésus donc lui dit : Ce que tu fais, fais-le promptement » (versets 26 et 27). Nous voyons le Seigneur avec Judas. C’est extrêmement solennel parce qu’on voit effectivement comment le Seigneur a agi à l’égard de Judas, les soins qu’il a eu à son égard, et là, un dernier appel à sa conscience, dans ce geste qu’il fait de lui tendre ce morceau, de l’honorer par cela et lui montrer clairement qu’il savait ce qu’il allait faire. C’était une flèche pour sa conscience. Judas prend le morceau et, à ce moment-là, Satan entra en lui. A partir de ce moment-là, c’en est fini pour lui. Il n’est pas retiré de la scène présente immédiatement. On voit que le Seigneur lui dit : « Ce que tu fais, fais-le promptement ». Ça fait partie du plan de Dieu et Dieu va se servir de Judas pour accomplir ce qui était dit à l’avance ; il y aura donc des choses que Judas doit faire dans cet état de perdition où Satan est entré en lui. Il devient une marionnette et est possédé par Satan. Donc il va continuer effectivement et on voit où tout cela l’a amené. Mais on voit cela dans la Parole, c’est même très sérieux de voir que le Seigneur parle une fois, deux fois, on n’y prend pas garde. La patience de Dieu est grande. « La bonté de Dieu te pousse à la repentance » (Rom. 2. 4). Dieu a de la patience mais il y a un moment où cette patience prend fin. On voit aussi cela dans le cas du Pharaon, on l’a souvent souligné, lorsque là aussi Moïse, envoyé par Dieu a fait des signes particuliers devant le Pharaon, pour parler à son cœur et à sa conscience : « Laisse aller mon peuple ». Plusieurs fois il est dit : le Pharaon endurcit son cœur et après qu’est-ce qui est dit ? « L’Éternel endurcit le cœur du Pharaon » ! L’apôtre Paul, en Romains 9. 22, parle de vases de colère tout préparés pour la destruction. En contraste, il est parlé des vases de miséricorde que Dieu a préparés. Lorsqu’on résiste comme cela à la grâce de Dieu, aux appels de Dieu, au témoignage de Dieu lorsque Il parle, il y a un moment où la patience de Dieu prend fin et peut-être la personne peut être laissée encore sur la terre, et peut servir au conseil de Dieu pour accomplir ses plans, comme il s’est servi de Pharaon. Cela n’ôte absolument rien à la responsabilité de ceux qui ont agi ainsi, qui ont été sollicités par le diable. Comme c’est important parce qu’on a souvent des questions sur ces sujets-là ; on pense aux plus jeunes qui peuvent s’interroger. La Parole est très précise et il y a à la fois la bonté de Dieu qui sollicite, qui avertit. Il y a ce verset des Proverbes : « L’homme qui, étant souvent repris, roidit son cou, sera brisé subitement » (29. 1). C’est quand même très sérieux pour avertir chacun, chacune : si quelqu’un ferme son cœur, endurcit sa conscience : attention ! C’est extrêmement sérieux parce que Dieu parle une fois, deux fois (Job 33. 14), et combien de fois la bonté de Dieu sollicite ! On voit cette patience de Dieu si grande, par exemple à l’égard d’Israël. Mais il y a un moment où la patience de Dieu a un terme et à ce moment-là la sentence de Dieu est prononcée. On voit immédiatement que Satan entre en Judas, qui est ainsi conduit par le diable. Le Seigneur lui a dit : « Ce que tu fais, fais-le promptement ». « Il sortit » nous est-il dit. « Ayant donc reçu le morceau, il sortit aussitôt ; or il était nuit » (verset 30). Souvent on a souligné que cette nuit physique qui était là, à ce moment-là, nous parle de cette nuit terrible, nuit morale dans laquelle Judas entrait pour l’éternité. Que cela est solennel !

C’est bien en effet un point de non-retour. Pour Judas c’était trop tard. Imaginons et mettons-nous un tout petit peu dans la peau de Judas. On vous a mis trente pièces d’argent dans la poche, vous cherchez une bonne occasion pour accomplir votre plan et voilà que celui que vous allez livrer, dévoile totalement votre plan, vous honore d’une manière toute particulière et vous dit en plus : voilà ce que tu vas faire. Il y a de quoi briser votre cœur. Mais lorsque Satan tient une proie, il ne la lâche pas. On peut dire que c’était trop tard comme on l’a souligné pour le Pharaon aussi. Après avoir endurci son cœur, il en arrive à un point de non-retour et c’est Dieu lui-même qui endurcit son cœur. Seulement cela, nous n’avons le droit de le dire d’aucun homme. Attention, nous n’avons pas le droit de dire : Oui, maintenant il est arrivé à un point de non-retour. La grâce de Dieu est immense. Dieu seul peut savoir qu’un homme est arrivé à un point de non-retour. Nous, nous n’avons pas le droit de le dire. On l’a lu et nous savons que la Parole c’est de l’eau – on l’a vu dans le lavage des pieds – c’est aussi un marteau qui brise le roc. Et pour des âmes qui nous paraissaient très loin du salut, eh bien, la grâce de Dieu a pu agir dans ces hommes. Qui aurait pensé par exemple qu’un Saul de Tarse qui était un terroriste à l’égard des chrétiens, qui aurait pensé qu’à un moment donné Dieu allait le jeter par terre et en faire le grand apôtre des nations ? C’est une chose à laquelle nous n’aurions pas pensé. Peut-être qu’on aurait pensé qu’il était arrivé à un point de non-retour. Eh bien ! Non, c’est ce que Dieu fait. Donc ce n’est pas à nous de dire cela.
Juste encore ceci. Nous voyons que « ayant donc reçu le morceau, il sortit aussitôt ». Après Adam, le 1er homme, qui est un type du 2nd homme (1 Cor. 15. 45, 47). Puis nous voyons Caïn, meurtrier de son frère Abel – nous avons là déjà en image ce qu’on a fait au Seigneur – est sorti de la présence de l’Éternel, position extrêmement solennelle. Il est sorti de la présence de l’Éternel. Quelqu’un d’autre qui sort de la présence de l’Éternel – on ne s’étonne pas que ce soit lui – c’est dans le livre de Job. Il est dit à deux reprises en tout cas : « Et Satan sortit de la présence de l’Éternel » (1. 12 ; 2. 7). C’est le contraire de la dépendance, c’est le contraire par rapport à Jean qui est sur la poitrine du Seigneur, écoutant, goûtant l’amour du Seigneur, écoutant battre le cœur de son Seigneur. Judas sort de la présence du Seigneur et là nous avons le principe de notre monde qui, lui, cette fois n’est pas sorti de la présence du Seigneur, mais a mis le Seigneur dehors. Qu’est-ce que c’est que le monde ? C’est tout simplement des hommes qui s’organisent sans Dieu. C’est cela le principe même du monde. Caïn est sorti, il a bâti une ville, on voit ensuite le développement économique, artistique, tout est là ensuite. On a commencé par sortir de la présence de l’Éternel. On voit l’aboutissement de ces choses. Judas sort de la présence de son Seigneur, étant le jouet de Satan pour accomplir son terrible dessein.

Au verset 31 : « Lors donc qu’il fut sorti, Jésus dit : Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui ». Par cette expression « lors donc qu’il fut sorti », on comprend ce qu’on a lu au verset 21 : « Ayant dit ces choses, Jésus fut troublé dans son esprit ». Le Seigneur savait qu’il fallait que Judas soit manifesté et que ce serait justement le point de non-retour pour Judas. Ce qu’il allait lui dire à la fin serait le point de non-retour. « Lors donc qu’il fut sorti ». On sent qu’il y a quelque chose qui maintenant est possible. Il y a, on peut dire, une autre atmosphère. Tant que Judas était là, il n’était pas possible que le Seigneur puisse ouvrir son cœur comme il le fait dans la suite. Là, il y a quelque chose qui est de l’intimité du Seigneur avec ses rachetés et Judas n’en fait pas partie, même s’il était l’un des douze. Il fallait donc qu’il sorte pour qu’alors le Seigneur puisse dire tout le reste. « Lors donc qu’il fut sorti, Jésus dit : Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui ». Il y a toute cette partie si précieuse, jusqu’au chapitre 17 de cet évangile qui nous est conservée dans la Parole.

On voit aussi le peu de cas que le Seigneur faisait de l’argent qui est le ressort de notre monde. Pour Judas c’était tout. Il allait, à cause de l’argent, livrer son maître. C’est là qu’il nous est dit que Judas était le trésorier, c’est lui qui avait l’argent. Dans le chapitre 12 il est souligné par l’Esprit de Dieu « qu’il était voleur » (verset 5). Franchement, un chef d’entreprise s’il sait que son trésorier est un voleur, il va le convoquer, il va le licencier. Eh bien ! Le Seigneur a supporté et confié la bourse à un homme qui était un voleur, et le Seigneur le savait ! C’est dire combien le Seigneur Jésus faisait peu de cas de l’argent. Il a laissé la bourse entre les mains de Judas dont il connaissait les tristes tendances.

Satan est entré en Judas. Au moment où il faisait sa transaction, son complot, il avait le sentiment qu’il allait arriver à quelque chose. Satan nous appâte et après on découvre quelle perte nous avons faite et ce qui a été la part de Judas. C’est comme cela que le diable fonctionne toujours, il ne nous donne rien, il prend toujours et il donne le sentiment du vide.

Lorsqu’on parle de l’argent, on est surpris peut-être aussi de voir ce qu’on lit : « aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui avait dit cela ; car quelques-uns pensaient que, puisque Judas avait la bourse… » (versets 28 et 29). On a vu que Pierre aimait le Seigneur, que Jean aimait le Seigneur, le Seigneur l’aimait aussi. Mais ils ne comprennent pas ce que le Seigneur dit au sujet de Judas et on reporte la cause à l’argent qu’avait Judas.

Encore simplement sur ce sujet-là, on peut lire un passage dans la 1ère épître à Timothée que l’on connaît bien « Or ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition ; car c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent, ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs » (6. 9 et 10). Ce n’est pas un avertissement disant : faites un peu attention. C’est extrêmement fort : « égarés de la foi, transpercés de beaucoup de douleurs ». On a l’impression que la Parole nous dit que l’amour de l’argent est une racine qui peut vraiment perdre les hommes, les éloigner de la foi, les empêcher totalement de recevoir l’amour du Seigneur, de s’approcher de lui, de s’intéresser aux choses de Dieu, d’avoir une conviction de péché. Ces choses-là peuvent être entièrement étouffées, balayées par une chose qui prend possession du cœur, qui est l’amour de l’argent. Il ne faut pas oublier que dans cet exemple si terrible de Judas – pendant longtemps j’avais le sentiment que Judas était une espèce de mal absolu, une espèce d’incarnation diabolique d’un mal totalement incroyable. En fait, il me semble que ce n’est pas vraiment ce que dit la Parole. Judas était un ami du Seigneur. Certainement il n’a jamais laissé le Seigneur entrer dans son cœur. Son cœur est resté fermé. Le Seigneur dit bien : « Vous n’êtes pas tous nets » (verset 11). Judas avait gardé son cœur fermé. Il était dans cette proximité du Seigneur, il devait y avoir une part d’affection, en tout cas de la part du Seigneur, la Parole le dit et ce qui nous laisse aussi penser cela, c’est ce qui est dit dans Matthieu : probablement que Judas ne pensait pas que le Seigneur serait mis sur la croix parce qu’il avait vu le Seigneur échapper tant de fois, ça faisait trois ans que les Juifs essayaient de mettre les mains sur lui, avaient voulu se saisir de lui. Judas était témoin qu’à chaque fois le Seigneur n’avait pas été pris, parce que son heure n’était pas venue. Alors les hommes ne pouvaient rien faire contre lui et Judas avait vu cela. Il est dit que, quand il vit que le Seigneur était condamné, avant même que le Seigneur soit mis sur la croix, alors Judas s’est rendu compte des conséquences de ce qu’il avait fait et que, cette fois-ci, les hommes allaient arriver à leurs fins, à cause de lui. Il est quand même dit qu’il a été pris de remords, il est allé voir les hommes disant : je ne peux pas garder cet argent et il l’a jeté dans le temple. Ça montre bien qu’à ce moment-là il y a eu un remords d’amertume dans son cœur, mais qui n’était pas du tout la même chose que pour Pierre, c’était trop tard, c’était un remords qui a dû être une amertume si terrible qu’il est allé se pendre. Ça montre la détresse absolue dans laquelle cet amour de l’argent l’avait amené. Pour Judas, c’était l’amour de l’argent, ce n’était pas le fait de vouloir mettre le Seigneur sur une croix. Dans ce sens-là Judas effectivement est plus proche de nous, de ce que nous pouvons être, en tout cas de ce qu’il peut y avoir dans notre propre cœur. Les conséquences ont été absolument autres encore, c’était le plan de Dieu, c’était le fils de perdition. Pierre au contraire, quand il s’est trouvé à prononcer quelques heures après cette scène des imprécations pour montrer qu’il n’était pas « de ces gens-là », à juré : « Je ne connais pas cet homme » (Marc 14. 71) Judas a trahi son maître pour avoir de l’argent et Pierre a renié le Seigneur, a juré, prononcé des imprécations. Nos cœurs sont capables de ces deux choses. Il y avait cependant une grande différence : c’est que Pierre aimait le Seigneur, appartenait au Seigneur, il faisait partie des siens. Mais là il n’était pas trop tard pour lui. Il appartenait au Seigneur et le Seigneur va pouvoir faire quelque chose dans le cœur de Pierre, qu’il n’était pas possible de faire dans le cœur de Judas. Pierre sera restauré au point de pouvoir dire quelque temps plus tard s’adressant aux Juifs : « vous avez renié le saint et le juste ». Pour un croyant, c’est encourageant de voir, quelque terrible que puisse être la chute d’un croyant, que l’on puisse être restauré. On pense aussi à l’exemple de David. Cet homme si fidèle qui était allé jusqu’à l’adultère, au meurtre, un péché qui nous paraît épouvantable. Quand on voit de quelle manière Dieu a pu travailler dans son cœur ! Il n’était pas trop tard. Il était tombé très bas, mais Dieu pouvait le relever, opérer dans son cœur et le Psaume 51 montre à quel point Dieu l’a relevé, l’a amené à juger ce qu’il avait fait et à revenir vers lui. Alors, quand un croyant tombe – et on peut penser que ce n’est pas la même chose que pour Judas – il n’est pas trop tard. Le Seigneur désire travailler dans notre cœur et nous ramener à Lui.

Un verset dans Matthieu au chapitre 6 : « Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre : vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (verset 24). Dans le cas de Judas on voit lequel est celui qu’il sert. En fait il a été comme tous les autres disciples, entouré des soins du Seigneur. Mais son cœur était ailleurs. Il est resté sans être touché par l’amour du Seigneur et il n’a pas donné son cœur au Seigneur. Les choses sont ajoutées, les bénédictions sont ajoutées mais ça n’a pas changé son cœur. Il a été l’objet de ses tendres soins jusqu’à ce morceau qui lui a été tendu, jusqu’à ce moment-là, mais ce qui est de la chair est chair. Il n’est pas venu au Seigneur. L’épître aux Hébreux nous dit : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (4. 7). Le Seigneur attend que sa Parole produise quelque chose en nous. Comme nous l’attristons si nos cœurs restent insensibles à sa Parole, si nos cœurs restent insensibles à son amour ! Tel a été Judas dans tous les moments où il est resté avec le Seigneur.

Je désire encore dire un mot sur l’attitude des disciples. On peut être étonné que les disciples ne comprennent rien alors que les choses étaient très cohérentes. Le Seigneur vient de démasquer le traître. On imagine : ils sont là, Judas se lève et puis le Seigneur dit : « Ce que tu fais, fais-le promptement ». C’était clair. Ils ne comprennent pas. Ils disent : eh bien, il va acheter pour donner aux pauvres ou ce qu’il faut pour la fête. Demain c’était la fête. Mais pourquoi ? Pourquoi ? C’est quelque chose qui peut aussi nous arriver. Nous avons quelquefois des idées toutes faites, des choses dont nous sommes sûrs, même spirituellement. Tel verset veut dire ceci et puis telle pensée est comme ça, et puis c’est réglé. On le sait depuis l’enfance. C’est comme cela. Quelles étaient les idées des disciples ? Malgré tout ce que le Seigneur leur a dit, et il est dit quelque part que malgré tout ce qu’il leur a dit, ils n’ont pas saisi quel était son chemin. Ils étaient pleins de pensées milléniales, ils continuaient à penser et c’est pour cela aussi qu’ils se sont enfuis quand ils ont vu que ça ne correspondait pas au schéma qu’ils s’étaient fait vis-à-vis du Seigneur. Quand ils ont vu qu’on venait chercher le Seigneur, ils sont tous partis. Là ils « perdaient les pédales » complètement par rapport à l’idée qu’ils avaient. Mais est-ce que ça ne nous arrive pas aussi ? Vous avez une idée, une pensée, c’est comme ça et ce n’est pas autrement et ce que nous avons en nous est toujours prioritaire par rapport à ce que la Parole veut nous enseigner. Même dans la pédagogie du monde, tout simplement, nos fausses représentations d’une notion empêchent de faire entrer quelque chose de nouveau. Je prends cet exemple, excusez-moi, c’est très terre à terre. Si j’ai l’impression que je sais à peu près aller à la gare, je vais demander le chemin de la gare, mais je risque de très mal écouter ce qu’on va m’expliquer si ça n’entre pas dans l’idée que j’ai, parce que j’ai une idée. Tant que c’est cohérent avec ce que je pense : oui, oui, c’est bien ça, je vais écouter. Mais si on m’explique autre chose, je risque de rester dans mon idée. C’est simplement quand je serai complètement perdu dans la ville et que j’aurai vu que ce que je pensais était faux, qu’alors, je vais écouter parce que je sais que ma représentation était fausse. Nous ne savons peut-être pas – aujourd’hui c’est un gros problème que nous avons – nous laisser déstabiliser par la Parole de Dieu. Nous sommes souvent tellement stables parce que nous avons conscience que nous savons beaucoup de choses et c’est vrai, surtout quand on connaît le Seigneur Jésus depuis son enfance et qu’on a été enseigné. Nous risquons d’avoir tellement de schémas de pensées qui sont installés. Le Seigneur voudrait nous déstabiliser avec quelque chose. Eh bien, non, non, on ne se laisse pas déstabiliser, c’est comme ça et ce n’est pas autrement. On voit que l’exemple des disciples est là pour nous parler. Est-ce que nous sommes encore aujourd’hui capables, malgré la connaissance que nous avons, est-ce que nous sommes capables, humblement, de la mettre, pas de côté, mais d’enrichir cette connaissance dans un vrai exercice par rapport à ce que le Seigneur voudrait nous dire de plus, ou ce qu’il voudrait peut-être même rectifier dans notre manière de voir, dans notre manière de concevoir les choses, dans les choses de Dieu ? Il semble que là les disciples ne se sont pas laissé déstabiliser. Ils ont pensé que le Seigneur allait régner et même Judas pensait que le Seigneur ne serait pas livré. Et bien non, il va acheter pour les pauvres, il va acheter pour la fête de demain. Mais ils n’étaient pas prêts à se remettre en question. C’est peut-être une prière que nous pouvons faire individuellement et collectivement : « Seigneur, accorde-nous la grâce de nous laisser nous remettre en question par ta Parole et par ton Esprit ».
Les disciples d’Emmaüs en étaient là : « nous, nous espérions » (Luc 24. 21). C’était bloqué cela aussi. Il a fallu que les choses s’écroulent complètement dans ce terrible week-end. Ils sont là, le dimanche soir où tout s’est écroulé, et alors le Seigneur peut faire brûler leur cœur. S’ils étaient restés dans leurs anciens schémas, ça n’aurait pas été la même chose. La parole du Seigneur aurait fait un peu ricochet, elle ne serait pas entrée comme elle l’a fait là. « Nous, nous pensions », et voilà… Alors à ce moment-là ils sont prêts à recevoir. Ils sont dans l’état pour recevoir ce que le Seigneur a à leur dire.

Par rapport à ce que l’on a dit tout à l’heure, il faut bien se rendre compte que Judas était aussi dans ce chemin-là. Pour lui c’était impensable que le Seigneur puisse être arrêté. C’est bien pour cela qu’en fait cela parle à notre conscience, c’est qu’en fait Judas était absolument persuadé que le Seigneur échapperait de toute façon, et en fait, en livrant le Seigneur, tout simplement il se faisait de l’argent tout en pensant : de toutes manières il échappera, c’est une bonne occasion de gagner trente pièces d’argent. Ce n’était pas plus grave que cela, ce n’est pas qu’il voulait voir le Seigneur sur la croix. Au contraire il est absolument, complètement stupéfait de voir que le Seigneur est arrêté. Alors que le Seigneur n’est pas encore sur la croix, s’en allant, il se pendit. Encore une fois, cela nous montre bien quand même que Judas n’est pas en effet ce monstre tel qu’on peut l’imaginer, mais simplement il pensait se faire de l’argent, avoir une bonne occasion de gagner trente pièces d’argent. On voit où cela l’a conduit dans un monde où l’amour de l’argent effectivement est quelque chose de terrible.

Un passage dans l’épître aux Romains : « Méprises-tu les richesses de sa bonté, et de sa patience, et de sa longue attente, ne connaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? Mais, selon ta dureté et selon ton cœur sans repentance, tu amasses pour toi-même la colère dans le jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres » (2. 4 à 6). Est-ce qu’on n’a pas là dans cet exemple de Judas, l’illustration de ce verset : mépriser la bonté de Dieu ? Et puis c’est une bonté qui va même plus loin que ce que nous connaissons comme la grâce de Dieu. Ce chapitre 13 est un chapitre qui continue le sujet de cet évangile de Jean, l’amour, la nature divine, Dieu est amour. L’amour qui nous est manifesté, l’est premièrement à la croix : Jésus a donné sa vie, rien n’a pu le retenir. Dans ce chapitre nous sommes invités à avoir de l’amour : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (verset 35). On l’a déjà dit, la source de cet amour est en Dieu. On a dans ce chapitre 13 l’exemple d’un disciple qui prend plaisir progressivement à ce qu’on lui octroie de tenir la bourse. Il devient voleur et au début du chapitre 13 on a vu au verset 2 que le diable ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, de livrer Jésus. Et puis là, Satan entre dans Judas.
On a parlé du lavage des pieds. Une des motivations profondes et indispensables, c’est l’amour. Il est bon de considérer ce que Christ, ce que Dieu a fait, pour chacun d’entre nous, comment il nous aime. Il nous a aimés jusqu’à la fin. Rien ne l’a retenu. Jusqu’au bout. Cet exemple est placé devant nos yeux. Nous savons déjà, premièrement, que si nous endurcissons notre cœur, comme l’a fait Judas – pour lui il y a eu non seulement la perte de son âme, il passe à côté du salut, mais il y a un second enseignement, même pour ceux qui ont la vie, on l’a lu dans 1 Timothée 6, c’est que cet amour des choses matérielles, de l’argent, peut nous conduire et non seulement peut mais si nous ne revenons pas sur nous-mêmes, va nous conduire loin du Seigneur. Ce chapitre 13 c’est ce sujet-là. Alors, première chose, je lis encore le verset 20 de ce chapitre 13 : « En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui reçoit quelqu’un que j’envoie, me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé ». Comment commence l’apprentissage du lavage des pieds ? Est-ce que je reçois celui que le Seigneur m’envoie ? C’est une chose si utile d’apprendre, indispensable pour faire des progrès dans la connaissance du Seigneur. C’est une connaissance qui n’est pas une connaissance intellectuelle, alors même que nous avons besoin d’utiliser les facultés qu’il nous a données, une connaissance de cœur, d’être sensible au fait que jusqu’au bout le Seigneur tend une perche à Judas. Il ne prend pas plaisir à la mort du pécheur. Il ne prend pas plus plaisir à ce que ceux pour lesquels il a payé ce prix de la sixième à la neuvième heure sur la croix, ne jouissent pas pleinement de cette part avec lui, de cette communion. Si bien que si nous voyons chez un frère ou une sœur, ceci quel que soit notre âge, qu’il y a une voie de chagrin manifeste et que nous en faisons un sujet de prière, que nous cherchons bien dans la Parole ce qu’elle dit au sujet de ce que nous avons compris de ce frère ou de cette sœur, et qu’ensuite nous nous mettons en route, la défiance de soi-même, la prudence, ne va-t-elle pas encore nous conduire à écouter ? Il nous est dit dans le livre du Deutéronome : « Tu t’enquerras bien » (13. 14), pour qu’on ne vienne pas avec assurance pour faire une conquête, mais bien dans cette attitude que le Seigneur a montrée dans ce premier paragraphe du chapitre 13 en s’abaissant. Écouter, montrer de l’empathie pour que son frère et sa sœur parlent, parce que vous avez peut-être entendu des choses qui se rapportaient, qui se répandaient de bouche en bouche. Quelle est la situation réelle ? Est-ce que nous pensons aussi qu’en une visite nous allons tout savoir ? Est-ce qu’il ne faut pas qu’il y ait un rapport de confiance qui s’établisse et ce rapport de confiance, il se montrera dans la mesure où mon frère ou ma sœur sait que je vais agir avec discrétion. Ici, dans cette scène, le Seigneur nous instruit de cela et il nous instruit aussi dans ce verset 32 : « Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même ». Nous savons qu’il va glorifier, et qu’il a glorifié son Dieu, et Dieu va le glorifier, le ressusciter, le faire asseoir à sa droite. Et à sa droite pour les disciples et pour nous, ce n’est pas encore un lieu où nous pouvons venir. Et il ajoute bien à la fin du verset 33 : « je vous le dis aussi maintenant à vous ». Nous attendons le Seigneur, Dieu l’a glorifié, Jésus lui-même a glorifié son Dieu, et il souhaite que nous le glorifiions en mettant en pratique ce jugement de soi-même qui comporte deux phases dans la vie chrétienne : quant à soi, cette humilité qui nous aidera avec le secours du Seigneur et la prière, à aller vers son frère, mais aussi à savoir attendre, se taire, regarder que la vie nouvelle que j’ai reçue, c’est celle que Christ m’a acquise. Il me l’a acquise et j’en ai la certitude parce que Dieu l’a glorifié. Il est ressuscité.

J’aimerais parler de la tendresse du Seigneur. Au verset 32 : « enfants ». Dans l’original c’est un mot très affectueux, qui veut dire : « mes petits ». Au premier verset il est dit que le Seigneur, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. On voit la profonde tendresse du Seigneur dans ce premier verset et on voit comment il leur parle au verset 33. C’est très touchant. On peut lire dans Luc au chapitre 22 : « Et le Seigneur, se tournant, regarda Pierre » (verset 61) ; et « lui couvrant les yeux, ils l’interrogeaient, disant : Prophétise ; qui est celui qui t’a frappé ? » (verset 64) Donc le dernier regard du Seigneur, c’est pour Pierre, avant qu’on lui mette un bandeau sur les yeux. Pourquoi Pierre ? Parce que Pierre va revenir, et le Seigneur l’aime. Après la croix dans Jean 21, il dit : « Enfants, avez-vous quelque chose à manger ? » (verset 5). C’est très touchant quand on pense que tous les disciples l’avaient laissé, et s’étaient enfuis. Est-ce que nous parlerions comme cela à ceux qui nous laissent « tomber », à ceux qui nous ont fait du mal ? On voit une tendresse profonde dans le cœur du Seigneur, une tendresse qui ne s’exprime pas simplement avant la croix ou après la croix, mais cette tendresse du Seigneur, on la ressent tous les jours. Le Seigneur ne nous a pas simplement aimés quand il était sur la terre, quand il était sur la croix. Le Seigneur a une tendresse profonde pour chacun de nous et il nous aime d’un amour profond. Ce chapitre 13 de Jean nous montre aussi l’amour profond de Christ pour chacun de nous, un amour qui est passé, présent et éternel. C’est touchant de voir cet amour du Seigneur.

Verset 31 : « Lors donc qu’il fut sorti ». On pourrait lire Marc 14. 20 à 22 : « Mais répondant, il leur dit : C’est l’un d’entre les douze qui trempe avec moi au plat. Le fils de l’homme s’en va, selon qu’il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme par qui le fils de l’homme est livré ! Il eût été bon pour cet homme-là qu’il ne fût pas né. Et comme ils mangeaient, Jésus, ayant pris un pain… ». Le verset 31 de Jean 13 se situe entre les versets 21 et 22 de l’évangile selon Marc. L’Évangile selon Marc suit l’ordre chronologique. Beaucoup de personnes disent que Judas a participé à la cène, mais non, Judas était sorti. Si on fait la synthèse des évangiles on voit cela. Si nous revenons au verset 31, nous voyons que le cœur du Seigneur est en quelque sorte soulagé que Judas soit sorti. On comprend que la cène se déroule après que Judas soit sorti. Notons en même temps la souffrance du Seigneur dans ce chapitre 13. Judas était là, le Seigneur savait que Satan était là avec toute sa méchanceté. On voit tout ce que le Seigneur traverse et tout au long de ce chapitre 13 nous voyons que la présence de Judas pèse, et à partir du verset 31 nous voyons le Seigneur qui dit : « Maintenant le fils de l’homme est glorifié ». Et en même temps, ces passages nous parlent des souffrances du Seigneur par anticipation. Déjà au chapitre 10, il parlait de sa mort. Au chapitre 12, il nous parle de sa mort : « L’heure est venue pour que le fils de l’homme soit glorifié » (verset 23). C’est par rapport à nos besoins, au fait qu’il soit venu. « A moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (12. 24). Il est celui qui meurt, il a donné sa vie pour que nous puissions être amenés à Dieu. Maintenant le fils de l’homme est glorifié, tel que nous le trouvons ici dans ce verset 31. C’est entièrement pour la gloire de Dieu, pour le plaisir de Dieu. Il est celui qui a entièrement, parfaitement glorifié son Dieu.

Au sujet de la gloire du Seigneur, sujet très édifiant, aux versets 31 et 32. Je signale pour ceux qui voudraient approfondir ces deux versets qui sont très difficiles quand même, un article dans le Messager Évangélique, paru en 2016, donne un commentaire assez détaillé et très édifiant de ces deux versets. Je veux juste souligner rapidement ici la différence entre le verset 31 et le verset 32. La gloire dont il est question au verset 31, « Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui » : il s’agit essentiellement, en résumé, des gloires morales qui ont brillé dans le Seigneur sur la croix, dans lesquelles le Seigneur lui-même a été glorifié comme nous le chantons quelquefois : « Dans la honte a brillé ta gloire » et dans lesquelles Dieu a été glorifié en lui. Dans le verset 32 il s’agit de sa résurrection, ressuscité par la gloire du Père (Rom. 6. 4) et dans cette résurrection, il a été aussi glorifié, Dieu le glorifiera en le ressuscitant d’entre les morts, dès que Son œuvre a été accomplie. Après un court séjour dans le tombeau, il le glorifia en le ressuscitant d’entre les morts, anticipation de la gloire qui est déjà maintenant la sienne dans le ciel, et qui sera bientôt manifestée publiquement. Et puis il y a ces deux grands sujets si précieux, de l’amour du Seigneur Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre » (verset 34). Quel sujet précieux ! Nous avons été beaucoup occupés de Judas, c’est bien solennel. Quel réconfort aussi de considérer de nouveau dans le dernier paragraphe la personne du Seigneur, sa gloire, son amour !

Judas est parti. On voit comment le Seigneur peut ouvrir son cœur, on a souligné qu’il s’adressait aux siens par ce terme d’enfants, terme d’intimité, d’affection, ce lien qu’il a avec ceux qui sont ses rachetés. Ce que le Seigneur place devant eux avant tout ce qu’il leur dira dans la suite de ce chapitre, c’est ce qu’on a justement dans ce paragraphe, ce commandement nouveau : « Je vous donne un commandement nouveau ». Effectivement c’est ce que le Seigneur veut placer sur le cœur de ses disciples. « Comme je vous ai aimés ». Il a manifesté cet amour au début du chapitre : « ayant aimé les siens ». Et maintenant, ce commandement « comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre ». C’est ce qu’il y a aussi au verset 35 : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous ». C’est quelque chose que le Seigneur place devant nous, le Saint Esprit nous le rappelle et cela doit nous interpeller profondément. C’est la première des choses que le Seigneur nous dit au début, quand il ouvre son cœur à ses disciples, et cela commence par-là, que nous nous aimions l’un l’autre comme lui nous a aimés. C’est en cela qu’il y a quelque chose de nouveau. Le Seigneur avait posé la question : « Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ? » Le docteur de la loi a répondu « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même » (Luc 10. 26 et 27). Donc, dans la loi il y a déjà cela, mais maintenant ce qui est nouveau justement, c’est le fait de cette nouvelle relation du Seigneur avec les siens. Déjà on est là après la croix, l’œuvre est accomplie, le Seigneur nous fait entrer dans un chemin entièrement nouveau. Il faut que nous nous aimions l’un l’autre comme des frères en Christ, comme ceux qui sont liés à Christ et liés les uns aux autres par cet amour qui est l’amour même dont nous avons été aimés du Seigneur. Chacun de nous peut dire, comme Jean, le disciple que Jésus aimait, quand on est conscient, chacun, de cet amour du Seigneur pour nous, alors on peut apprendre de lui à aimer comme lui nous a aimés. C’est la mesure qui est présentée là et qui est celle du Seigneur lui-même : « comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre ». C’est quelque chose effectivement d’entièrement nouveau, ces relations de frères et sœurs en Christ, de ceux qui sont unis à Christ par des liens vivants. L’Église n’est pas encore formée à ce moment-là mais cela est déjà placé devant nous. C’est donc la première chose que le Seigneur place devant les siens. Ce verset 35 si important : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous ». Chers frères et sœurs, est-ce ce qui nous caractérise ? Combien on se sent étreint en lisant ces versets. Est-ce que nous savons vraiment manifester cela, un amour vrai, un amour dans la vérité, savoir se parler les uns aux autres et apprendre à se laver les pieds l’un l’autre. On a vu l’exemple au début de ce chapitre, avec toute la difficulté que cela comporte à la fois dire la vérité, et la vérité dans l’amour pour rechercher le bien de son frère, de sa sœur, le bien de l’assemblée, aimer comme lui nous aime. C’est vraiment le résumé de la vie chrétienne. « A ceci… ». Et en même temps le témoignage que nous sommes appelés à rendre vis-à-vis de ceux qui nous entourent. Que voient-ils ? Ce n’est pas d’abord ce qu’on enseigne et ce qu’on sait, mais comment nous nous comportons les uns à l’égard des autres. Si cet amour est manifesté, c’est cela qui va toucher les cœurs, c’est ça qui va attirer à Christ. Qu’il est important de prendre conscience que la première des choses que le Seigneur place devant les siens quand il commence à leur ouvrir son cœur quand Judas est sorti, c’est : « comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre ».

Le prophète Jérémie parle au peuple terrestre de la part de Dieu. C’est une parole qui s’adresse aussi à nous. Le *Seigneur dit : « Je t’ai aimée d’un amour éternel ; c’est pourquoi je t’attire avec bonté » (31. 3). Cet amour dont parle le Seigneur dans ce verset est sans ambiguïté : « je t’ai aimée d’un amour éternel ». On peut penser que l’éternité est un présent immuable, qui ne change pas. On pense quelquefois que l’éternité c’est un temps qui n’aura pas de commencement, qui n’aura pas de fin. Cette pensée n’est pas juste car si on introduit la notion de temps on nie l’éternité elle-même. Le temps est une des dimensions de la création, avant la création, l’éternité est. Dans l’Ancien Testament l’Éternel se révèle à Moïse et lui dit : Je suis le Dieu éternel, JE SUIS. Dans le chapitre 8 de l’évangile de Jean, aux juifs qui contestent avec Lui, Jésus dit : « Avant qu’Abraham fût, je suis » (verset 58). « Avant », c’est donc avant que le Seigneur se manifeste sur la terre et le Seigneur se révèle comme étant JE SUIS. Nous voyons là cette notion de l’amour éternel de Dieu, un amour qui ne change pas, un amour qui ne varie pas suivant les circonstances. L’attitude de Dieu envers nous peut varier suivant l’état dans lequel nous sommes, mais son amour reste le même, identique à lui-même de toute éternité. Nous voyons dans ce chapitre 13 de l’évangile de Jean que son amour n’est pas conditionnel par rapport à la situation du Seigneur au moment où il sait qu’il va à la croix – il sait de quelles souffrances il va souffrir -, mais cela n’influe pas sur l’intensité, sur la réalité de son amour. Cet amour il le manifeste à ses disciples mais aussi dans le commandement qu’il leur laisse. Il nous invite nous aussi à nous aimer les uns les autres comme lui nous a aimés. C’est de ce même amour. Nous savons par le chapitre 5 des Romains que « l’espérance ne rend point honteux, parce que l’amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (verset 5). L’amour dont nous devons nous aimer les uns les autres, n’est pas un amour humain mais c’est l’amour de Dieu qui est versé dans nos cœurs. Cet amour de Dieu doit se manifester à travers nous : « comme moi je vous ai aimés », du même amour. Nous n’avons certainement pas la capacité d’aller aussi loin que le Seigneur est allé, il est allé jusqu’à la croix par amour pour nous. Dans la pratique des choses, dans notre vie d’assemblée, nous sommes appelés à nous aimer les uns les autres avec l’amour de Dieu qui a été versé dans nos cœurs. Ce n’est pas notre capacité naturelle de nous aimer les uns les autres, parce qu’à ce moment-là, je vais aimer un frère, un autre et le troisième je vais le rejeter. C’est seulement lié à nos sympathies. Non, le Seigneur nous a tous aimés chacun pour nous-mêmes. Il nous appelle, dans ce passage que nous avons dans Jean 13, à nous aimer les uns les autres, pour être ses imitateurs. Moralement aussi il nous appelle à porter notre croix chaque jour, c’est-à-dire à accepter les épreuves qu’il lui plaît de nous envoyer dans le seul but de nous former, afin que l’homme naturel pour chacun de nous, soit, en quelque sorte, mis à mort sur la croix. Nous sommes donc invités à imiter le Seigneur Jésus, nous qui l’avons reçu comme notre Sauveur et Seigneur, mais aussi à nous aimer du même amour, parce que ce n’est pas notre amour, mais c’est l’amour de Dieu qui a été versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. Nous avons l’Esprit Saint, que nous avons reçu dès l’instant où nous avons été convertis, où nous avons reçu le Seigneur dans notre cœur et c’est de cet amour-là, l’amour de Dieu que nous avons à nous aimer. Il faut que nous comprenions que tout ce qui nous concerne, que l’homme « extérieur » soit étouffé pour laisser vivre et respirer l’homme nouveau, qui est une conséquence de la crucifixion du Seigneur, de sa mort et de sa résurrection. La Parole de Dieu nous dit que nous sommes morts et ressuscités avec lui. C’est de son amour que nous avons à nous aimer les uns les autres. Nous sommes appelés à agir à la mesure de Dieu. Certainement nous avons à croître, et comme il est dit dans les Éphésiens, nous avons à tendre de plus en plus à la mesure de la stature de la plénitude de Christ (Éph. 4. 13). Certainement cette plénitude, nous ne l’atteindrons jamais sur la terre, mais nous la connaîtrons quand nous serons enlevés à la rencontre du Seigneur en l’air pour être toujours avec lui. D’ores et déjà nous sommes appelés les uns et les autres, il n’y a pas d’exclusivité, à ressembler de plus en plus au Seigneur et à le manifester en amour.

Nous avons un résumé au verset 15 : « Je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez ». Le Seigneur a été méprisé, haï, rejeté. Qu’a-t-il fait ? Il a manifesté tout au long de son chemin envers toute âme qu’il rencontrait, l’amour, cet amour divin qui donne. En retour de cet amour il a reçu toute cette haine, ce mépris. Mais il a toujours donné. Nous l’avons vu aussi s’abaissant aux pieds de ses disciples, nous l’avons vu s’occuper de Judas. Voilà l’amour du Seigneur auquel il nous appelle quel que soit le chemin par lequel il nous fait passer. Montrons cet amour dont nous sommes les bénéficiaires.

Enfants de Dieu, vivons sans cesse
Dans cet amour qui nous unit ;
Il est l’éternelle richesse
De ceux que le Sauveur bénit.

Abreuvés à la même source,
N’ayons ensemble qu’un seul cœur ;
Poursuivons notre heureuse course,
Les yeux fixés sur le Sauveur.

Seigneur, ranime en nous la vie ;
Seigneur, augmente-nous la foi ;
Et que de nos cœurs l’harmonie
Comme un concert s’élève à toi !

Cantique 107 de Hymnes et Cantiques.

 

Études à Salignac Novembre 2018