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ÉTUDE SUR JEAN 13

 

« Or, avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. Et pendant qu’ils étaient à souper, le diable ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, de le livrer, Jésus, sachant que le Père lui avait mis toutes choses entre les mains, et qu’il était venu de Dieu, et s’en allait à Dieu, se lève du souper et met de côté ses vêtements ; et ayant pris un linge, il s’en ceignit. Puis il verse de l’eau dans le bassin, et se met à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vient donc à Simon Pierre ; et celui-ci lui dit : Seigneur, me laves-tu, toi, les pieds ? Jésus répondit et lui dit : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite. Pierre lui dit : Tu ne me laveras jamais les pieds. Jésus lui répondit : Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi. Simon Pierre lui dit : Seigneur, non pas mes pieds seulement, mais aussi mes mains et ma tête. Jésus lui dit : Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net ; et vous, vous êtes nets, mais non pas tous. Car il savait qui le livrerait ; c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous nets. Quand donc il eut lavé leurs pieds et qu’il eut repris ses vêtements, s’étant remis à table, il leur dit : Savez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis ; si donc moi, le Seigneur et le Maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez. En vérité, en vérité, je vous dis : L’esclave n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites. Je ne parle pas de vous tous ; moi, je connais ceux que j’ai choisis ; mais c’est afin que l’écriture soit accomplie : « Celui qui mange le pain avec moi a levé son talon contre moi ». Je vous le dis dès maintenant, avant que cela arrive, afin que, quand ce sera arrivé, vous croyiez que c’est moi. En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui reçoit quelqu’un que j’envoie, me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé » (versets 1 à 20).

Pour situer un peu la scène que nous avons lue, les enfants peuvent aussi comprendre – nous sommes un jeudi, après six heures du soir. Pourquoi cela ? Nous, nous comptons un jour depuis minuit jusqu’à minuit, soit vingt-quatre heures. Les Juifs ne comptaient pas les jours ainsi. Une journée commençait à six heures du soir et se terminait à six heures du matin, il y avait quatre veilles de la nuit, de trois heures chacune, donc douze heures. Ce qui rend ce moment particulièrement solennel, c’est que c’est la dernière fois que le Seigneur est avec ses disciples. Ils sont dans la chambre haute. Dans d’autres évangiles les choses sont présentées un peu différemment. Le Seigneur a envoyé deux de ses disciples : Préparez-moi l’endroit, la chambre haute où nous allons manger la Pâque. Pourquoi était-ce après six heures du soir ? Parce que c’était un jour de Pâque et le Seigneur a mangé l’agneau de la Pâque avec ses disciples. Les juifs, pour la plupart, la mangeait le jour suivant puisqu’ils ne sont pas rentrés au prétoire le lendemain, pour pouvoir manger la Pâque. Le Seigneur a mangé la Pâque ce même jour, qui commençait à six heures du soir. Donc nous sommes après six heures du soir. Le lendemain – c’est cela qui rend les choses très solennelles – à neuf heures du matin, le Seigneur aura passé toute une nuit blanche, aura été interrogé, envoyé vers Anne, le souverain sacrificateur, Caïphe, Hérode et Pilate. Le lendemain matin, depuis la troisième heure du jour juif, c’est-à-dire neuf heures du matin, il sera sur la croix jusqu’à trois heures de l’après-midi. Trois heures avant midi, trois heures de la méchanceté de l’homme. De midi, la sixième heure, à la neuvième heure, trois heures à huis clos, abandonné de Dieu. Nous disons cela pour situer la scène.
Nous sommes donc un jeudi soir dans un moment où tout autre aurait pensé à soi-même… A quoi est-ce que nous penserions, bien-aimés du Seigneur, si nous savions que le lendemain nous allions disparaître de la scène ? A quoi penserions-nous ? Nous serions peut-être complètement obnubilés par ce qui nous attend, surtout de cette manière aussi tragique. A qui pense le Seigneur ? « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, [Il] les aima jusqu’à la fin ». Le Seigneur pense aux siens, aussi parce que les disciples allaient être laissés seuls. Le Seigneur va en grâce s’occuper d’eux. Il fallait que les disciples soient aussi en état d’entrer dans les paroles que le Seigneur allait leur adresser du chapitre 14 au chapitre 16 où Il va leur communiquer ses dernières paroles, ses dernières volontés. Nous savons, bien-aimés du Seigneur, lorsque quelqu’un disparaît, on se souvient : « Ah ! Je l’ai encore vu la veille, il m’a dit ceci, il a fait cela ». C’est bien pour cela que ces chapitres sont poignants pour nos cœurs, parce que ce sont les dernières paroles que le Seigneur a dites, les dernières choses que le Seigneur a faites avant de souffrir sur la croix.

Il « les aima jusqu’à la fin ». Combien ce chapitre est concret pour nos vies à chacun, quel que soit notre âge, parce que ce Seigneur qui va donner sa vie, avant qu’il la donne, laisse à ses disciples et à nous-mêmes cette pensée si concrète d’avoir une part avec Lui jusqu’à ce qu’Il vienne. Et cette part nous parle de communion. Le Seigneur – en présence de Judas qui va le trahir, en dernier appel de sa grâce, indirectement – prend un linge et se met à laver les pieds de chacun des disciples. La position du Seigneur pour laver les pieds des siens, témoigne de son abaissement, de son humilité, pour opérer un double travail dans nos cœurs : 1) L’humilité, par l’exemple qu’Il nous montre ; 2) Le rappel que nous avons à le pratiquer l’un envers l’autre. La première fois qu’il est parlé dans la Parole d’un lavage des pieds, c’est en Genèse au chapitre 18. On peut lire le verset de cette visite à Abraham. Celui-ci reçoit des hommes et il leur dit : « Qu’on prenne, je te prie, un peu d’eau, et vous laverez vos pieds, et vous vous reposerez sous l’arbre » (verset 4). C’était donc une habitude dans ces pays d’orient, qu’après un voyage on bénéficie de ce soulagement par l’eau – mais pas seulement ce soulagement : il permettait aussi d’enlever la poussière de la marche. C’est une image très simple et accessible. Tant que nous sommes ici-bas, nous sommes souillés en traversant ce monde. Ce n’est pas simplement les pieds et la marche, qui est le sens principal, mais bien sûr que dans notre marche chrétienne ici-bas il y a notre esprit, notre vue, nos paroles, nos actes, et le Seigneur nous rappelle que nous sommes sanctifiés, justifiés, par son sang précieux. Ce n’est pas directement ici mais ce lavage est une image de ce qu’est la Parole de Dieu. Je lis un deuxième verset dans l’épître aux Éphésiens en rapport avec l’assemblée : « afin qu’il la sanctifiât [l’assemblée], en la purifiant par le lavage d’eau par la parole » (5. 26).

Si l’on exclut l’introduction de l’évangile selon Jean qui occupe les deux premiers chapitres, le ministère du Seigneur commence au chapitre 3 et se termine au chapitre 12 avec l’avertissement que nous avons à partir du verset 37 de ce chapitre 12 jusqu’à la fin du chapitre. Dans ce chapitre 12 le ministère du Seigneur est terminé. Son travail en grâce envers le monde est terminé. A la fin du verset 36 il est dit : « il se cacha de devant eux ». Pour le monde c’est fini. De ce monde le Père lui a donné des âmes et ceux que le Père lui a donnés, ceux que le Seigneur appelle les siens, des hommes sont là les objets de tout son amour. « Ayant aimé les siens » : son amour envers les siens a été démontré dans ce monde. Il « les aima jusqu’à la fin », c’est-à-dire qu’il fit tout ce qui était nécessaire pour atteindre le but. Le Seigneur s’occupe de tout pour que nous puissions arriver au but. C’est sa personne que nous voyons ici. Personne ne lui avait demandé de laver les pieds des disciples ni de qui que ce soit. Nous, nous en avons besoin, et parce que nous en avons besoin le Seigneur le fait. Est-ce que ce que le Seigneur fait ici, nous pouvons le traduire dans toute notre vie, dans tous nos besoins ? Le Seigneur s’en occupe et par-dessus tout, la plus grande chose qu’Il désire pour nous, c’est cette relation avec Lui, que nous puissions avoir une part avec Lui. Et il le fait pour que cette part avec lui soit assurée quelles que soient nos capacités. Nous voyons ici ce qu’il fait pour nous assurer cette relation qu’Il veut que nous ayons avec Lui.

Ce qui étreint nos cœurs, c’est que le Seigneur savait toutes les choses qui allaient Lui arriver. Il est dit deux fois dans ces premiers versets : « Jésus, sachant » (versets 1 et 3). On peut dire entre parenthèses que c’est quelque chose dont nous ne nous rendons pas compte nous-mêmes. Le fait que nous ne savons pas ce qui est devant nous, que nous ne savons pas ce qui va nous arriver, nous préserve de beaucoup de choses. La seule chose que nous savons c’est que nous sommes entre les bonnes mains d’un Sauveur, d’un Seigneur qui nous aime, d’un Père qui nous aime et qui connaît toutes choses à l’avance. Le Seigneur, lui, savait exactement tout ce qui allait lui arriver. Il savait aussi que le Père lui avait mis toutes choses entre les mains. Il sait donc qu’il a la croix devant lui. Le Seigneur va s’occuper des siens et en même temps – dans le chapitre 17, il le dit bien (il voit déjà l’œuvre accomplie) : « J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire ». Il se place déjà comme au-delà de la croix. Ici, quand il nous est dit : « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, [Jésus] les aima jusqu’à la fin », le Seigneur voit non seulement l’œuvre de la croix qui est là, ce prix qu’il a à payer pour nous racheter, mais aussi ce service qu’il va avoir après la croix. Il commence symboliquement à ce moment-là, en se mettant aux pieds de ses disciples, en lavant leurs pieds, ce service qu’il poursuit actuellement à notre égard de nous purifier en ce qui concerne notre marche pratique pour que nous puissions avoir une part avec lui, avoir communion avec lui et que nous puissions vraiment entrer dans les pleins résultats de cette œuvre qui lui a coûté si cher, de façon que nous puissions vraiment être rendus aptes, alors que nous n’avons aucune capacité en nous-mêmes. Mais il nous a rachetés, il nous a sauvés. Nous avons besoin de ce service d’amour du Seigneur qui se poursuit actuellement. Le Seigneur dans le ciel prie pour nous, s’occupe de nous et veut agir à notre égard comme il l’a fait symboliquement en lavant les pieds des disciples à ce moment-là, pour que nous puissions avoir cette part avec lui. C’est donc très actuel. Il faut bien être conscient que ce que nous avons là est une image de ce que le Seigneur fait actuellement pour nous, qu’il veut opérer en nous pour que nous soyons en heureuse communion avec lui. Combien cela touche nos cœurs : le Seigneur, alors qu’il a la croix devant lui, prend cette place aux pieds des disciples qui ne comprennent pas ce qu’il fait – ce qu’on voit bien dans les questions de Pierre, mais déjà Il nous enseigne là quelque chose de ce service d’amour qu’il poursuit à notre égard.

Il y a plusieurs sens à cette expression : « jusqu’à la fin ». D’abord c’est un sens temporel : jusqu’à la fin d’une période. De quelle période s’agit-il ? Il y a au moins deux significations, premièrement c’est jusqu’à la fin de sa vie sur la terre, jusqu’à la croix, en contraste, avec son service public qui était terminé. Pour les siens, pour ceux qu’il avait choisis, appelés pour être avec lui, ces douze dont il dit au chapitre 17 que c’est le Père qui les lui avait donnés, il s’en occupe activement par amour, il les aime jusqu’à la fin, c’est-à-dire jusqu’à ce moment qui était devant lui de passer de ce monde au Père. Ainsi, « jusqu’à la fin », c’est jusqu’au moment où il va laisser le monde et retourner auprès du Père quand il terminera sa course sur la terre. C’est le premier sens, qui est très touchant pour nous. Effectivement il s’occupe ainsi des siens jusqu’au bout, jusqu’à son départ.
Et puis dans la deuxième signification de cette expression, c’est à ce moment-là plutôt en rapport avec l’expression « les siens qui étaient dans le monde il les aima jusqu’à la fin ». Dans ce sens-là, la fin c’est jusqu’à la fin du séjour des siens dans le monde. Cela va beaucoup plus loin, puisque dans les siens on peut inclure non seulement les douze mais aussi « tous ceux qui croiront en moi par leur parole » (Jean 17. 20), c’est-à-dire tous les chrétiens, toute l’église. Dans ce sens-là l’église est dans le monde jusqu’au retour du Seigneur. Et en rapport avec l’expression « les siens qui sont dans le monde », c’est encore actuel, le Seigneur les aime aussi jusqu’à la fin de cette période-là, jusqu’au moment où non seulement lui aura quitté le monde pour retourner au Père, mais les siens aussi quitteront ce monde pour être pris auprès de lui dans la maison du Père. Ce service d’amour du Seigneur va jusqu’à cette fin-là aussi. Nous en sommes encore actuellement les bénéficiaires.
Et puis, enfin, il y a un autre sens : on peut voir dans l’original en particulier que ce n’est pas seulement un sens temporel. « Jusqu’à la fin », on peut aussi dire que c’est jusqu’au bout de son amour, c’est-à-dire jusqu’à cette extrémité de l’amour qui est de se donner lui-même. « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15. 13). C’est aussi ce sens-là, « jusqu’à la fin » c’est-à-dire jusqu’à ce point suprême, extrême, de la manifestation de son amour qui est de laisser sa vie.

Nous voyons dans ce chapitre tout l’amour du Seigneur qui se déploie. On peut même dire que tout le chapitre est imprégné de l’amour du Seigneur. « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin ». Sans vouloir anticiper, nous lisons au verset 34 : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés ». Étant imprégnés nous-mêmes de l’amour du Seigneur, très souvent à notre insu, sans nous en rendre compte, il nous demande de nous aimer les uns les autres comme il est dit dans la 1ère épître de Jean : « n’aimons pas de paroles ni de langue, mais en action et en vérité » (3. 18).
Ce chapitre nous parle aussi de l’humilité du Seigneur Jésus qui est à la fois le fils de l’homme, c’est-à-dire un homme comme vous et moi, mais sans péché, et le Fils de Dieu. Le Fils de Dieu c’est aussi Dieu le Fils, c’est Dieu lui-même qui nous parle de son humilité. Cela peut surprendre. Nous savons que notre Dieu est infiniment puissant, infiniment saint. Le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, Dieu le Fils, se nomme lui-même « le Fils » ; on peut le lire dans l’évangile de Matthieu au chapitre 11 : « En ce temps-là, Jésus répondit et dit : Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi. Toutes choses m’ont été livrées par mon Père ; et personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père ; ni personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler » (versets 25 à 27). (Remarquons que le Fils ici est écrit avec un F majuscule et dans les évangiles cela désigne toujours le Fils de Dieu. Lorsqu’il s’agit simplement du fils de l’homme, le mot fils est écrit avec un f minuscule). Et puis il ajoute : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur » » (versets 28 et 29). C’est le Fils de Dieu qui nous parle là de ce qui le concerne lui : il est débonnaire et humble de cœur.
Dans la suite de ce chapitre 13 qui nous parle du Seigneur Jésus comme étant le Fils de Dieu, Jésus se dépouille de ses vêtements ordinaires, il se ceint d’un linge et que fait-il ? Il se met à genoux aux pieds des disciples et leur lave les pieds. Il s’astreint, lui-même dans son humilité, dans sa débonnaireté, à la place d’un esclave. Il se fait esclave comme on le voit aussi dans Zacharie au chapitre 13 où le Seigneur dit : « l’homme m’a acquis comme esclave dès ma jeunesse » (verset 5). Nous voyons que le Seigneur Jésus, dans l’Ancien Testament et dans l’évangile de Matthieu, ne se contente pas de dire qu’il est débonnaire et humble de cœur, il ne se contente pas de paroles mais il met en pratique ce qu’il nous dit. Il nous montre à quel point nous avons à être en quelque sorte des esclaves les uns vis-à-vis des autres, certainement nous en sommes très loin. Mais c’est l’exemple que le Seigneur nous donne de son amour suprême qui est allé jusqu’au bout. C’est-à-dire jusqu’au terme de la vie terrestre des hommes, lorsque le Seigneur reviendra enlever les croyants à sa rencontre. Son amour se manifeste chaque jour mais dans cet amour le Seigneur montre l’exemple de Dieu lui-même dans la personne du Fils qui se fait esclave : l’humilité. On a parlé de l’humilité et c’est bien là l’exemple qu’il nous donne à chacun et pour tous les jours.

Le verset 3 nous rappelle la grandeur de Celui qui est placé devant nous. « Venu de Dieu, et s’en allait à Dieu ». Il a quitté cette place auprès du Père pour s’anéantir, s’abaisser, et il est maintenant remonté à la droite du Père. Mais dans cette scène, la dernière avant la croix, il prend cette place de débonnaireté, d’humilité de cœur et nous pouvons ajouter : quelle douceur dans ses paroles adressées aux siens !

Qui de nous n’a pas été étonné, après cette déclaration de l’amour merveilleux, inaltérable, qui nous suit jusqu’à la fin de notre vie, comme cela a été dit, de cette deuxième acception. Nous ne savons pas ce qui nous arrivera demain. Personne ne le sait. Mais une chose est sûre, c’est que l’amour de notre Seigneur sera là jusqu’à la fin. Nous avons cette déclaration, ensuite, nous avons le lavage des pieds et qui n’a pas été étonné devant ce verset 2 concernant Judas ? Qu’est-ce que ça vient faire là, subitement, après ces déclarations de l’amour du Seigneur et avant le lavage des pieds ? Pourquoi est-ce qu’il est parlé de cette félonie de Judas ? Il ne faut pas que nous voyons Judas comme une espèce de monstre. La nature de Judas n’est ni plus mauvaise, ni meilleure que la nôtre. Nous sommes capables de trahir le Seigneur et lorsque ce n’est pas l’Esprit de Dieu qui nous conduit, nous sommes conduits par les mêmes ressorts que ceux qui ont conduit Judas, qui ont conduit les hommes qui ont crucifié le Seigneur. Combien nous avons besoin de la grâce ! Et si ce verset 2 nous parle de Judas et de ce qu’il a fait, c’est pour nous dire ce que notre nature a d’incorrigible et combien nous avons besoin, en effet, des soins du Seigneur. On nous a dit que ce lavage des pieds nous parlait du service de souverain sacrificateur et d’avocat que le Seigneur accomplit actuellement dans le ciel, nous représentant auprès de Dieu et exerçant ce lavage dans notre vie pour que nous soyons débarrassés de toute la souillure que hélas ! Nous contractons si facilement dans le chemin. Et puis nous avons cette autre acception qui est dans le deuxième paragraphe de notre lecture où « je vous ai donné un exemple » (verset 15) et pour ce côté-là, nous pouvons bien nous interroger : dans quelle mesure est-ce que nous accomplissons ce service d’amour vis-à-vis de ceux que le Seigneur nous a confiés ? Dans les rassemblements, bien-aimés du Seigneur, nous sommes confiés les uns aux autres et comme cela nous a été dit, c’est dans la mesure où nous réalisons ces caractères du Seigneur – l’humilité – le Seigneur a enlevé toute apparence : enlevant ses vêtements, il n’a pas voulu paraître quelque chose, lui qui était pourtant le Maître. Laver les pieds des gens, ce n’est pas leur laver la tête. C’est se mettre aux pieds des autres, tout en bas, là où nous avons fini d’avoir des prérogatives, là où nous avons mis de côté nos susceptibilités, là où nous avons mis de côté notre propre volonté, pour nous approcher des autres et non pas leur dire : « Tu sais, je pense que… ». Ce que nous pensons n’a aucune importance, mais venir avec l’eau de la Parole de Dieu, c’est ce qui compte. C’est la Parole de Dieu qui doit être appliquée et c’est ce qu’a fait le Seigneur. Il a appliqué la Parole de Dieu ; Lui était pourtant la Parole et il aurait pu dire : « Vous savez, moi je pense… ». Non, il vient avec la Parole de Dieu.
Que le Seigneur nous accorde, dans les rassemblements, alors que nous sommes appelés à vivre une vie collective, qu’il y ait d’abord ces sentiments qui ont encadré à peu près notre lecture, sentiments d’amour du Seigneur vis-à-vis de chacun de ses disciples et même de Judas : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » (Matt. 26. 50). Sa pensée n’allait pas au-delà de sa parole. Quand le Seigneur a dit « ami » à Judas, c’est qu’il y avait dans son cœur un profond sentiment d’amour pour Judas. Nos frères ne sont peut-être pas toujours sympathiques, pas toujours faciles. Eh bien, nous voyons de quel amour le Seigneur a aimé les siens ; il a aimé un Judas, il a aimé un Pierre. Il était là aux pieds de Pierre et il savait que le lendemain, dans la nuit même, Pierre dirait : « Je ne connais pas cet homme ! ». Le Seigneur le savait, et de cet amour absolument inaltérable, Il aimait Pierre. Est-ce que nous aimons nos frères et sœurs de cet amour-là, est-ce que nous aimons seulement ceux qui sont sympathiques, qui nous apportent quelque chose, ou bien est-ce que nous aimons de cet amour-là ? On ne peut pas produire cet amour, personne ne le peut, l’apôtre Paul non plus, l’apôtre Jean non plus, Pierre non plus ; personne, vous non plus, moi non plus, personne ne peut produire cet amour. Il est en mesure surabondante dans le cœur de notre Seigneur et là nous pouvons y puiser. Nous nourrissons-nous de cet amour-là, cet amour qui nous a aimés, cet amour de la croix qui a dit « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » – et ils l’ont crucifié… Bien-aimés, oh ! si le Seigneur nous donnait d’être nourris de cet amour-là qui a sa source dans son cœur et que ce soit cet amour-là qui s’exerce vis-à-vis de nos frères et sœurs, vis-à-vis de ceux qui ne nous sont pas sympathiques, de celui avec lequel j’ai du mal, si nous les aimions de cet amour-là, alors, lorsque quelqu’un – hélas ! c’est rare – entrerait dans un rassemblement (vous savez les gens qui entrent dans un rassemblement, ce n’est pas d’abord la doctrine qui les frappe et leur fait dire : c’est une doctrine juste, non), mais quelqu’un qui entrerait et qui goûterait cela, ne goûterait pas un caractère de Dieu, il verrait Dieu lui-même parce qu’il ne nous est pas dit que l’amour est un caractère de Dieu, non, c’est Dieu lui-même, Dieu est amour. Donc en voyant cet amour manifesté au milieu des rassemblements, il verrait Dieu lui-même.

On a bien remarqué l’amour, la nature divine, cet amour qui est versé dans le croyant par le Saint Esprit, l’humilité et la Parole. J’aimerai lire un verset dans le Psaume 119 au sujet de la Parole : « J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi » (verset 11). Le Seigneur nous donne cet exemple, « faites comme moi » – et on a bien lu : Bienheureux celui qui imite le Seigneur. Dans cette Parole, comme si souvent dans les versets de ce Psaume 119, il y a d’abord une affirmation : « J’ai caché ta parole dans mon cœur, afin que je ne pèche pas contre toi », puis une prière au verset 12 : « Eternel ! Tu es béni ; enseigne-moi tes statuts ». C’est une prière : être rempli de lui. Et puis on va encore, bien sûr, parler des répliques de Pierre, mais je reste sur cette notion de la Parole et sur l’application à chacun d’entre nous de ce lavage des pieds.
Prenons l’exemple d’enfants dans une même famille. Les enfants vont s’apercevoir que leur frère ou leur sœur a fait quelque chose qui ne correspond pas à ce qu’ils ont compris de la Parole. Comment vont-ils agir ? Est-ce que c’est en « tombant » sur leur frère ou sur leur sœur, ou est-ce que c’est en commençant par prier pour leur frère ou leur sœur, en continuant à regarder dans ce qu’ils savent de la Parole, et peut-être pourront-ils chercher plus loin que ce qu’ils savent : Qu’est-ce que je peux dire par la Parole qui soit une réponse du Seigneur à cette situation malheureuse que je viens de vivre ? Cela nous conduit à l’exercice de patience et de dépendance – et je dis bien de dépendance. Ensuite lorsqu’on voit clair devant le Seigneur, il est possible d’intervenir, sans se précipiter, et dans la conscience profonde que seule la Parole de Dieu peut opérer ce lavage, qu’il ne sera profitable que dans la mesure où je m’efface, pour faire ressortir quelle est la pensée de Dieu dans cette situation. C’est une merveille cela. C’est Dieu, la vie que nous avons reçue par le sacrifice de Christ, en ayant cru que Jésus est mort pour mes péchés et que je lui appartiens et qu’il désire déjà ici-bas que nous jouissions de cette part de communion avec lui. « J’ai caché ta parole dans mon cœur », et le verset 12 :« enseigne-moi tes statuts » pour que je sache mieux les pratiquer et ensuite être utile.

Dans le Psaume 119 nous avons aussi le verset 130 qui doit nous parler à chacun, où nous retrouvons l’humilité nécessaire : « L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples ». Encore une fois nous voyons l’humilité. Nous avons l’exemple du Seigneur dans le chapitre 13 que nous méditons par grâce aujourd’hui. Ici il s’agit des simples, c’est-à-dire des gens qui ne font pas de longues explications, ne font pas état de leur intelligence de la Parole mais qui se mettent aux pieds d’un frère, d’une sœur, comme on l’a entendu, qui a besoin d’être lavé par l’eau pure de la Parole pour pouvoir jouir à nouveau d’une heureuse communion avec le Seigneur. Nous avons donc là ce verset. Est-ce que chaque fois que nous ouvrons la Parole de Dieu, soit en assemblée, soit personnellement chez nous, est-ce que la Parole que nous lisons a cette entrée dans notre cœur, dans notre vie spirituelle, par l’Esprit Saint ? C’est une chose de lire la Parole, de refermer le livre, de vaquer à ses occupations ou bien d’écouter la Parole tout en pensant à autre chose – c’en est une autre d’ouvrir tout grande, en quelque sorte, cette entrée de la Parole dans notre cœur, dans notre esprit, en étant simple comme des enfants. Il est bien dit : « Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents » à ceux qui se confient dans leur intelligence spirituelle, dans leur compréhension, et qui se sentent un peu au-dessus des autres. Non. « L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples », ceux qui la reçoivent avec humilité. Et nous avons besoin certainement chacun, dans une mesure, de recevoir la Parole de Dieu de cette manière-là. Elle nous parle, elle nous nourrit parce que nous n’avons pas spirituellement d’autre nourriture qui puisse nous tenir debout dans notre vie spirituelle. « L’entrée de tes paroles illumine », c’est-à-dire nous montre dans la lumière de Dieu ce qu’il est lui-même, dans une mesure car notre capacité ne va pas très loin. Nous avons à nous en imprégner comme d’une vérité qui nous est précieuse. Alors frères et sœurs, chacun de nous doit demander au Seigneur qu’il lui accorde cette grâce de devenir et d’être simple dans notre cœur.

Un verset dans 1 Timothée 5. Le lavage des pieds dépasse le cadre de l’assemblée. Paul parle à Timothée. Il s’agit là des veuves et cela peut s’appliquer à toutes les sœurs. Il est dit au verset 10 : « si elle a élevé des enfants, si elle a logé des étrangers, si elle a lavé les pieds des saints, si elle a secouru ceux qui sont dans la tribulation, si elle s’est appliquée à toute bonne œuvre ». C’est quelque chose qui montre là qu’il y a un service qui est merveilleux et possible aussi pour les sœurs, non pas dans le cadre de la présentation publique de la Parole dans l’assemblée, mais appliquer la Parole dans les circonstances de la vie quotidienne, la présenter. C’est aussi un service extrêmement beau et précieux pour les sœurs. Et cela m’amène à autre chose, qui concerne le cadre de la famille, une explication pratique : on marchait en sandales dans cette période-là, dans ces pays, et quand on marche en sandales sur des chemins qui sont en terre battue, inévitablement quand on rentre à la maison le soir, on a les pieds qui sont sales. D’une certaine façon, on ne peut pas faire autrement. C’était normal d’avoir les pieds sales quand on marchait toute la journée en sandales, pieds nus, sur la terre battue, sur des chemins. Il y a une application à ce qu’est notre vie aujourd’hui. On part à l’école, on part au collège, on part au lycée, on part au travail, on est en contact avec bien des gens autour de nous, on entend la radio, on voit des images, on voit des publicités, on se promène dans la rue, on va à toutes nos occupations. Toutes ces choses-là nous font penser à cette poussière qui s’attache à nos pieds. En fait, on ne peut pas y échapper, on ne peut pas s’enfermer dans une cellule de moine, en disant : je me mets totalement à l’écart de tout ça. On est amené à vivre dans le monde. Quand on rentre le soir, petit et grand, on a tous cette poussière qui nous « colle » aux pieds. Ce sont toutes les choses qui nous ont imprégnés. Il me semble que la chose qui est vue en premier lieu dans cette image, ce n’est pas tellement le péché délibéré dans lequel je suis tombé, où j’ai conscience d’avoir manqué, d’avoir déshonoré le Seigneur, qui appelle la confession, le sentiment d’avoir péché contre Dieu. La première chose que la Parole nous montre, c’est d’abord la confession, reconnaître qu’on a péché. Il me semble que là, dans cette poussière, on ne peut pas confesser au Seigneur que toute la journée on a vu des choses sur lesquelles nos yeux se sont portés et qui ne sont pas des péchés délibérés, c’est la poussière du monde. Quand on rentre le soir, c’est un moment tout à fait privilégié pour mettre en pratique ce que c’est que ce lavage des pieds c’est quand on ouvre la Parole de Dieu à la lecture en famille. Les parents en parlant avec leurs enfants, vont appliquer la Parole à ce qu’ils ont vécu. La Parole de Dieu va nous apporter quelque chose qui lave, qui aide à nettoyer un petit peu tout cela. Il semble que c’est pratiquer ce lavage des pieds en famille. On ouvre la Parole de Dieu et on l’applique aux circonstances de la famille, à des choses qu’on a vécues, dont on parle ensemble, à des difficultés que l’on a rencontrées dans son travail. En lisant la Parole, on dit : voilà, cela m’a encouragé, ça m’a apporté ça, le Seigneur nous a fait du bien. Voilà une façon très concrète de vivre cette chose-là en famille. C’est un très grand encouragement de prendre ce moment-là, de se dire tout ce qu’on a rencontré. On est là ensemble, on ouvre la Parole et l’on a ce rafraîchissement. Nous nous lavons les pieds mutuellement et le Seigneur lui-même nous lave, vient nous rafraîchir, nous encourager. Ce n’est pas facile de prendre un moment pour lire, l’expérience nous le montre. Il y a toutes les raisons du monde pour nous dire qu’on est fatigué, que c’est trop tard, qu’il y a d’autres priorités, tant de choses comme cela et on peut demander au Seigneur qu’il nous aide à avoir cette énergie de lire la Parole en famille, et le Seigneur rend au centuple. On n’est jamais débiteur. Le Seigneur nous enrichit, nous aide, nous fait du bien. Qu’il nous aide à avoir cette énergie !

Lire la Parole de Dieu en famille est fondamental. Ce qui est fondamental aussi c’est la lecture personnelle. Nous sommes exhortés à cela. De même ce qui est fondamental aussi ce sont les réunions d’édification. Le Seigneur désire que nous ayons une relation avec lui, une communion avec Lui et pour cela il nous a donné sa Parole. Toutes ces choses qui s’attachent à nos pieds, la Parole donne un mot à cela, ce sont les souillures, ce n’est pas quelque chose de volontaire. Dans Nombres 19 on voit cette génisse qui est sacrifiée et qui est entièrement brûlée. Au verset 10 : « celui qui aura ramassé la cendre de la génisse lavera ses vêtements, et sera impur jusqu’au soir. Ce sera un statut perpétuel pour les fils d’Israël et pour l’étranger qui séjourne au milieu d’eux ». Versets 11 et 12 : « Celui qui aura touché un mort, un cadavre d’homme quelconque, sera impur sept jours. Il se purifiera avec cette eau le troisième jour, et le septième jour il sera pur ». « Quiconque aura touché un mort, le cadavre d’un homme qui est mort » (verset 13), « quiconque touchera, dans les champs, un homme qui aura été tué par l’épée » (verset 16), Nous voyons à la fin qu’il s’agit d’ossement au verset 18 et ainsi de suite. Ce ne sont pas des choses volontaires, nous le comprenons bien, mais la ressource est là. La purification se fait le troisième jour, puis le septième jour. Il ne s’agit pas d’aller vite. Il faut aussi que cette Parole opère un travail en nous. La communion, sans que nous le voulions, sans que nous nous en apercevions, s’est perdue. Nous sommes dans un monde où tout parle de mort et rien ne nous parle du Seigneur. Nous retrouvons la communion quand nous lisons sa Parole. Nous avons un contact avec le Seigneur quand nous lisons sa Parole, lui nous parle à travers de ce que nous dit la Parole et nous ne pouvons pas vivre sans elle.

Je veux dire un mot sur les interventions de Pierre. Pierre aimait le Seigneur comme nous l’aimons aussi. Mais plusieurs fois on voit que Pierre n’a pas la pensée du Seigneur. Par exemple dans Matthieu 16, lorsqu’il dit : « Dieu t’en préserve ». C’était bien des affections pour le Seigneur. Et ce dont nous avons besoin, pour nous, ce n’est pas de parler du Seigneur comme ça, nous avons besoin d’avoir la pensée du Seigneur. Comme cela est exerçant d’entrer dans les pensées du Seigneur ! Que se passe-t-il ? Il se passe quelque chose d’aussi coutumier que quand vous enlevez votre manteau et que vous allez le mettre à un porte-manteau. Comme cela nous a été dit, on était pieds nus, on était en sandales, on rentrait et on se lavait les pieds. Dans un autre passage on voit que le Seigneur entre et dit au pharisien : « Tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds » (Luc 7. 44), tu ne t’es même pas occupé de moi dans les choses élémentaires qui se faisaient. Or le Seigneur parle à ses disciples – qui étaient de par leur judaïsme imprégnés de concret, de temple, d’ablutions, de choses extrêmement concrètes – Il leur parle de choses extrêmement simples pour leur faire comprendre quelque chose de spirituel, quelque chose qui n’est plus du concret, mais qui est du spirituel. Alors qu’est-ce qu’il y avait d’anormal ? Pas de laver les pieds des gens, mais que ce soit le Seigneur, lui-même qui est le Maître, qui s’abaisse dans ce rôle-là. Alors, pour Pierre, c’était inconvenant. Le Seigneur lui répond en lui disant : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite ». Je pense qu’il y a au moins trois raisons qui motivent ce que le Seigneur dit là. La première, c’est que Pierre et les autres disciples étaient tous remplis de gloire milléniale. Pour eux le Seigneur était celui qui allait régner, il était en train de s’avancer vers un trône, et aucun des disciples n’imaginait qu’au lieu d’un trône, ce serait une croix. On ne peut pas comprendre : « tu le sauras dans la suite ». « Dans la suite », le Seigneur le dit aussi dans le chapitre 16 : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant. Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité » (versets 12 et 13). La deuxième raison, c’est que le Saint Esprit sera là pour donner un sens à ces choses concrètes, qui étaient très matérielles, il donnera du sens spirituel à ces choses. La troisième raison, c’est que Pierre, le lendemain même, pendant la nuit, quelques heures après allait dire : « Je ne connais pas cet homme ». Le Seigneur va lui laver les pieds dans son rôle de souverain sacrificateur. « Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas » (Luc 22. 31 et 32). C’est bien le service de notre Seigneur dans son rôle de souverain sacrificateur devant Dieu pour chacun d’entre nous, avocat auprès du Père lorsque nous avons péché. « J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ». Le Seigneur va lui demander : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? » Le Seigneur ne lui dit pas : « Tu m’as renié ». Le Seigneur s’occupe de la motivation intérieure de nos actes. Il ne s’arrête pas à l’extérieur. « M’aimes-tu ? », c’est toujours le ressort de notre vie et de nos chutes. Cela commence toujours dans le cœur.
On a lu dans Nombres 19. Les disciples sont appelés comme nous à devenir des sacrificateurs. Nous savons bien que quant au sacrificateur dans le chapitre 29 de l’Exode, la première chose qui est faite c’est : « lorsque tu feras approcher Aaron et ses fils, tu les laveras avec l’eau ». C’est ce lavage initial dont le Seigneur dit : « Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ». C’est le lavage initial qui ne se renouvelle pas. Mais alors il y a quelque chose qui se renouvellera. Quoi ? Les enfants, savez-vous comment c’était le tabernacle ? Il y avait un grand espace ouvert qu’on appelait le parvis, il y avait combien d’entrées pour entrer dans le jardin ? Il y en avait une, une seule : Christ. Il n’y a pas d’autre chemin pour aller à Dieu. On soulevait ce rideau qui n’était pas très lourd, moins lourd que des portes de cathédrale, on entrait et il y avait un passage obligé – on ne pouvait pas passer par ailleurs – c’était l’autel d’airain, la croix. Tu es obligé de passer par là. Mais après, quand on était sacrificateur – et nous sommes tous appelés à cela, parce que nous avons été faits des sacrificateurs – on pouvait entrer dans la maison. Chaque fois que le sacrificateur voulait entrer dans la maison, il y avait une cuve d’airain dans laquelle on se lavait chaque fois, et c’est bien cela que nous avons, c’est bien ça quand le Seigneur dit à son disciple : « tu n’as pas de part », non pas en moi, puisque le lavage initial a été fait – fasse le Seigneur que nous tous ayons été lavés d’une manière initiale de nos péchés dans son sang ! Mais il y avait ce lavage pour tout sacrificateur qui allait entrer dans le sanctuaire, ce passage obligé. On peut dire que les disciples aussi vont entrer dans le sanctuaire, parce que dans les chapitres 14 à 16 que l’on a déjà évoqués, ils vont entendre les dernières paroles de leur Seigneur et entrer dans l’intimité de ses pensées. Eh bien, il y a un préalable. Nous aussi, bien-aimés du Seigneur, lorsque nous entrons à la réunion, et pas seulement lorsque nous ouvrons la Parole, il y a un préalable qui se passe dans la prière, il y a un préalable qui se passe devant notre Seigneur. « Seigneur, je ne peux pas entrer dans ces choses, à moins que tu ne me laves de manière à ce que ces choses puissent entrer en moi et que je puisse entrer dans tes pensées ». Il y a un état de cœur, il y a un état de sanctification. Si nous nous vautrons dans le monde et tout ce qu’il nous présente, ne soyons pas étonnés que, lorsque nous ouvrons la Parole, il n’y a rien, et que nous ne lisons que des mots. Il y a une cohérence dans ces choses. C’est dans la mesure où nous avons affaire à ce lavage, à cette sanctification, que nous entrerons dans les pensées de notre Seigneur.

Il n’y a pas longtemps j’ai lu sur une affiche : « Heureux celui qui connaît les besoins de son âme ». En fait, est-ce qu’on pense assez à son âme ? On a parlé de souillure involontaire, mais il y a des souillures volontaires. Quand je regarde quelque chose qui fait du mal à mon âme, ou que j’ai la volonté de regarder quelque chose, de cliquer sur mon ordinateur, de voir quelque chose qui, je le sais, va faire du mal à mon âme. Le Seigneur ne nous dit pas : Ne regarde pas ceci, ne fais pas cela. Mais nous devons bien comprendre : qu’est-ce qui va faire du bien à mon âme ? On est dans un monde où il y a beaucoup de poisons. La Parole de Dieu est un contre poison. Il faut que je veille à me nourrir de la Parole, régulièrement, chaque jour, pas parce que c’est une obligation, mais parce que ça me fait un bien intérieur immense. Il y a un cantique qui dit que la Parole rafraîchit, la Parole rafraîchit mon âme. Je crois que c’est quelque chose d’essentiel pour nous, quelque chose de simple. On a besoin d’être rafraîchi. On est en contact avec des choses qui nous font du mal, on ne se rend pas compte que ça nous fait du mal, petit à petit on s’éloigne du Seigneur et on a besoin de revenir à lui. Que le Seigneur nous aide à pouvoir décider, arrêter dans nos cœurs, de lire la Parole, de pouvoir nous nourrir, nous rapprocher du Seigneur, ne pas être envahi par des choses qui vont nous faire du mal. Pensons à notre âme. Ayez pitié de vos âmes ! A dit quelqu’un.

On a cité : on a tout le corps lavé par l’œuvre de Christ. Lisons en Hébreux 10 : « celui-ci, ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu… Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (versets 12 et 14). On a cité Nombres 19, un sacrifice, qui, lui, se répète. C’est très beau dans Nombres 19, parce que ce n’est pas une victime qui, chaque fois, est offerte à nouveau ; c’est la cendre de la victime. Cela a pour conséquences que : 1) On n’a pas besoin d’offrir à nouveau. Ce sont les cendres que l’on prend. 2) En lisant attentivement Nombres 19, si on ne le fait pas, on n’a pas non plus cette part. Comme ici, et cela souligne encore cette cohérence de la Parole par rapport à Christ et à son œuvre, aussi bien dans la première partie de la Bible, l’Ancien Testament, que dans le Nouveau Testament depuis la venue de Christ. Cette part avec lui…, on a parlé de la Parole. J’aimerai lire ce verset connu dans 1 Cor. 11 en rapport avec la cène que nous prenons chaque dimanche, le premier jour de la semaine, le jour de la victoire de Christ, de sa résurrection. Il nous est dit dans 1 Cor. 11. 28 : « que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ». Combien cela souligne cette nécessité qui nous est offerte par la grâce de Dieu. On passe dans ce monde, il y a une contamination et tout ce qui a pu occuper nos esprits, qui charge aussi notre conscience, est quelque chose à amener aux pieds du Seigneur pour qu’en célébrant la cène, nous réalisions que si le Seigneur nous y invite c’est parce que lui a accompli ce seul sacrifice, une fois pour toutes. Mais nous avons besoin de revenir constamment à ce sacrifice – c’est Nombres 19 – et que ce soit appliqué, non pas comme une formule, mais – combien cela est profond ! – parce que Dieu veut la vérité dans l’homme intérieur (Ps. 51). Ce lavage des pieds, cet enseignement de Nombres 19 et de 1 Cor. 11, tout cela va dans le même sens pour que nous soyons droits devant Lui, d’une droiture que lui seul voit dans chacun de nos cœurs. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit nécessairement chez son frère et sa sœur. C’est cette relation privilégiée, personnelle, avec le Seigneur. C’est de cela qu’il est fait mention ici. On a mentionné la lecture en famille, le pouvoir de lavage de la Parole. Il y a un lavage des pieds que je dirai « orienté », c’est-à-dire qu’on a connaissance de quelque chose, et puis il y a un autre lavage des pieds, ce que nous faisons maintenant et chaque fois que nous ouvrons la Parole, elle opère ce lavage. Combien la lecture en famille qui commence par la lecture personnelle est utile ! Lorsqu’on a un contact dans la famille de Dieu ou avec quelqu’un, peut-être est-il indiqué de lire un passage. Et ce passage-là, sans même que l’on sache quelle est la situation de ceux qui sont là, c’est la Parole, qui va opérer ce lavage. Et on doit être bien conscient que ce contact avec la Parole opère sans que l’on sache soi-même ce qui s’est passé dans le cœur de son frère ou de sa sœur. Ça c’est le lavage que le Seigneur désire pour qu’il ait cette relation avec lui et qu’elle soit vécue et qu’elle soit heureuse. Un chrétien heureux, c’est le sens de la 2ème épître de Pierre. Donc, deux sens à ce lavage des pieds, mais chaque fois le fondement c’est la valeur de la Parole. La deuxième chose, que je répète, c’est la dépendance du Seigneur, la patience, la prière, pour savoir quand est-ce qu’il faut pratiquer un lavage de la Parole « orienté » par rapport à un besoin que j’ai perçu chez mon frère ou ma sœur.

C’est bien dans cet enseignement que le Seigneur donne ici au verset 15 : « je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez ». « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (verset 17). En regardant ce lavage « orienté », on se sent vraiment très petit devant tout cela. Ce serait effectivement facile de passer à côté, pourtant lorsque l’on entend ces paroles du Seigneur, on comprend qu’on a à veiller pour ne pas se retirer en arrière lorsqu’il y a des besoins. Mais le Seigneur nous a donné un exemple, on l’a rappelé, l’humilité qui était la sienne. Lui, le Seigneur et le Maître, se met aux pieds de ses disciples. Combien cela nous parle ! On a insisté tout à l’heure sur la valeur de la Parole du Seigneur. On sent bien qu’il est important que nous laissions le Seigneur appliquer la Parole à nos âmes. Chacun personnellement, ayons ce désir d’être en contact avec la Parole, qui nous nourrit, qui nous instruit, la Parole qui nous purifie, qui nous rend propre à goûter la communion avec lui. Lorsque justement nous avons devant nous ces besoins de lavage à l’égard de quelqu’un d’autre, remarquons bien que ce qui est placé devant nous c’est uniquement la Parole. Gardons-nous de ce qui pourrait être de nous-mêmes, de nos expériences, de ce que d’autres ont pu écrire ou dire. Le Seigneur a utilisé uniquement de l’eau, ce qui nous montre la valeur de cette eau-là. C’est uniquement cela que nous avons à employer pour le lavage des pieds, pas autre chose. C’est un point extrêmement important parce que la Parole de Dieu a ce pouvoir d’opérer par elle-même, bien au-delà de ce que nous pensons. « Ayant reçu de nous la parole de la prédication qui est de Dieu, vous avez accepté, non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la parole de Dieu, laquelle aussi opère en vous » (1 Thess. 2. 13). C’est le lavage initial pour recevoir l’évangile afin d’être sauvé. Chaque fois que la Parole de Dieu est présentée, que ce soit en public ou en privé (on a parlé du rôle des sœurs en cela), elle opère si elle est reçue. On voit que le Seigneur s’est mis aux pieds de ses disciples.
On a parlé des remarques de Pierre qui permettent de comprendre la portée de ce que le Seigneur fait à ce moment-là et en même temps on voit que Pierre ne comprend pas. « Tu ne me laveras jamais les pieds ». Et puis ensuite, pas seulement les pieds, mais le corps tout entier. Est-ce qu’il n’y a pas là quelque chose qui nous montre que si nous nous abaissons et désirons apporter quelque chose à un frère ou une sœur qui a un problème, parce que nous ne voulons pas passer à côté, parce qu’il y a une entrave dans sa vie, est-ce qui ne faut pas nous attendre à ne pas être compris ? Certainement, c’est ça qui est difficile. C’est son état qui fait qu’il ne comprend pas.
Et pourtant, le Seigneur dit au verset 14 : « Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ». D’abord c’est « vous devez vous laver les pieds les uns aux autres », le Seigneur est très clair sur cela. Est-ce que, chers frères et sœurs, parce que c’est difficile, on ne passe pas souvent à côté de ce que le Seigneur nous demande ? On voit ce qui ne va pas, on va en parler avec d’autres etc. Si nous voyons qu’il y a des choses qui nécessitent ce lavage, est-ce que nous écoutons ce que le Seigneur nous demande ? Est-ce que l’on comprend que l’on est concerné ? On a tous besoin les uns des autres dans ce service mutuel. Est-ce que nous ne devons pas nous exhorter à vraiment écouter cette parole du Seigneur pour la mettre en pratique ? Nous avons besoin dans notre vie collective d’avoir cette liberté de parler les uns aux autres, de présenter uniquement la Parole, de faire part de ce que la Parole nous dit, pour en recevoir du bénéfice les uns par les autres. Bien sûr on voit le lavage des pieds comme lorsque quelqu’un a péché gravement et qu’il faut s’approcher de lui pour le gagner. Je ne dis pas que ce n’est pas une réalité mais en même temps cela va bien au-delà de cela. Ce n’est pas seulement de voir des frères spirituels aller laver les pieds des autres qui sont tombés, mais les uns aux autres, et même à celui qui présente la Parole, qui est un frère reconnu. Il a besoin aussi de ce service d’amour à son égard. On a tous besoin de se parler l’un à l’autre. C’est aussi s’édifier par la foi qui est dans l’autre (Rom. 1. 12). On a tendance à voir le fétu dans l’œil de notre frère plus que la poutre qui est dans notre propre œil, le Seigneur lui-même le dit. On a besoin justement de ce regard de l’autre qui va discerner ces choses que je ne vois pas, et qui peut m’apporter uniquement par la Parole ce qui va redresser ce qui ne va pas chez moi. Ayons ce service d’amour les uns envers les autres ! Ne restons pas en deçà, n’allons pas au-delà de la Parole. Tenons-nous strictement à la Parole de Dieu, afin de nous la présenter telle qu’elle est les uns aux autres. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (verset 17). C’est à propos de ce lavage des pieds que cela nous est dit. C’est un devoir que nous avons les uns vis-à-vis des autres. Le Seigneur dit : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites ». On a parlé d’un chrétien heureux, chers frères et sœurs ? Où en sommes-nous ? Est-ce qu’il n’y a pas beaucoup de sujets de souffrances, de tristesses parmi nous, qui viennent justement de ce que ce service d’amour n’est pas effectué comme le Seigneur le demande ?

Une petite remarque à propos de la manière dont Pierre a passé d’un extrême à l’autre. Qui de nous n’a pas eu à confesser que nous avons été quelquefois absolus, même dans les choses de Dieu, avec des versets à l’appui ? Nous avons été intraitables sur une question et puis le Seigneur s’est occupé de nous parce que nous pensions avoir la pensée du Seigneur et que nous ne l’avions pas et qu’on est parti complètement de l’autre côté. Et cela, Pierre nous l’enseigne. Lorsque nous apprenons quelque chose avec le Seigneur, nous serons gardés d’absolus que quelquefois nous infligeons même aux autres. Parfois on a vu et on ne peut pas montrer cette attitude du doigt car on sait très bien ce qu’on est nous-mêmes, des gens extrêmement rigoureux dans un domaine, par exemple la séparation du monde, et puis, quelques temps après, ils ont complètement virés par rapport à ce qu’ils avaient affirmé. Cela nous montre bien ce que la chair, même religieuse, peut faire. Et puis il y a ce que le Seigneur peut enseigner avec douceur et que ce soit bien cela qui nous conduise et non pas des prises de positions absolues telles que Pierre en prend et qui le fait passer d’un extrême à l’autre.

Dans ce passage le Seigneur dit, au verset 12 : « Savez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis ; si donc moi, le seigneur et le maître, j’ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (versets 12 à 14). Les disciples, durant tout le ministère du Seigneur, l’avaient suivi et ils avaient reçu son enseignement. Ils avaient l’habitude de le considérer comme Celui qui enseigne. « Vous m’appelez maître », c’est-à-dire le maître qui enseigne. Ils avaient tendance, et peut-être que nous aussi nous pouvons avoir tendance à penser qu’effectivement le Seigneur nous enseigne, qu’Il est Celui qui connaît et qui transmet ses connaissances. Mais tout d’abord le Seigneur inverse l’ordre des choses dont les hommes avaient l’habitude. Les incrédules, les pharisiens, les docteurs de la loi, quand ils s’adressaient à Lui, avaient l’habitude de l’appeler maître, rabbi. Le Seigneur inverse les choses parce qu’il y a une prépondérance nécessaire. Si donc moi le seigneur et le maître. Cela nous montre que dans la Parole de Dieu – que, par grâce nous pouvons consulter autant que nous le voulons dans la journée -, c’est le Seigneur qui nous enseigne. Ce n’est pas seulement le Maître, c’est le Seigneur, c’est Dieu ; c’est Dieu dans la personne du Fils. Cela nous fait comprendre, sentir, à quel point il est nécessaire, il est indispensable d’ouvrir la Parole et de prendre conscience chaque fois que ce n’est pas une lecture banale que nous avons dans la Parole de Dieu, mais que c’est le Seigneur, Dieu le Fils, qui nous enseigne par l’Esprit Saint. On a rappelé un verset dans Jean 16 au sujet du Consolateur que le Seigneur allait nous envoyer et que nous avons reçu dans nos cœurs, c’est-à-dire l’Esprit Saint. C’est le Seigneur Jésus qui nous enseigne par l’Esprit Saint qu’il nous a donné. C’est lui qui nous conduit. C’est d’autant plus sérieux lorsque nous ouvrons la Parole de Dieu de voir ce que le Seigneur nous dit. « Sondez les écritures, car… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39). Nous avons là dans le lavage des pieds, encore une fois, l’amour du Seigneur en activité. Chaque fois que nous ouvrons la Parole de Dieu, nous avons les oreilles du cœur qui doivent écouter et entendre la voix même du Seigneur, la voix même de Dieu. C’est Dieu qui nous parle. C’est donc d’autant plus sérieux que nous avons quelquefois tendance à ouvrir la Parole machinalement, sans avoir cette conscience profonde, aigüe que c’est Dieu qui nous parle. Nous avons besoin donc de nous rendre compte, chacun pour lui-même, que nous avons à être beaucoup plus attentifs, beaucoup plus humbles. Il ne s’agit pas d’écraser, en quelque sorte, notre frère, en lisant un passage de la Parole de Dieu, mais de nous mettre à ses pieds, comme le Seigneur l’a fait, comme un esclave, dans l’amour, pas dans la rigueur d’un esprit qui cherche à dominer, mais au contraire, se mettre aux pieds, d’avoir en quelque sorte dépouillé tout ce qui pourrait nous tenir nous-mêmes loin de la Parole : l’orgueil, la prétention. Tout ce qui risque de nous caractériser doit être mis strictement de côté pour nous mettre aux pieds de notre frère, de notre sœur, lui présenter la Parole en toute simplicité. Peut-être, comme on l’a entendu, d’ouvrir la Parole pour lire un passage qui nous vient à l’esprit et la lire pour notre frère, et en même temps elle nous maintient nous-mêmes dans l’humilité qui nous est tellement nécessaire. Prenons conscience que nous avons à faire au Seigneur et que c’est lui qui nous ouvre la Parole pour que nous l’entendions.

Il est le Seigneur. « Comme je vous ai fait, moi » (verset 15). Combien c’est important d’avoir le sentiment d’avoir été au bénéfice de ces choses et que c’est le Seigneur qui les a faites. Cet exemple est humiliant pour nous tous, à commencer par Pierre. Ainsi nous comprenons l’attitude de Pierre, et le Seigneur vient nous dire « comme je vous ai fait, moi ». Il est celui qui enseigne, il est aussi le modèle et nous n’en avons pas d’autre.

 

A SUIVRE MERCREDI PROCHAIN !