DSC01531

 

EMPLOI DU DIMANCHE

 

Un épicier, installé dans une ville côtière du sud de l’Angleterre, ouvrait sa boutique le dimanche. L’inspecteur de police lui rappela que la loi exigeait la fermeture des magasins le dimanche ; de plus, ajouta-t-il, non seulement vous enfreignez le divin commandement, mais encore vous faites tort à vos concurrents.
– Je fermerai puisque vous me le demandez, répliqua l’épicier, mais je ferai des pertes, car je tire mon plus grand profit le dimanche.
– Faites ce que vous devez, répondit l’inspecteur, et mettez votre confiance en Dieu, car Il pourvoira à vos besoins ; au cas contraire, vous feriez dire que Dieu nous a donné un commandement impossible à observer.
L’épicier accepta finalement de fermer durant un mois d’essai.
Le lundi qui suivit le premier dimanche, un capitaine de bateau demanda à l’inspecteur de police l’adresse d’un épicier. Après avoir satisfait cette première commande, l’épicier fut obligé de se réapprovisionner tant son stock avait diminué. Quelques jours plus tard, un autre commandant de bateau survint ; il avait besoin d’un supplément de provisions.
L’épicier comprit et n’ouvrit plus le dimanche.

*

Un marchand chrétien passait ses dimanches après-midi à distribuer des traités dans la rue. Une fois, comme il pleuvait, et se sentant fatigué, il préféra rester à la maison. Son fils entra soudain dans la pièce.
– Oh ! Papa, dit-il, tu ne sors pas aujourd’hui ?
– Il pleut trop fort ; et puis, je suis fatigué.
– Veux-tu que j’aille pour toi ?
– Ce n’est pas agréable avec cette pluie.
– Ce n’est pas grave, je vais m’habiller en conséquence.
Très excité, le garçon partit ; les rues étaient quasi désertes, et sa provision de traités ne diminuait que lentement. L’obscurité venait, la pluie tombait toujours, il lui restait encore un traité, et personne en vue. Que faire ? Il eut l’idée d’entrer dans la maison la plus proche et de frapper à la première porte. Il dut frapper deux fois, et quand la porte s’ouvrit, une vieille femme au visage angoissé se montra.
– Pardon, dit le jeune homme, je viens spécialement pour vous apporter un Évangile.
Quelques jours plus tard, une vieille femme se présenta chez le pasteur.
– Monsieur, dit-elle, Dieu a envoyé un petit ange pour me sauver. Dimanche soir, je luttais contre mon désespoir, ma solitude et ma pauvreté, je livrais une rude bataille, et je venais de décider de me pendre lorsqu’on frappa à ma porte. Je ne voulais pas ouvrir, mais comme on insistait, j’allai voir. Le jeune garçon me donna un traité ; j’ai compris mon péché ; je pus implorer Dieu de me pardonner, et Il m’a sauvée.

D’après Almanach Évangélique 1969