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DIEU DANS LA VIE D’ABRAHAM LINCOLN

 

Abraham Lincoln fut élu président des États-Unis en 1859, et le resta jusqu’à sa mort en 1866 ; partisan de l’abolition de l’esclavage, il ne put empêcher la guerre civile d’éclater six semaines après son élection : le Nord contre le Sud, farouche exploiteur des esclaves.

Au moment de quitter Springfield (Illinois), où il s’était établi comme avocat, le président élu s’adressa à la foule venue prendre congé de lui :

« Mes amis, dit-il, j’ai vécu plus d’un quart de siècle parmi vous, et vous ne m’avez témoigné que de la gentillesse durant ce laps de temps. Aujourd’hui, je vous quitte pour assumer une tâche beaucoup plus difficile que celle qui fut attribuée au général Washington. A moins que le grand Dieu qui l’assista ne soit avec moi et ne me vienne en aide, je ne pourrai qu’échouer. Mais si le même Esprit omniscient et le même bras tout-puissant qui le dirigea et le protégea me conduit et me soutient, je n’échouerai pas, je réussirai. Prions pour que le Dieu de nos pères ne nous abandonne pas, je vous recommande tous à Lui. Permettez-moi de vous demander de l’invoquer avec la même sincérité et la même foi pour qu’Il me donne Sa sagesse et qu’Il me dirige dans toutes Ses voies… »

Cette vie spirituelle dont il témoignait au début de sa carrière politique et qui s’accrut au long des années de sa présidence, Abraham Lincoln l’avait apprise sur les genoux de sa mère. Voici ce qu’écrivait d’elle un ami de la famille en 1860 :

« Son habitude, le dimanche, lorsqu’il n’y avait pas de service religieux dans le voisinage, consistait à lire les Écritures à haute voix durant une partie de la journée. Dès qu’Abraham et ses sœurs surent lire, ce soin leur incomba, chacun son tour. Cette pratique, poursuivie fidèlement pendant plusieurs années, donna aux enfants une connaissance féconde de la Bible et de ses enseignements ».

Voici encore un témoignage de son fils :

« Son enseignement, aussi bien oral qu’écrit, l’intérêt et l’amour acquis en lisant la Bible avec elle me laissent une profonde impression, comme ils exercèrent une grande influence sur ma vie. Plus tard, lorsque je lisais certains versets appris par cœur dans mon enfance en entendant ma mère les répéter tout en vaquant aux soins du ménage, le ton même qu’elle y mettait me revenait en mémoire, et il me semblait l’entendre prononcer elle-même ces mots « tout ce que je suis ou voudrais être, je le dois à ma mère ». Cette femme pieuse mourut lorsque son fils avait neuf ans ; il garda d’elle le souvenir d’une personnalité rayonnante et dévouée. Cette confiance forte et ferme se retrouve dans une lettre qu’Abraham écrivit à son beau-frère quelques jours avant la mort de son père : « J’espère sincèrement que papa retrouvera la santé mais dis-lui de se confier en notre grand et miséricordieux Créateur qui ne l’abandonne pas. Il prend soin du plus petit passereau, Il compte les cheveux de notre tête, Il n’oubliera pas l’homme mourant qui met sa confiance en Lui. Dis-lui que si nous nous rencontrions maintenant, ce serait peut-être plus douloureux que plaisant ; mais s’il doit partir, il retrouvera beaucoup d’êtres aimés là où nous qui restons espérons ne pas tarder à les rejoindre ».

Durant les premières années où il pratiqua le barreau, Lincoln dut lutter longtemps, et trouva finalement la foi et la confiance à travers les luttes et les difficultés rencontrées au cours de sa vie politique, aggravées encore à la Maison-Blanche. Dans son discours de réception, alors que les nuages de la guerre civile se dessinaient à l’horizon, Lincoln dit, entre autres :

« Intelligence, patriotisme, christianisme, et une ferme confiance en Celui qui n’a jamais abandonné ce pays favorisé, sont nécessaires pour régler de la meilleure manière possible nos difficultés présentes ».

L’année après son élection, le président perdit un fils de onze ans. « Mon pauvre garçon, dit-il, était trop bon pour cette terre. Dieu l’a rappelé à Lui. Je sais qu’il est beaucoup mieux là où il est, mais nous l’aimions tant ; c’est dur, dur ». Le jour de l’ensevelissement, la nurse assura le président que tous priaient pour lui. « Je suis heureux de vous entendre, répondit-il, j’ai besoin de leurs prières… Si seulement j’avais cette foi enfantine dont vous m’avez parlé, mais Il me la donnera certainement ». Quelques mois plus tard, il avouait à un vieil ami : « J’ai senti Sa main sur moi dans ces grandes épreuves, et je me suis laissé conduire par Lui ; désormais Il ouvrira le chemin, je serai prêt à y marcher en me reposant sur Son aide et en comptant sur Sa bonté et Sa sagesse ».

Quelqu’un qui resta quatre ans avec la famille Lincoln à la Maison-Blanche racontait qu’une fois le président entra dans la chambre d’un pas lent et pesant, l’air profondément triste ; il se jeta sur le canapé en se prenant la tête dans les mains. Madame Lincoln, voyant son trouble, questionna :

– Où as-tu été ?
– Au Département de la guerre.
– Des nouvelles ?
– Oui, beaucoup de nouvelles, sombres, sombres, partout.

Puis il tendit le bras, prit une Bible à portée de sa main, l’ouvrit et fut vite absorbé dans sa lecture. Un quart d’heure passa, sa femme observa que son visage s’éclairait peu à peu, son expression tragique du début laissait place à une attitude pleine d’énergie et d’espoir. Le réconfort puisé dans la lecture de ces pages divines faisait de lui un nouvel homme, une paix bienfaisante l’avait envahi.

Lorsque la politique s’aggrava, que la guerre devint imminente, le président écrivit dans son journal : « La volonté de Dieu soit faite ! Dans toute dispute, chaque parti prétend agir selon la volonté de Dieu ; l’un des deux doit avoir tort, peut-être tous les deux ; Dieu ne peut pas être pour les uns contre les autres ».

Un groupe de pasteurs de Chicago pressa le président de proclamer la loi d’émancipation. Ce dernier leur répondit : « Ne trouvez pas irrévérencieux ce que je vais vous dire : si Dieu révèle à d’autres sa volonté sur un point si proche de mon devoir, il m’est permis de croire qu’Il me la révélera directement à moi-même. Je désire connaître ardemment Sa volonté sur ce sujet, quand je saurai quelle elle est, je l’accomplirai ».

Trois semaines avant la bataille de Gettysbourg, Lincoln exprime sa foi que « Dieu nous conduira sûrement ». Durant cette même bataille, il confia à un de ses généraux : « J’allais un jour dans ma chambre, fermais la porte à clef, et me jetais à genoux devant le Dieu Tout-Puissant, et priais ardemment pour qu’Il nous accorde la victoire… Après quoi, je me sentis complètement soulagé, persuadé que Dieu avait pris toute l’affaire entre Ses mains, et que toutes choses iraient bien ».

Pendant la guerre, il prit l’habitude de rendre visite aux employés noirs de la Maison-Blanche, il leur enseignait à lire et à prier. Une délégation de ces fidèles serviteurs lui fit cadeau un jour d’une Bible qu’il accepta en disant : « Quant à ce beau Livre, je ne peux dire qu’une chose : c’est le don le meilleur que Dieu ait fait à l’homme. Tous les bienfaits que le Sauveur répandit sur le monde sont communiqués par le moyen de ce Livre ; sans lui nous ne discernerions pas le bien et le mal. Tout ce que l’homme peut désirer pour son bonheur présent et futur nous est assuré dans ce Livre ».

D’après le salut de Dieu 1990