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DANS UN CIMETIÈRE

 

Par un bel après-midi d’août, un fossoyeur creusait une tombe dans un cimetière. La chaleur était accablante, et la sueur ruisselait sur son corps bronzé par le soleil. Avec sa pelle, il rejetait hors de la fosse la terre.
Son travail terminé, le fossoyeur était remonté à la surface pour prendre un peu de repos. Il s’assit alors à l’ombre d’un monument sur la pierre d’un tombeau voisin, et remarqua un étranger parcourant le cimetière à la recherche d’une tombe qu’il ne parvenait pas à découvrir.
En apercevant le fossoyeur, l’étranger s’approcha et, après l’avoir salué poliment, lui demanda s’il ne pouvait pas lui indiquer la tombe d’un ami dont il donna le nom, décédé quelques années auparavant.
Après un moment de réflexion, le fossoyeur répondit :
– Vous la trouverez ici derrière vous, à la deuxième rangée.
Et il désigna du doigt une pierre tombale bien apparente.
– Je vous remercie, dit l’étranger, en se dirigeant vers la place indiquée.
Mais, en passant devant la fosse fraîchement ouverte, il jeta un regard dans l’intérieur, s’arrêta, réfléchit un instant, puis revint vers le fossoyeur et lui dit :
De toute cette terre, que vous remuez dans ce cimetière, une partie montera un jour, bientôt au ciel !
Stupéfait, le fossoyeur regarda très attentivement son interlocuteur, se demandant s’il ne perdait pas la raison. Puis il dit :
– Je vous demande pardon, Monsieur, …je n’ai pas du tout compris vos paroles ?
– Je disais qu’une partie de la terre, de la poussière de ce cimetière, montera bientôt au ciel !
– Que voulez-vous dire, Monsieur ? Vous plaisantez ; c’est impossible !
– Cela peut VOUS paraître impossible, en effet. Mais je pense à la toute-puissance de Dieu… Il est écrit : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ». Luc 18. 27. Et : « Ce que son âme désire, il le fait ». Job 23. 13.
– Veuillez donc, Monsieur, vous expliquer, je ne vous comprends pas davantage.
– Très volontiers, dit l’étranger. Parmi les corps de ceux qui ont été déposés dans ce cimetière, plusieurs personnes, de leur vivant, ont cru au Seigneur Jésus, comme étant leur Sauveur. Or il est écrit dans la Parole de Dieu : « Ne vous étonnez pas de ceci, car l’heure vient en laquelle tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix (la voix du Seigneur Jésus) et ils sortiront, ceux qui auront pratiqué le bien en résurrection de vie ; et ceux qui auront fait le mal, en résurrection de jugement ». Jean 5. 29. Autre part nous lisons : « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts vivifiera vos corps mortels aussi à cause de son Esprit qui habite en vous ». Rom. 8. 11.
– Je comprends, dit le fossoyeur, vous faites allusion à la résurrection des morts.
– Parfaitement.
– Mais, êtes-vous bien sûr que la résurrection des morts soit, en effet, une chose certaine ?
– Assurément ! Et cela vous étonne ? N’est-il pas écrit : « Ne vous étonnez pas de cela, car tous ceux qui sont dans les sépulcres… en sortiront ! » Jean 5. 28. La Parole de Dieu est très affirmative à ce sujet.
– J’ai entendu souvent des pasteurs lire la Bible et prêcher dans ce cimetière, car je suis fossoyeur depuis de longues années. Toutefois, je n’ai jamais prêté attention à leur discours, quoique souvent, je crois bien, ils aient parlé sur la résurrection.
– C’est dommage, car c’est un sujet bien important. La résurrection est la base même de la foi chrétienne, car elle remplit les pages du Nouveau Testament. C’est donc, pour l’âme, une vérité essentielle de la plus haute valeur.
– Je veux bien, Monsieur ; cependant vous ne voudriez pas me faire croire que la poussière des corps ensevelis pourrait reprendre vie, un jour à venir ?
– C’est justement à cela que je faisais allusion, en disant qu’une partie de la terre et de la poussière de ce cimetière, montera bientôt au ciel !
– Oh ! Oh ! dit en souriant le fossoyeur, je ne puis pas croire cela. D’ailleurs tous les morts que j’ai ensevelis sont bien morts, et aucun d’eux n’est jamais revenu. Dans ma longue carrière de fossoyeur, j’ai entendu, ici même, les discours les plus contradictoires. Certains disent : Il n’y a ni Dieu, ni vie à venir ; tout finit à la mort ! Les pasteurs au contraire, affirmant une doctrine opposée. Lesquels, je vous prie, me faut-il croire ? Ces contradictions m’ont rendu complètement incrédule, ou, si vous aimez mieux, indifférent.
– Je comprends parfaitement votre embarras, et même je le partage : si je ne craignais pas de vous faire perdre votre temps, je vous expliquerais ma pensée, tirée de l’Écriture Sainte, sur cet important sujet.
– Je vous serai très heureux de vous entendre : voyez, mon travail est terminé. J’attends un convoi funèbre, mais il n’arrivera que dans une heure environ. Je suis donc entièrement libre de vous écouter.
– Eh bien, dites-moi, vous qui, par votre profession même, vous trouvez constamment en face de la mort, pour laquelle tous les hommes et les animaux même, ont une instinctive horreur, n’êtes-vous pas impressionné par la merveilleuse révélation de Dieu, qui nous présente le seul remède contre la mort ?
– Un remède contre la mort, dites-vous ? C’est la première fois que j’entends parler de cela !
– Oui ; il est dit qu’il « est réservé aux hommes de mourir une fois, – et après cela le jugement ». Héb. 9. 27. Tout n’est donc pas fini quand le corps a été enfoui dans la terre, car il est évident que, pour que les hommes soient jugés, il faut qu’ils soient vivants, et en personne, devant Celui qui juge.
– Oui, en effet.
– Vous croyez… vous avez, tout au moins, entendu parler de la résurrection ? Vous avez dû répéter comme d’autres : « Je crois en Dieu, le Père, tout puissant… en Jésus Christ, son Fils unique… qu’il a été crucifié, qu’Il est mort, qu’il a été ressuscité, qu’Il est monté au ciel, qu’Il reviendra pour juger les vivants et les morts.
– Oui, bien sûr, cela se trouve dans le « Credo ».
– Vous croyez, je pense, à la Parole de Dieu ? Eh bien, si vous la lisez, vous verrez que cette Parole, inspirée de Dieu, nous dit que « Christ est mort pour nos offenses, et qu’Il est ressuscité pour notre justification ». Rom. 4. 25. C’est là le fondement du christianisme. La résurrection est une réalité affirmée d’un bout à l’autre des Saintes Écritures. Aussi nous y trouvons même l’ordre dans lequel elle se fera. Le voici : Dans le Christ Jésus. « tous seront rendus vivants : mais chacun dans son propre rang : les prémices, Christ, puis ceux qui sont du Christ, à sa venue : ensuite, la fin… » 1 Cor. 15. 23 et 24. La « fin » ce sont les derniers actes de la résurrection ; car, dans l’Apocalypse, nous lisons que : « le reste des morts ne vécut pas jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis ». Apoc. 20. 5. Il y a donc une seconde résurrection, mille ans après la première. Voici la fin de la vision : « Et je vis les morts, les grands et les petits, se tenant devant le trône ; et les livres furent ouverts ; et les morts furent jugés d’après les choses qui étaient écrites dans les livres, selon leurs œuvres. Et la mer (oui, la mer elle-même !) rendit les morts qui étaient en elle, pour qu’ils fussent jugés ».
– Je veux bien le croire, mais je ne comprends pas. Depuis des milliers d’années que le monde existe, que veut-on qu’il reste de ces morts que l’eau a détruits, plus encore que la terre ?
– Eh bien, croyez-le, puisque Dieu le dit, et vous verrez comme tout devient simple ! Ne le pouvez-vous pas, puisque vous voulez bien me croire, moi, qui vous parle ? Voulez-vous croire à ce que je vais vous lire dans l’évangile selon Jean ? :
« Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ; car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde, afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par Lui ». Jean 3. 16 et 17.
– Monsieur, j’y penserai ; à présent que vous m’avez parlé de cela, je vous promets de lire l’évangile, car j’en ai un quelque part, depuis mon mariage, il y a longtemps déjà ! Je ne veux plus être indifférent quant à ces choses qui sont en effet bien sérieuses.

D’après le Salut de Dieu 1972