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CORONA 73

Psaume 102

 

 

Le psaume 102 est intitulé : « Prière de l’affligé, quand il est accablé et répand sa plainte devant l’Éternel ». Il se divise en trois parties : 1) versets 1 à 12 ; 2) v. 13 à 22 ; 3) v. 23 à 28. La troisième partie est la suite de la première.
Beaucoup de fidèles peuvent s’attribuer ces paroles, les ayant ressenties, du moins en partie. Mais ce psaume nous présente Christ en premier lieu. Un Messie « élevé haut, et… jeté en bas » (v. 10) ; annoncé pour régner (És. 9. 6 et 7) et retranché (Dan. 9. 26). Notre Seigneur, comme homme, a ressenti, et mieux que nous, le mépris et le rejet au milieu des hommes ; la détresse et l’angoisse en face de la mort qu’Il a vu venir : « J’ai dit : Mon Dieu, ne m’enlève pas à la moitié de mes jours !… Tes années sont de génération en génération ! » (v. 24).
Retirés de la terre à la moitié de leurs jours, c’était ce qui arrivait aux « hommes de sang et de fourbe (trompeurs) qui n’atteindront pas la moitié de leurs jours » (Ps. 55. 23). La durée des jours donnés par Dieu est raccourcie avant le déluge : « Et l’Éternel dit : Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair ; mais ses jours seront cent vingt ans » (Gen. 6. 3) ; ensuite elle est montrée à Moïse comme fixée à soixante-dix ans et parfois un peu plus (Ps. 90. 10). Jésus a été ôté de la terre à moins de la moitié de cette durée.
« Éternel, entends ma prière, et que mon cri vienne jusqu’à toi ! Ne me cache pas ta face ; au jour de ma détresse, incline vers moi ton oreille ; au jour que je crie, hâte-toi, réponds-moi » (Ps. 102. 1 et 2). Nous lisons dans les évangiles ce que les disciples entendirent de la bouche de leur Maître : « mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure » (Jean 12. 27) ; « mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort » (Marc 14. 34).
Ce psaume 102 ne montre pas les souffrances expiatoires du Seigneur Jésus, sous le jugement de Dieu à cause de nos péchés, comme dans le psaume 22. 1 à 3 . C’est la prière de Celui qui est la proie de Ses adversaires (v. 8) et qui voit la mort venir à Sa rencontre (v. 3 et 11). Il est seul, semblable « au pélican du désert » ; Il est « comme le hibou des lieux désolés », « comme un passereau solitaire sur un toit « (v. 6 et 7) ; Ses « jours sont comme l’ombre qui s’allonge, (il) devient sec comme l’herbe » (v. 11). C’est dans Sa condition humaine et dépendante que Jésus regarde à Celui qui est en haut : « Mais toi, Éternel ! tu demeures à toujours, et ta mémoire est de génération en génération » (v. 12). Oui ! « Le mystère de la piété est grand : — Dieu a été manifesté en chair ». La pensée que Celui « qui a appelé toutes choses à l’existence » a dû répandre sa plainte devant Son Dieu et Père, émeut nos cœurs (voir : 1 Tim. 3. 16 et 13). Dieu, en Jésus, S’est fait homme pour venir nous sauver ! Lui, le Fils, durant les jours de Sa chair, a offert, « avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et (a) été exaucé à cause de sa piété » (Héb. 5. 7).
L’épître aux Hébreux rappelle que Jésus a méprisé la honte, qu’Il a enduré la « contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » (Héb. 13. 3 – Ps. 102. 8 et 9). C’est vers Celui qui a ainsi souffert que l’apôtre inspiré nous dit de regarder pour que nous ne soyons pas « découragés dans nos âmes ». Au milieu de l’épreuve, au sein de la souffrance, le regard de la foi se dirige vers la bonté de Dieu, car « Il est le Rocher, son œuvre est parfaite ; car toutes ses voies sont justice. C’est un Dieu fidèle, et il n’y a pas d’iniquité en lui ; il est juste et droit » (Deut. 32. 4).
Et le psaume continue : « Tu te lèveras, tu auras compassion de Sion ; car c’est le temps d’user de grâce envers elle, car le temps assigné est venu. Car tes serviteurs prennent plaisir à ses pierres, et ont compassion de sa poussière » (v. 13 et 14). « L’Éternel consolera encore Sion, et choisira encore Jérusalem » (Zach. 1. 17). En Israël, les serviteurs de l’Éternel auront à cœur Sion, la montagne choisie pour édifier Jérusalem « la ville du grand roi » (Ps. 48. 2) ; et nous, dans le temps de la grâce, nous devons avoir à cœur « l’assemblée de Dieu » (Act. 20. 28).
La vision se poursuit : « Alors les nations craindront le nom de l’Éternel, et tous les rois de la terre, ta gloire » (v. 15) ; c’est la restauration qui suivra les jugements qui doivent tomber sur « la terre habitée toute entière » (Apoc. 3. 10). Ces jugements atteindront tous les apostats : ceux qui renient Dieu, au milieu des Juifs, après l’enlèvement de l’Église, et ceux qui ont renié le Père et le Fils (1 Jean 2. 22) et qui croiront « au mensonge » de l’Antichrist (2 Thess. 2. 11).
« Quand l’Éternel bâtira Sion, il paraîtra dans sa gloire » (Ps 102. 16) ; ce sera après la destruction de Jérusalem par le roi du nord (l’Assyrien) qui « fondra sur lui (l’Antichrist) comme une tempête, avec des chars et des cavaliers » (Dan. 11. 40). « Lorsque le fléau qui inonde passera, vous serez foulés par lui » (És. 28. 18). Oui ! À la suite des jugements qui doivent s’abattre sur Jérusalem et sur ce monde, le Seigneur apparaîtra en gloire quand « toutes les tribus de la terre se lamenteront et verront le fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire » (Mat. 24. 30). Combien les fidèles que le Seigneur délivrera trouveront, par Sa présence, la réponse au v. 17 du psaume 102 : « Il aura égard à la prière du désolé, et il ne méprisera pas leur prière ». Pour leur consolation, « il bâtira Sion ».
En ce temps-là Dieu créera un peuple nouveau, avec un esprit nouveau : « Et je leur donnerai un seul cœur, et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau » (Éz. 11. 19) « Cela sera écrit pour la génération à venir ; et le peuple qui sera créé louera Jah » (Ps. 102. 18). En attendant, Dieu est au-dessus, le Seigneur use de patience et entre en sympathie avec les élus : « Car il a regardé des lieux hauts de sa sainteté ; des cieux l’Éternel a considéré la terre, pour entendre le gémissement du prisonnier, et pour délier ceux qui étaient voués à la mort » (v. 19 et 20). Il les délivrera comme Il nous a amenés à Lui pour Le louer et pour annoncer Son nom. Alors, ils annonceront « dans Sion le nom de l’Éternel, et sa louange dans Jérusalem,… les peuples seront rassemblés, et les royaumes, pour servir l’Éternel » (v. 21 et 22). Oui ! Nous pouvons dire avec eux en anticipation « Mais toi, tu es le Même, et tes années ne finiront pas » (v. 27).