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CONVERSION DU PEINTRE EULER

 

« Son âme s’approche de la mort… délivre-le pour qu’il ne descende pas dans la fosse : j’ai trouvé une propitiation » Job 33. 21 à 24.
« C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités, qui rachète ta vie de la fosse » Ps. 103. 3 à 4

Peintre suisse renommé, Euler, après avoir séjourné à Munich et à Paris, était venu couronner sa préparation artistique à Rome. Au départ, sa tante lui avait remis un Nouveau Testament, en insistant pour qu’il le lise régulièrement. La promesse faite dans l’émotion des adieux fut bien vite oubliée.

Euler, qui avait eu jadis des sentiments religieux, vécut à Rome dans une indifférence complète. Le monde l’attirait, le culte du beau paraissait lui suffire, tandis que le doute assaillait son esprit, amenant une tristesse qu’il essayait vainement de dissimuler. Vague d’abord, cette tristesse obséda si bien sa victime qu’elle l’amena au dégoût de la vie et à la pensée du suicide.

Un soir, Euler prend tout à coup la résolution d’en finir avec l’existence. Cela lui sera facile, pense-t-il, puisque la chambre de son hôtel donne directement sur le Tibre. Ouvrir une porte de service, enjamber une barrière et se laisser tomber dans le fleuve, tout cela pouvait se faire en quelques instants. Mais c’est encore un peu trop tôt, et, en attendant l’heure propice, il veut mettre quelque ordre dans ses papiers. Il retrouve alors, au fond de sa malle, le Nouveau Testament de sa tante qui y dormait depuis huit ans. Il l’ouvre machinalement au chapitre 12 des Hébreux, verset 5, dont un mot semble lui traverser le cœur. Ce mot c’est : MON FILS.
Il lui semble que Dieu l’interpelle directement :

 » Mon fils, ne méprise pas la discipline du Seigneur, et ne perds pas courage quand tu es repris par lui « .

Dans cette parole de paternel reproche, chaque mot le terrasse, bien plus que de foudroyantes menaces. Ce que la colère n’aurait pu accomplir, l’amour profond et tendre le fait tomber à genoux, aux pieds de ce Dieu délaissé pendant des années, qu’il avait pu méconnaître au point de vouloir l’affronter par une mort criminelle.

La nuit se passa en prières, la croix de Christ se dressa tout à nouveau devant son âme repentante et, quand l’aube apparut, l’aurore d’un nouveau jour s’était levée pour lui.

Et dans le sombre crépuscule
Où d’en haut nul rayon ne luit,
Où le pied chancelle et recule,
Au séjour des terreurs conduit.

Mais la fin, nous dit le Saint Livre,
Pour qui croit au Seigneur Jésus,
Ce n’est point mourir, non, c’est vivre ;
C’est, dans le Paradis, Le suivre,
Où deuil et mort ne seront plus.

D’après le Salut de Dieu 1974